Etudes anglaises
Klincksieck

I.S.B.N.9782252035450
128 pages

p. 497 à 498
doi: en cours

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Notes de lecture

Volume 59 2006/4

JAN MARSH, ed. — Black Victorians. Black People in British Art 1800-1900. (Aldershot: Lund Humphries, 2005, 208 pp., 123 ill., £35.00.)

Ce volume, qui sert de catalogue à l’exposition organisée en 2005-2006 par les musées de Manchester et de Birmingham, éclaire un aspect généralement négligé de l’époque victorienne : la présence noire en Grande-Bretagne. Les reproductions des quelque 106 œuvres exposées sont précédées d’une introduction, qui déplore le manque de statistiques fiables et le côté univoque des images (on ne dispose que de représentations de noirs par des blancs et non l’inverse), puis de cinq essais dus à divers spécialistes, textes qui se révèlent d’intérêt inégal. L’étude la plus passionnante est sans conteste celle que Jan Marsh consacre à la toile de T.J. Barker, The Secret of England’s Greatness, conservée à la National Portrait Gallery, où l’on voit la reine Victoria remettre une Bible à un souverain africain. L’auteur resitue cette peinture dans son contexte (abolitionnisme, missions, accueil des réfugiés noirs, rapports du Royaume-Uni avec les pays d’Afrique) et conclut en rappelant que ce tableau jadis célébrissime est même mentionné par Joyce dans Ulysses. Dans son chapitre sur les « Travelling artists in Egypt », Briony Llewellyn, spécialiste de John Frederick Lewis, met en relation le témoignage des peintres avec celui d’autres visiteurs occidentaux et souligne combien les artistes devaient s’adapter aux attentes de leurs contemporains, aux dépens des réalités observées sur le terrain. L’article de Caroline Bressey évoque les albums de photographies prises par le célèbre Dr Barnardo et les portraits réalisés dans les asiles psychiatriques et les prisons. On apprécie particulièrement les « Brief Biographies » rassemblées en fin de volume, et la bibliographie, utile point de départ pour une étude de ce sujet encore à défricher. — Laurent Bury (Université de Paris IV).

OSCAR WILDE. — Un mari idéal/An Ideal Husband. Traduction, présentation, notes, dossier, chronologie, bibliographie par Pascal Aquien. (Paris : GF-Flammarion, 2004, 343 pp., 7,80 €.)

Après avoir donné, dans la même collection bilingue, une édition de Salomé en 1993, puis une édition de L’Importance d’être constant en 2000, Pascal Aquien poursuit sa présentation du théâtre de Wilde avec Un mari idéal, dans une traduction à la fois précise et alerte, qui donne une idée exacte des chorégraphies verbales de l’original. Cette traduction est précédée d’une introduction substantielle d’une quarantaine de pages qui nous renseigne sur plusieurs points importants : circonstances de la composition ; accueil très favorable du public lors des premières représentations, mais plus réservé de la part des critiques (à l’exception d’un autre Irlandais, G. B. Shaw, très réceptif) ; les états du texte ; les sources et les influences ; les ressorts et les procédés dramatiques. L’introduction se clôt sur deux sections orientées davantage vers l’herméneutique : la complexité et la richesse de la pièce apparaissent grâce à trois lectures possibles, avec une approche morale et psychologique, puis une approche plus politique, et enfin une approche esthétique et linguistique, ce qui assure le lien avec la conclusion sur la valeur subversive du langage dans la pièce. Certains de ces points réapparaissent dans le dossier final, qui apporte une information factuelle détaillée sur : Wilde, homme de théâtre ; ses inspirateurs et ses contemporains ; son théâtre avant et après la pièce ; le dandy et le langage. L’ensemble, qui se termine par une chronologie, et une bibliographie très riche, mais aussi une filmographie, peut se recommander comme une excellente introduction à la pièce. — Alain Jumeau (Université de Paris IV).
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