Etudes sur la mort
L’Esprit du temps

I.S.B.N.2913062571
180 pages

p. 15 à 16
doi: en cours

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no 120 2001/2

 
Face à la demande d’euthanasie
 
 
Les 11, 12 13 mai 2001, la fédération JALMALV, Jusqu’à La Mort Accompagner La Vie, a organisé ses Journées Nationales à Châlons en Champagne. Trois cents adhérents, venus de la France entière et représentant les soixante associations Jalmalv, ont travaillé sur le thème; «Face à la demande d’euthanasie...».
Comment définit-on aujourd’hui l’euthanasie?
C’est l’administration volontaire, à la demande d’une personne atteinte de maladie incurable, d’un produit toxique, mettant rapidement fin à sa vie, afin d’abréger la durée de ses souffrances.
En revanche, l’arrêt de certains traitements devenus inutiles ne constitue pas une pratique euthanasique.
Qui demande l’euthanasie?
L’expérience montre que les demandes peuvent venir du malade ou de son entourage. De la part des familles, elles reflètent souvent leur souffrances, leur sentiment d’impuissance, leur épuisement…
Comment entendre cette demande ?
La demande d’euthanasie d’un malade nous interpelle toujours fortement. Si l’on prend le temps d’en parler avec le malade, en s’asseyant près de lui, on peut comprendre ce qui lui est insupportable, quelle souffrance existe derrière sa demande: douleurs, angoisse, peur de l’avenir, sentiment de déchéance, peur d’être à charge, solitude…
Le souhait des patients est avant tout de ne plus souffrir. Ce que le malade demande, ce n’est pas que l’on mette fin à sa vie, mais que l’on mette fin à ses souffrances.
L’expérience nous montre aussi que la demande du malade varie dans le temps. Répondre par un acte irréversible lui interdit de changer d’avis.
Face à un malade qui demande l’euthanasie, il est indispensable d’établir un dialogue authentique, de le poursuivre dans le temps et d’avoir des échanges en équipe multidisciplinaire. Les progrès dans le domaine des soins palliatifs permettent d’apporter des réponses appropriées: par des traitements adaptés qui soulagent la douleur et apaisent l’angoisse, par un soutien psychologique et par un accompagnement.
Quelle est la position de la Fédération JALMALV ?
La Fédération est opposée à toute législation ou dépénalisation de l’acte euthanasique. Une telle législation risquerait d’entraîner des dérives et abus vis à vis des populations les plus vulnérables (handicapés, déments, grands vieillards…).
Face à cette situation, Jalmalv réaffirme la dignité de tout être humain quel que soit son état.
Pour que cette dignité soit respectée, le développement des soins palliatifs et de l’accompagnement doit se poursuivre partout, pour tous les patients quel que soit leur âge, en institution ou à domicile.
En effet, l’absence de moyens en soins palliatifs, la carence en personnel soignant, l’insuffisance de formation, le manque de soutien des équipes et des familles font le lit des demandes d’euthanasie.
Le Plan Triennal mis en place par Monsieur Bernard Kouchner a remarquablement initié une démarche de développement des soins palliatifs.
La poursuivre et l’amplifier est un véritable enjeu pour notre société car cela concerne ses valeurs fondamentales: le respect de la vie, la solidarité.
Pour Jalmalv, soulager par des soins palliatifs, dialoguer, accompagner sont les réponses humaines et solidaires qui permettent de prendre en charge dignement la personne en fin de vie.
 
NOTES
 
[*]Fédération des associations JALMALVJusqu’à la Mort Accompagner la Vie
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