Figures de la psychanalyse
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I.S.B.N.2-86586-976-8
240 pages

p. 65 à 73
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Distribution des jouissances

no5 2001/2

2001 Figures de la Psychanalyse Distribution des jouissances

La Joie et sa fonction, limite à la jouissance  [*]

Ignacio Gárate-Martínez
« L’amour est une joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure »
(Spinoza, Éthique, III, déf. 6 des affections)
Parler de la joie et, même, élever cette humeur ou cet affect au rang d’une fonction telle la loi, fonction de limite, implique de séparer deux dimensions de la joie au moins. Nous ne parlerons pas de la « narcose de l’affect » qui nous rend parfois maniaques, de cette joie qui consiste à mépriser notre scène quotidienne ou notre réalité, au nom d’une bulle imaginaire qui rabaisse la valeur de la vie et déforme, de façon délirante, l’image du monde réel. Il ne s’agit pas – pour emprunter la formule heureuse d’un roman récent – de faire passer la communauté psychanalytique tout entière « au mode de vie franciscain, tendance ravie [1] ». Nous tenterons d’en dégager une autre, plus durable, si elle constitue l’un des sillons du fleuve qui nous mène.
Si la joie, qui n’est pas la gaieté, ne se limite pas à la manie [2], le bonheur n’est pas une forme d’exaltation hystérique ou sectaire. Il peut aussi être la manière la plus commune et universelle de manifester le but ultime des aspirations humaines [3], nous dit Freud, et, pour cela, une alternative nous est posée : soit éviter douleur et privation de joie, soit rechercher des fortes jouissances [4].
Freud semble situer une dimension de la joie, consistant à éviter d’en être privé, comme un au-delà de la recherche de jouissance. Ce serait donc une manière de vivre au quotidien, dans une harmonie relative entre la personne et les événements ou, comme le dit la définition lacanienne du bonheur, « un agrément sans rupture du sujet à sa vie [5] ».
Mais, autant pour Freud que pour Lacan, cette dimension de la joie, comme continuité relative, passe par un renoncement, une domestication du désir.
En effet, pour le premier, le principe de réalité aura bridé l’assouvissement sauvage de nos instincts, pour le deuxième, l’homme devra renoncer à la voie de la jouissance.
Dans le champ de la psychanalyse, cette dimension de la joie comme trace d’une limite opposée à la jouissance reste fort peu explorée, sans doute parce qu’il est plus aisé de parler de la « deuxième jubilation » du petit d’homme, conséquente à l’identification, même si, du coup, nous risquons de réduire la fin d’une cure à la confrontation à un « roc », qui donnerait naissance à l’intégration de la Loi, sans pour autant montrer la joie que peut produire le renoncement à la jouissance.
Dans sa quête biaisée, voici le sujet bridé, dompté, interdit, interloqué aussi parfois, lorsque les vociférations de son désir lui ramènent une nostalgie d’objet perdu, qu’il devrait de nouveau dompter, dans une sorte de volonté éduquée dans le renoncement.
Il est très difficile d’entamer une réflexion au point exact où elle se pose, aux confins mêmes des certitudes acquises. Ce genre de pensée nous vient d’un coup, au-delà du champ théorique et des constructions qui donnent, à la pensée, une certaine aisance. Cela arrive sous forme de question : Pourquoi avons-nous, souvent, l’air si triste ? Comment se fait-il que d’une pratique qui se rapporte à la vérité du désir inconscient, ce soit la douleur d’exister qui se manifeste comme constante, et la joie, comme humeur, en dents de scie ? N’y a-t-il pas assez de vérité qui se dégage de l’acte analytique, ou alors, avons-nous complètement perdu le sens de l’humour ?
Je vous propose de partager avec moi ce début de réflexion qui, sans creuser uniquement dans la direction de la sublimation, dont je ne prétendrai pas faire aujourd’hui « métapsychologie », veut explorer la dimension de la joie, dans le domaine de l’amour et du travail, comme complément parallèle à l’intégration de la Loi dans les buts de la psychanalyse.
 
Il a envie de ce dont il est dépourvu [6]
 
 
« L’objet du désir, pour celui qui éprouve ce désir, est quelque chose qui n’est pas à sa disposition et qui n’est pas présent… [7] »
Dans la pensée freudienne, telle que Lacan en fait lecture, cette absence, cette indisposition de l’objet du désir, est le propre du système inconscient qui régit le désir de l’homme en tant qu’« être parlant ». Il croit que son bonheur tient à une réponse que l’autre ferait à sa demande pour l’exaucer, et sa demande se perd dans un défilé répétitif qui, à tourner sur lui-même, dessine un trou et, par là, le lieu de la demande de l’Autre et son asymétrie.
Pas de réponse, « la demande, par essence, reste toujours inadéquate à signifier l’objet du désir qui la cause. Par voie de conséquence, le désir ne saurait se déployer de demandes en demandes successives, que selon une structure métonymique en représentant le tout (l’objet perdu) par l’expression du désir de la partie (l’objet substitutif) [8] ». Faut-il en conclure à la manière de Shopenhauer que la destinée du sujet « oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui [9] » ?
Qu’est-ce qui est en jeu, alors, dans cette « jubilation première » dont parle Lacan, qui, nous faisant nous reconnaître au miroir, nous fait nous réjouir à l’idée de quelque chose ? Ce « quelque chose d’autre » dont le sujet se réjouit, se précipite très vite dans un « lui-même », et cette jubilation première sera confondue, ultérieurement, avec la deuxième dans le champ de l’Autre, où il s’objective dans la dialectique de l’identification [10] », pour dépendre de l’existence de cet Autre, qui lui donne reconnaissance et aliénation en même temps.
Lacan situe en cet instant une ligne de fiction, le je-idéal, collée de manière asymptotique [11] au devenir courbe du sujet, sa discordance d’avec sa propre réalité. La jubilation au miroir précède, chez l’enfant, l’intelligence instrumentale [12]. C’est cette jubilation d’avant l’être qui fait une trace pour des trouvailles d’autant plus sublimes qu’elles sont insensées : « Une lettre a suffi à donner à la jaculation la plus vulgaire en français {merde], la valeur joculatoire [13] {merdre], allant au sublime, de la place qu’elle occupe dans l’épopée d’Ubu : celle du Mot d’avant le commencement [14]. » La jubilation que le sujet tisse pour faire couverture de son manque est différente et ultérieure. Elle bâtit, certes, mais ne crée rien, se limitant à construire l’effacement d’un manque et remplacer l’impossibilité de soutenir un acte par le comblement d’un trou.
Si les deux jubilations se confrontent à un manque, elles ne l’instrumentent pas forcément de la même manière. La première, comme trace perdue, pousse à la création dans l’enthousiasme, éventuellement religieux [15]; la deuxième entraîne à la sanctification, qui n’est pas l’équivalent du sacré ou du religieux [16], et à la négation du manque par la gestion du pouvoir.
 
Homo sum : humani nihil a me alienum puto
 
 
En effet, reconnaître le manque et la douleur d’exister peuvent conduire à cette affirmation que la comédie de Térence rendit célèbre : « Je suis homme, tout ce qui intéresse les hommes ne saurait m’être indifférent. »
Pensée fort admirable, diront certains [17], mais, à nous arrêter un instant sur l’énoncé latin : humani nihil a me alienum puto, une autre traduction nous vient : « Rien de l’humain ne peut m’être étranger (autre). »
Du coup l’autre devient mon semblable, celui que je dois aimer comme moi-même et de la meilleure des manières encore : en voulant son bien, comme je le veux pour moi. Ainsi, aimer n’est rien d’autre que vouloir le bien de l’autrevelle bonum alicui, dira saint Thomas).
Voilà que la réponse de Chrêmes, le païen que nous venons de citer, constitue la justification sanctificatrice du pourquoi ce voisin curieux se mêle des affaires de Ménédème qui pourraient lui être indifférentes.
Eh bien, mais parce que en tant qu’humain cela le regarde quand même : il aurait un droit d’ingérence « humanitaire » parce que, comme humain, il devrait vouloir le bien de ses semblables.
Bien sûr, il ignore que ces semblables-là ne lui ressemblent pas tant que ça, sauf, évidemment, s’ils sont colonisés.
L’enthousiasme d’un engagement, ce que l’on appelle couramment le « feu sacré », devient, s’il est soumis à la raison sanctificatrice, dogmatisé en quelque sorte, une manière de réduire l’autre en l’assimilant.
C’est sans doute en rapport avec cela que Michel De Certeau s’intéressait à une croyance sans objet, une passion sans objet dont on puisse sanctifier la relique pour l’idolâtrer.
 
De la jubilation première réitérer la trace
 
 
Mais, alors que peut-on vouloir lorsque la douleur d’exister, même dans la Loi, risque de nous mener à une sorte d’esthétique expectante, d’observateur hors de jeu, acceptant tout au plus de répéter son acte pour ne pas répéter son symptôme ?
Il ne s’agit pas d’instaurer une esthétique de la douleur de soi, contemplative et sereine, mais, au contraire, de prendre en compte les formulations nouvelles de ces analysants qui viennent aujourd’hui nous parler, sans parvenir à exprimer leur parole en souffrance autrement qu’en exposant leur douleur d’exister, mais à la troisième personne, comme s’ils n’arrivaient pas à se considérer sujets de leur douleur, mais plutôt spectateurs d’une réalité virtuelle qui les mettrait en jeu, à leur insu et dont le rapport au phallus ferait office de Joystick.
L’inversion quadrangulaire de l’amour courtois : « … celle dont je jouis n’est pas celle que j’aime, celle que je fais jouir est celle qu’un autre homme désire et aime [18] », ne peut pas se confondre avec le triangle du mari, de l’épouse et de la maîtresse qui signe la résignation puritaine de l’amour bourgeois. Dans un double renversement, la joie se ressource dans la tristesse même où se suspend la jouissance et le discours du maître se déplace au profit d’un féminin créatif : « ma seigneur [19] ». C’est ainsi que nous pourrions comprendre le Psaume : 147,16 : « Il dispense la neige comme laine, répand le givre comme cendre [20]. » Qui déplace l’idéal de la vigueur et la force vers un temps de renouveau qui gèle le rapport à la jouissance : « Ni la vigueur du cheval ne lui agrée, ni le jarret de l’homme ne lui plaît [21]. »
Comment articuler, sinon, dans notre histoire cette trace jubilatoire qui permet, instant sublime, la jaculation joculatoire, ou, pour le dire autrement, la trouvaille insensée, porteuse d’une joie non signifiante et pourtant consistante ?
Au fond, l’instant de jubilation, qui soutient aujourd’hui ma réflexion, est une joie de se reconnaître autre, comme recherche de vérité dont l’instrumentation consiste à démasquer les plénitudes successives, au profit de la vérité d’un manque qui m’apporte, certes, la douleur d’exister [22], mais aussi la jubilation que l’autre existe. Telle serait, du moins de mon point de vue, la fonction de la joie par rapport au manque.
Ainsi – pour comprendre autrement l’expression de Freud sur l’être normal : celui qui est capable d’aimer et de travailler – , l’amour et le travail, s’ils mettent leur joie dans la vérité [23] plutôt que dans l’objet, peuvent se rejoindre dans la dimension de l’acte : dans la consistance plutôt que dans l’être.
Il renonce à la possession de l’objet, comme il renonce au terrassement du manque, à son comblement, à sa saturation, à sa suture.
Tel fut le cas de cet analysant qui s’était marié fort jeune et, découvrant l’amour pour la première fois, avait quelque difficulté à retarder le moment de s’abandonner à l’orgasme. Son épouse de dix ans son aînée lui en faisait amèrement reproche, ce qui n’arrangeait pas beaucoup ses affaires, car à chaque fois qu’il voulait l’honorer, il se demandait avec angoisse « combien de temps il allait tenir cette fois-ci ». Inutile de dire que la chose tenait de moins en moins et que c’est de cette sorte que son couple semblait tenir. Très vite, l’analysant se mit à fréquenter d’autres femmes, sans éprouver d’ailleurs la moindre culpabilité ; il apprenait ainsi à prendre davantage son temps avec d’autres, sans pour autant abandonner cette angoisse qui l’envahissait dès qu’il était question de l’acte sexuel… Une rencontre allait curieusement en finir avec sa crainte obsessionnelle ; écoutons ce qu’il en dit :
« J’ai rencontré une femme ; enfin, vous voyez, ce n’est pas comme les autres, ce n’est pas ma maîtresse, c’est plutôt une femme qui m’intéresse, nous parlons, nous nous faisons confiance, il n’y a pas d’enjeu, de toute façon, il est hors de question que je quitte ma femme, et de son côté, elle est prise, elle aussi, dans deux histoires d’amour qui ne lui laissent pas de place. Quand nous avons fait l’amour pour la première fois, cela a été très curieux, on dirait que je la désirais moins que les autres femmes que j’ai connues, je la trouvais belle et attrayante aussi, désirable comme on dit, mais j’avais moins de désir, je ne sais pas, elle était différente, j’étais étonné par la force et l’affirmation de sa féminité. En revanche, je me suis senti moins angoissé, je ne pensais pas à mes difficultés sexuelles, j’avais envie de rire, et lorsque nous avons joui ensemble, je crois que nous avons fini dans un grand éclat de rire : cette femme me fait peur. »
À la place de la crainte de ne pas être sexuellement compétent, suffisant ou puissant, cet analysant exprime sa joie comme corollaire d’une rencontre avec une femme qui lui fait peur.
Il ne s’agit plus d’une femme comme complément ou exutoire de sa jouissance, elle n’est pas réductible à un manque ou à un moins: lui-même en moins viril, par exemple, ou un peu autre, mais qui ne serait surtout pas marquée par sa féminité dans la radicalité de sa différence. Elle est différente à faire peur cette femme, et sa différence, insondable, le condamne, lui, à se faire femme, au lieu même de son boitement [24], pour pouvoir l’aimer.
L’amour vient alors en lieu et place du a manquant, mais non pour boucher ce manque ou prétendre le remplacer, plutôt, au contraire, pour marquer une voie au désir en prenant dans sa valeur propre la dérobade de l’objet face à la conjugaison du sujet avec l’Autre. C’est en ce sens que je prétends que l’amour constitue le cadre nécessaire à l’ensemble vide du non-rapport sexuel : « Seul l’amour permet à la jouissance de condescendre au désir. »
Lorsque la peur remplace l’angoisse, l’amour est l’un des médiateurs d’un rapport impossible à l’Autre.
La peur, le gel, le givre, comme une laine qui protégerait du froid… Question difficile lorsque l’ensemble du social s’ingénie à promettre la réduction du manque : l’immortalité à long terme, et, en attendant, la multiplication sans cesse du virtuel et de manière de plus en plus vraisemblable ; le Joystick, ce merveilleux outil, mi-pistolet mi-sceptre, que l’on tient, dans les jeux d’ordinateur, comme un sexe d’homme, mais en érection constante, et dont la puissance imaginaire semble illimitée.
Ce qui est grave n’est pas que l’imaginaire acquière une consistance de plus en plus trompeuse, ce qui est grave c’est que, du coup, on est tenté de confondre la réalité avec le réel, et le symbolique avec la vérité.
Ce stick dont j’attends le Joy n’est que l’une des formes modernes de la masturbation, comme négation d’un rapport au manque. Il substitue l’imaginaire d’une toute-puissance virtuelle, au symbolique d’une fonction paternelle. Mais ce n’est pas l’imaginaire qui gêne, c’est la projection de sa virtualité qui vient obérer un rapport au symbolique : il n’y a pas de distance, pas de possibilité de lecture. Nous sommes ici à la frontière du politique et du psychanalytique, à cette ligne, si importante dans nos institutions [25], où le psychanalytique peut fonctionner avec son statut d’ambassadeur de l’absent qui rappelle, au règne du consommable, la fonction de l’amour en tant que consumable.
Quoi d’étonnant à ce que le politique, le social, soient convoqués à propos de la fonction de la joie ? Que promet le politique si ce n’est la virtualité d’un bonheur pour tous en échange d’un vote ? Que promeut aujourd’hui le politique si ce n’est la déification d’un marché, qui plus est « global ».
C’est dans la mesure exacte où, pour sortir d’une crise, le corps social inverse l’ordre des valeurs – par exemple le projet politique ne commande pas le rapport au marché, c’est le marché qui limite le projet politique – qu’il instaure un rapport à la consommation, dans une « culture d’assistance [26] » à la place d’un rapport à la consomption dans un projet d’amour.
C’est un fonctionnement pervers, en ceci que l’autre est réduit à sa consommation, c’est-à-dire qu’il est virtuellement reconnu par le corps social comme objet de jouissance légitime (la perversion tenant à ce « légitime »). Son altérité, sa différence radicale est anéantie, ce qui fait que l’amour ne préserve plus la fonction du « rien » qui m’empêche de consommer et me consume en échange d’un partage créatif.
Du rapport sexuel qui n’existe pas, parce qu’il n’y a pas de complémentarité dans le rapport à l’autre, je garde le plaisir (parfois triste après coup), mais en interrogeant son statut d’ensemble vide. Du rapport à la création qui naît précisément de cette inexistence, je retiens la fonction de la joie, réjouissance du fait qu’il y ait de l’autre, parce que nous nous consumons dans notre trajet : nous sommes mortels.
Si la jouissance consiste en un aller-retour manqué de la demande à l’Autre, de l’Autre manqué à la demande, il est, néanmoins, possible de mettre en place une structure de refus [27]. Il peut renoncer : la fonction de la joie se limite alors au constat que, ce trou – dont je ne puis que parcourir le contour, dégager la limite, désigner le bord – il faut le récurer, le nettoyer, le maintenir béant, pour que naisse encore l’ouverture, toujours renouvelée, par où se forge, se construit, tout ce qui fait, de l’humain, la fondation.
En psychanalyse, il serait à mon avis trop romantique, et en ce sens dangereux, de cultiver l’errance de la douleur d’exister. Il ne s’agit pas non plus d’être la dupe de son inconscient, mais d’en être, si on veut, son amoureux [28].
Ainsi, l’intégration de la Loi peut permettre dans un deuxième temps l’intégration de la joie, parce que l’impossibilité de m’adonner à la jouissance laisse la place ouverte qui transforme, par le travail et l’amour, le vide de l’être et le convertit en creuset de l’autre, joie de la différence qui renouvelle la vie.
 
NOTES
 
[*] Cet essai a été élaboré à partir des notes qui ont orienté mon intervention orale lors du colloque franco-brésilien réalisé à Rio de Janeiro le 27 août 2000, intitulé « L’Actualité de la psychanalyse » et organisé par l’Espaço Brasileiro de Estudos Psicanalíticos.
[1] L. Cossé, Le Coin du voile, roman, Paris, Gallimard, 1996, p. 110.
[2] S. Freud, Malaise dans la civilisation, Paris, PUF, 1973.
[3] Ibid., p. 20 : « Quels sont les desseins et les objectifs vitaux trahis par la conduite des hommes, que demandent-ils à la vie, et à quoi tendent-ils ? On n’a guère de chance de se tromper en répondant : ils tendent au bonheur ; les hommes veulent être heureux et le rester. »
[4] Ibid.
[5] J. Lacan, Écrits, « Kant avec Sade », Paris, Le Seuil, 1966, p. 785 : « … si le bonheur est agrément sans rupture du sujet à sa vie, comme le définit très classiquement la Critique, il est clair qu’il se refuse à qui ne renonce pas à la voie du désir ».
[6] Platon, Le Banquet, 200 a, in O.C., t. IV, 2e partie, trad. Léon Robin, Paris, Les Belles Lettres, 1981, p. 48.
[7] Ibid., 200 e.
[8] Cf. J. Dor, in Introduction à la lecture de Lacan, t. II, La structure du sujet, Éditions Denoël, coll. « L’Espace analytique », Paris, 1992, le chapitre 9, Dialectique de la demande et du désir entre le sujet et l’Autre. La topologie du tore, p. 139-172, et, pour cette citation, la p. 150.
[9] A. Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, trad. Burdeau-Roos, Paris, PUF, 1966, p. 57.
[10] J. Lacan, Écrits, « Le stade du miroir », Paris, Le Seuil, 1966, p. 94 : « se précipite en une forme primordiale, avant qu’il ne s’objective dans la dialectique de l’identification à l’autre ».
[11] L’asymptote est une droite liée à une courbe dont elle s’approche indéfiniment sans pouvoir l’atteindre.
[12] J. Lacan, Écrits, « L’agressivité en psychanalyse », Paris, Le Seuil, 1966, p. 113 : « … ce sont les signes de jubilation triomphante et le ludisme de repérage qui caractérisent dès le sixième mois la reconnaissance par l’enfant de son image au miroir. Cette conduite contraste vivement avec l’indifférence manifestée par les animaux mêmes qui perçoivent cette image, le chimpanzé par exemple, quand ils ont fait l’épreuve de sa vanité objectale, et elle prend encore plus de relief de se produire à un âge où l’enfant présente encore, pour le niveau de son intelligence instrumentale, un retard sur le chimpanzé, qu’il ne rejoint qu’à onze mois. »
[13] Cf. F. Perrier, La Chaussée d’Antin, t. II, 10/18, Paris, 1978, Le Joy, p. 235, et la référence à joculatores du latin joculum (petit jeu).
[14] J. Lacan, Écrits, « Remarque sur le rapport de Daniel Lagache », Paris, Le Seuil, 1966, p. 660.
[15] Cf. I. Gárate-Martínez, Le Duende, jouer sa vie, Paris, Gemme Éditions, 1996, la conférence de F. García-Lorca, Jeu et théorie du Duende, p. 55 : « … avec cette qualité de chose qui vient d’être créée, de miracle, qui arrive à produire un enthousiasme presque religieux ».
[16] Cf. I. Gárate-Martínez et J. M. Marinas, Lacan en castellano, tránsito razonado por algunas voces, Quipú ediciones, Madrid, 1996, p. 18 : « Dans une perspective qui […] maintienne une ouverture critique au sacré non ritualisée par le saint. Non ritualisée par les institutions […] lorsqu’elles tombent dans l’unicité de la raison sanctificatrice ou, ce qui revient au même, instrumentale. »
[17] Térence, L’Heautontimoroumenos, GF Flammarion, Paris, 1991, Marie-Dominique Porée-Rongier, dans une note en bas de page (p. 52) qui, d’ailleurs, cite la lettre 51 de saint Augustin, sans que nous soyons parvenu à trouver le rapport (dans nos éditions, la lettre 51 est une lettre à un évêque Donatien et il n’est nullement question de cette phrase…).
[18] Op. cit., F. Perrier, La Chaussée d’Antin, Le Joy, p. 240.
[19] Je dois cette idée à Gisèle Chaboudez qui m’a fait l’amitié de lire mon texte.
[20] Bible de Jérusalem; Ps. 147,16.
[21] Ibid., Ps. 147,10.
[22] J. Lacan, Le Séminaire, Livre V, Les Formations de l’Inconscient, 1957-1958, leçon du 9 avril 1958. Cité par J.-D. Nasio, dans Le Livre de la douleur et de l’amour, Paris, éditions Payot, 1996, p. 264 : « C’est cette excentricité du désir par rapport à toute satisfaction qui nous permet de comprendre […] sa profonde affinité avec la douleur. C’est dire qu’à la limite ce à quoi confine purement et simplement le désir […] c’est à cette douleur d’exister. »
[23] Cf. saint Paul, 1re aux Corinthiens, 13/6 « l’amour met sa joie dans la vérité ».
[24] Pour rapprocher le sens de la côte dont la femme est fabriquée, à la limite costale du fils de la terre, et le boitement qui marque le processus de nomination, dans l’aboutissement du chemin de Jacob. Côte et boitement se disent, en hébreu, par le même signifiant (tsale, tsole). Voir Bible de Jérusalem, Genèse 2,21 & 32,32.
[25] Cf. I. Gárate-Martínez, L’institution autrement, pour une clinique du travail social, Paris, Gemme éditions, 1996. Chapitre 3, Éthique et institutions, encore…, p. 65.
[26] Cf. I. Gárate-Martínez et L. Gautier, La Fonction cadre, vers une éthique de l’engagement, éditions du SUNFOREP, Université Bordeaux I, Bordeaux, 1992. Chapitre V, Un cadre pour vivre les espaces éthiques, p. 155,160,175. Conclusion, p. 194.
[27] Op. cit., F. Perrier, La Chaussée d’Antin, Le Joy, p. 240.
[28] J. Lacan, Le Séminaire, Livre XV, Les non-dupes errent, inédit, leçon du 11 juin 1974.
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L. Cossé, Le Coin du voile, roman, Paris, Gallimard, 1996, ...
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[2]
S. Freud, Malaise dans la civilisation, Paris, PUF, 1973. Suite de la note...
[3]
Ibid., p. 20 : « Quels sont les desseins et les objectifs v...
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Ibid. Suite de la note...
[5]
J. Lacan, Écrits, « Kant avec Sade », Paris, Le Seuil, 1966...
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[6]
Platon, Le Banquet, 200 a, in O.C., t. IV, 2e partie, trad....
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Ibid., 200 e. Suite de la note...
[8]
Cf. J. Dor, in Introduction à la lecture de Lacan, t. II, L...
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[9]
A. Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représenta...
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J. Lacan, Écrits, « Le stade du miroir », Paris, Le Seuil, ...
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L’asymptote est une droite liée à une courbe dont elle s’ap...
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[12]
J. Lacan, Écrits, « L’agressivité en psychanalyse », Paris,...
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Cf. F. Perrier, La Chaussée d’Antin, t. II, 10/18, Paris, 1...
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J. Lacan, Écrits, « Remarque sur le rapport de Daniel Lagac...
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Cf. I. Gárate-Martínez, Le Duende, jouer sa vie, Paris, Gem...
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Cf. I. Gárate-Martínez et J. M. Marinas, Lacan en castellan...
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Térence, L’Heautontimoroumenos, GF Flammarion, Paris, 1991,...
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Op. cit., F. Perrier, La Chaussée d’Antin, Le Joy, p. 240. Suite de la note...
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Je dois cette idée à Gisèle Chaboudez qui m’a fait l’amitié...
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Op. cit., F. Perrier, La Chaussée d’Antin, Le Joy, p. 240. Suite de la note...
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J. Lacan, Le Séminaire, Livre XV, Les non-dupes errent, iné...
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