Etudes anglaises
Klincksieck

I.S.B.N.2252034548
128 pages

p. 10 à 21
doi: en cours

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Tome 57 2004/1

Le soleil noir d’In Memoriam

Christian La Cassagnère
Mettant en question la construction élégiaque d’In Memoriam comme séquence unifiée, cette lecture met en évidence l’intermittence de la parole compulsive qui produit le texte tennysonien. Apparaissent ainsi les signes d’une indépassable mélancolie : outre l’image d’un soleil noir — qui recouvre sans doute les traces d’une perte originaire —, un imaginaire fusionnel d’incorporation de l’objet perdu. Le sujet de l’écriture hésite ainsi entre deux destins : celui d’un moi mélancolique habité par la pulsion de mort et dérivant vers l’asymbolie, et celui d’un « je » orphique capable de retrouver la Chose perdue dans les limites signifiantes du poème. Questioning the elegiac construction of In Memoriam as a unified sequence, this reading foregrounds the intermittence of the compulsive utterance that produces Tennyson’s text. Thus approached, the text offers the features of an irreducible melancholia: beside the image of a dark sun—presumably involving traces of a primal loss—, fantasies of incorporating fusion with the lost object. The subject of In Memoriam thus vacillates between two modes: that of a melancholic ego inhabited by the death drive, drifting away from the symbolic order, and that of an Orphic “I” able to retrieve the lost Thing within the poem’s signifying limits.
• Melancolia
• Entre chant et silence
• Orphée
• BIBLIOGRAPHIE


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