Etudes anglaises
Klincksieck

I.S.B.N.2252034548
128 pages

p. 79 à 91
doi: en cours

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Tome 57 2004/1

« Traceries of the light » : modalités du lisible et de l’illisible dans l’œuvre de Gerard Manley Hopkins

Jean-Marie Fournier
Le présent article souligne que la poésie de Gerard Manley Hopkins peut se lire comme la tentative à la fois cohérente et désespérée d’un poète pour déchiffrer le monde phénoménal : j’essaie de montrer qu’un processus de lecture se trouve pour lui inscrit de manière inéluctable dans le processus même de la perception, tâche impossible à mener, en dépit de la richesse philosophique (en particulier par l’exposé subtil quoique hétérodoxe des théories de Duns Scot, à travers la question de l’inscape et de l’instress) que le poète mobilise pour tenter de saisir plus clairement les phénomènes. La nature indécidable du monde phénoménal permettrait ainsi de rendre compte du caractère d’illisibilité que présente la poésie de Hopkins, ou du caractère totalement réfractaire à l’écriture qui caractérise le monde. Dans sa poésie, Hopkins se contente peut-être donc de remplacer l’univers « réel » par un univers « écrit ». J’étudie cette hypothèse à travers la lecture de quelques-uns de ses poèmes les plus célèbres. The following article attempts to show that the poetry of Gerard Manley Hopkins can be analysed as a coherent though desperate endeavour to decipher the phenomenal world: my contention is that a reading process is for him inherently inscribed in the very process of perception, a hopeless task despite the luxuries of philosophical knowledge (in particular a perceptive though idiosyncratic exposition of the theories of Duns Scotus, through the question of inscape and instress) that the poet marshalls in his attempt to gain a clearer vision ot things. The undecidability of the phenomenal world would thus account for the unreadability of Hopkins’s poetry, which would just be another name for what could be more aptly considered as the “unwritability” of the world. In his poetry, Hopkins would merely be replacing the “real” universe by a “written” one. This hypothesis is pursued through a series of close readings of some of Hopkins’s most famous poems.


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