2002
Figures de la Psychanalyse
Qu’est-ce que la sublimation refoule ?
Fanny Colonomos
Ignacio G.M.
Quand, il y a quelques mois, notre rédacteur en chef nous a proposé comme
thème du numéro 7 de la revue L’inconnue de la sublimation, la beauté de la
question m’a paru évidente, mais ayant un peu fréquenté l’œuvre de Freud et de
Lacan, la complexité de la tâche, que le « x » souligne à juste titre, m’a semblé
encore plus évidente.
Ignacio Gárate Martínez nous a fait remarquer la continuité existant entre les
arguments traités par la revue ; cela est vrai, un fil rouge relie les numéros.
Je lui suppose toutefois des raisons plus personnelles, en analyse c’est la règle.
Son texte sur le Duende, dans lequel il a mis tant de lui-même, selon ses propres
paroles, le prouve.
Pourquoi cette difficulté m’a-t-elle paru une mise au défi ?
Pourquoi me devrais-je d’accepter ce défi ?
Ignacio m’a invitée à en parler. Au-delà de toute coquetterie ou exhibitionnisme, je désire affirmer ici qu’en analyse nous sommes sollicités en tant que
sujets du désir inconscient, et que notre difficulté est due à nos résistances. Et, à
mon tour, je voudrais inviter tous ceux qui, plus jeunes, après nous, s’attaqueront
péniblement à la chose, à ne pas se servir comme d’un alibi de leur humiliante
« ignorance », mal remédiable, mais à prendre surtout en compte leurs résistances, mal remédiable aussi.
Mais pour cela « il va falloir », comme disent certains, payer de notre « livre
de chair ». La mienne a été une insomnie persistante. La beauté de l’argument
m’a aidée à persévérer, malgré la lourde fatigue de mes résistances. La beauté,
dernier rempart contre l’horreur… de la mort.
Mais il n’y a pas que la résistance à vaincre, existe aussi l’obstacle représenté
par l’admiration vouée aux grands hommes, sentiment qui peut être stérilisant,
mais aussi stimulant si l’on pense que, même un nain, quand il arrive à se jucher
sur les épaules du géant, verra plus loin que le grand homme !
Quelle prétention ! Peut-être, mais quel effort aussi d’avoir à se hisser sur
certaines épaules !
Si tu veux posséder l’héritage de tes pères, tu dois le conquérir par la lutte
contre ta résistance. Il m’a donc fallu re-parcourir le trajet freudien, lacanien
aussi, pour régler la question de l’insomnie.
Mais l’analyse, combat contre sa propre résistance, est aussi l’exemple d’une
« pensée conjonctive », en opposition à la « pensée disjonctive » (Raphaël Draï),
qui s’enrichit de la réflexion de tous ceux qui, s’inscrivant dans le droit fil de la
recherche freudienne, contribuent par leur apport à la construction du savoir
analytique, dont nous avons déjà trouvé le gros œuvre achevé.
Selon Hanns Sachs, Freud s’est comparé un jour, écoutant une conférence de
Hermann Nunberg, au diable de la légende de Saint Wolfgang représentée dans
un tableau de Moritz von Schwind, où le diable, obligé par le saint, pousse une
brouette pleine de lourdes pierres. Comme le diable, Freud dit être arrivé à
construire « quelque chose qui ressemble à un bâtiment. Maintenant c’est à votre
tour », ajoute-il, « de dessiner aussi le plan d’un édifice harmonieux, ce que je
n’ai pu faire ». « C’était une haute louange, derrière laquelle il y avait un
soupçon d’ironie
[2]… »
Me voilà, acceptant l’ironie de la situation, et, sans faire dans l’élégance,
poussant ma petite brouette de résistances dans la direction sublimation, par le
chemin escarpé tracé par Freud et Lacan, ayant comme seule indication signalétique la pancarte refoulement, mon refoulement.
Amicus Plato,
sed magis amica veritas
La littérature analytique ne semble pas particulièrement riche en travaux
théoriques et cliniques sur la sublimation. Les lacaniens ne font pas exception à
cette tendance générale. Cela n’est pas pour nous étonner. Il s’agit, en effet,
d’une notion difficile à cerner et dont certains auteurs mettent même en doute
l’appartenance au corpus analytique, notamment dans le sens où elle apparaîtrait à l’œuvre dans la cure.
Pourtant, la réflexion analytique, théorique et clinique, peut être, elle-même,
considérée comme une sublimation au même titre que d’autres activités intellectuelles qui produisent un savoir nouveau.
Cela nous renvoie à une interrogation que d’aucuns se posent : la sublimation
est-elle un concept analytique ou une valeur culturelle ?
Freud et Lacan ont souligné que la caractéristique fondamentale de toute
sublimation est de produire un objet culturellement et socialement appréciable.
Mais Lacan va jusqu’à inclure parmi les créateurs « les artisans, faiseurs de robes
ou de chapeaux ». L’air du temps n’est pas pour le démentir. Le terme « sublimation » reste néanmoins teinté de références alchimiques qui renvoient à l’espoir
de réaliser « le grand œuvre », chimiques, religieuses, et bien sûr esthétiques.
Quelle différence, par exemple dans l’art, entre le beau et le sublime ?
Bien que Freud se soit servi de ce concept tout au long de son œuvre pour
désigner une des « vicissitudes » de la pulsion, il se trouve pour la première fois
dans une lettre à Fliess, et encore en 1938 dans l’
Abrégé; il nous manque
pourtant une étude qui y soit spécifiquement consacrée. Strachey le regrette
beaucoup
[3]. Selon lui, la sublimation aurait dû constituer un des douze chapitres
initialement prévus par Freud pour la Métapsychologie. Il semble probable qu’il
a été détruit, mais nous ignorons pourquoi il ne peut donc pas figurer parmi les
écrits consacrés aux fondements de la théorie analytique.
Pourtant, Freud avait annoncé à ses plus proches collaborateurs, Abraham,
Ferenczi et Jones, avoir presque terminé un travail complet sur la
Métapsychologie déjà en 1915.
Jones se demande pourquoi aucun d’eux ne lui a ensuite (après 1918)
demandé la raison de ce changement d’avis.
Nous pouvons, nous aussi, nous poser cette question, en remarquant que dans
Pulsions et vicissitudes des pulsions, ainsi que dans l’
Abrégé, il est question de la
sublimation en contrepoint au refoulement. Freud écrit dans
Pulsion et vicissitudes des pulsions
[4] que la sublimation est une des « vicissitudes » de la pulsion
au même titre que le refoulement, ce qui indique clairement qu’il s’agit pour lui
d’un concept analytique à part entière, mais il ajoute, sans plus, qu’il n’a pas
« l’intention d’en parler ici », alors qu’il l’énumère parmi les quatre « vicissitudes » des pulsions juste après le refoulement, et traite des trois autres.
Des douze écrits métapsychologiques prévus, cinq seulement seront publiés et
parmi ces cinq, deux ont dû attendre encore deux ans : Supplément métapsychologique à la théorie de rêve et Deuil et mélancolie.
Dans l’
Abrégé, dernier écrit où il est question de la sublimation, Freud parle,
à propos du développement de la fonction sexuelle, de «
Besetzungen », traduit
en français par « tendances
[5] », qui pourraient être « éliminées » par « refoulement », ou formeraient « dans le moi » des « traits de caractères ou subiraient
une sublimation avec déplacement du but ».
Il nous semble intéressant de rappeler ces références dernières à la sublimation et au caractère, car Freud a bien, par ailleurs, fait remarquer que les
processus de formation du caractère « sont moins transparents et moins accessibles à l’analyse que ceux de la névrose
[6] ».
Notre hypothèse est qu’il en va de même en ce qui concerne la sublimation.
D’ailleurs en 1910 déjà Freud avait affirmé : « Le penchant au refoulement,
tout comme la capacité à la sublimation, nous sommes obligés de les ramener aux
fondements organiques du caractère
[7] », et il avait ajouté : « Comme le don et la
capacité de réalisation artistique sont en corrélation intime avec la sublimation,
force nous est d’avouer que l’essence de la réalisation artistique nous est, elle
aussi, psychanalytiquement inaccessible ».
Mais, par ailleurs, « [… ] la sublimation engendre d’elle-même de nouveaux
buts, sitôt résolus les refoulements » (grâce à la cure analytique
[8]).
Nous aurons à revenir sur ce point important. Nous pourrions, tout au long de
l’œuvre de Freud, en multipliant les références, suivre tous les développements
–les contradictions parfois – relatifs au concept de sublimation, avec en contre-point la formation réactionnelle – ou le retournement dans son contraire, par
exemple – ou la constitution de l’Idéal du Moi.
Cela a déjà été fait, comme nous le verrons, par Olivier Flournoy.
Nous voudrions plutôt montrer que la sublimation, contrairement à ce qui est
habituellement accepté, entretient des relations intimes avec le refoulement,
notamment en ce qui concerne toute activité artistique ou intellectuelle, activités
éminemment appréciées d’un point de vue social.
O. Flournoy, comme nous venons de le rappeler, dans son savant article
intitulé « La sublimation
[9] », examine ce concept dans l’œuvre freudienne. Cet
article est d’autant plus intéressant pour nous qu’il est l’exemple d’une certaine
lecture de l’œuvre de Freud qui se veut fidèle au texte, et qui l’est en un sens,
mais au prix de gommer les contradictions et les aspérités de la conceptualisation
freudienne qui sont, en revanche, si fécondes pour notre réflexion. C’est
pourquoi il me semble utile de nous référer à ce pur produit d’une lecture
acritique de Freud pour montrer les difficultés qui en découlent, notamment en
ce qui concerne la clinique de son auteur.
Pour O. Flournoy, une seule activité du patient semble devoir « échapper » au
conflit : la sublimation. Pourtant, selon lui, « les activités de sublimation les plus
classiques… n’apparaissent jamais comme telles dans le dialogue analytique. Il
n’est que d’en parler – ajoute-t-il – pour qu’un sentiment de gêne, de malaise ou
de plaisir ambigu, ou encore une apparente indifférence les accompagne chez
l’analysé et pour que l’analyste y prête la même attention qu’à tout autre
discours plus directement en rapport avec un conflit défensif
[10] ». On dirait donc
que nous nous trouvons dans une sphère conflictuelle mais qui ne s’avoue pas
comme telle.
L’exemple clinique auquel il fait très brièvement allusion à la fin de son article
corrobore cette impression. D’ailleurs, O. Flournoy affirme qu’il ne se souvient
pas d’avoir entendu un patient lui « parler de ses activités en [me] confirmant
l’impression qu’il s’agissait là d’une sublimation authentique ou aconflictuelle,
c’est-à-dire sans lien avec le passé fantasmatique
[11] ».
Le patient en question écrit depuis quelques années un roman et a beaucoup
de réticences à en parler en analyse, soit que le contenu du roman soit au
premier plan, soit qu’il s’agisse du plaisir d’écrire, « plaisir répréhensible et
angoissant
[12] ». Le simple fait que l’analyste ait établi un « lien entre l’auteur et
ses fantasmes » avait suffi pour remettre « tout en question d’un coup
[13] ».
Pouvons-nous voir là l’un des nombreux exemples de la méfiance plus ou moins
justifiée que bien des écrivains manifestent à l’égard de la psychanalyse ?
Mallarmé, par exemple, dit que « le développement équivalent de la
technique interprétative détruit le sortilège », comme le rappelle Octave
Mannoni
[14]. On pourrait objecter que si l’analysant parle en analyse de ses
productions artistiques, il s’agirait là d’un « matériel » proposé à l’interprétation
et donc interprétable comme tel.
Mais si le résultat d’une aussi « simple » remarque de l’analyste a été de tout
remettre en question, peut-être aurait-il mieux valu se taire.
Nous ne savons pas si oui ou non cette activité d’écriture a repris par la suite,
ni comment. Pourtant, quelques pages avant, O. Flournoy n’avait-il pas dit que
« le psychanalyste doit se limiter à la reconnaissance de la sublimation lui
donnant par là sa valeur interpersonnelle [… ] tout comme il doit renoncer à
trouver une valeur culturelle aux sublimations de son analysé
[15]… » ?
Dans le cas de M. X, l’auteur pense que sa très « simple » remarque n’aurait
pas eu cet effet sans « le transfert [avec moi] : l’émergence du conflit défensif
dans la sphère interpersonnelle
[16] ». Mais pourquoi la sublimation devrait-elle
échapper au conflit transférentiel, alors qu’il pense, par ailleurs, que « les conflits
fantasmatiques sont une source extrêmement riche d’effets comiques ou
tragiques
[17] ?».
La raison de l’attitude défensive de l’analysant est, peut-être, en rapport avec
cette affirmation d’O. Flournoy : « [… ] si un analysé choisit un objet-but contraire
à ceux qui sont acceptables pour l’analyste, ce dernier ne pourra sentir cette
sublimation que comme une formation réactionnelle
[18] ».
À ce propos et en passant, nous pouvons rappeler cette autre affirmation de
Freud dans une lettre à Pfister du 2 mai 1910 : « Ce que vous appelez “compensation”, je l’appelle moi “sublimation” ou, ce qui revient au même mais est plus
clair, “formation réactionnelle”
[19]. »
Pour O. Flournoy, la situation clinique est « une morale à deux personnes »
qui ferait que « l’analyste est impliqué personnellement dans tout effort de sublimation de l’analysé
[20] ».
« L’objet-but de la sublimation doit être en accord avec l’idéal de la civilisation [… ] doit être accepté par l’analyste, autrement dit il doit correspondre aux
idéaux de l’analyste
[21]. »
En revanche, Lacan affirme, selon nous à juste titre, qu’en analyse, il n’y a pas
lieu de faire la différence « entre une collection d’art et, chez tel enfant ou tel
patient, collection de bouts de papiers sales
[22] ».
L’intérêt de l’article d’O. Flournoy, tellement érudit par ailleurs, est, nous
semble-t-il, de nous montrer, à travers ces affirmations aussi directement et
naïvement exposées et ces réflexions contradictoires, la difficulté de concevoir le
statut métapsychologique de la sublimation et, de ce fait, de diriger la cure de
façon cohérente.
La sublimation semble tenir à la fois de la formation réactionnelle du
symptôme et de l’Idéal du Moi, de l’analysant ou de l’analyste.
On dirait que l’analyste ici voudrait que l’analysant adhère à son Idéal du Moi
sous peine que cette sublimation-là qu’on lui présente ne soit pas « jugée
valable ».
Freud écrit bien, en effet, dans une lettre à Marie Bonaparte le 27 mai 1937 :
« La sublimation est un concept qui comprend un jugement de valeur
[23]. »
Ces affirmations ont probablement contribué à faire de la sublimation une
notion qui se présente sous un double aspect de valeur culturelle et de concept
analytique sans qu’il soit évidemment possible de trancher et surtout, ce qui nous
semble bien plus dangereux, en encourageant chez certains analystes l’application de leur propre échelle de valeurs aux choix et activités des analysants.
Pour nous, en analyse, ce qui compte et qui nous intéresse au premier chef est
l’origine pulsionnelle de la sublimation et la relation que l’analysant entretient à
l’égard de la chose, ainsi que le terme freudien Sublimierung l’indique.
Même Bernfeld, un des psychanalystes viennois les plus éclairés, semble
tomber dans certains travers, selon Lacan qui propose une longue réflexion
critique de l’article de Bernfeld : «
Bemerkungen über Sublimierung
[24] ».
Cette réflexion concerne notamment la distinction entre sublimation,
Ichziele, et formation réactionnelle. Lacan, tout en étant de l’avis que « la plus
grande ambiguïté règne
[25] » à ce sujet, appelle notre attention sur une note
ajoutée en 1915 à la
Métapsychologie, où il est dit (sans plus) : « La sublimation
peut aussi avoir lieu par d’autres et plus simples mécanismes
[26] » (que la formation réactionnelle). Freud nous laisse là sur notre faim.
Non seulement il nous laisse sur notre faim, mais il propose à notre réflexion
des définitions tout à fait contradictoires du concept de sublimation. En effet, il
écrit : « La sublimation n’est pas un processus qui fait usage de l’inconscient [… ]
mais qui se produit précisément au moyen du potentiel de la composante
consciente
[27]. » Mais il dira aussi : « [… ] dans la plupart des cas [“les motifs originels”… traités par le poète] … trouvent leurs sources dans les expériences refoulées de la vie psychique de l’enfant de sorte que ces œuvres correspondent à des
rééditions déguisées, embellies et sublimées des fantaisies enfantines
[28] ».
Peut-être pourrions-nous alors croire avec Freud que les écrivains pourraient
nous aider à y voir plus clair.
En effet, dans une lettre à Jung du 26 mai 1906
[29], Freud lui fait part de sa
correspondance avec l’auteur de la
Gradiva : Wilhelm Jensen. Or, Jensen semble
ignorer l’origine du « matériau » dont il est question dans le conte. L’idée lui
serait venue soudainement, alors qu’il était occupé par un autre sujet, et il aurait
tout abandonné pour l’écrire. C’est comme si l’histoire, aux dires de Jensen,
attendait son auteur pour être écrite. Il aurait terminé le tout très rapidement et
sans aucune hésitation.
C’est Freud qui déduira de la lecture de ce conte et d’autres œuvres du même
auteur la présence de « motifs dominants », lors d’une réunion de la Société
psychologique du Mercredi du 11 décembre 1907
[30].
À cette même occasion, il fait allusion à son étude : « La création littéraire et
le rêve éveillé », où il compare l’œuvre des écrivains de fiction au jeu de l’enfant.
Dans cette étude, il affirme, certes en simplifiant, que ce sont les désirs insatisfaits de l’auteur qui sont à l’origine de ses créations.
Mais si ces mêmes fantasmes deviennent trop envahissants, alors ils peuvent
donner lieu à la névrose ou à la psychose
[31]. Nous pouvons constater alors quelle
étroite relation Freud établit entre sublimation et refoulement.
Freud, lors de cette même réunion, fait remarquer à Graf, le conférencier,
qu’il confond « inconscient » et « refoulé », ce qui n’est pas identique
[32]. Graf, en
effet, avait affirmé parlant de l’œuvre littéraire : « Là nous sommes au cœur de
l’inconscient
[33] ».
Il nous semble mieux comprendre maintenant comment une telle ambiguïté,
un tel flou « artistique », règne à propos de la sublimation dans les écrits de
Freud, qui, par ailleurs, nous a bien souvent éblouis par la très grande clarté de
sa théorisation.
La sublimation nous confronte à un paradoxe : l’artiste semble avoir un accès
bien plus libre que nous, névrosés ordinaires, à ses fantasmes. Il peut les décrire
et les mettre en scène pour nous, mais, en même temps, il y a là une dimension
de méconnaissance troublante.
Octave Mannoni ne s’exprime pas différemment quand il affirme ne pas
travailler ses sujets, mais être « choisi » par eux. Ainsi, Freud lui-même dans la
lettre 92 à Fliess écrit que son travail lui a été directement dicté par l’inconscient
[34]. On pourrait multiplier les exemples.
Federico Fellini ne dit pas autre chose lors des conversations recueillies par
Damien Pettigrew en 1992, un an avant la mort du metteur en scène, et retransmises par la chaîne télévisée Arte le 15 mars 2002 à 23 h 05.
Quand il lui arrive, par hasard, de revoir un extrait d’un de ses films, par
exemple à la télévision, il est étonné par ce qu’il voit là et il se demande très
souvent : « Qui a fait ça ? » et il ajoute : « À partir du moment où je commence
à travailler, je suis habité par un habitant obscur que je ne connais pas, qui prend
les rênes, dirige tout et je mets à sa disposition ma voix, mon sens artisanal, mes
tentatives de séduction, de plagiat, d’autorité. »
Et encore : « Un artiste est un médium destiné à être habité par un fantasme,
une idée, un sentiment et, lui, doit seulement le matérialiser par son expérience
artisanale. »
« Ça pense, ça raconte, ça écrit », dit aussi l’écrivain Italo Calvino à la suite de
Nietzsche.
Léonard de Vinci, tout comme Fellini, aurait probablement été étonné, mais
pas de la même façon que le metteur en scène, d’apprendre pourquoi dans son
tableau Sainte Anne il a fait asseoir la Vierge Marie sur les genoux de sa mère,
guère plus âgée que sa propre fille, et pourquoi dans les plis de la robe de Marie
il a caché un vautour, en réalité le milan dont il est question dans le souvenir
d’enfance, souvenir écran qu’il relate et qui fait l’objet de l’étude de Freud.
Freud dans ce travail nous donne une analyse aussi approfondie que possible
de Léonard dont nous n’avons que très peu d’éléments biographiques.
S’il exprime toute l’admiration et le respect pour « le grand homme », il
n’hésite pas à nous montrer tous les nombreux aspects immatures et infantiles de
son caractère et la problématique névrotique qui l’empêche de mener à bien ses
travaux tant scientifiques qu’artistiques.
Mais, écrit Freud, « La nature bénévole a accordé à l’artiste d’exprimer les
mouvements les plus secrets de son âme cachés à lui-même par ses créations, et
ses œuvres ont un effet puissant sur les autres, étrangers à l’artiste sans qu’eux-mêmes puissent dire d’où provient leur émoi
[35] ».
Il nous semble que cette phrase montre bien comment la création artistique
peut garder tout son mystère, son refoulé aussi bien pour son auteur que pour
nous.
Lacan aussi, lecteur de Freud, se réfère à deux reprises à la monographie sur
Léonard de Vinci, sans pour autant en faire l’objet de sa théorie de la sublimation. La première fois dans le séminaire : « La relation d’objet » en 1956-1957, et
la deuxième fois en 1964 dans le séminaire : « Les quatre concepts fondamentaux
de la psychanalyse ». Entre les deux se situe le séminaire : « L’éthique de la
psychanalyse » en 1956-1960, où il est spécialement question de sa conception de
la sublimation. Dans le séminaire sur la relation d’objet, Lacan compare le petit
Hans au grand Léonard en faisant remarquer comment pour les deux la question
de cette relation à « l’Autre maternel », « l’Autre absolu », se pose. Le petit Hans
est « non pas fille d’une mère, mais fille de deux mères
[36] », lui aussi, tout comme
Léonard. Lacan fait remarquer que derrière cet « Autre absolu [… ] cette femme
impénétrable », se profile «
la figure de la mort
[37] ».
Voir aussi à ce sujet le rêve freudien des Trois Parques et l’article de Freud :
« Le thème des trois coffrets ». Il nous semble que là déjà se trouvent les premiers
éléments de la théorie lacanienne de la sublimation, reprise dans le séminaire sur
l’Éthique, séminaire où la question de la sublimation est traitée de façon plus
exhaustive.
Là, Lacan se révèle encore une fois un lecteur attentif et critique de Freud.
Nous ne pouvons pas ici rendre compte de façon circonstanciée de son long et
important commentaire de l’Entwurf, ni des modifications qu’il introduit par
rapport au texte freudien, notamment en ce qui concerne sa traduction du terme
freudien « Vorstellungsrepräsentanz ».
Il nous importe de souligner que sa conception de
das Ding plonge ses racines
dans le complexe freudien du
Nebenmensch dont une des deux parties « [… ]
reste ensemble comme chose –
als Ding », ceci étant repris du texte freudien
traduit par Lacan, et Lacan d’ajouter « [… ]
das Ding, en tant qu’Autre absolu du
sujet, qu’il s’agit de retrouver » « [… ] étranger et même hostile [… ]
[38] » bien
qu’au cœur de son moi.
Cet Autre préhistorique, « [… ] inoubliable, qui risque tout d’un coup de nous
surprendre et de nous précipiter du haut de son apparition ». Cet Autre, « Toi !
qui peut nous venir aux lèvres dans tel moment de désarroi, [… ], en présence de
quelque chose que je n’appellerai pas en toute hâte
la mort, mais assurément un
autrui pour nous privilégié [… ]
[39] », dont la dimension incestueuse et mortifère
n’est pas pour nous surprendre.
Il nous semble que ce développement lacanien du complexe du
Nebenmensch, développement dont la beauté stylistique est aussi fascinante que
le contenu de la pensée qui y est exprimée, va tout à fait dans le sens du refoulement de la pulsion de mort.
Ce qui est véritablement refoulé est cette pulsion de mort qui nous habite,
comme la Chose nous habite, présence mortifère et incestueuse, « béance au
centre de notre désir
[40] ».
L’imaginaire du fantasme peuple ce vide de la Chose plus ou moins méconnue
par les artistes qui, tels des démiurges, arrivent avec maestria, avec art, à défier
la mort.
En 1964, la fonction du fantasme originel dans la création du tableau Sainte
Anne est dépassée. Lacan introduit la pulsion scopique et la motion tableau
comme « piège à regard ».
Dans ce séminaire : « Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse »,
il est également question d’un tableau, celui de Hans Holbein Les ambassadeurs.
Le rapport de la création artistique avec la pulsion de mort est tout à fait
manifeste.
Entre les deux personnages, au centre du tableau, on trouve cet objet : l’anamorphose, qui, contemplé sous un certain angle, se transforme en tête de mort.
Ainsi le tableau, « piège à regard », est destiné à cacher ce qu’il ne faut pas voir,
mais qui nous regarde pourtant dans tous les sens du mot. C’est là, nous croyons,
ce qui est véritablement refoulé dans la production artistique au-delà de la
méconnaissance plus ou moins profonde des fantasmes et de l’artiste et du
spectateur qui, lui aussi, se sent étrangement sollicité et pris à partie à travers
l’œuvre.
Dans la lettre à Marie Bonaparte déjà citée, Freud écrit que la partie agressive
de l’instinct sexuel dans la sublimation sera partiellement sublimée, ce qui est
« difficile à comprendre ».
Cette même question au sujet de la déliaison avec refoulement de la pulsion
de destruction avait déjà fait l’objet de la réflexion freudienne dans le « Moi et
le Ça
[41] ». C’est certainement dans ce sens qu’il faut entendre ce que Lacan dira
dans son séminaire sur l’Éthique : « C’est contre les normes régnantes, [… ], c’est
toujours à contre-courant que l’art essaie d’opérer à nouveau son miracle
[42]. »
La Vita Nova est le titre que Dante donne à ce recueil de sonnets, une des
premières œuvres en langue vulgaire qui signe les débuts du dolce stil novo et
représente une nouvelle conception de l’art élevant la langue « vulgaire » par
opposition au latin, lingua aulica, mais désormais langue morte, à la dignité de
nouveau langage littéraire.
Ignacio Gárate-Martínez aussi, dans sa double qualité d’écrivain et de psychanalyste, écrivant sur le
Duende, personnage énigmatique, mais présence bien
réelle dans la grande tradition poétique espagnole, dira que c’est le
Duende qui
« produit cet Art difficile hors technique académique [… ] en rapport étroit avec
les marécages de la mort
[43] ».
Ainsi s’exprime Federico García Lorca également dans
Jeu et théorie du
duende : « [… ] le
duende n’advient pas s’il ne perçoit pas
la possibilité de la
mort
[44] ».
Mais, ajoutons, et nous voudrions l’accentuer, que pour nous la création artistique, désir de confrontation et combat contre la mort, est, de ce fait, un désir de
vie, comme l’a écrit Horace en défiant altièrement la mort : Exegi monumentum
aere perennius. Son nom résonne à travers les siècles, comme celui de Joyce qui,
lui aussi, dira son désir d’immortalité, à savoir que les universitaires s’occupent de
lui « pendant trois cents ans ».
De ce désir, Lacan parlera comme d’une « compensation de la carence paternelle ».
Pour Joyce, Lacan a forgé le terme « sinthome ». En effet, il ne parlera pas, en
ce qui concerne son art, de sublimation.
Ne pourrions-nous pas dire qu’étant psychotique, sa seule possibilité était de
faire du sinthome et non de la sublimation ?
Ignacio Gárate-Martínez suggère cette hypothèse tout à fait convaincante.
Si Joyce « ne savait pas qu’il faisait le sinthome [… ] il en était inconscient[… ]
C’est de ce fait qu’il est un pur artificier », ajoute Lacan, « [… ] c’est-à-dire ce
qu’on appelle aussi bien un artiste
[45] ».
Lacan constate chez Joyce, comme Freud chez Jensen, écrivain certes de moins
grande renommée, ce même mécanisme de méconnaissance-inconscience propre
à la création artistique.
Mais au-delà de la fonction de leurs fantasmes originels qui donne forme à
leur production, quelque chose, selon nous, est puissamment à l’œuvre : le refoulement de la pulsion de mort. La pulsion de mort reste une hypothèse métapsychologique assez embarrassante et très hardie. Nous est-il possible de nous en
passer ? Cela pourrait faire l’objet d’une autre recherche à venir.
Ici nous nous limitons à en constater la présence voilée, cachée, que la sublimation permet d’entrevoir parfois dans l’œuvre d’art.
Paul Mathis, dans un article « Entendre la mort », s’est aussi posé la question :
« Comment la pulsion de mort est-elle à l’œuvre pour faire du travail littéraire
une production essentielle au narcissisme de l’homme [… ] ? Être à la fois consentement à la mort et un désir de la réduire
[46] ?»
Même si nous ne nous posons pas la question exactement dans ces termes,
nous croyons détenir la réponse à cette interrogation qui a été aussi la nôtre :
« Par la sublimation », qui comporte le refoulement de la pulsion de mort.
*
* *
Ce long parcours à travers l’œuvre freudienne et lacanienne pourra peut-être
nous permettre de mieux comprendre ce que la clinique analytique nous laisse
percevoir dans le hic et nunc de la cure concernant le travail de la sublimation.
Des vignettes cliniques peuvent illustrer au mieux ce que la réflexion
théorique nous a permis d’inférer.
Nous avons constaté aussi, comme Lacan, qu’à côté d’un aveu plus ou moins
déguisé d’agressivité pouvait corrélativement surgir une référence subite et tout
à fait inattendue à une œuvre littéraire.
Ainsi, une jeune fille racontait un très pénible souvenir d’enfance où, pendant
un jeu avec son jeune frère, elle avait constaté avec terreur que, par sa faute, il
s’était blessé et saignait du nez et de la bouche, se vidant selon elle de tout son
sang jusqu’à en mourir.
Elle avait précipitamment quitté la pièce commune pour se réfugier dans sa
chambre et s’était jetée sur son lit, avait enfoui sa tête dans l’oreiller en sanglotant, après avoir prié l’adulte qui les gardait d’amener tout de suite à l’hôpital
son petit frère.
Après cette évocation pénible, elle s’était mise à réciter subitement un poème
où il était question d’une matinée de printemps fraîche et ensoleillée et de la vie
de la nature se renouvelant après « les bourrasques hivernales ».
Ainsi Jorge Semprun racontant son expérience tragique des camps de la mort
parle de son besoin de réciter intérieurement des poèmes aux moments les plus
terribles de cette période de sa vie.
Une jeune femme en pleurs parle de son enfance endeuillée par la mort de
trois petits frères, elle-même est la cinquième et dernière des survivants.
Le premier de la fratrie, disparu à l’âge de sept mois, a laissé leur mère dans
un état de tristesse tel qu’encore maintenant elle évoque en pleurant sa mort
survenue il y a presque cinquante ans.
Les deux autres, des jumeaux, sont morts à la naissance. Leur mort a été
passée complètement sous silence. Ils n’ont jamais existé. Elle ne sait même pas
où ils ont été enterrés. L’analysante, alors âgée de deux ans, avait vu sa mère
partir à la clinique pour accoucher et rentrer seule à la maison sans qu’aucune
parole ne soit prononcée à ce sujet.
Que s’était-il passé ? Qu’avait fait la mère de ces petits êtres dont on n’avait
plus aucune trace ? Les aurait-elle tués ? Le père, souvent absent pour des raisons
professionnelles, avait été aussi silencieux que la mère. La petite dernière, dont
la naissance avait été accidentelle, pourrait-elle subir le même sort et être effacée
de la carte comme eux ?
Que de questions sans réponse !
Maintenant elle écrit et parle de son travail d’écriture avec beaucoup de liberté
et de plaisir. Ce sont les seuls moments où la joie gagne sur la tristesse et les larmes.
L’écriture seule échappe au jugement négatif porté sur sa vie et sur elle-même.
Certaines personnes de l’atelier d’écriture qu’elle fréquente semblent faire
cas de son travail et l’encouragent à persévérer.
Pourtant elle se pose beaucoup de questions au sujet de son écriture. Elle
n’écrit que des contes fantastiques très, très brefs, où il n’y a pas de véritable
déroulement d’une histoire, mais plutôt la description d’une situation métaphorique dont le sens lui échappe parfois. Un conte, par exemple, la laisse un peu
rêveuse. Un bûcheron coupe un arbre pour en faire une commode, en réalité elle
devient une boîte qui finit par ressembler étrangement à un cercueil où il veut
enfermer la nuit, ce que la nuit refuse d’accepter. Le bûcheron même est
perplexe car si la nuit restait enfermée, elle ne pourrait jamais plus s’en aller, et
la terre serait toujours submergée par les ténèbres.
Ce bref exemple de sa production littéraire se passe de tout commentaire, et
aucun commentaire ne lui a été adressé.
Mais elle se sait écoutée avec beaucoup de respect et notamment lorsqu’elle
parle de cette passion qui donne un sens à une existence qui, pour le moment,
n’est à ses yeux que ratage.
Sur ce fond de silence maternel, elle veut faire entendre une voix pour le
moment encore timide et peu assurée pour donner peut-être vie à tous ces petits
êtres disparus dont elle porte le deuil comme sa mère, celle-ci silencieuse comme
la mort même.
Nous ne savons pas si ses fantasmes deviendront un jour une œuvre littéraire,
s’inscrivant contre la mort, comme désir de faire entendre une parole, au-delà du
cri étouffé, du cri de l’enfant désespéré, en proie à des questions sans réponses.
L’article déjà cité de P. Mathis est particulièrement intéressant, notamment en
ce qui concerne son commentaire du poème inachevé de Mallarmé : « Le
tombeau d’Anatole », écrit à la mort de son fils Anatole âgé de huit ans.
Telle autre analysante appartenant à une minorité méprisée, dont la
naissance avait coïncidé avec la mort d’une petite sœur dans des conditions
effroyables, avait eu une enfance malheureuse, s’était sentie humiliée, mal
aimée déjà dans sa propre famille. Sa mère, par exemple, avait répondu à sa
question anxieuse : « Est-ce que tu m’aimes ? » en disant : « Si j’avais voulu,
j’aurais pu t’étrangler à la naissance », réponse qui l’avait remplie d’effroi.
Arrivée ici en fuite, sans ressources, à l’âge de dix-huit ans, elle avait essuyé les
mêmes déboires, alors que son rêve aurait été, travaillant dans les médias, de
présenter au monde l’image d’une jeune femme belle, élégante, admirée et
aimée, façade lisse et glacée, destinée à cacher sa honte, son désespoir, ses
humiliations passées.
Sa révolte intérieure prenait la forme d’un désir de vengeance terroriste, sans
passage à l’acte, il est vrai.
L’analyse lui a permis d’accepter un peu mieux ce passé douloureux et de
puiser dans sa sensibilité aiguë à l’injustice et au malheur pour arriver à accepter
de passer de l’autre côté de la caméra et à produire des documentaires destinés
à montrer, malgré la tragique situation de certains pays anciennement colonisés,
la dignité humaine de leurs habitants.
Il reste encore, toutefois, le regret d’avoir à assumer d’appartenir à un peuple
humilié, méprisé, ce qu’elle aurait souhaité cacher, refouler, mais au prix de
renoncer à la vérité de son être.
Tous les analysants ne sont pas, loin de là, désireux d’écrire, écrivains ou
artistes, mais il reste vrai que l’analyse portée à son terme peut produire des
effets thérapeutiques assimilables à la sublimation. C’est ainsi que nous entendons, d’ailleurs, l’affirmation freudienne : « La sublimation engendre d’elle-même de nouveaux buts. »
Ces nouveaux buts ne vont pas nécessairement dans le sens de la création
artistique ou de l’élaboration théorique dans un domaine quel qu’il soit du
savoir.
Il s’agit alors de « nouveaux buts » plus satisfaisants pour l’analysant qui
découlent d’un remaniement de l’économie libidinale que le sujet a été à même
d’opérer par le processus analytique.
L’analyse, en elle-même, pour l’analysant et l’analyste, est, selon nous, un
travail de sublimation puisqu’elle est supposée œuvrer au dépassement de l’énigmatique pulsion de répétition assimilable, in fine, à la pulsion de mort, répétition
qui s’exerçait, en général, dans le sens de la reproduction du ratage, de l’inertie,
de la non-vie, de la plainte agressive.
En laissant entrevoir la sortie de l’impasse symptomatique de la répétition,
l’analyse suggère la possibilité d’emprunter des chemins autres, d’arriver à des
destinations nouvelles et jusque-là insoupçonnées, acceptant le degré d’incertitude, les aléas des rencontres, le bon-heur (ou mal-heur) propre à l’aventure de
la vie, tout comme l’artiste qui, sortant des sentiers battus, des règles académiques figées, accepte le danger de l’échec possible pour faire œuvre d’art et
donc de vie.
[1]
Tous mes remerciements s’adressent également à Gabriele Rein pour son aide
précieuse dans la mise en page et la frappe de ce texte.
[2]
H. Sachs,
Freud mon maître et mon ami, Denoël, 1977, p. 149.
[3]
Dans
S.E., vol. XIV, p. 102.
[4]
Ibid., p. 126.
[5]
S. Freud,
Abrégé de psychanalyse, Paris, PUF, 1978, p. 16.
[6]
S. Freud,
Névrose, psychose et perversion, Paris, PUF, 1992, p. 195.
[7]
S. Freud,
S.E., vol. XI, p. 136.
[8]
Lettre de Freud à James Jackson Putnam en date du 5 décembre 1901 dans
L’introduction de la psychanalyse aux États-Unis, NRF, 1978, p. 116.
[9]
O. Flournoy, « La sublimation »,
Revue française de psychanalyse, 1967, vol. 31, p. 59-93.
[14]
F. Colonomos, «
Octave Mannoni : jeu et liberté », dans
Hommage à Octave
Mannoni, Paris, L’Harmattan, 1999.
[15]
Op. cit., p. 73-74.
[19]
E. Jones,
La vie et l’œuvre de Sigmund Freud, tome II, Paris, PUF, 1961, p. 471.
[22]
J. Lacan,
Le Séminaire, Livre VII, L’éthique de la psychanalyse, Paris, Le Seuil, 1986,
p. 189.
[23]
E. Jones,
La vie et l’œuvre de Sigmund Freud, tome III, Paris, PUF, 1969, p. 521.
[24]
J. Lacan,
Le Séminaire,
Livre VII,
L’éthique de la psychanalyse, Paris, Le Seuil, 1986,
p. 185.
[26]
S. Freud,
S.E., vol. VII, p. 178.
[27]
Les minutes de la Société psychanalytique de Vienne, vol. 3, séance du
8 novembre 1911, Paris, Gallimard, NRF, p. 299.
[28]
S. Freud et S. Zweig,
Correspondance, Rivages, 1991, p. 47, lettre du 4 septembre
1926.
[29]
S. Freud et C. G. Jung,
Correspondance, vol. I ( 1906-1909), Paris, Gallimard, 1975,
p. 102.
[30]
Les premiers psychanalystes, Minutes de la Société psychanalytique de Vienne, vol. I
( 1906-1908), Paris, Gallimard, 1976, p. 282.
[31]
S. Freud
, S.E., vol. IX, p. 148.
[34]
F. Colonomos,
Octave Mannoni : Jeu et liberté,
op. cit.
[35]
S. Freud,
S.E., vol. XI, p. 107.
[36]
J. Lacan,
Le Séminaire, Livre IV, La relation d’objet, Paris, Le Seuil, 1994, p. 417.
[37]
C’est nous qui soulignons,
ibid., p. 431.
[39]
Ibid., p. 69, c’est nous qui soulignons.
[40]
M. Safouan,
Lacaniana, Fayard, 2001, p. 151.
[41]
S. Freud,
S.E., vol. XIX, p. 46 et p. 54.
[43]
I. Gárate-Martínez,
Le Duende, jouer sa vie, Paris, Gemme Éditions, 1996, p. 21.
[44]
Ibid., p. 63, c’est nous qui soulignons.
[45]
J. Lacan,
Séminaire «
Le Sinthome », leçon du 9 mars 1976.
[46]
P. Mathis, « Entendre la mort », dans
Des psychanalystes vous parlent de la mort,
Tchou, 1979, p. 147.