2003
Figures de la Psychanalyse
L’art incarnerait-il l’inconscient ?
Hélène Petitpierre
Je me trouvai en face d’un chemin que mettait en lumière une
phrase de Freud dans Un souvenir d’enfance de
Léonard de Vinci, qui est une réflexion autour des figures
androgynes, mystérieusement, de saint Jean, de Bacchus, et même de
Léda.
« Peut-être Léonard a-t-il désavoué et surmonté par la force
de l’art le malheur de sa vie d’amour, en ces figures qu’il créa, et où une
telle fusion bienheureuse de l’être mâle avec l’être féminin figure la
réalisation des désirs de l’enfant autrefois fasciné par la mère [1]. »
J’appellerai cela l’énigme, l’énigme que contient toute œuvre
d’art, qui d’ailleurs nous capte, nous tourmente, nous apaise dans une sorte de
catharsis. Chaque énigme proposée par toute œuvre d’art touche chacun d’entre
nous, au point que notre vision du monde (consciente ou inconsciente) en est
changée ; et cela même si, de la vie de l’auteur, nous ne savons rien. Ligeti
me saisissait par sa tentative d’immerger l’auditeur dans un désespoir au sein
duquel, par une harmonie parfois presque immobile, il tentait de maintenir la
lumière persistante d’un espoir existentiel, avec en contrepoint des temps
grotesques
[2].
Cette énigme essentielle, et à chaque fois différente, mais en
lien avec la condition humaine en son essence, s’offre à nous dans toute œuvre
d’art qui, quasi obligatoirement, tourne autour de
das Ding : la Chose, le seul, l’unique
bien, le seul désir, l’irrémédiable impossible. Pour l’artiste, cette déchirure
de l’être en proie à l’impossible du réel doit faire trace vive, et à jamais,
l’art en proposant à la fois la présence plénière et la traversée.
Écoutons Amélie Nothomb : « Dans les moments où j’écris,
explique-t-elle, j’essaye de me maintenir à la frontière entre cohérence et
folie pure, entre ce qui a un sens et ce qui n’en a pas, entre quelque chose et
rien du tout
[3]. » Nous
pouvons aussi penser au(x) personnage(s) de Klaus-Luca d’Agota Kristof (dans la
trilogie
Le grand cahier, La preuve, Le troisième
mensonge ). Comme on l’interroge sur ses écrits, il affirme ne pas
raconter sa vie : ce serait impossible à regarder, à supporter d’écrire. «
C’est cela, un livre, si triste soit-il, ne peut être aussi triste qu’une
vie
[4]. »
Mais à peine étais-je sur le chemin de l’énigme, que le mot «
incarnation » venait à me surprendre. Je m’étais contentée d’en retenir le sens
plutôt superficiel, lorsqu’on dit d’un acteur qu’il incarne remarquablement un
personnage, oubliant le sens religieux de l’incarnation qui s’impose en
Occident et a façonné cette civilisation, sens religieux qu’imposent d’ailleurs
les dictionnaires. « Revêtir un être de nature spirituelle d’un corps charnel
». « Donner à la divinité la chair de l’homme
[5] », donc l’incarnation du Christ, sa mort et sa
résurrection, mais qui préside à la résurrection pour tous. Comment alors ne
pas évoquer Signorelli, sa sublime Capella di San Brizio à Orvieto, et tout
particulièrement l’une des fresques justement consacrée à la résurrection de la
chair
(resurrezione della carne),
sidérante par l’éclat d’une volupté intense, où les corps sortent littéralement
de la glaise, manifestant l’exubérance du désir, sous la forme d’une femme vers
qui amoureusement se penche un jeune homme. Mais nous y retrouvons
essentiellement, quoique différente de celle qu’expriment les œuvres de Léonard
de Vinci, une évidente ambiguité sexuelle. Ces corps au balancement si féminin
sont-ils pourtant des hommes ? En eux se mêle avec une extatique volupté la
présence en un seul corps des deux sexes : comme s’il était impossible au
peintre Luca Signorelli de renoncer à cet éclat d’une double sexualité en un
seul être, quel que soit l’idéal religieux, ici bien évidemment défié.
À considérer cet aspect de l’incarnation – « Donner à la
divinité la chair d’un homme » –, on s’approche de la force toute-puissante du
phallus imaginaire du
fascinus, comme
l’écrit Quignard. L’
incarnatus est,
dans la messe en
ut mineur de Mozart,
en donne la mesure, mesure d’adoration qui coupe le souffle. De façon moins
tragique – relativement s’entend –, la mise en place des
Mille et une nuits traite de cette
relation du désir au phallus à travers une subtile fiction. Le très puissant
Charhyar invite en son royaume son frère cadet Chazaman. Or celui-ci, très
grand monarque de Samarkand, a trouvé, alors qu’il revenait de façon inattendue
dans son palais qu’il venait de quitter, sa femme endormie mais enlacée à un
jeune adolescent noir, valet de cuisine de surcroît, et quoiqu’il les ait tous
les deux tués et jetés dans les fossés du palais, son désir de vivre, tout son
désir de vivre est éteint, il est en absolue déperdition du phallus. Mais
qu’est-ce qui réveillera son désir ? Certes, ni les somptueux cadeaux de son
frère, ni l’exquise nourriture, ni les merveilleuses femmes du harem de son
frère. Or, voici ce que nous propose la fiction : Chazaman va inopinément
découvrir qu’en son palais, son frère tout-puissant est tout aussi trompé que
lui-même – peut-être l’est-il plus – et aussitôt, tout son désir de vivre de
lui revenir. Et comme d’une certaine façon cela se joue de frère à frère, de
petit autre à petit autre, faire assister ce frère chéri à la tromperie
elle-même : « Non, jamais un tel malheur n’est advenu à un homme
[6]. » Charhyar, ivre de colère
contre toutes les femmes, propose à son frère la solution suivante : chacun ne
retournera vivre en son royaume respectif qu’après avoir découvert quelqu’un
qui les dépassera en infortune sinon, mieux vaudrait mourir. Ce qui bien sûr
fut fait – ils le trouvèrent, ce tiers –, ce qui ne calmera pas la colère de
Charhyar. Donc ils rencontrèrent un Efrit que la jeune fille qu’il avait
enlevée le jour de ses noces, suivant la coutume, et qu’il tenait enfermée dans
un coffre de verre fermé par quatre cadenas d’acier, trompait effrontément.
L’adolescente exigea des deux frères qu’ils lui rendissent hommage en dépit de
leur terreur de l’Efrit. Elle aura collectionné cent amants, chacun lui
laissant sa bague en gage. Ainsi les deux frères pourront-ils rentrer chacun
dans son royaume : ils ont trouvé plus trompé qu’eux-mêmes. Il n’est pas
d’absolu pouvoir si ce n’est en Dieu. Dont voici l’excellente définition,
définition de tout ce qui manque aux deux frères : « Loué soit celui que le
déroulement du temps ne peut arrêter. Qu’un état déterminé ne prive d’aucune
qualité, qu’un état déterminé ne distrait d’aucun autre. Celui qui seul possède
la perfection totale
[7].
»
L’art serait une incarnation. Incarnation de cette tentative de
s’approcher au plus près de la Chose,
das
Ding, en tant, comme nous le dit Lacan, « qu’au niveau des
Vorstellung, la Chose non pas n’est
rien, mais littéralement elle n’est pas, elle se distingue comme absente
étrangère
[8] ».
S’approcher au plus près de cet étran-ger-là, de cette absence-là, sans que
jamais ne s’arrête le désir de l’atteindre, s’approcher au plus près de la
jouissance et de la mort.
Mais ce que vise toute œuvre d’art à travers cette charnalité
que pourraient être les mots, les notes, les formes ou les couleurs, c’est
toujours la beauté. La beauté pourrait-elle être une incarnation particulière ?
Beauté dont on peut dire que la forme en est à jamais fixe. On ne peut changer
un seul mot d’un poème, une seule courbe des ressuscités de Signorelli, une
seule couleur de Renoir, sans détruire l’œuvre, comme une sorte de langue
éternelle, quelque chose d’à jamais inaltérable.
À l’intérieur de cette forme même se trouve une mobilité
infinie des sensations, des sentiments, des réflexions; y compris, et surtout,
la mobilité même de l’auteur. Ainsi Jean Genet pourra-t-il dire que ses héros,
ses amours à jamais disparus, son œuvre éternellement leur donnera un nom
ineffaçable, ineffaçable la jouissance qui s’y lia et dont il nous trouble
encore ; mais après tout ce n’étaient, ces héros, ces amours, que des êtres de
médiocrité.
Pour vous faire mieux saisir cette mobilité dans l’inaltérable,
voici ce qu’écrit Pierre Michon
[9]. À l’hôpital, sa mère, que tous les jours il allait
voir, se mourait. Or, il partit justement pour ne revenir que peu de secondes
après sa mort. Il voulut dire une prière pour elle, tout alors lui parut faux.
Et se levant, il récita toute la
Ballade des
pendus de François Villon, qui, en cet instant, lui parut la seule
vraie prière.
« Frères humains qui après nous vivez,
n’ayez les cuers contre nous endurcis,
car, se pitié de nous povres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merci. »
Je vais donc essayer d’aborder, en lien avec ce thème de
l’incarnation possible de l’inconscient et de l’énigme, une pièce de Paul
Claudel, Partage de midi, pour sa
splendeur, comme toute l’œuvre théâtrale de Paul Claudel, mais surtout en
raison des circonstances très particulières qui présidèrent à sa création.
Donc, dans la vie de Paul Claudel, et juste au moment où sa sœur Camille entre
dans la folie (ce qui n’est pas sans lien avec sa passion pour Rodin, et
Claudel le sait bien), il connaît lui aussi une passion dont je vous résume
l’histoire : en 1900, sur un bateau qui le conduit en Chine, il rencontre une
femme mariée, Rosalie Vetch, qu’il aime passionnément. Elle le quittera portant
un enfant de lui, Paul Claudel, pour regagner l’Europe. Sur le bateau, elle
rencontre un autre homme qu’elle va épouser en secondes noces. Horrible
trahison, dira Claudel, que tente le suicide et qui risque la folie (il dira
que seul Dieu l’en a protégé). Son mari Vetch et son amant Claudel partiront
ensemble à sa recherche. C’est pratiquement cette histoire qui est mise en
scène dans le Partage de midi. Claudel
a beaucoup réfléchi, beaucoup écrit, et surtout à Jean-Louis Barrault qui porta
cette œuvre à la scène, œuvre qui devenait alors vraiment publique (elle
n’avait été jouée que pour quelques intimes).
Nous allons suivre pas à pas les réflexions de l’auteur, qui
nous entraîne sur trois ou quatre voies qu’on pourrait dire de
l’inconscient.
I. Le sujet de cette œuvre, écrit-il, c’est le péché
[10].
II. « Un drame
[il considère sa
pièce comme un drame] touche à la partie la plus obscure du cerveau,
le rêve, mais c’est un rêve dirigé
[11]. »
III. « Le moment était venu de savoir si l’anecdote pouvait
prétendre à la dignité d’une parabole
[12]. »
IV. « L’auteur, lui en l’occurrence, est toujours stupéfait de
son œuvre qui le dépasse, il n’en est pas le maître
[13]. »
Revenons donc au péché, qui serait le thème de l’œuvre. Bien
sûr, Claudel est chrétien, mais essayons de voir les choses un peu autrement,
d’un autre point de vue. Dans
L’éthique de la
psychanalyse, Lacan reprend un texte de saint Paul (
Épître aux Romains, ch. 7, p. 7) et il
y remplace le mot « péché » par la Chose (nous avons dit que toute œuvre d’art
tournait autour de la Chose), pour conclure de la façon suivante : « Le rapport
dialectique du désir et de la loi fait notre désir ne flamber que dans un
rapport à la loi où il devient désir de mort. C’est seulement du fait de la loi
que le péché, qui veut dire en grec manque, non-participation à la Chose, prend
un caractère démesuré, hyperbolique
[14]. » Cette phrase de Lacan semble parfaitement
exprimer l’essentiel du
Partage de
midi. Et, justement, si la passion dans ce texte flambe de façon si
bouleversante, si éclatante, c’est en lien avec la Chose et la loi. Ce que le
héros Mesa (représentant, entre autres, de Paul Claudel) dit clairement en
parlant d’Ysé, la femme aimée.
« Je sens le poids qui cède à l’aile et j’emporte donc avec moi
ce corps lourd qui est ma mère et ma sœur et ma femme et mon origine
[15]. »
La Chose est le bien suprême, suprêmement interdit, mais
organisateur de toute transgression et de toute érotique. Écoutons Mesa le dire
à Ysé dans une exaltation sans pareille :
« Je t’aime, et je dis que je t’aime et je n’en puis plus. Et
je t’épouse avec un amour impie et une parole condamnée, Ô chère chose qui
n’est pas le bonheur
[16] ! » Ysé la maligne, l’indomptée, en joue : « Que
craignez-vous de moi puisque je suis l’impossible
[17] ? »
Et plus tard : Ysé – « Je suis celle qui est interdite,
regarde-moi Mesa, car je suis celle qui est interdite. »
Mesa – « Je le sais. »
Ysé – « Est-ce que je suis pour cela moins belle et
désirable
[18] ?
»
Et je crois que c’est ce désir féroce et irrépressible de
l’interdit ou de l’interdite qui fonde l’étincelante érotique de ce texte de
Paul Claudel. L’amour, qui est essentiellement passion, est toujours formulé
par lui de cette façon : les deux amants sont condamnés l’un à l’autre, damnés.
Mais condamnés à quoi ? À une destruction immense, absolue, radicale : plutôt
tout détruire que de n’être pas un seul être, mais deux.
Ysé – « Et je suis un homme en toi, et tu es une femme avec
moi, et je cueille ton cœur sans que tu saches comment
[19]. » Paroles qui mettent bien en lumière
ce refus du manque de ce point de non-participation à la Chose. Cette
destruction qu’Ysé clame : « Et voilà le passé et l’avenir en un même temps
renoncés, et il n’y a plus de famille et d’enfant et de nom et d’amis, pas,
pas, pas ! rien, nada
[20] », et qui sera très exactement mise en acte dans la
pièce de Claudel. Le mari d’Ysé, de Ciz, mourra, les enfants seront abandonnés…
Et, bien sûr, cette destruction n’épargne pas les héros (Ysé part avec l’enfant
de Mesa, épouse un troisième personnage, Almaric, et un temps abandonne Mesa
dans la maison sur le point d’exploser).
Mais comment Paul Claudel va-t-il tenter de sortir de cette
damnation pour aboutir au dernier vers de cette pièce (du moins dans les
versions pour la scène), « L’esprit vainqueur dans la transfiguration de
midi
[21] » ? Qu’est-ce
qui va présider à cette transfiguration de la passion, en quelle autre figure
va-t-elle se transmuer ? C’est ici que nous pouvons retrouver ce que Claudel
écrivait : un drame touche au rêve, mais un « rêve dirigé ». Le rêve, le désir
du rêve de Claudel serait que le dénouement qui participe de la transfiguration
apportât « logique, simplicité, suavité, mystère
[22] ». C’est d’abord par la fiction qu’il
tente d’y accéder (fiction qui transforme la réalité de ce que Claudel a vécu),
et par le style le moins lyrique possible.
Donc, Ysé est partie avec Almaric, son deuxième mari, laissant
Mesa vaincu. Ils sont en Chine, il y a une révolution, et plutôt que d’être
livrés aux mains des Chinois, Almaric a piégé la maison où ils se trouvent, et
qui explosera avec eux d’ici peu. Survient Mesa, porteur d’un signe respecté
des Chinois, il se propose de partir emmenant Ysé et l’enfant avec lui,
laissant Almaric dans la maison piégée. Ysé ne répond pas. Almaric se bat avec
Mesa, est vainqueur, lui arrache le signe salvateur, part avec Ysé (l’enfant
est mort), laissant Mesa seul dans la maison prête à exploser. Mais Ysé revient
volontairement mourir avec Mesa. Leur enfant est mort et ne sera donc pas
partie prenante de ce « drame » corps à corps, cœur à cœur, âme à âme (la fille
de Claudel, elle, était bien vivante). En raison de la proximité de la mort à
laquelle ni Mesa, ni Ysé, ne peuvent plus échapper, ils vont pouvoir tous deux
regarder en face leur folie de destruction, et faire face à leur haine
réciproque à la mesure de leur insatiable désir, souvent exprimé dans une
splendide oralité. La haine, la rage, le désir seront alors dits et non vécus
dans le présent (« rêve dirigé »). Haine de cet étranger qui en chacun résiste
à l’autre : lui voulait la fuir parce qu’elle lui demandait son âme, elle
voulait le détruire parce qu’il ne la lui donnait pas. Et, en échange de cette
vie, qu’elle donne en venant mourir avec lui, il consent au don de son âme à
Ysé. Serait-ce là cette suavité rêvée (« logique, simplicité, suavité,
intensité, mystère ») ?
Mais en quoi cette anecdote de la vie de Claudel, totalement
transformée par le sacrifice d’Ysé, est-elle devenue parabole ? Et d’abord,
qu’est-ce qu’une parabole ? C’est un récit allégorique dans lequel se cache un
enseignement le plus souvent religieux. Quel serait donc l’enseignement que
voudrait nous donner, se donner Claudel ? Difficile à dire, si ce n’est une
vision éclairante de la passion en son éclat et sa force radicalement
destructrice. En ce courage qui consiste à la considérer en face, et qu’Ysé
s’adressant à Mesa semble exprimer : « Et regardez-moi qui vous regarde avec
mon visage d’impossible. »
L’impossible définition de l’amour : « Donne-moi ton âme », don
qui sans doute définissait pour Claudel le mariage. Mariage mystique ? Je ne
sais, mais qui ne peut s’accomplir que dans la mort consentie ou, plus
exactement, dans le sacrifice d’Ysé, et où en cet instant même surgit une sorte
de toute-puissance : Ysé se considérant comme la seule qui pouvait à Mesa
donner la mort. Et derrière la splendeur des mots et des accordailles rêvées,
derrière la beauté, une indicible horreur.
Puisque son œuvre échappe à Paul Claudel et qu’il le dit, pour
nous lecteurs, spectateurs, quelle parabole ? Nulle issue à la passion si ce
n’est la mort, choisie par Ysé, obligée pour Mesa. Et qui sait, un désir
d’atteindre malgré tout à une certaine toute-puissance, une réponse à ce que
Claudel disait du désir sexuel qu’il n’a jamais vraiment accepté, même s’il l’a
exalté. Dans son opposition entre la chair et l’esprit, il écrivait : « Le
désir subsiste avec la constatation de l’impuissance, l’accouplement n’est que
la constatation renouvelée de cette impuissance
[23]. » Impuissance que refusent finalement
Mesa et Ysé, qui ne se retrouvent que dans la mort. Mais, à lire la dernière
version du
Partage de midi (version
qui n’est pas pour la scène), demeure en eux la nostalgie de la vie et de leur
passion vécue : Ysé – « Souvienstoi de moi dans les ténèbres un moment qui fus
ta vigne
[24].
»
[1]
S. Freud,
Souvenir d’enfance de
Léonard de Vinci, p. 111.
[2]
Les troubadours et l’amour
courtois.
[3]
Entretiens avec Amélie Nothomb,
Le Monde, septembre 2002.
[4]
Agota Kristof,
Le troisième
mensonge, Point, p. 14.
[5]
Dictionnaire Littré.
[6]
Les mille et une
nuits.
[8]
J. Lacan, « Das Ding II »,
L’éthique de la psychanalyse, p. 78
.
[9]
P. Michon,
Rois et
abbés.
[10]
P. Claudel, 4 novembre 1916,
Œuvres complètes, « La Pléiade », p.
1337.
[11]
P. Claudel,
ibid.
[12]
P. Claudel, Lettre à Jean-Louis Barrault,
ibid., p. 1348.
[13]
Ibid., p.
1334.
[14]
J. Lacan, « De la loi morale »,
L’éthique de la psychanalyse, p. 101.
[15]
P. Claudel,
Partage de
midi, 1
re version, « La
Pléiade », Acte III, p. 1054.
[16]
Ibid.,
1
re version pour la scène, Acte II,
p. 1110.
[17]
Ibid., nouvelle
version, Acte I, p. 1164.
[18]
Ibid., version pour la
scène, Acte II, p. 1114.
[19]
Ibid.,
1
re version, Acte II, p.
1023.
[20]
Ibid., version pour la
scène, Acte II, p. 1112.
[21]
Ibid., version pour la
scène, Acte III, p. 1139,1
re version,
p. 1062.
[22]
Ibid., Lettre du 8
octobre 1948 à Jean-Louis Barrault, p. 1334.
[23]
P. Claudel,
Œuvres
complètes, « La Pléiade », p. 1345.
[24]
P. Claudel,
Le partage de
Midi, nouvelle version, Acte III,
Œuvres complètes, « La Pléiade », p.
1228.