2004
Études économiques de l’OCDE
Résumé
Les performances sont bonnes depuis quelque temps et devraient le rester. L’économie australienne bénéficie actuellement des profondes réformes qui ont débuté dans les années 80 et se sont intensifiées dans les années 90. L’action macroéconomique a pu ainsi plus facilement s’inscrire dans un cadre à moyen terme axé sur la stabilité. Le résultat a été une longue période d’expansion économique de 13 ans, marquée d’une faible inflation, d’une forte résilience aux chocs externes et internes et d’une situation très saine dans le domaine des finances publiques. On peut s’attendre à court terme à la poursuite d’une croissance rapide et faiblement inflationniste.
Il faut s’attaquer dès maintenant aux problèmes à venir. Les principaux problèmes se profilent à moyen et long terme, mais des mesures s’imposent dès aujourd’hui pour les résoudre. Le vieillissement de la population accentuera la tendance à la hausse des dépenses publiques pour la santé et, à un moindre degré pour les retraites, les finances publiques se trouvant alors très sollicitées. Plus fondamentalement, bien que l’Australie ait progressé dans le classement des pays en ce qui concerne le revenu par habitant, elle a seulement retrouvé la place qu’elle occupait au début des années 70 et elle reste loin derrière les pays en tête pour les taux d’activité et la productivité de la main-d’œuvre. Il faudrait donc agir dans ces deux domaines. Une plus forte croissance de la production sera également utile face au gonflement des dépenses sociales, en évitant ou en rendant moins nécessaires un alourdissement de la fiscalité ou des compressions de dépenses dans d’autres secteurs.
Il faudrait accroître les taux d’activité. Comme dans de nombreux autres pays, les taux d’activité des femmes augmentent, mais ceux des hommes diminuent. On constate en outre un phénomène déconcertant de hausse tendancielle à long terme du nombre de travailleurs âgés titulaires d’une pension d’invalidité, même s’il est dû en partie à un effet de cohorte. Des mesures sont envisagées pour évaluer plus précisément la capacité de travail des nouveaux titulaires d’une pension d’invalidité. Une série de mesures de « valorisation du travail » ont été adoptées pour encourager les bénéficiaires de prestations sociales à exercer un emploi, car les taux marginaux effectifs d’imposition du travail sont comparativement élevés pour les revenus modestes. Il serait souhaitable de réduire encore ces taux marginaux effectifs et de prêter davantage attention aux conditions d’admissibilité des régimes de prestations sociales, aux dispositifs d’activation et aux mécanismes d’obligation mutuelle. Les personnes qui sont faiblement qualifiées rencontrent des obstacles supplémentaires pour accéder à un emploi ou pour le conserver parce que le salaire minimum est relativement élevé et les vestiges du système de sentences, qui se caractérisait par son omniprésence et son juridisme excessif, découragent encore la flexibilité. De nouvelles réformes sont indispensables dans ces domaines.
Il ne suffira pas d’accroître les taux d’activité. On estime que si les taux d’emploi atteignaient en Australie les niveaux les plus élevés observés dans les pays de l’OCDE, le gain de PIB réel serait de 9 % dans une vingtaine d’années par rapport aux résultats qui seraient obtenus si la situation actuelle perdurait, ce à quoi il faut ajouter des effets extrêmement positifs sur les finances publiques. Néanmoins, cela ne suffira pas pour compenser entièrement la contraction relative de la population d’âge actif qui se produira ces prochaines décennies sous l’influence du vieillissement démographique. La croissance du revenu par habitant tomberait au-dessous des taux tendanciels à long terme et, a fortiori, au-dessous des taux observés récemment. Une plus forte croissance de la productivité du travail sera également nécessaire si l’on veut que le revenu par habitant augmente au rythme souhaité.
L’intensification de la concurrence est l’un des remèdes. L’Australie a remarquablement progressé si l’on considère sa situation de départ extrêmement médiocre, mais il reste encore beaucoup à faire, et notamment à éliminer les restrictions à la concurrence jugées contraires à l’intérêt général à l’issue du réexamen des réglementations. Il existe de telles restrictions dans les activités suivantes : commercialisation des produits agricoles, licences pour les boissons alcoolisées, régimes d’assurance obligatoire, pharmacies, services professionnels et certains métiers. Il faut remédier comme il est prévu aux incohérences réglementaires dues à la coexistence d’autorités de régulation au niveau des États et au niveau national dans les secteurs de l’électricité et du gaz. Les réformes qui concernent l’eau ont beaucoup progressé en zone urbaine, mais leur rythme est lent en zone rurale. Il faudrait effectivement mettre en œuvre les réformes relatives au secteur des transports terrestres nationaux qui sont prévues dans le cadre du dispositif Auslink et promouvoir la concurrence dans les transports maritimes. Il conviendrait de favoriser la concurrence dans les télécommunications fixes en facilitant l’accès de concurrents. Il faudrait obliger Telstra à céder son réseau câblé et sa participation dans une grande télévision payante. Enfin, il faudrait redoubler d’efforts pour ouvrir à la concurrence le marché des services postaux.
Développer le capital humain sera également bénéfique. Dans le secteur de l’éducation, les normes et les résultats se sont améliorés ces 25 dernières années, mais il subsiste de profondes disparités et un grand nombre de jeunes quittent prématurément l’école avec peu de qualifications. Il serait utile de modifier les programmes scolaires de façon à mieux répondre aux aspirations des élèves et aux besoins de leur futur employeur. De plus, si l’on intensifiait l’approche plus globale de la formation tout au long de la vie, les salariés seraient incités à rester plus longtemps en activité et les employeurs s’y montreraient plus favorables.
Cette étude est publiée sous la responsabilité du Comité d’examen des situations économiques et des problèmes de développement, qui est chargé de l’examen de la situation économique des pays membres.
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La situation économique et les politiques de l’Australie ont été évaluées par le Comité le 17 novembre 2004. Le projet de rapport a ensuite été revisé à la lumière de la discussion et finalement approuvé par le Comité plénier le 23 novembre 2004.
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Le projet de rapport du Secrétariat a été établi pour le Comité par Helmut Ziegelschmidt, Vassiliki Koutsogeorgopoulou, Simen Bjornerud, et Michael Wise, sous la direction de Nicholas Vanston.
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L’étude précédente de l’Australie a été publiée en avril 2003.