2004
Études anglaises
Notes de lecture
Notes de lecture
W. B. WORTHEN. — Shakespeare and the Force of Performance. (Cambridge: Cambridge UP, 2003, vii + 274 pp., Hb £ 42.50, Pb £ 15.95.)
Professor of Theatre, Dance and Performance Studies at Berkeley, the author presents a heady combination of competence not current in the French academy; in the same vein, his volume proposes from the outset to investigate the salutary impact of “massive globalization of performance” (1). When, however, such globalization produces, for example, a Tempest where the cast includes Othello, Macbeth, et al. not to mention a Shylock who was Romeo in former life, as occurs (we are apprised) when staged in far flung parts of the globe (the part in question for this rendering being the Minas Gerais of Brazil), then those inclined to take “massive” globalization on board with less than wholehearted enthusiasm, concerned as they are that quality risks being jettisoned by quantity, may find difficulty in repressing the raising of an eyebrow at taking Shakespeare for a pretext rather than the text it is—one at once poetic and problematic into the bargain. In other words the abstraction of the title should not induce the reader into thinking that this is an in-depth study. On the contrary it casts the massive mesh of its net world wide in sync with current transatlantic vision, but like that vision, it is a bit thin on the ground once the target has been logged. In spite of the liminary invocation of J. L. Austin on performativity, its use is an overview, not to say a compendium, of recent performances world-wide: from “Performing history” (ch. 1) to “Cyber-Shakespeare” (ch. 4). — Ann Lecercle (Université de Paris X).
GREG CLINGHAM. — Johnson, Writing, and Memory. (Cambridge: Cambridge UP, 2002, 222 pp., £ 40.00.)
Cet ouvrage d’un éminent johnsonien se propose d’analyser la nature et les fondements de l’« autorité » que ses contemporains aussi bien que la postérité ont reconnue à Samuel Johnson comme allant de soi. La question est d’autant plus complexe qu’il faut tenir compte du rôle capital de Boswell dans la construction d’une « icône culturelle » transmise aux générations futures, et qu’il convient de se défaire de l’emprise du mythe boswellien pour revenir à l’autorité de l’œuvre, si toutefois il est possible de séparer Johnson de sa personnalité littéraire, de distinguer entre une œuvre et un auteur qui ne cesse de mettre en scène son autorité, performativement, dans la conversation. Mise en cause par certains critiques en tant qu’elle est limitée par des présupposés idéologiques et politiques qui lui font côtoyer le dogmatisme, l’autorité de Johnson n’est pas dissociable selon Greg Clingham de son projet culturel, de son entreprise littéraire prise dans sa totalité comme quête de vérité. Et cette recherche trouve son accomplissement à la fois dans le Dictionnaire, comme entreprise pour fixer la langue et la rendre apte à s’approcher au plus près de la vérité, et dans les Lives of the Poets comme élaboration d’un canon littéraire. Toute l’entreprise johnsonienne est donc affaire de mémoire, cette faculté que le Rambler définit comme « the primary and fundamental power, without which there could be no other intellectual operation » (11). Greg Clingham définit les Lives comme « lieux de mémoire » (en français), et entreprend de faire de la mémoire le principe organisateur de la conception johnsonienne de la temporalité, de la conscience et de l’histoire. Le premier chapitre analyse le rôle de la mémoire dans le fonctionnement même de la pensée chez Johnson, au-delà des anecdotes connues sur sa mémoire phénoménale. Le second chapitre s’attache à l’idée de « nature » selon Johnson, en ce qu’elle fonde sa critique célèbre de la poésie métaphysique. Comme le troisième, consacré à l’argumentation logale et narrative, ces chapitres servent d’introduction théorique à la longue analyse des Lives of the Poets, œuvre à laquelle sont consacrés les chapitres suivants. Cette étude qui ne redoute pas la complexité et exige beaucoup de son lecteur semble en quête d’une légitimité, qu’elle trouve du côté d’une lecture résolument novatrice, philosophique, épistémologique et néo-historiciste un peu pesante. Mais elle a le mérite de s’attacher, dans le corpus johnsonien, à une œuvre importante, souvent citée mais pas souvent étudiée en tant qu’œuvre depuis Robert Folkenflik (Samuel Johnson, Biographer, 1978). L’étude est pourvue d’une excellente bibliographie très bien organisée. — Alain Bony (Université de Lyon II).
NANCY AYCOCK METZ. — The Companion to Martin Chuzzlewit. (Mountfield: Helm, 2001, xvi + 554 pp.)
Ce livre est essentiellement et ouvertement, comme les autres volumes de la série, une annotation détaillée d’un roman de Dickens. Cette annotation est d’une solidité, d’une compétence, d’une utilité incontestables. On se demande seulement qui peut s’offrir, en plus de l’édition de référence du texte (édition critique onéreuse et volumineuse) un livre entier d’éclaircissements. C’est presque la seule question qui se pose. Le travail de Metz suscite gratitude et admiration. Elle éclaire considérablement le contexte américain de Martin Chuzzlewit. — Sylvère Monod (Université de Paris III).