Figures de la psychanalyse
érès

I.S.B.N.2-7492-0152-7
152 pages

p. 142 à 143
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

no8 2003/1

2003 Figures de la Psychanalyse

Maya Malet : Monothéisme et psychanalyse  [*]

Marielle David
L’originalité du livre de Maya Malet est de croiser, de rapprocher deux champs jusqu’à son livre absolument distincts : le monothéisme, et donc le Père tel que le judaïsme l’a institué pour nous, et la peau, notre quotidienne enveloppe à laquelle nous ne pensons guère si elle ne souffre pas, si la sauver n’est pas une nécessité urgente. Rapprochement lié à son expérience et dont la pertinence est réelle, comme nous allons le lire non sans étonnement, et ce d’autant plus que la peau y fait la jointure entre le monothéisme et l’inconscient qu’on croyait plus mystérieusement logé.
À tout seigneur tout honneur, le monothéisme d’abord : « Avènement du Un » qui fonde « l’institution monothéiste ». Moïse est le personnage qui ôte définitivement à la religion juive sa pente naturelle pour l’ancrer dans la Loi. Très habilement, Maya Malet amène par un « clin d’œil » la notion lacanienne d’aumoinsun faisant homophonie avec la position féminine hommoinzin et qui nous mène au tiers terme du Phallus auquel est couplé l’« un en peluce », « élément tiers, celui qui enveloppe », écrit Maya Malet.
L’enveloppe est l’élément qui permet à l’auteur de passer du monothéisme à la peau, à laquelle elle s’intéresse particulièrement en raison de son expérience clinique en service de dermatologie. La référence théorique incontournable est le concept fort intéressant de « Moi-peau » de Didier Anzieu, que Maya Malet fait croiser avec la théorie lacanienne. « Didier Anzieu, écrit-elle, approche cette zone sensible d’inter-face comme interdit, ce fil tendu du funambule qu’on rangerait du côté de ce que Lacan écrit comme “inter-dit” : tout interdit est une interface qui sépare deux régions de l’espace psychique dotées de qualités différentes. L’interdit du toucher sépare la région du familier, région protégée et protectrice, et la région de l’étranger, inquiétante, dangereuse [1]. »
La nécessité de l’interdit traverse aussi le dernier chapitre de cet ouvrage qui repose sur un hommage à Maud Mannoni, avec qui Maya Malet a travaillé à Bonneuil. « On peut dire que Maud Mannoni ne s’est pas détournée des impossibles repérés par Freud : éduquer, soigner, gouverner. À la fois dupe et non dupe de l’impossible, elle se frotte à ce réel qui “revient toujours à la même place”, situant clairement les trois terrains mis à l’index dans son combat : l’école comme prolongement de la famille, l’hôpital et la société dans son organisation politique [2]. »
 
NOTES
 
[*] Maya Malet, Monothéisme et psychanalyse, Paris, PUF, 2001.
[1] Didier Anzieu, Le Moi-peau, Dunod, p. 171.
[2] Maya Malet, op. cit., p. 273.
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[*]
Maya Malet, Monothéisme et psychanalyse, Paris, PUF, 20...
[suite] Suite de la note...
[1]
Didier Anzieu, Le Moi-peau, Dunod, p. 171. Suite de la note...
[2]
Maya Malet, op. cit., p. 273. Suite de la note...