Etudes économiques de l’OCDE
Ed. de l’OCDE

I.S.B.N.
160 pages

p. 8 à 9
doi: en cours

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no 8 2006/8

2006 Études économiques de l’OCDE

Résumé

L’économie allemande se trouve à un stade tel qu’elle pourrait maintenant passer d’un régime où la demande était généralement inférieure à l’offre à un régime où une offre plus expansionniste et donc de meilleures perspectives de croissance viennent stimuler la demande. L’enjeu dans ce contexte est d’apporter des améliorations dans une série de domaines – croissance à long terme, création d’emplois et viabilité des finances publiques – tout en préservant ce qui pourrait bien être une véritable reprise de l’activité à court terme allant au-delà du secteur exportateur. Pour cela, une stratégie bien intégrée est nécessaire, avec des mesures qui aient un effet synergique, et il faut en particulier progresser dans les domaines de nature à accélérer la croissance globale et à augmenter les revenus du travail. Des facteurs intérieurs mais aussi internationaux peuvent contribuer à assurer une expansion dynamique. Sur le plan international, la persistance d’une croissance mondiale vigoureuse et de conditions monétaires favorables est importante. Sur le plan intérieur, la réforme des marchés de produits (qui fait l’objet d’un examen approfondi dans un chapitre de cette Étude) est précisément à même d’accélérer la croissance à long terme et de donner un coup de fouet aux revenus du travail tout en réduisant les déficits publics grâce à un renforcement des bases d’imposition.
Il faut relier l’assainissement budgétaire du côté des dépenses à la réforme du secteur public. On a nettement progressé ces dernières années dans la limitation des dépenses, mais sans pouvoir respecter l’objectif de déficit, et le ratio dette/PIB est élevé. Il faut une politique crédible d’assainissement budgétaire associant la maîtrise des dépenses à une réforme du secteur public qui réaménage les relations budgétaires entre la Fédération et les Länder, élimine les distorsions du système fiscal et accroisse l’efficience des principaux services publics. Les autorités relèveront la TVA de façon à réduire rapidement le déficit structurel en compensant les pertes de recettes fiscales directes. Les recettes supplémentaires serviront pour une large part à réduire les cotisations de sécurité sociale. Il importe d’indiquer clairement que les nouvelles mesures d’assainissement seront axées sur les dépenses.
Il faut améliorer l’efficience du système éducatif. Une main-d’œuvre très qualifiée est cruciale pour la mise au point de nouvelles technologies et leur utilisation. Il faudrait évaluer régulièrement les établissements scolaires au regard de normes nationales ou régionales (au niveau du Land), tout en leur ménageant plus de latitude quant au choix des mesures à prendre pour atteindre leurs objectifs. La répartition des financements publics destinés aux universités devrait être davantage fonction d’indicateurs de résultat. Toutes les universités devraient être indépendantes et pouvoir percevoir des frais de scolarité se doublant de prêts remboursables en fonction du revenu.
Il faut poursuivre la réforme du marché du travail pour stimuler l’emploi. Des initiatives de grande ampleur ont vu le jour ces trois dernières années pour réformer le marché du travail. Un grand nombre de ces mesures vont dans la bonne direction. Mais il faut approfondir et élargir la réforme de façon à déclencher une amélioration durable de l’emploi. Une nouvelle réforme institutionnelle du service public de l’emploi est nécessaire si l’on veut obtenir une activation plus efficace des chômeurs. Il faut encore réduire les obstacles à l’activité des travailleurs âgés et des femmes. Il faut en outre des contrats de travail plus flexibles, qui évitent néanmoins une segmentation du marché du travail. Les rigidités salariales devraient être encore assouplies pour remédier au taux de chômage très élevé des travailleurs faiblement qualifiés.
Il faudrait que la réglementation des marchés intérieurs de biens et de services soit plus respectueuse de la concurrence. Bien que l’économie allemande soit largement ouverte sur l’extérieur et que la réglementation générale de la concurrence et son dispositif d’application soient efficaces à de nombreux égards, une action s’impose pour alléger les charges administratives des entreprises et faire en sorte que les pouvoirs publics interviennent moins dans les activités du secteur privé, en particulier en accélérant les privatisations. Il faut revoir les mesures en faveur des petites entreprises, en les soumettant à la concurrence de leurs homologues moyennes et grandes et en éliminant les freins à leur expansion. Dans les industries de réseau, des progrès sont nécessaires dans le sens d’un accès non discriminatoire des entrants sur le marché. Pour les professions libérales, où la réglementation compte parmi les plus restrictives dans la zone de l’OCDE, il faut déréglementer afin de réduire les barrières à l’entrée. De même faudrait-il mettre fin aux obligations de qualification pour l’exercice de certaines activités artisanales ou commerciales.
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