Etudes sur la mort
L’Esprit du temps

I.S.B.N.2847950052
180 pages

p. 121 à 130
doi: en cours

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no 124 2003/2

Le mythe de l’éternel recommencement

Gabriel Gohau
Les événements de l’histoire s’enchaînent en une suite irréversible, que, depuis le xviiie siècle, nous concevons comme un «progrès de l’esprit humain» (Condorcet). Pourtant, les historiens du siècle précédent, notamment Bossuet préféraient croire au déclin périodique des civilisations. Or cette vision cyclique de l’histoire est ancienne. M. Eliade en fait un trait de l’homme traditionnel: tout comportement répète un geste antérieur, répondant à une réalité transcendante. Le temps est annulé, l’histoire est perçue comme une chute: le nouvel an crée un monde nouveau, qui efface le précédent. Ce modèle cède sous l’influence du christianisme qui introduit un temps linéaire, et surtout avec les Lumières.
Pourtant la vision cyclique a une composante philosophique, même scientifique. Zoroaste (cf. Nietzsche) et Platon la représentent dans le monde antique, où Aristote en figure une variante «stationnariste». Or l’histoire des sciences nous permet de retrouver ces deux mêmes variétés, et leur adversaire «directionnaliste», dans les théories sur l’histoire de la Terre et de la Vie (et celle de l’Univers), au xixe siècle. Le Britannique Lyell croit à l’équilibre du monde, tandis que le Français Cuvier lui préfère le progrès de la vie sur Terre. Darwin fera triompher le thème du progrès.
Mais peut-on encore croire au progrès, notamment en matière d’histoire humaine, après Auschwitz et Hiroshima?Mots-clés : cycle, histoire, progrès, irréversibilité.
History events are linked together in an irreversible course that is perceived from the 18th century as a «human mind progress» (Condorcet). Nevertheless, the proceding historians century specially Bossuet, prefered to believe to the periodic decline of civilisations. However this cyclic view of History is ancient. M. Eliade thinks it belongs to traditional man: each behavior repeats an anterior gesture, answering to a transcendant reality. Time is cancelled, History is seen as a drop: new year creates a new world that deletes the preceding. This pattern is oblitared by Christianism that introduces a linear view of time, particularly with the Lumières period. However, the cyclic vision has a philosophic part, even scientific one. Zoroastre (Nietzsche) and Plato figure it in the Antic World where Aristote figures a «stationarist» variant. Sciences History finds those two varieties and their «directionalist» adversary in the theories upon Earth and Life History (and in Universary History) in the 19th century. The british Lyell believes to a world balance whereas the french Cuvier prefers life progress on earth. Darwin will make a triumph to the progress. But may we believe again in progress, specially in human History, after Auschwitz and Hiroshima?Keywords : cycle, history, progress, irreversibility.


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