2005
Études économiques de l’OCDE
Résumé
Le Brésil recueille aujourd’hui les fruits de la stratégie de consolidation macroéconomique et des politiques prudentes qu’il a menées. De très importants progrès ont été faits sur la voie de l’assainissement des finances publiques, et la politique monétaire conserve son orientation prospective. L’ajustement extérieur a été remarquable et les exportations sont restées soutenues, permettant à l’économie de mieux résister aux fluctuations de la confiance des marchés. Ce résultat est attribuable dans une large mesure au renforcement des institutions, en particulier l’adoption d’une stratégie de ciblage de l’inflation et de la loi de responsabilité budgétaire. La reprise économique est aujourd’hui fermement engagée. Cependant, il demeure indispensable de consolider la stabilité économique au cours de la période à venir tout en poursuivant les réformes structurelles, afin que les perspectives favorables débouchent sur un cercle vertueux alliant amélioration de la confiance et croissance robuste et équitable.
Améliorer la qualité de l’assainissement budgétaire
Le gouvernement est parvenu de façon remarquable à respecter ses objectifs budgétaires, même dans des conditions difficiles. La gestion de la dette publique a également été renforcée. Cependant, l’ajustement budgétaire a principalement été le fruit d’une augmentation des recettes et d’une compression des investissements publics. L’affectation systématique d’une grande partie des recettes à des emplois spécifiques et la fixation de seuils de dépenses au fil des ans, souvent par le biais de dispositions constitutionnelles, ont réduit la flexibilité budgétaire.
Une évaluation complète de l’efficacité des systèmes actuels d’affectation des recettes et de seuils de dépenses au regard des objectifs visés permettrait sans doute d’améliorer l’efficacité des dépenses par rapport à leur coût. Il semble donc possible de concilier la nécessaire poursuite du processus d’assainissement budgétaire et une réduction de la charge fiscale, particulièrement élevée au Brésil, afin de mieux mobiliser les ressources budgétaires au profit des priorités économiques et sociales de la collectivité.
Améliorer le climat de l’investissement
L’investissement privé se redresse, mais le niveau actuel des investissements, notamment dans le domaine des infrastructures, est insuffisant pour soutenir une croissance vigoureuse à moyen terme. Les autorités ne disposent que d’une marge de manœuvre budgétaire limitée pour accroître les dépenses publiques d’équipement dans la conjoncture actuelle, et l’investissement privé se heurte à l’insuffisance du crédit, à des coûts d’intermédiation élevés et aux incertitudes de la réglementation dans plusieurs secteurs.
Il est par conséquent indispensable d’améliorer le climat de l’investissement pour renforcer la croissance économique. Les nouvelles dispositions législatives en matière de faillite, lorsqu’elles auront été approuvées, devraient atténuer les contraintes pesant sur le recouvrement des créances, favorisant ainsi une expansion du crédit et une réduction des coûts d’intermédiation. L’approche générale retenue en ce qui concerne la réforme de la réglementation dans les industries de réseau, notamment dans le secteur de l’électricité, est judicieuse, mais le risque de défaillance de la réglementation ne doit pas être sous-estimé. Des partenariats entre le secteur public et le secteur privé peuvent encourager l’investissement, à condition de reposer sur des bases budgétaires saines, assurant un partage adéquat des risques entre les pouvoirs publics et leurs partenaires privés.
Renforcer les politiques sociales
Des progrès considérables ont été accomplis dans le domaine social depuis une dizaine d’années, et des améliorations incontestables ont été enregistrées en ce qui concerne certains indicateurs sociaux essentiels, notamment en matière d’éducation. Les autorités consacrent déjà une proportion importante du PIB à des programmes sociaux. Les dépenses publiques concernant les retraites représentent une plus large part du PIB au Brésil que dans la moyenne des pays de l’OCDE, bien que la population brésilienne soit plus jeune. En revanche, les dépenses consacrées à des programmes soumis à des critères de ressources, comme les transferts de revenus au titre de la garde des enfants et de la prise en charge des personnes âgées et handicapées, ne représentent qu’une part relativement faible des dépenses publiques à caractère social, nettement inférieure à la moyenne de l’OCDE.
Il va falloir renforcer les politiques sociales de manière à atteindre les objectifs fixés par le gouvernement, en donnant la priorité aux programmes sociaux qui sont jugés les plus efficaces par rapport à leur coût et les plus propices à l’accumulation de capital humain et en veillant simultanément à préserver la discipline budgétaire et à mobiliser la collectivité en faveur des réformes. Le système contributif d’assurance sociale, qu’il faut continuer de développer, devrait à terme bénéficier davantage aux personnes les plus démunies.
La présente Étude a été préparée au sein du Département des affaires économiques par Luiz de Mello et Nanno Mulder, sous la supervision de Silvana Malle.
Les auteurs des principales contributions sont Vinícius Carvalho-Pinheiro (OCDE/DAF) pour la réforme des pensions et Anders Reutersward (OCDE/DELSA) pour les marchés du travail. Paul Conway et Véronique Janod (OCDE/ECO) ont participé au calcul des indicateurs concernant la réglementation des marchés de produits. Mombert Hoppe (OCDE/ECO) a participé à l’Analyse empirique du FUNDEF.
Edmar de Almeida, Armando Castelar Pinheiro, José Guilherme Reis et José Cláudio Linhares Pires ont apporté leurs conseils.
L’assistance technique a été assurée par Anne Legendre et Thomas Chalaux, le travail de secrétariat par Muriel Duluc et Lillie Kee.
L’ Étude a été examinée lors d’une réunion du Comité d’examen des situations économiques et des problèmes de développement le 23 novembre 2004.
La présente Étude est publiée sous la responsabilité du Secrétaire général de l’OCDE.