Figures de la psychanalyse
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I.S.B.N.2-7492-0039-3
256 pages

p. 13 à 27
doi: en cours

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L'art de la cure

no6 2002/1

2002 Figures de la Psychanalyse L'art de la cure

La psychanalyse d’enfants, enfance de l’art ?

Catherine Mathelin
Cher Professeur, Peut-être me permettrai-je lundi prochain d’aller à votre consultation et si possible d’amener Hans avec moi, à condition qu’il veuille bien venir. Je lui ai demandé aujourd’hui : « Veux-tu venir avec moi chez le Professeur qui peut te débarrasser de ta “bêtise” ?
Lui : Non.
Moi : Mais il a une très jolie petite fille. Sur quoi Hans a consenti tout de suite et avec joie. »
Lettre du Père de Hans à Sigmund Freud. Cinq psychanalyses.
Julien, 8 ans, vient à son premier rendez-vous tiré, poussé, traîné par sa mère, parce qu’il refuse d’entrer dans mon bureau. Elle le tient fermement par le bras, et bien qu’il se débatte de son mieux en la mordant et en lui donnant des coups de pied, elle ne lâche pas prise. « Tu ne m’échapperas pas », lui dit-elle, « j’en ai assez de ton cirque. » Le père regarde sans rien dire. Il semble à la fois fasciné et un peu effrayé par la scène, comme un spectateur du cirque qui se demande si le lion va finalement réussir à manger le dompteur.
Julien, plaqué par sa mère sur le fauteuil en face de moi, décide en désespoir de cause de se mettre à bouder silencieusement. La mère se plaint de son fils, de ses caprices, de ses colères, de son insoumission permanente aussi bien à la maison qu’à l’école. Comme je me tourne vers le père, il me met en garde : « Pas la peine de se fatiguer », me dit-il, « il n’y a rien à faire, ces deux-là sont inséparables, ils s’adorent et ils se détestent, on s’épuiserait à vouloir que ça change. »
« La psychanalyse d’enfant », disait Maud Mannoni, « c’est la psychanalyse. » Ce qui ne veut pas dire que nous n’ayons pas tous les jours à constater ce qui en fait la spécificité.
À commencer par une différence essentielle : ce sont les parents qui prennent rendez-vous pour les enfants. Se pose alors toujours la question suivante : « Qui demande quoi ? » La mère nous en fait part dès la salle d’attente : Julien ne lui échappera pas, elle ne le lâchera pas. Elle est très satisfaite d’avoir un fils plus dur que les autres. « C’est sûr qu’il a du caractère », dit-elle, « il est fatigant, mais il a du répondant. C’est mieux que d’être mou comme son père, je n’aurais pas aimé avoir un fils effacé comme mon mari. » Elle vient exhiber la jouissance que son fils lui procure. Et elle n’est pas prête à y renoncer. Dès lors elle mettra tout en œuvre pour garder son enfant dans ce corps à corps délicieusement violent qui s’est installé entre eux. Quant au père, il met l’analyste en garde, le prévient qu’il y laissera des plumes; sans doute lui demande-t-il, ce qui est assez souvent le cas, de se déprimer à sa place, ce qui le soulagerait du poids de sa dépression et le conforterait dans l’idée que de cette place-là, il n’y avait vraiment rien à faire. Et Julien dans tout ça ? Julien demande de ne pas venir, il ne veut pas être traîné par sa mère toutes les semaines chez l’analyste, il préfère regarder à la télé les dessins animés qui sont diffusés justement à l’heure de la séance.
Si la demande n’est pas toujours facile à repérer en analyse d’adulte, avec les enfants c’est certainement encore plus compliqué. Il faut parfois de nombreuses séances, pour qu’à partir du symptôme qui a motivé le rendez-vous, une demande s’élabore. Si nous décidions de ne démarrer le travail qu’une fois la demande de l’enfant clairement posée, ce serait un peu comme si nous attendions qu’il ait terminé son analyse pour accepter de le recevoir. Comment peut-il d’emblée, en position de sujet, adresser à l’analyste une demande qui serait distincte de celle de ses parents ? Ce qu’il nous amène avant tout, c’est son symptôme, et c’est partir de là que nous pouvons travailler.
Julien dit lui-même qu’il est malheureux à l’école. Il est sur le point d’être définitivement renvoyé et placé dans un institut spécialisé pour enfants caractériels. Ses troubles du comportement sont en train de le marginaliser de façon très douloureuse. Il me dit : « Ils ne veulent plus de moi, ils me détestent, ce sont les autres, les enfants, la maîtresse qui me cherchent. Ils veulent m’attaquer. Moi je dois me battre. Je ne peux pas faire autrement, je ne veux pas qu’ils disent que je suis fou. » Voilà justement son symptôme : Julien se fait passer pour fou. « Dangereux pour lui-même et pour les autres », a dit le psychiatre de la commission d’orientation de l’école. Quelques séances plus tard, la mère parlera de son petit frère schizophrène, l’oncle de Julien, dont elle s’est beaucoup occupé et qui est aujourd’hui en placement d’office à l’hôpital psychiatrique. Le père, de son côté, parlera de ses difficultés avec sa femme, de l’extrême fragilité de celle-ci, et de la peur qu’il a de la voir s’effondrer s’il s’interpose entre son fils et elle.
Dans les notes à Jenny Aubry, Lacan précise : « Le symptôme de l’enfant se trouve en place de répondre à ce qu’il y a de symptomatique dans la structure familiale… Le symptôme peut représenter la vérité du couple familial [1]. »
Nous connaissons les deux faces du symptôme :
  • d'une part, il est porteur d’un dire de vérité qui a pu être dérobé une ou deux générations plus haut. Une parole a été enfermée dans le symptôme; pour les enfants, ce sont les parents qui à leur insu en ont la clef, d’où l’impossibilité pour nous de travailler sans recevoir aussi les parents;
  • d'autre part, à côté du sens du symptôme, un deuxième registre, celui de la jouissance enfermée dans le symptôme. Une jouissance qui, peut-être au-delà du principe de plaisir, permet une satisfaction, même si elle ne fait pas plaisir.
Voilà le premier point commun entre analyse d’enfant et analyse d’adulte, c’est pour un symptôme que l’on vient consulter, tout en ne voulant rien céder sur la jouissance qu’il procure, sans mesurer combien le symptôme se nourrit de cette jouissance-là. Si la vérité se trouve du côté du couple familial, qu’en est-il de la jouissance ? S’agit-il de celle de l’enfant ou de celle des parents ? Ou d’une jouissance partagée, si on pose l’hypothèse que l’enfant jouirait aussi de leur jouissance à eux. Renoncer à cette jouissance, c’est en effet pour l’enfant, comme pour l’adulte, accéder à un désir marqué par la séparation. Lorsqu’il s’agit de psychanalyse d’enfant, l’analyste sujet supposé savoir vient-il aussi comme pour l’adulte compléter le symptôme ? Y aura-t-il à la fin de la cure d’enfant un travail permettant le repérage du fantasme et de l’objet cause du désir ?
Sans doute ne devons-nous pas perdre de vue que le temps de l’analyse d’enfant se situe dans un moment de sa construction. Le fantasme pour l’enfant a-t-il le même statut que chez l’adulte, est-il déjà constitué ? Sur ce plan, l’adolescence n’a-t-elle pas une fonction, que les travaux de nos collègues d’Espace Analytique ont mise en évidence ? La direction de la cure va dans le sens de cette construction. Permettant la séparation, il s’agit dès lors d’amener l’enfant à constituer un objet organisateur du fantasme qui lui permettrait dans le jeu de sa présence-absence d’accéder au désir.
La fonction du désir, c’est de mettre une limite à la jouissance.
Souvenez-vous du Roi Lear de Shakespeare, le rideau se lève sur la décision du roi de renoncer à son royaume pour le donner à ses trois filles. En échange, il leur demande de lui dire combien il est aimé d’elles. Les deux aînées rivalisent de propos outrageusement flatteurs. Cornélia, la dernière, ne peut rien dire d’autre que : « J’aime votre majesté comme notre lien le veut, ni plus, ni moins [2]. »
Le roi furieux la déshérite et partage le royaume en deux, au lieu de le partager en trois. Les deux grandes prennent le pouvoir, Lear devient fou, et les deux sœurs s’entretuent. Cornélia ne dit rien, ne veut rien. Le rien ne se partage pas, il n’est pas monnayable. Le père ne peut pas choisir de tout donner, Cornélia lui rappelle ce qui échappe lorsqu’il s’agit de désir.
À la fin de la pièce, Lear retrouve Cornélia et son royaume, mais ils meurent tous les deux.
C’est un vent de folie qui souffle sur cette intrigue peut-être plus encore que dans toutes les autres pièces de Shakespeare. Il montre là comment tout bascule dans une famille lorsque s’inverse la logique symbolique de la filiation.
C’est souvent à cette question que nous sommes confrontés en analyse d’enfant. Combien de fois n’avons-nous pas repéré comment cette petite fille est devenue une mère pour la sienne, comment ce garçon est dans la famille en position d’en être le chef, son père étant mis sur la touche. Les parents devenant eux-mêmes des enfants dans une insatiable demande d’amour.
Lear veut qu’on le traite comme un roi, qu’on lui dise qu’on l’aime, comme disait Lacan : « Il croit qu’il est fait pour être aimé, ce vieux crétin [3]. »
Alain Vanier [4] dans un article où il parle du Roi Lear écrit : « Cette demande [la demande d’être aimé] est aussi une question sur le désir de l’Autre que le sujet pose en toute méconnaissance, car ce à quoi il se refuse, c’est à la castration, comme condition du désir. »
Lear en effet ne veut plus avoir la charge de roi, mais veut garder le titre et l’amour, il veut en jouir. Un jour où il est bousculé par un valet, il se révolte : « Mais savez-vous bien qui je suis ?» « Oui, Monsieur », lui répond le domestique, « vous êtes le père de Madame. » C’est sa fille qui lui donne son identité, la vérité ici encore vient de la bouche du fou. Il dira à Lear : « C’est d’avoir fait de vos filles des mères qui vous a rendu fou. » L’ordre des générations est inversé, la fonction phallique n’est plus représentée.
Alain Vanier le souligne : « Cette mise à mal de l’ordre symbolique… est aussi la mise à mal du désir comme défense face à la jouissance. Le désir suppose la fonction phallique comme canalisant la jouissance. Dès l’instant où celle-ci n’opère plus, c’est une autre jouissance sans limite qui entre en scène. À la “rigolade“ du début de la pièce succède la destruction qui gagne et ravage tous les personnages et mène à la mort. »
C’est très exactement à cela que nous sommes le plus souvent confrontés en psychanalyse d’enfant.
Chloé a cinq ans, elle vient consulter pour une constipation grave qui nécessite des séjours réguliers à l’hôpital. Ayant éliminé toute cause organique, ce sont les pédiatres du service qui l’adressent à ma consultation.
Au premier entretien, les parents de Chloé m’expliquent qu’ils viennent aussi pour un autre symptôme : les troubles du sommeil de leur fille. La mère dit : « Elle lutte contre le sommeil, on dirait qu’elle ne veut pas lâcher prise, comme si elle avait peur. Elle peut mettre deux heures à s’endormir. Elle change de comportement vers sept heures du soir, dès que la nuit tombe, et qu’elle sait qu’elle va devoir aller se coucher. Elle devient inquiète et irritable, ce n’est plus la même petite fille. » Dans la journée en effet, elle va bien ; vive et enjouée, elle se comporte comme une enfant sans problème. Son langage, ses dessins, son attitude sont plus proches d’une enfant de 7 ans que de 5. C’est Chloé malgré tout qui demande à venir pour le symptôme qu’elle énonce de la façon suivante : « Je ne veux pas que la nuit tombe, ça me fait trop peur. » Comme je lui propose de revenir me voir pour que nous parlions ensemble de sa peur, elle me répond : « Ah oui, je veux venir. Ça fait mal au ventre quand j’ai peur. »
Lorsqu’elle revient seule à la séance suivante, je suis étonnée par son attitude. Elle arrive en suçant son pouce, l’air triste et égaré. Ce n’est plus la même petite fille que celle rencontrée une semaine plus tôt en présence de sa mère. Elle se précipite sur les feuilles et les feutres et se met méthodiquement à dessiner des gribouillages. Elle entasse sans rien dire des spirales de toutes les couleurs les unes au-dessus des autres. Autant de dessins faits à la hâte qui évoquent ceux que font les enfants de deux ans. Je la laisse faire un temps, et pressée je lui dis : « Peut-être pourrais-tu me raconter ce que tu es en train de dessiner ? » C’est bien sûr une question stupide, l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire. Elle ne s’y trompe pas, me jette un regard noir et me remet immédiatement à ma place en disant : « Tais-toi, tu ne vois pas que tu m’empêches de faire mon travail ! » Bien sûr, elle a raison. Heureusement les enfants, comme les patientes hystériques de Freud, sont toujours là pour nous rappeler à l’ordre, encore faut-il veiller à retenir la leçon ! Comment mener une cure avec une enfant ou d’ailleurs avec un adulte, si nous ne sommes pas à même de supporter la régression. « Par l’intermédiaire de la demande, tout le passé s’entrouvre jusqu’au fin fond de la première enfance [5] », disait Lacan. Enfants ou adultes, il s’agira toujours de régression. Pour D. W. Winnicott, c’est cette régression qui sera au cœur de la cure, c’est avec elle que nous aurons à travailler. Ce jour-là, Chloé et moi terminons la séance en silence, elle semble satisfaite de la façon dont je lui ai témoigné que j’avais bien entendu son message; en partant, elle me dit : « Tu sais, la maîtresse a dit que cette semaine encore j’avais fait beaucoup de progrès. »
Le mercredi suivant, grâce à elle j’ai progressé moi aussi, puisque je me tais et que je l’écoute, le pouce est tombé de sa bouche, elle continue en silence à empiler des gribouillages. Tout à coup, elle en choisit un et me le montre en disant : « Regarde, c’est la Vénus de Milo. » Comme j’ai certainement l’air très étonnée, elle précise : « Tu vois bien, elle n’a pas de bras. Ses bras ne tenaient pas, alors ils sont tombés, dans la chambre de ma maman il y a une Milo, je vais chercher maman dans la salle d’attente, elle va te le dire. » La mère, une fois dans le bureau, m’explique en effet qu’il y a dans sa chambre une statuette, reproduction de la célèbre Vénus. « Je ne sais pas pourquoi », me dit-elle, « j’ai toujours adoré cette statue. Elle me suit dans tous mes déménagements, elle était déjà dans ma chambre de jeune fille. » La mère de Chloé, pendant la même séance, m’apprend qu’elle est enceinte de trois mois, elle me fait part de son inquiétude. Pour Chloé, elle a dû rester allongée du 4e au 9e mois, elle sait que ses grossesses ne « tiennent » pas, elle « perd » toujours ses enfants. Après deux fausses couches au début de son mariage, elle a été enceinte juste avant Chloé d’un bébé qu’elle a perdu au 6e mois. « Il était mort-né », précise-t-elle, « c’était un garçon, j’ai quand même tenu à ce qu’il soit enterré. Nous allons quelquefois sur sa tombe. »
« La nuit tombe », dit Chloé, ou encore « il ne faut pas pousser parce que ”ça” tombe dans les toilettes ». « Je ne veux pas tomber de sommeil. »
Autant de phrases auxquelles, progressivement, elle associera au fil des séances le cimetière et la tombe du petit frère. L’analyse, comme Lacan nous l’enseigne, est une pratique du signifiant, tout au long de la cure nous suivons le destin d’un signifiant essentiel. Pour elle, c’est la mort qui mène le jeu. La mort comme associée à la perte. Le collage de l’enfant au désir de la mère a toujours un goût de mort, d’anéantissement, d’engloutissement par l’autre. Rien ne tient, rien n’est solide pour Chloé et la perte ne peut être que mortifère. Son fantasme, comme un virement permanent, est viré au compte de sa mère dont l’histoire familiale compliquée tourne autour de la question d’une transmission particulière de la castration. C’est de sa mère que la mère, en présence de sa fille, viendra parler à la fin des séances. Elle évoquera la place très rassurante que Chloé occupe pour elle, sa petite fille la materne, la protège. Les bras de la Vénus de Milo ne tenaient pas. Ils sont tombés, mais ils étaient là « pour de vrai au départ ». La mère commence à entendre ce que le signifiant « tombe » a d’insoutenable pour elle qui a peur aussi que Chloé en grandissant ne la laisse tomber. C’est au moment où elle peut parler de ce qui s’est joué à la mort de son fils que Chloé semble pouvoir un peu se « décoller ».
Après tout un temps où, en miroir, Chloé fabrique pendant la séance des bonshommes en pâte à modeler qui perdent leurs têtes, leur bras, leurs jambes, temps où elle se désespère en disant : « mais pourquoi est-ce que ça ne tient jamais ? », elle se met à dessiner des bébés, des Vénus avec ou sans bras, et quelques petits papas timidement esquissés aux quatre coins des feuilles. Lorsque son père l’accompagne, il se plaint du peu de cas que sa fille fait de lui. « Elle ne s’intéresse qu’à sa mère », dit-il, « toujours collée à elle, elle ne veut jamais sortir avec moi, lorsque je lui propose des activités, elle refuse. Il a fallu beaucoup négocier pour qu’elle accepte que je l’accompagne en séance aujourd’hui. Elle me tient tête, ne veut jamais céder sur rien, et fait avec moi des colères désarmantes, finalement c’est moi qui cède toujours. »
Malgré tout, il tiendra bon, puisqu’il imposera de l’accompagner une fois sur deux. Quelques séances plus tard, alors qu’elle commençait à éparpiller de la pâte à modeler sur mon bureau, Chloé s’arrête et, l’air inquiet, me questionne : « Où est ton stylo bleu ? »
C.M. : « Quel stylo bleu ? Je n’ai jamais eu de stylo bleu. »
Chloé : « Mais si, j’en suis sûre, tu en avais un, tu l’as perdu. Il est tombé, c’est ça, il est tombé. » Chloé cherche sous mon bureau et se relève très angoissée.
Chloé : « Tu l’avais avant, j’en suis sûre, où est-il ? Il est perdu ? Le tien écrit noir, avant c’était un bleu beaucoup plus beau. On te l’a pris. »
Il faut du temps pour que Chloé se rende à l’évidence ; je ne l’ai jamais eu. Son visage change, et de la peur elle passe à la tristesse. « C’est pas drôle », me dit-elle, « tu dois être triste de ne pas avoir de stylo bleu ?» Comme je lui réponds que depuis le temps j’ai fini par me faire à cette idée, elle me questionne : « Et le tien, il écrit comment ? Moins bien que le bleu ? » Je lui réponds qu’il écrit différemment, une autre couleur c’est bien aussi. Avec ce stylo tombé, je suis prise dans le réseau de ses signifiants, tout comme la place de son père y sera remaniée justement parce qu’il ne la laissera pas tomber en l’accompagnant régulièrement aux rendez-vous. À partir de là, c’est dans le transfert que je pourrai parler à Chloé de la différence et c’est à partir de là qu’elle m’entendra, sans qu’il y ait besoin d’interprétation au sens classique du terme. D’ailleurs, en psychanalyse d’enfant, ce type d’interprétation semble le plus souvent superflu. L’interprétation, comme en analyse avec les adultes, sera plus à repérer dans la ponctuation des séances, dans la façon dont un mot sera souligné ou repris, dont un dessin sera commenté, comme le serait un rêve, toujours à partir des associations amenées par l’enfant lui-même. Il n’y a pas plus de clefs des songes que d’interprétations toutes faites des dessins.
La différence là encore se marquera dans les rencontres où les parents sont présents. Parler à l’enfant devant eux peut avoir effet d’interprétation pour les parents, tout comme s’adresser aux parents peut permettre à l’enfant d’entendre quelque chose qui le concerne directement.
Comme le souligne Claude Boukobza dans une conférence donnée à Grenoble cette année, le plus important sera d’entendre. D’entendre et de suivre ce que nous pouvons repérer comme étant de l’ordre de la construction d’un mythe pour l’enfant. Entendre boucle le circuit de la parole. Comme en analyse d’adulte, l’essentiel est que le message trouve son bon entendeur.
La séance suivante, Chloé dessine et me raconte cette histoire : « C’est une petite fille avec une bulle au-dessus de sa tête. C’est pour te montrer qu’elle rêve. Dans la bulle il y a des bijoux tout brillants, elle y pense tout le temps parce qu’elle voudrait les avoir. » À côté de la petite fille, elle dessine une grotte gardée par des monstres. « Tu vois, les bijoux sont dans la grotte, elle les voudrait, mais elle ne peut pas les avoir parce que les monstres gardent l’entrée, alors elle y pense et se dit qu’ils sont perdus. » Je lui dis : « Elle a perdu quelque chose qu’elle n’a jamais eu. » Elle me répond : « Oui, c’est comme la poupée que je voulais dans la vitrine du magasin, je l’ai vue samedi dernier, mon papa n’a pas voulu me l’acheter, même si je ne l’ai pas, j’y pense dans ma tête. »
Perdre ce qu’on n’a pas, c’est d’un autre ordre que les bras tombés de la Vénus de Milo. De ses objets perdus, elle devient dans sa tête propriétaire, dans son imaginaire, mais symboliquement ils sont perdus. Ne s’agit-il pas pour cette petite fille d’un changement de position subjective ?
C’est à cette époque, un an après le début de son analyse, que le symptôme de constipation disparaît et qu’elle « laisse tomber » les troubles du sommeil. Elle commence à aimer jouer avec les bijoux de sa mère, se déguise en princesse, et prend la ferme décision de se marier avec son papa. Christian Hoffmann dans un article intitulé « La signification de la castration dans la cure d’une petite fille [6] » raconte la cure d’une enfant dont le trajet en analyse ressemble en beaucoup de points à celui de Chloé. Il précise : « Dans les cures d’enfants, l’énonciation du fantasme peut entraîner des effets, mais ne marque pas forcément un progrès repérable… comme cela peut se produire dans l’analyse avec un adulte. Traversée où l’analysant repère son identification existentielle, mais aliénante à l’objet de son fantasme. » Le progrès dans cette cure, Hoffmann le repère par contre du côté d’un changement de position subjective.
Lacan, toujours dans les notes à Jenny Aubry, parle du symptôme qui peut dans certains cas représenter la vérité du couple familial et dans d’autres, qu’il dit être plus complexes, il parle du symptôme de l’enfant comme directement corrélatif d’un fantasme maternel. L’enfant devient « l’objet de la mère, et n’a plus de fonction que de révéler la vérité de cet objet ».
Peut-on penser que ce changement pour Chloé incarnerait le passage d’une position à une autre ? Est-ce que tous les enfants ne sont pas au départ « objet a » pour leurs mères ? S’ils le restent, c’est le passage par l’Œdipe qui est compromis. En la mettant sur les rails de l’Œdipe, est-ce que l’analyste n’articule pas ces deux temps ?
Comment cette articulation a-t-elle été possible pour Chloé ?
Qu’est-ce qui a été opérant pour elle ? Certainement a-t-elle entendu quelque chose de la position de sa mère, quant à son désir, qui lui a permis de se situer un peu différemment. Ce repérage qui lui a fait faire un pas de côté, c’est entre elle, sa mère, et l’analyste qu’elle a pu le faire. À la place où elle me mettait de sujet supposé savoir, sans doute a-t-elle aussi repéré que je supposais du sujet chez elle ? Différente de sa mère, je supposais ce qui à cette mère était insupportable, c’est-à-dire de la castration chez cette petite fille.
Peut-on penser que dans le transfert, l’analyste vienne à suppléer, à occuper une fonction essentielle que la mère n’aurait pas pu assumer à un moment donné de la vie de l’enfant ?
Il faut, dit Alain Vanier dans une conférence à la WAIPAD en 1989, que la mère suppose du sujet chez le bébé : « Cette supposition du sujet implique une place, celle de l’Autre, d’où elle peut se soutenir. Le sujet supposé est porté par la mère… Le sujet est déjà là, dans la mère qui se le représente séparé, qui le fait exister en lui supposant un savoir [7]. »
L’analyste, en position de sujet supposé savoir, ne peut-il pas signifier à l’enfant qu’il croit en lui en tant que sujet séparé de sa mère ? Peut-il signifier à la mère qu’elle peut sans en mourir lâcher cet enfant ? N’est-ce pas ce qui permettrait que les cartes soient distribuées autrement ?
Cette question de la jouissance liée au symptôme est essentielle. Certains, comme la mère de Julien, viennent chez l’analyste donner à voir combien l’enfant les fait jouir phalliquement. Ces parents-là nous mettent au défi d’y changer quelque chose. Les enfants savent qu’ils sont chargés de mission, et en bons thérapeutes ou en garants de l’entente parentale, ils feront tout pour empêcher l’analyse. Rien, nous le savons, ne pourra bouger si les parents de leur côté ne renoncent pas a minima à la jouissance que l’enfant leur procure. D’où la nécessité là encore de recevoir les parents. Certaines fois, les parents ont une autre demande, ils viennent se plaindre ou plutôt porter plainte, comme le soulignent J. Bergès et G. Balbo, contre un enfant qui refuse d’être brillant et du même coup qui refuse de les faire briller. Contre un enfant au contraire qui ne les fait pas jouir, cet enfant se rend maître de leur jouissance et de celle de certains autres adultes, professeurs ou médecins. Il refuse de leur donner ce qu’ils attendent de lui. Il prétend alors commander l’Autre, lui imposer sa volonté, le priver autant qu’il le jugera bon. C’est le cas de beaucoup d’enfants qui tentent ainsi de survivre en maîtrisant quelque temps la jouissance de l’Autre. Pour lâcher son symptôme, il faudra que l’enfant consente à guérir de son refus de guérir. Dans certains cas, force est de constater que ses raisons de refuser sont extrêmement valables, d’où la méfiance des analystes lorsqu’il est question de guérison. Pour les petits comme pour les grands, le symptôme est souvent une autothérapie ; ce qui se complique pour les enfants, c’est qu’il est directement lié à l’inconscient des parents.
Chloé s’est construit un nouveau fantasme, et un nouveau symptôme en quelque sorte, moins directement collé au fantasme maternel. De ce rapport remanié à la castration, elle semble être à même de renoncer à son ancienne jouissance et à celle de sa mère, avec la promesse toujours liée au passage par l’Œdipe, que ça viendra plus tard. Le renoncement à cette forme de jouissance ouvre pour elle la voie au désir.
« L’inconscient de l’enfant », disait Maud Mannoni, « c’est souvent dans l’inconscient des parents qu’il faut le chercher. » Et la direction de la cure, c’est amener l’enfant à repérer le sens fantasmatique qu’il a pris pour sa mère en naissant. Que représente l’enfant pour ses parents en fonction de leur histoire ? À la naissance, l’enfant va rencontrer les projections parentales inconscientes et réagira par des troubles du comportement ou des maladies qui pourront mettre en danger la vie de son corps aussi bien que sa vie psychique. En 1964, Maud Mannoni parle déjà de l’enfant comme pris dans le fantasme maternel, les notes de Lacan à Jenny Aubry sont de 1967 ou 1969 (un débat existe à ce sujet).
C’est à partir de cette question du fantasme des parents et de celui de l’enfant que nous travaillons aujourd’hui. Le lien entre les deux rend la tâche difficile et en cela nous pouvons partager l’opinion de Françoise Dolto, qui disait que rien n’était plus difficile que la psychanalyse d’enfant. L’art de la cure en psychanalyse d’enfant n’est certainement pas l’enfance de l’art.
La rencontre avec une famille renvoie l’analyste à son propre inanalysé. C’est avec son inconscient qu’il sera amené à travailler. C’est aussi le cas lorsqu’il travaille avec les adultes, mais avec les enfants, il aura en plus à supporter la violence des parents. Les vœux de mort sur l’enfant, nous disait Maud Mannoni, ne portent pas le plus souvent sur l’enfant réel, mais sur l’autre imaginaire des parents, sur ce qui en eux est resté en souffrance et qui se projette sur l’enfant.
Comment assumer le transfert lorsque l’archaïque et la haine prennent le devant de la scène ? L’enfant, quant à lui, sera pris entre des demandes de fusion ou des réactions d’horreur pour l’analyste rejeté tout à coup brutalement. Pour que le fantasme vienne à se dire pour l’enfant et les parents, l’analyste devra supporter le transfert. Les limites de la cure deviennent alors les limites de ce que l’analyste peut pour lui-même entendre, les limites de la place qu’il peut assumer d’occuper.
Avec les enfants psychotiques ou autistes, cette violence pourra déclencher des réactions dépressives ou persécutrices, le corps sera en jeu plus encore que dans le travail avec les adultes. Qu’est-ce qui parle à l’analyste lorsque l’enfant ne parle pas ? « Il me semble que dans l’analyse d’enfant », dit Hector Yankelevich, « et là-dessus les cures avec des enfants dits autistes ne font qu’en souligner très fortement les traits, le rapport réel à l’analyste du parent qui demande la cure provoque des remaniements dans l’économie libidinale de la famille. En montrant des éléments constitutifs que seul le transfert peut mettre à découvert [8] ». Les remaniements dont parle Yankelevich sont aussi à repérer chez l’analyste, dans ce qui se joue pour lui du côté du réel, lorsqu’il est confronté à l’enfant et à sa famille, et sans doute, en effet, plus particulièrement à la question de ce que lui veut la mère. « J’aurai sa peau », me disait une patiente adulte, alors qu’elle me parlait de l’analyste de son fils autiste. C’est à ce type de transfert que nous sommes quelquefois exposés. La mère de l’enfant prend dans le dispositif une place importante. C’est elle qui l’accompagne, c’est elle qui est présente dans sa vie. C’est une mainmise différente de celle dont nous parlent en analyse ceux qui sont devenus adultes. C’est bien là que se repère la particularité essentielle de la psychanalyse d’enfant : le transfert n’est pas le même. Plus cru, plus cruel, il se complique de la présence des parents. Beaucoup d’analystes ne laissent-ils pas tomber après quelques années de pratique le travail avec les enfants ? Qu’y a-t-il de trop violent dans cette pratique en prise directe avec notre propre enfance ? La direction de la cure peut, si l’analyste échoue à supporter cette rencontre, prendre un mode défensif, et le transfert ne plus pouvoir se symboliser. Lacan le souligne : « Il n’y a pas d’autre résistance à l’analyse que celle de l’analyste lui-même [9]. » C’est plus facile à repérer lorsqu’on travaille avec les enfants.
Il faudra que l’analyste supporte de rencontrer la « bonne part » de l’inanalysé dont parle Lacan. Non seulement l’analyste ne se trouve pas « hors de portée des passions », mais dans le séminaire sur le transfert, Lacan ajoute : « Mieux il sera analysé, plus il sera possible qu’il soit franchement amoureux ou franchement en état d’aversion, de répulsion, sur les modes les plus élémentaires des corps entre eux, par rapport à son partenaire [10]. » « L’analyste est possédé d’un désir plus fort que les désirs dont il pourrait s’agir, à savoir d’en venir au fait avec son patient, de le prendre dans ses bras, ou de le passer par la fenêtre [11]. »
Ce désir plus fort qui caractérise l’analyste est tout particulièrement mis à l’épreuve dans l’analyse d’enfant où de nombreuses formes de dérapages sont possibles. Pour y échapper, on peut se réfugier dans l’attitude pédagogique ou soignante. On peut aussi adopter le discours dogmatique qui rend sourd à ce que l’enfant tente de faire entendre. Freud, en ne recevant le petit Hans qu’une seule séance, nous a laissés démunis. Les recettes deviennent d’autant plus attrayantes que le « désir plus fort » auquel nous sommes confrontés, au-delà de la jouissance phallique, évoque le désir de mort, sans doute encore plus présent dans la violence archaïque des cures d’enfants. Plaquer une technique, une façon de faire sera d’autant plus tentant pour l’analyste. Avec les enfants, on ne peut échapper ni à notre désir, ni aux risques de l’invention. L’analyste devra trouver lui-même ce que la théorie ne dit pas. Aucun savoir ne peut venir clore la question de la direction de la cure. La fonction de subversion de l’analyse la remet justement dans le champ créé entre l’analyste et l’enfant.
« La vérité », disait Winnicott, « n’est détenue ni par le patient, ni par l’analyste. » En cela on peut dire que chaque séance est un « squiggle ». Si l’enfant n’emporte pas son dessin à la fin de la séance, c’est justement que ce dessin appartient à cet entre-deux, aussi bien par sa forme que par ce qui en aura été dit, il est à la fois la production de l’inconscient de l’enfant et de l’analyste.
L’homme, disait Freud, n’a ni goût ni penchant à entendre la vérité. Il ne veut ni se laisser interpeller par la folie, ni se laisser remettre en question. Cette vérité, qui cherche à se dire, surgira entre l’analyste et l’enfant dans l’entre-deux du transfert.
« Le premier rendez-vous avec le psychanalyste, c’est pour le patient une rencontre avec son propre mensonge », disait Maud Mannoni.
« Les non-dits, les choses tues, peuvent fabriquer », disait Françoise Dolto, « des choses tuées » qui apparaissent chez l’enfant sous forme de symptômes, mais c’est au-delà du symptôme que nous essayons d’entendre ce qui a trait à la question personnelle du sujet qui parle. L’analyste porte son écoute là où la subjectivité se trouve entravée, là où se pose la question de la vie, de la mort, de la folie, celle du sexe et des générations. Il porte son écoute là où la vérité peut surgir qui permettra à celui qui parle d’atteindre à une plus grande authenticité de son être. Dès lors, la direction de la cure reste la même, qu’il s’agisse d’adultes ou d’enfants et même d’adultes redevenus enfants.
Je vous propose d’entendre l’histoire de ce premier entretien. Ce matin-là, j’avais rendez-vous avec Marguerite. Lorsque j’entre dans la salle d’attente, un homme et une femme viennent vers moi. « C’est nous qui avons pris rendez-vous pour Marguerite, est-ce que nous pouvons vous parler ? » Pensant recevoir les parents d’une petite fille, je les fais entrer dans mon bureau. Ils m’expliquent qu’ils sont frère et sœur et qu’ils viennent me voir pour me demander si j’accepterais de recevoir Marguerite, leur maman de 82 ans. Ils se plaignent de son comportement. Elle vient d’être renvoyée de la troisième maison de retraite qu’ils avaient trouvée pour elle cette année. « Qu’allons-nous en faire ? Elle est terrible », expliquent-ils, « nous avons trop de travail pour la garder avec nous, la maison de retraite était une bonne solution, mais nous sommes convoqués en permanence tellement elle y fait de bêtises, elle est vraiment méchante, c’est dans sa tête, disent les docteurs de l’établissement. Physiquement elle est en pleine forme, c’est son caractère qui est difficile depuis toujours, même papa le disait avant sa mort. Bien sûr nous paierons pour elle les séances, accepteriez-vous de la recevoir pour la remettre dans le droit chemin ? »
J’écoute cet homme et cette femme désemparés se plaindre comme cent fois déjà j’ai entendu des parents se plaindre après avoir mis leur enfant difficile en internat, et demander à l’analyste de le rendre sage et obéissant. Ce sont les mêmes mots, la même détresse, les mêmes symptômes qui sont amenés. Ils m’expliquent que Marguerite est dans la salle d’attente et qu’elle est d’accord pour me parler.
Lorsqu’elle entre dans mon bureau, elle a l’air inquiet. C’est une fragile petite vieille dame, malicieuse et très vivante. Elle me dit : « Mes enfants ne me supportent plus, il faut dire que je leur attire beaucoup d’ennuis, c’est bien fait pour eux, ils n’avaient qu’à pas me mettre en maison de retraite, je ne vais pas céder pour leur faire plaisir. Moi, je m’ennuie, alors il faut que je fasse quelques bêtises. »
Je lui demande de quelles bêtises il s’agit, elle me dit : « Oh, rien de grave, j’ai mangé la boîte de chocolat que ma voisine de chambre avait eue pour Noël, je me suis disputée avec la femme de service, j’ai aussi joué à mettre ma canne en travers du chemin à la cantine. Ça fait tomber les vieux, c’est fou comme ça m’amuse, mais là-bas ils n’aiment pas ça à cause du col du fémur. »
Marguerite me parle aussi de sa vie mouvementée, de son enfance à l’assistance publique, de la guerre, de la résistance où elle s’était risquée, de son engagement auprès des suffragettes en 46, de ses histoires d’amour douloureuses et passionnées. « C’est vrai que ma vie je ne l’ai jamais racontée à personne », me dit-elle, « les jeunes n’ont pas le temps de m’écouter et les vieux sont trop gâteux pour comprendre. Mais j’ai bien réfléchi, si j’ai accepté de venir vous voir, ce n’est pas comme disent mes enfants pour apprendre à être raisonnable, j’ai passé l’âge de raison depuis longtemps ! Ce n’est même pas pour vous raconter ma vie. Non, c’est pour que quelque chose change. Je voudrais enfin pouvoir me faire une amie, et comprendre avec vous pourquoi depuis toujours j’ai tant de plaisir à faire des méchancetés. »
 
NOTES
 
[1] Ornicar ?, revue du Champ freudien, n° 37, avril-juin 1986, p. 13-14.
[2] W. Shakespeare, Le Roi Lear ( 1608), trad. Derocquigny, Paris, Les Belles Lettres, 1931.
[3] J. Lacan, L’éthique de la psychanalyse. Le séminaire, Livre VII ( 1959-1960), Paris, Le Seuil, 1986.
[4] A. Vanier, « Nothing will come of nothing », à paraître dans Psychologie clinique.
[5] J. Lacan, Écrits, Paris, Le Seuil, 1966, p. 617.
[6] C. Hoffmann, « La signification de la castration dans la cure d’une petite fille », La direction de la cure depuis Lacan, Point Hors Ligne, 1994, p. 1999.
[7] A. Vanier, IVe congrès mondial de la WAIPAD, Lugano, septembre 1989.
[8] H. Yankelevich, « Ce que les autistes nous apprennent de la parole », Où en est la psychanalyse, érès 2000, p. 268.
[9] J. Lacan, Écrits, Paris, Le Seuil, 1996, p. 595.
[10] J. Lacan, Le transfert, Livre VIII, Paris, Le Seuil, 1991, p. 217.
[11] J. Lacan, op. cit., p. 220.
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[9]
J. Lacan, Écrits, Paris, Le Seuil, 1996, p. 595. Suite de la note...
[10]
J. Lacan, Le transfert, Livre VIII, Paris, Le Seuil, 1991, ...
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[11]
J. Lacan, op. cit., p. 220. Suite de la note...