Etudes économiques de l’OCDE
Ed. de l’OCDE

I.S.B.N.92-64-01171-4
156 pages

p. 8 à 9
doi: en cours

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no 11 2005/11

2005 Études économiques de l’OCDE

Résumé

La politique économique de la zone euro a pour objectifs d’assurer une croissance économique soutenue, d’améliorer le fonctionnement des marchés du travail et de rétablir la viabilité des finances publiques dans le contexte d’une politique monétaire commune qui vise à maintenir la stabilité des prix. Bien que l’inflation se soit maintenue juste au-dessus du taux correspondant à la définition de la stabilité des prix adoptée par la BCE, les anticipations inflationnistes à long terme restent fermement ancrées à la stabilité des prix. Jusqu’ici, cependant, les progrès vers les autres objectifs ont été décevants, du fait en partie de chocs négatifs tels que la flambée des prix du pétrole ou les fluctuations des taux de change. Si les politiques restent inchangées, et compte tenu du vieillissement de la population, la croissance de la production potentielle de la zone euro devrait se ralentir au cours des prochaines décennies, avant de se stabiliser aux alentours de 1 % par an vers 2020, comme l’illustre le scénario ci-après :

Taux de croissance annuel moyen
Zone euro 1995-2000 2000-05 2005-10 2010-20 2020-30
A. Emploi potentiel 0.7 0.8 0.3 –0.3 –0.7
B. Productivité potentielle du travail 1.2 1.2 1.6 1.6 1.6
C. PIB potentiel 2.0 2.0 1.9 1.3 0.9
D. Population 0.3 0.3 0.2 0.1 0.0
E. PIB potentiel par habitant 1.8 1.6 1.7 1.2 0.9

Dans ces conditions, l’écart de revenu vis-à-vis des États-Unis se creuserait considérablement. Il importe donc de faire preuve de détermination dans la poursuite des réformes structurelles afin de renforcer les perspectives de croissance et de relancer le processus de convergence économique avec les pays de l’OCDE qui enregistrent les meilleurs résultats. En même temps, la stabilité macroéconomique doit être assurée :
  • La politique monétaire devrait rester accommodante tant que les perspectives d’inflation à moyen terme s’accorderont avec la stabilité des prix. La reprise a été molle jusqu’ici et l’inflation n’a guère réagi à l’accroissement de la marge de ressources inutilisées. Depuis l’amorce de la reprise, la BCE a maintenu son principal taux directeur à 2 %. Il semblerait raisonnable qu’elle le maintienne à un niveau stable aussi longtemps que les perspectives d’évolution des prix s’accorderont avec la stabilité des prix à moyen terme, mais la politique monétaire devrait réagir si les perspectives d’inflation se modifiaient. Des réformes structurelles aideraient à réduire la persistance de l’inflation et renforceraient l’efficacité d’une politique monétaire axée sur la stabilité.
  • La politique budgétaire doit s’inscrire dans la perspective d’objectifs de viabilité à long terme. Il importe de tenir compte dès maintenant des pressions considérables que vont exercer à moyen terme les dépenses liées au vieillissement. Il est indispensable de faire en sorte que les budgets soient proches de l’équilibre ou excédentaires sur l’ensemble du cycle économique. La décision prise en mars 2005 d’axer désormais les procédures de surveillance budgétaire de l’UE sur les soldes budgétaires à moyen terme et sur les critères d’endettement pourrait être un atout, à condition de s’accompagner d’une véritable appropriation des règles par les États membres et d’un contrôle plus rigoureux des dépenses publiques.
  • Il faut revoir en profondeur les institutions du marché du travail de manière à éliminer les obstacles et les contre-incitations au travail. Afin d’assurer le bon fonctionnement du marché du travail dans l’ensemble de la zone euro, il convient de mettre en œuvre des réformes destinées à adapter les systèmes de formation des salaires, à assouplir la législation relative à la protection de l’emploi, à réduire les incitations à la cessation anticipée d’activité et à la mise en invalidité, à atténuer la pression fiscale sur le travail et à éliminer les obstacles à la mobilité.
  • Il importe d’éliminer les réglementations qui font obstacle à la concurrence à l’intérieur des pays et aux échanges commerciaux entre les pays et d’encourager l’innovation. Il est particulièrement important de préserver la teneur des principales dispositions du projet de directive sur les services. Il faut avancer encore dans la voie de la réduction de la segmentation des marchés financiers et des marchés des transports. Des améliorations doivent être apportées aux dispositions concernant l’innovation. Il convient notamment de mettre en œuvre le brevet communautaire et, au niveau national, de déréglementer les marchés de produits, ainsi que de fonder le financement de la recherche et la rémunération des chercheurs sur les résultats obtenus.
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