2005
Études économiques de l’OCDE
Résumé
Après son adhésion à l’Union européenne, le principal impératif de la République tchèque est de renforcer ses perspectives de croissance. À l’heure actuelle, le potentiel de croissance est légèrement supérieur à 3 pour cent, ce qui implique un rythme modéré de rattrapage du niveau de vie dans l’UE et ailleurs. Des objectifs plus ambitieux sont possibles sur le front de la croissance, et il est heureux que le programme du nouveau gouvernement en tienne compte. Cette Étude fait ressortir quatre grands défis.
Assainir les finances publiques
L’assainissement budgétaire est le problème majeur de la politique macroéconomique. Il s’impose non seulement pour faire face au vieillissement et modérer la charge fiscale mais aussi pour remplir les conditions d’entrée dans la zone euro. Un programme judicieux de réformes budgétaires a été mis en route, qui prévoit notamment un système de plafonds de dépenses globaux pluriannuels et d’importantes coupes dans les dépenses. Cependant, jusqu’ici, ce sont surtout des mesures d’accroissement des recettes qui ont été mises en œuvre et les mesures prises du côté des dépenses n’ont pas encore pleinement porté leurs fruits. Les efforts déployés pour obtenir un large consensus politique sur la réforme des retraites sont certes louables, mais il faut souligner que, quelle que soit la réforme qui sera finalement appliquée, elle devra générer des économies budgétaires considérables. Tandis que la réforme des soins de santé doit aussi induire des économies, les propositions concrètes se font attendre dans ce domaine. Pour faciliter l’évaluation de la position budgétaire réelle, les fonds extrabudgétaires doivent être plus étroitement intégrés dans les procédures générales de budgétisation du secteur public. En outre, la décentralisation accrue des services publics rend d’autant plus nécessaires les bonnes pratiques budgétaires et la transparence dans les administrations régionales et municipales.
Réussir l’entrée dans la zone euro
La Banque centrale et le ministère des Finances ont formulé une stratégie transparente pour l’entrée dans la zone euro, qui prévoit de minimiser la durée du passage dans le MCE II. Des rapports annuels évalueront les conditions économiques au regard des critères de Maastricht et une demande d’entrée dans le MCE II ne sera présentée que si la probabilité d’un premier examen positif par les autorités de l’UE est forte. L’objectif de 3 pour cent retenu pour l’inflation en vue de l’entrée dans la zone euro se justifie dans une optique à moyen terme. Peut-être sera-t-il cependant difficile d’expliquer comment cet objectif peut se concilier avec le critère de Maastricht pour la stabilité des prix. Les autorités tchèques devront donc apporter une grande attention à la façon dont les critères de Maastricht sont interprétés et appliqués par la Commission européenne et la BCE et adapter leur stratégie de communication en conséquence.
Créer un climat plus propice à l’entreprise
Le rattrapage du niveau de vie devra provenir pour l’essentiel d’une stimulation des gains de productivité. Cela suppose une réallocation plus rapide des ressources entre les entreprises et une croissance plus vigoureuse de la productivité dans l’entreprise. Alors que la République tchèque se montre très compétitive pour attirer l’investissement direct étranger, sa politique envers les entreprises peu performantes et les jeunes entreprises présente des carences, ce qui a pour effet de freiner les entrées et sorties. Les procédures de faillite sont lourdes, souvent très longues et se soldent généralement par la liquidation d’entreprises parfois dépouillées de leurs actifs. Des réformes sont programmées de longue date, et il est heureux de constater qu’une nouvelle législation semble finalement se mettre en place. Cette législation entend renforcer le rôle des créanciers, accélérer les procédures et favoriser les concordats. De même, les initiatives visant à simplifier l’inscription au registre du commerce sont tout à fait opportunes et devraient être mises en œuvre dès que possible. Le climat général des affaires souffre aussi des problèmes posés par la concurrence dans les industries de réseau, le coût de certains services, notamment l’Internet, étant supérieur à la moyenne internationale.
Améliorer le fonctionnement du marché du travail
La mobilité professionnelle et géographique est faible. L’extension administrative des conventions collectives en matière de salaires, la stricte législation relative à la protection de l’emploi concernant les licenciements individuels, le contrôle des loyers, les sérieux pièges de la pauvreté (notamment pour les familles) et l’existence d’un coin fiscal élevé ont contribué à un très important chômage de longue durée. La population tzigane est particulièrement touchée à cet égard. Les migrations atténuent dans une certaine mesure les rigidités du marché du travail, les Slovaques comblant les vacances d’emplois qualifiés et les ressortissants d’autres pays d’Europe de l’Est (Ukrainiens pour la plupart) occupant les emplois non qualifiés qui n’intéressent pas les ressortissants tchèques. La lutte contre le chômage appelle des mesures sur un large front, et tout spécialement une réforme du système de prestations sociales parallèlement à une réduction du coin fiscal et à un assouplissement de la législation relative à la protection de l’emploi. L’exclusion économique et sociale généralisée des Tziganes doit retenir davantage l’attention, notamment dans le système éducatif. Une politique d’immigration moins restrictive est nécessaire pour remédier à des problèmes immédiats tels que les incohérences concernant la délivrance des permis de travail et pour faire en sorte que les compétences des immigrants correspondent mieux aux besoins des employeurs tchèques.
Cette Étude est publiée sous la responsabilité du Comité d’examen des situations économiques et des problèmes de développement, qui est chargé de l’examen de la situation économique des pays membres.
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La situation économique et les politiques de la République tchèque ont été évaluées par le Comité le 11 octobre 2004. Le projet de rapport a ensuite été révisé à la lumière de la discussion et finalement approuvé par le Comité plénier le 28 octobre 2004.
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Le projet de rapport du Secrétariat a été établi pour le Comité par Philip Hemmings, Ann Vourc’h, Dana Hajkova et Boris Courne de sous la direction de Andreas Wörgötter.
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L’Étude précédente de la République tchèque a été publiée en avril 2003.