« The vagaries of intelligence » : le questionnement éthique dans Lord Jim
Richard Pedot
Dans Lord Jim, Marlow semble un temps vouloir assimiler la plénitude morale à la stupidité, une capacité « dépourvue de grâce » de résister au supposé danger de ce qu’il nomme « the vagaries of intelligence ». Le paradoxe en est que son récit constitue un effort très intelligent, bien que contrarié, pour sonder les multiples aspects de l’histoire de Jim. Nous entendons montrer, partant de cette contradiction apparente, que le texte conradien, par sa fragmentation et son inarticulation, refuse le confort de la morale — entendue comme obéissance aveugle aux règles de conduite — et, au lieu de cela, demande à son lecteur de s’engager dans l’exploration et le questionnement des fondements de la morale, ce qui est la véritable définition de l’éthique.
In Lord Jim, Marlow at one time seems to equate moral bliss with stupidity, an “ungracious” capacity of resistance against the supposedly dangerous “vagaries of intelligence.” The paradox is that his narrative is a highly intelligent, if baffled, endeavour to probe the various facets of Jim’s story. This paper sets off from this apparent contradiction to show that Conrad’s text in its very fragmentation and inarticulacy indeed resists the comfort of morality—understood as blind obedience to rules of conduct—and instead sets its reader the true ethical task of exploring the foundations of morality.
• Une appartenance paradoxale
• La faillite du modèle héroïque
• Éthique de l’inarticulation
• BIBLIOGRAPHIE