Etudes économiques de l’OCDE
Ed. de l’OCDE

I.S.B.N.92-64-00802-0
174 pages

p. 9 à 10
doi: en cours

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no 1 2005/1

Le Danemark figure depuis plusieurs années dans le groupe de tête des pays de l’OCDE pour ce qui est du niveau de revenu. Il est le pays membre où la distribution du revenu est la plus égalitaire, en raison de l’omniprésence de l’État protecteur. Compte tenu du vieillissement de la population, le principal défi à relever est de faire en sorte que les niveaux de vie continuent de s’élever tout en préservant le système de protection sociale. Pour ce faire, le Danemark devra accroître l’offre de main-d’œuvre et accélérer les gains de productivité. Faute d’amélioration dans ces deux domaines, le taux de croissance du PIB par habitant retomberait à seulement ½ pour cent par an d’ici une vingtaine d’années.
La stratégie du gouvernement, exposée dans son Plan 2010, vise à assurer la viabilité budgétaire en dynamisant l’emploi, en freinant la progression des dépenses publiques (par un gel des impôts) et en remboursant la dette. Les progrès réalisés jusqu’à présent n’ont pas correspondu à l’objectif, en partie du fait d’une récession conjoncturelle, mais aussi parce que de nouvelles réformes s’imposent. Néanmoins, même si le Plan était intégralement appliqué, il pourrait s’avérer insuffisant. D’après l’analyse faite par la Commission des affaires sociales, l’enjeu budgétaire est beaucoup plus important. Un débat pourrait donc être nécessaire pour identifier les éléments essentiels du système de protection sociale qui devraient être préservés sous leur forme actuelle, sous peine d’être évincés par des services moins importants qui, par tradition plus que par nécessité, sont aujourd’hui financés par l’État.
 
De nouvelles réformes s’imposent pour atteindre l’objectif du gouvernement concernant l’offre de main-d’œuvre
 
 
Les objectifs d’emploi du gouvernement sont ambitieux, mais les mesures prises pour combler les trois principales lacunes de l’offre de main-d’œuvre qui concernent la durée du travail, les travailleurs âgés et les jeunes, ont été trop timides. La durée annuelle du travail est l’une des plus faibles de la zone de l’OCDE, en partie du fait des taux élevés de l’impôt sur le revenu. La suppression du taux marginal supérieur, ou le relèvement du seuil à partir duquel il s’applique, renforcerait les incitations au travailet pourrait contribuer à améliorer la viabilité budgétaire s’il s’inscrit dans un ensemble de mesures neutres du point de vue des recettes. En revanche, une baisse pure et simple des impôts serait probablement nocive pour la viabilité budgétaire. Plus généralement, les partenaires sociaux devraient reconnaître, chaque fois qu’ils s’efforcent d’obtenir une diminution de la durée du travail, qu’il faut choisir entre l’allongement des loisirs et la réduction des ressources destinées à financer les services publics futurs. Ils devraient également s’employer à faire reculer le taux d’absence pour cause de maladie, particulièrement élevé par rapport à la moyenne de l’OCDE. Deuxièmement, l’âge moyen de la retraite pourrait être relevé en réformant le régime de préretraite volontaire (efterløn) – par exemple en augmentant les cotisations et la prime associée au report du départ en retraite. Le système de retraite dans son ensemble pourrait être consolidé si les âges de départ étaient liés à l’espérance de vie. À l’autre extrémité de la pyramide des âges, il faudrait que les jeunes achèvent leurs études plus rapidement. Pour ce faire, on pourrait relever les droits de scolarité (en les accompagnant d’un système de prêts sur critère de ressources) et modifier le profil temporel des aides (plus importantes au départ, plus faibles vers la fin), en même temps qu’il faudrait supprimer le « congé payé » d’un an dont bénéficient les étudiants.
 
La productivité pourrait être dopée par une intensification de la concurrence, notamment dans le secteur public
 
 
Les gains d’efficience dans le secteur public seront l’un des éléments qui détermineront l’ampleur des éventuelles réductions futures de l’État protecteur. Le gouvernement s’est efforcé d’ouvrir plus largement le secteur public à la concurrence pour obtenir ces gains de productivité, mais les progrès ont été lents. En raison de diverses lacunes de la réglementation, les communes (qui assurent la plupart des services publics) ne sont parfois pas suffisamment incitées à sous-traiter, et le secteur privé ne peut rivaliser sur un pied d’égalité. On pourrait envisager d’obliger les collectivités locales à lancer des appels d’offres et de lier certains de leurs crédits au développement de la sous-traitance. Le regroupement des administrations communales (leur nombre devrait être diminué de plus de moitié pour être ramené aux alentours d’une centaine) devrait améliorer la qualité des services publics et faciliter la concurrence.
Des gains de productivité sont également nécessaires dans le secteur des entreprises, les progrès faits sur ce plan au cours des dix dernières années ayant été faibles. Priorité devrait être donnée à la poursuite de la déréglementation des industries de réseau, à l’accélération des connexions avec les marchés internationaux pour l’électricité, et à la suppression des restrictions inutiles dans les secteurs de la construction, du logement, de la distribution et des services professionnels. Le droit de la concurrence pourrait être amélioré grâce à un programme de clémence mieux conçu et à une réduction des seuils imposés aux fusions internes.
 
L’éducation et l’innovation peuvent régler une partie des problèmes
 
 
Pour que l’amélioration des niveaux de vie se poursuivre, il faudra que la population active soit plus qualifiée. Or les performances du système scolaire ne sont pas celles qu’on pourrait attendre compte tenu des ressources déployées. Il serait utile de développer la culture de l’évaluation ; les compétences des enseignants seraient mieux utilisées s’ils se spécialisaient davantage ; il faudrait combler les lacunes de leur formation ; enfin, l’organisation du travail devrait être rendue plus flexible.
Il serait également utile que le budget de la recherche soit mieux utilisé. On pourrait pour cela faire plus largement jouer la concurrence dans le système de financement en l’axant davantage sur les résultats, et lier l’octroi des crédits à la qualité. Le marché du capital-risque serait dynamisé si les règles fiscales étaient simplifiées et les procédures de restructuration des entreprises assouplies.
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