2005
Études économiques de l’OCDE
Résumé
On s’attend à une poursuite de l’expansion économique, mais d’importants problèmes demeurent
Après une forte reprise en 2004, la croissance de la production devrait s’établir en moyenne à un peu plus de 4 % sur les deux années suivantes. Le Mexique a mis en œuvre des politiques macroéconomiques saines et a progressé dans une certaine mesure sur la voie des réformes structurelles requises, ouvrant l’économie, améliorant le fonctionnement des marchés de produits et renforçant le secteur financier. Cependant, les niveaux de vie sont encore très loin de la moyenne de l’OCDE et, bien qu’elle ait reculé au cours des 4 dernières années, la pauvreté reste répandue. La croissance du PIB potentiel est trop lente pour réduire l’écart de revenu. La première cause du retard persistant du Mexique est le faible niveau de la productivité de la main d’œuvre et sa progression lente. L’enjeu essentiel à moyen terme est d’accélérer la croissance grâce à un approfondissement du processus de réforme, en tirant parti des synergies résultant d’actions simultanées sur un large front et en assurant une mise en œuvre efficace. Pourtant, ces dernières années, beaucoup d’occasions de réformes importantes n’ont pas été saisies. Une action est nécessaire sur le front de l’éducation ainsi que pour faciliter l’activité des entreprises. Le cadre de la politique budgétaire devrait aussi être renforcé afin d’assurer le financement des besoins de développement sur une base durable.
Améliorer la performance du système éducatif est une priorité
Le capital humain est le plus faible de la zone OCDE et le système éducatif n’obtient pas de résultats suffisamment bons pour réduire le retard à un rythme acceptable. Les enfants mexicains passent encore relativement peu d’années dans le système d’éducation formel et n’en bénéficient pas autant qu’ils le devraient, de sorte que la faiblesse des acquis scolaires se reproduit d’une génération à l’autre, et avec elle la persistance de la pauvreté. Il convient de remédier aux inefficiences et à la mauvaise affectation des ressources. Il faut ainsi résister aux pressions en faveur de hausses injustifiées des salaires réels des enseignants, tout en affectant plus de ressources aux dépenses non salariales indispensables ; mieux former les enseignants et les directeurs d’établissement ; introduire des mécanismes de sanction et de récompense crédibles ; et transférer davantage de responsabilités aux établissements. La généralisation de l’enseignement préscolaire, qui détourne des ressources de l’expansion nécessaire du deuxième cycle d’enseignement secondaire, doit être limitée à la dernière année de maternelle et aux enfants des familles à faible revenu qui en ont le plus besoin. Côté positif, il existe des programmes prometteurs destinés à accélérer la diffusion des technologies de l’information en milieu scolaire (tels que le programme Enciclomedia).
L’amélioration des conditions de l’activité économique et de l’investissement contribuera aussi à une plus forte croissance de la productivité
Les investissements privés et le développement du secteur formel sont limités par un ensemble de facteurs : réglementation des marchés de produits toujours restrictive et formalités administratives lourdes (y compris pour la création d’entreprises), protection stricte de l’emploi formel, déficiences au niveau de la primauté du droit et procédures judiciaires inefficaces. Nombre de mesures prometteuses ont déjà été prises ; l’essentiel est de bien assurer leur application. La création d’entreprises est devenue une priorité. Les nouveaux programmes destinés à alléger le fardeau administratif des jeunes entreprises devraient être élargis à l’ensemble du territoire national. La suppression des obstacles juridiques à l’investissement privé dans le secteur de l’électricité et l’application effective d’un cadre réglementaire non discriminatoire et favorable à la concurrence dans les autres industries de réseau faciliteraient aussi les activités des entreprises et l’investissement. L’abandon de la réforme du marché du travail est regrettable ; cette réforme devrait être remise à l’ordre du jour.
Les autorités sont aussi confrontées à plusieurs problèmes budgétaires
Bien que la discipline budgétaire soit généralement bonne, le cadre budgétaire de moyen terme actuel devrait être renforcé et érigé en loi. Des efforts ont été accomplis afin que la manne pétrolière soit utilisée pour investir et épargner, mais des directives plus strictes sont nécessaires pour faire face à la situation actuelle des recettes pétrolières, qui sont élevées mais pourraient ne pas toujours rester à ce niveau. Ces ressources supplémentaires devraient être utilisées ou dépensées sagement, en mettant en place un important Fonds de stabilisation des recettes pétrolières, en réduisant l’endettement public et en finançant les investissements. Il y a aussi des priorités de développement (éducation de base, santé, infrastructure, réduction de la pauvreté) qui exigent des financements supplémentaires prévisibles. Une réforme fiscale propre à accroître les recettes, tout en réduisant les distorsions, est indispensable pour faire face à ces besoins.
La répartition des compétences et des responsabilités entre les niveaux d’administration devrait être revue de façon à tirer le meilleur parti de la décentralisation du secteur public
Le niveau fédéral a gardé la majeure partie de ses compétences en matière d’impôt, alors que les États se sont vu transférer des compétences essentielles en matière de dépenses et ont une importante autonomie d’emprunt. Les principaux enjeux sont d’assurer un meilleur rapport efficacité-coût des services publics ainsi que l’équité d’accès à ces services. Il faudra pour cela accroître l’obligation de rendre des comptes pour les États et municipalités, en précisant l’attribution des responsabilités en matière de dépenses entre les niveaux de l’administration et en faisant mieux correspondre les responsabilités dans le domaine des dépenses avec les compétences pour lever des impôts. Une réforme du système de transferts du gouvernement fédéral vers les collectivités territoriales est nécessaire pour améliorer les incitations en faveur de l’efficience et réduire les larges disparités de ressources financières entre les juridictions. Les mécanismes propres à discipliner le comportement budgétaire des collectivités territoriales devraient être renforcés.