2004
Études économiques de l’OCDE
Résumé
Le mouvement de convergence de l’économie portugaise vers les économies plus avancées de l’OCDE semble s’être interrompu ces dernières années, l’écart de revenu par habitant restant significatif. La cause immédiate de cette situation est la faible productivité du travail, car les taux d’emploi intersectoriels sont sensiblement plus élevés que la moyenne de l’UE. Il n’y a pas non plus, globalement, de pénurie de biens d’équipement. Cependant, les biens d’équipement dans le secteur des entreprises ne sont pas toujours utilisés ou alloués de façon efficace et l’adoption des nouvelles technologies ne se fait pas aisément. En outre, la population active portugaise – même ses membres plus jeunes – ont une formation formelle moindre que les travailleurs des autres pays de l’UE, y compris les nouveaux membres de l’Europe centrale et orientale, et elle a aussi moins de possibilités de formation que dans nombre d’autres pays. Les produits traditionnels portugais, à faible valeur ajoutée et à forte intensité de main-d’œuvre, se heurtent à une concurrence de plus en plus vive de la part des pays en développement et des nouveaux membres de l’UE.
Le principal enjeu à moyen terme est donc d’accélérer la croissance en mettant en œuvre des politiques qui développent le capital humain et favorisent la mobilité de la population active et la diffusion des progrès technologiques. La concurrence doit être renforcée, notamment dans les services d’utilité publique privatisés, où les opérateurs historiques exercent encore un pouvoir de marché dominant. En outre, les conditions de l’activité d’entreprise et de l’investissement doivent être encore améliorées, de façon à encourager les créations et expansions d’entreprises et à permettre davantage d’innovations. Les autorités ont identifié les faiblesses de l’économie et ont fait adopter par voie législative un large éventail de mesures pour améliorer la performance. L’essentiel est de mener à leur terme et d’approfondir ces programmes de réforme, en assurant leur mise en œuvre effective.
Un exemple important est celui des réformes récentes de l’administration publique hypertrophiée, dont on attend encore qu’elles se traduisent par une réduction sensible des effectifs ou un large redéploiement entre les différents secteurs du gouvernement. Cela est d’autant plus problématique qu’une administration peu motivée et jouissant d’une considérable sécurité de l’emploi pourrait avoir pour conséquence une application plus lente des réformes dans les autres domaines.
La mise en œuvre effective des réformes destinées à contenir la croissance des dépenses publiques et à améliorer les résultats est importante pour plusieurs raisons. Surtout, la croissance excessive des dépenses publiques au cours des dernières années du vingtième siècle a rendu nécessaire une réduction radicale de ces dépenses dans la phase de ralentissement international de l’activité qui a suivi, afin de limiter la progression du déficit budgétaire. L’économie ne montrant les premiers signes d’une reprise qu’en 2004, les autorités ont eu recours de façon continue à des opérations exceptionnelles et à des gels budgétaires pour ne pas dépasser la limite de 3 pour cent du déficit prévue dans le traité de Maastricht. Il importe que ces mesures soient éliminées rapidement et renforcées par la mise en œuvre plus résolue de programmes visant à accroître l’efficience et la qualité des dépenses publiques. Cela contribuerait à résoudre le problème chronique de la faiblesse structurelle des dépenses publiques et permettrait au Portugal de sortir des phases d’affaiblissement conjoncturel, généralement prononcées dans son cas, sans avoir à réduire ou à reporter des programmes fondamentalement importants. À long terme, de nouvelles mesures de consolidation sont nécessaires, car le vieillissement de la population commencera d’exercer des pressions croissantes sur le budget public en raison des dépenses à financer au titre des pensions et des soins de santé.
Des réformes du secteur de la santé, auxquelles un chapitre spécial est consacré, ont été mises en place récemment, allant dans le sens des recommandations des Études économiques antérieures. Elles visent à améliorer la qualité des soins sans augmenter les coûts et à ralentir la croissance des coûts à l’avenir. Leur objectif est de mettre en place des structures de gestion et d’incitation plus performantes pour les hôpitaux et les médecins généralistes, de réduire les listes d’attente et de diminuer les coûts des produits pharmaceutiques. Un aspect important est l’établissement d’un organisme de réglementation indépendant ayant des responsabilités et des pouvoirs suffisants pour assurer aux citoyens un accès équitable aux soins de santé et la fourniture de services de haute qualité par les prestataires. D’après les premières indications, il semblerait que des économies aient été réalisées dans les dépenses au titre des produits pharmaceutiques et que des améliorations soient intervenues dans les services hospitaliers. La mise en œuvre effective des multiples aspects du programme sera indispensable pour obtenir des résultats durables, mais des mesures supplémentaires pourraient être nécessaires pour améliorer encore l’efficience, réduire les pressions actuelles sur les coûts et améliorer la situation sanitaire.
Cette étude est publiée sous la responsabilité du Comité d’examen des situations économiques et des problèmes de développement, qui est chargé de l’examen de la situation économique des pays membres.
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La situation économique et les politiques du Portugal ont été évaluées par le Comité le 5 juillet 2004. Le projet de rapport a ensuite été révisé à la lumière de la discussion et finalement approuvé par le Comité plénier le 13 juillet 2004.
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Le projet de rapport du Secrétariat a été établi pour le Comité par Bénédicte Larre, Stéphanie Guichard et Pedro Duarte Silva sous la supervision de Nicholas Vanston.
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L’Étude précédente du Portugal a été publiée en février 2003.