« The boy stood on the burning deck » : poétique du nonsense
Jean-Jacques Lecercle
Pourquoi les textes poétiques du nonsense, textes mineurs, survivent-ils mieux dans notre culture que nombre de grands poèmes victoriens ? Pour résoudre ce paradoxe, on tente de définir une poétique du nonsense, qui se caractérise, paradoxalement, par l’expulsion de la référence, du sens et de la métaphore, et l’exagération des contraintes de la syntaxe et de la versification. L’analyse est d’abord menée par comparaison entre un texte jadis célèbre de Mrs Hemans et ses parodies, puis par l’étude d’un sonnet de Lear, qui parodie Tennyson. La solution du paradoxe de départ passe par un détour par la théorie du sens de Deleuze : il apparaît que le nonsense, texte du « sens », mais non du bon sens ou du sens commun, se prête à des re-contextualisations tant modernistes que post-modernes.
Why do nonsense poems, a minor genre, survive rather better than great Victorian poems? In order to solve this paradox, an attempt is made at defining a poetics of nonsense, based on five characteristics: the rejection of sense, reference and metaphor, and the adoption of hyper-constrained syntax and metrics. The analysis is conducted first through a comparison between a once famous poem by Mrs Hemans and its parodies, then through the close reading of a sonnet, where Lear parodies Tennyson. A detour through Deleuze’s theory of “sense,” as opposed to good sense or common sense, enables us to understand why nonsense poems can be re-contextualised in modern and post-modern conjunctures.
• Introduction
• Expérience de pensée
• Parodie
• La machine à récrire
• Survie
• BIBLIOGRAPHIE