Etudes économiques de l’OCDE
Ed. de l’OCDE

I.S.B.N.92-64-01664-3
210 pages

p. 9 à 10
doi: en cours

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no 10 2004/10

Avec un taux de croissance annuel de l’ordre de 6 pour cent, la Corée figure parmi les pays de l’OCDE qui ont crû le plus rapidement au cours des cinq dernières années. Cette forte expansion, qui a porté le revenu par habitant à un niveau équivalant aux deux tiers de la moyenne OCDE, illustre le dynamisme foncier de la Corée et les progrès accomplis dans la mise en œuvre d’un vaste programme de réformes au lendemain de la crise de 1997. Néanmoins, la récession de 2003 – en partie imputable à des problèmes structurels sur le marché du travail ainsi que dans le secteur des entreprises et le secteur financier – indique que le programme de réformes n’est pas achevé. Pour que cette rapide expansion se poursuive à moyen terme alors même que la contribution des facteurs travail et capital se ralentit, la réforme structurelle devra encore progresser, notamment en ce qui concerne le marché du travail, le secteur financier et celui des entreprises, et s’accompagner de politiques macroéconomiques appropriées.
 
Des politiques macroéconomiques pour favoriser la stabilité et contrer la poussée des dépenses
 
 
La politique monétaire devrait être axée sur le nouvel objectif d’inflation à moyen terme. En mettant un terme à l’accumulation des réserves de change, il serait moins nécessaire de relever les taux d’intérêt sur l’ensemble du cycle et on contribuerait à une expansion plus équilibrée à moyen terme. Étant donné les pressions qui s’exercent pour une augmentation des dépenses publiques du fait du vieillissement de la population et de l’extension du filet de sécurité sociale, et compte tenu également des coûts potentiels de la coopération économique avec la Corée du Nord, la politique budgétaire devrait viser à équilibrer le budget, non compris l’excédent de la sécurité sociale, sur l’ensemble du cycle. En inscrivant les décisions de dépenses dans un cadre à moyen terme et en améliorant l’efficience du système de dépenses publiques, il serait également plus facile de contenir les pressions exercées sur les dépenses. De plus, une réforme en profondeur du système de retraite est indispensable pour en assurer la viabilité face au vieillissement exceptionnellement rapide de la population. Cette réforme devrait viser à étendre la couverture effective du régime public de retraite et à développer l’épargne constituée par le secteur privé en vue de la retraite.
 
Le principal enjeu à long terme est d’accélérer la croissance de la productivité, et il faut pour ce faire :
 
 
Améliorer le fonctionnement du marché du travail
Un vaste programme de réforme est nécessaire pour accroître la flexibilité de l’emploi, instaurer des relations professionnelles davantage fondées sur la coopération et réduire le dualisme du marché du travail, jugé préoccupant du point de vue de l’équité. L’assouplissement de la protection de l’emploi des travailleurs réguliers et l’amélioration de la couverture du filet de sécurité sociale, notamment pour les travailleurs non réguliers qui représentent environ un quart de l’ensemble des salariés, renforceraient la flexibilité et réduiraient le dualisme du marché du travail. Le gouvernement devrait favoriser la mise en place pour les relations professionnelles d’un cadre à l’intérieur duquel les travailleurs et le patronat régleraient leurs différends de manière autonome. Les politiques actives du marché du travail devraient être améliorées en réduisant leurs coûts improductifs. à plus long terme, il est essentiel d’accroître les taux d’activité, notamment ceux des travailleurs âgés et des femmes, pour faire face au vieillissement rapide de la population.
Réformes du secteur des entreprises et du secteur financier
Il importe d’aller plus avant dans la mise en place du nouveau cadre de gouvernement d’entreprise, parallèlement à l’amélioration de la surveillance financière et au renforcement des pressions de la concurrence, pour imposer une plus grande discipline aux chaebol et guider la restructuration des entreprises. Le scandale comptable de 2003 illustre la nécessité d’améliorer les procédures de vérification pour renforcer la transparence. Dans le secteur financier, la privatisation des banques commerciales devrait se poursuivre. Il est également nécessaire de régler sans tarder les problèmes du secteur non bancaire, notamment des sociétés de cartes de crédit, qui ont affecté la consommation privée, et ceux des organismes de placement collectif. En adoptant des mécanismes de surveillance financière davantage fondés sur l’anticipation et prenant plus largement en compte les risques, on contribuerait à éviter de futurs problèmes dans le secteur financier.
Renforcer la concurrence pour accélérer les gains de productivité
Il convient de renforcer la politique de la concurrence en donnant à la Commission coréenne de la concurrence de véritables pouvoirs de coercition pour ses enquêtes, en rendant plus crédible la menace de sanctions individuelles et en supprimant les exemptions prévues par le droit de la concurrence. C’est dans le secteur des services, où la productivité est nettement plus faible que dans le secteur manufacturier, qu’une intensification de la concurrence a le plus de chances de porter le maximum de fruits. La concurrence devrait être renforcée par la levée des obstacles qui s’opposent à la création de grands magasins de détail et par la suppression des contraintes inutiles imposées aux services professionnels. Une simplification des réglementations relatives à l’occupation des sols, régie par 112 textes de loi, pourrait également atténuer les obstacles à l’entrée. Il est par ailleurs important d’accélérer les efforts pour étendre le champ de la concurrence dans les industries de réseau en recourant à la privatisation et au dégroupage de leurs activités. Un autre facteur essentiel du point de vue de la concurrence est la mise en place de régulateurs sectoriels, indépendants des ministères chargés de promouvoir le développement des industries de réseau. La concurrence étrangère devrait être intensifiée par une nouvelle réduction des obstacles aux importations et par des mesures visant à remédier aux facteurs tels que les problèmes du marché du travail qui tendent à décourager les entrées d’investissements directs.
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