2001
Études anglaises
Notes de lecture
Notes de lecture
SIR FRANCIS BACON. — The Essayes or Counsels, Civil and Morrall. Ed. Michael Kiernan. (Oxford: Clarendon P, 2000, cxviii + 339 pp., £ 65.)
En 1986 Michael Kiernan avait publié une édition des Essays dont j’avais fait l’éloge en son temps. Depuis, Graham Rees et Lisa Jardine ont lancé une nouvelle édition des œuvres complètes de Bacon en quinze volumes au lieu de sept dans l’édition standard du XIXe siècle. Mais ils ont trouvé le volume de Kiernan si remarquable qu’ils ont voulu l’intégrer à la nouvelle édition, décision parfaitement méritée, et je renvoie donc à mes remarques élogieuses parues à l’époque dans Études Anglaises, 40 (1987) : 1. — Henri Durel (Université de Lyon III).
Joseph CONRAD. — La Folie Almayer (traduit par Anne-Marie SOULAC et annoté par Raymond LAS VERGNAS. Préface inédite de Sylvère MONOD) et Un paria des îles (traduit par Georges JEAN-AUBRY. Révisé par André BORDEAUX) Paris : Gallimard, 1999, 272 pp. et 432 pp.
La collection Folio continue, fort opportunément, de puiser dans les trésors du Conrad de la Pléiade. Cette nouvelle pioche concerne les deux romans initiaux de l’écrivain, récits d’action en même temps qu’études naturalistes de caractères, dont les intrigues se succèdent à rebours dans le cadre malais. D’une originalité notable pour leur époque, ces œuvres exploitent des thèmes coloniaux et psychologiques distinctifs dans un style maîtrisé. Les traductions présentes (originale pour la première ; révisée pour la seconde) allient l’élégance à la fidélité. La préface inédite à La Folie Almayer est d’une belle densité. Elle retrace la gestation du texte, lente entrée en littérature du marin Korzeniowski, rappelle le succès d’estime rencontré par le livre, déterminant pour sa seconde carrière, et propose une fine analyse de l’intrigue, des personnages, des idées du roman, et d’un art déjà sui generis. — Joseph Dobrinsky (Université de Montpellier III).
CHRISTINE DEMUMIEUX. — Un goût de sauvage. Essai. (Les Noes, Avernes-sous-Exmes : Association le Moulin de Bazalgette, 2000, 91 pp., 75 FF.)
Ce petit livre à la couverture très élégante est essentiellement une réhabilitation fort bien menée et parfois distinguée de Léon Bazalgette, le premier traducteur et biographe français de Walt Whitman. Il mérite cet hommage. Il a été très malmené par André Gide, qui lui en voulait de n’avoir pas vu la présence de Corydon dans Leaves of Grass, et par bien d’autres (dont moi-même) qui lui reprochaient la lourdeur et les erreurs occasionnelles de sa traduction. Il faut cependant lui être reconnaissant d’avoir fait œuvre de pionnier et d’être le seul à avoir osé traduire la totalité des Feuilles d’herbe dès 1908, et même une partie de Specimen Days, à quoi il faut encore ajouter sa traduction de Civil Disobedience de Thoreau. — Roger Asselineau (Université de Paris IV).