Chorégraphies implicites et explicites : la danse dans Pride and Prejudice, du texte à l’écran
Ariane Hudelet
À l’époque de Jane Austen, le bal était un moment privilégié où les contacts entre hommes et femmes étaient possibles, et étaient même cautionnés par une société qui organisait à travers eux une sorte de marché du mariage. Lorsque des cinéastes adaptent Pride and Prejudice et ses trois scènes de bal, la danse passe du statut d’activité presque implicite, qu’elle a dans le roman, à une représentation précise et physique qui permet d’exprimer de manière proprement audiovisuelle les relations entre les personnages, voire le fonctionnement de cette société. Cet article propose une étude comparée des scènes de danse dans les trois adaptations les plus célèbres, le Pride and Prejudice de la MGM (1940), la mini-série BBC/A&E (1995) et le film de Working Title (2005).
In Jane Austen’s time, a ball was a special social event in which contacts between men and women were possible, and were even encouraged by a society which used them as a sort of marriage market. When film-makers adapt Pride and Prejudice and its three dance scenes, dancing is no longer the almost implicit activity it seems to be in the novel, but becomes a precise, physical representation which expresses the relationships between characters, and even the way this society functions, in properly audiovisual terms. This article offers a comparative study of the three most famous adaptations, the 1940 MGM motion picture, the 1995 BBC/A&E miniseries, and the 2005 Working Title production.