2005
Figures de la Psychanalyse
Lectures
Gisèle Chaboudez : Rapport sexuel et rapport des sexes
[*]
Olivier Douville
Exposé des questions traitées
Gisèle Chaboudez s’empare d’une
question qui ne devrait pas laisser les
psychanalystes en paix :« Est-il possible
qu’un discours articule un rapport des
jouissances de l’homme et de la
femme, et non pas seulement une
jouissance masculine à son objet, ou
bien est-ce l’impossible qui se révèle de
nos jours ? »
Les perspectives tracées dans ce
livre furent en partie déjà abordées par
l’auteur dans un ouvrage précédent, Le
concept de phallus, paru en 1994. Une
décennie s’est depuis écoulée, marquée par l’évolution de la société occidentale qui dénude des positions sub-jectives nouvellement singularisées
selon une double causalité du sexe et
du langage. L’essai que propose l’auteur est aussi la conséquence de son
étonnement devant ce qui lui semble
être une frilosité du monde analytique
à la réception d’une partie de l’œuvre
de Lacan portant sur le rapport des
sexes.
Un des mérites de ce beau livre est
qu’il parle de façon nouvelle et précise
de l’amour, des « affaires d’amour »
entre un homme et une femme. Soit
de ce moment privilégié où l’amour
ne fabrique pas du même narcissique,
mais du lien, dans un discours qui n’est
pas strictement établi par la loi
sexuelle. Commentant tout ce qu’a de
contingent et de singularisant
cette « scène du deux » (l’expression
est d’A. Badiou) qu’est l’affaire
d’amour, G. Chaboudez nous offre un
livre audacieux autant que rigoureux
qui prend acte de l’inconsistance des
grands paradigmes qui font tenir les
discours sur l’amour et la loi sexuelle.
De plus, ce livre propose de considérer
que la dissémination des pôles de l’interdit, parce qu’elle n’occasionne pas
inéluctablement une déchéance de la
signification du phallus, puisse, en
revanche, mettre plus à vif le registre
de l’impossible d’une union des deux
sexes. Un discours neuf est-il possible,
qui permettrait de conjoindre jouissance et amour au-delà du point où se
conjoignent les captures de l’amour,
du désir et de la jouissance si la femme
n’est qu’objet pour le désir ? Fidèle à
une métaphysique laïque psychanalytique de la vérité et du féminin, l’auteur va tendre à dégager quelle est la
cause sexuelle de l’ordre symbolique.
Cette perspective de lecture fondamentale, nécessaire pour pouvoir
mieux accueillir ceux que, par habitude, l’on nomme les « nouveaux »
patients ou « patients-limites »
(comme si chaque patient n’était pas
du nouveau qui nous porte aux limites
de notre présence, de notre écoute et
de notre acte psychanalytique) recoupera, comme de juste, des réflexions
sur la place de l’éros et du conjugo
dans nos mondes contemporains. Ces
places sont situées en fonction des
nouvelles logiques dont fait montre
notre civilisation pour penser le rapport de l’homme et de la femme. Il
sera fait allusion à l’anthropologie et
à l’histoire des sacralisations du
sexuel. Notre discussion critique de ce
livre portera donc sur la pertinence
des thèses qui y sont soutenues et
démontrées par rapport aux recherches d’anthropologie et par rapport à
la clinique et à la théorie psychanalytique.
Pertinence anthropologique
du paradigme
« rapport sexuel versus
rapport des sexes »
Dans une rationalité dite traditionnelle, l’union conjugale est l’opérateur qui permet au lien social de se
perpétuer ; l’idéologie vise l’universel
où les rôles sont enchâssés dans des
prescriptions, des interdits, car elles
organisent ce qu’a de sacré le rapport
au licite. Elles donnent ainsi des
arcanes pour situer la légitimité du
désirable et du désirant. Le discours
social sur l’union et l’échange des
lignées passe par un lien plus ou moins
durable, plus ou moins tenu comme
un bien nécessaire, entre un homme
et une femme, entre une femme et
une lignée, entre une femme et un
référent d’ancestralité. Une parenthèse anthropologique pourrait ici
nous éclairer, dès que se pose la question de savoir si notre compréhension
du rapport des sexes serait toute
entière marquée par des organisations
sociales fondées sur le mariage et
l’exogamie.
Il est à souligner qu’en insistant sur
l’importance du contexte symbolique
qui accompagne la connaissance de la
réalité psychique, la psychanalyse lacanienne dégage la fonction « Père »
suivant les instances réelle, imaginaire
et symbolique. Que devient alors cette
tri-partition au sein des sociétés qui
fonctionnent en réduisant à presque
rien le conjugo et en tenant pour suspect et incongru tout ce qui peut faire
durabilité de couple ?
Prenons un exemple qui est donné
comme celui qui disjoint le plus le rapport sexuel du rapport des sexes : celui
des Na. J’exposerai ce que dit de cette
société l’anthropologue qui l’a étudiée (Ca Hua, le dernier thésard de
Lévi-Strauss) et j’indiquerai en quoi un
travail comme celui de G. Chaboudez
permet de dépasser certaines apories
conclusives où s’enferme une stricte
perspective anthropologique. Les Na
sont un peuple de la Chine centrale
(cuvette du Yonging) – environ 30 000
– qui vivent en plusieurs villages. Dans
chacun de ces villages, sont regroupés
dans la même maisonnée tous les
enfants des femmes. Au sein d’une
génération donnée, ils sont tous
nommés fils ou filles des femmes de la
génération antérieure et, en conséquence, ils sont entre eux nommés
frères et sœurs. Pour évoquer pleinement l’originalité de cette généalogie,
sans doute faut-il dégager ce fait : Le
père géniteur ne figure pas dans le
décompte des générations. Qu’il ne
vive pas sous le même toit semble une
péripétie à côté, quand bien même ces
deux traits privatifs le définissent
assez nettement – en négatif. Les
hommes adultes de la maison sont les
oncles « maternels » des enfants. La
mère est aussi l’agent de transmission
de la référence. En effet, il lui revient
de faire passer le ong (notion qui peut
être traduite par « os de l’ancêtre ») qui
fait que ses enfants deviennent
membres de la lignée. Le ong unifie et
identifie ceux qui ont le même aïeul,
soit les consanguins d’une même
maison. Le père n’est donc pas possesseur du ong de sa partenaire et ne
saurait transmettre ce ong qui lui provient de sa mère. Le ong, enfin, est le
nom régulateur de l’inceste et de son
interdit : Tout commerce sexuel est
prohibé entre gens du même ong.
Une telle axiomatisation de la maison
exclut donc le sexe de l’intérieur du
ong et lui assigne le dehors. Plus
encore, le sexuel est-il entendu
comme « furtif ». Qu’est-ce à dire ? La
vie sexuelle chez les Na se passe du
mariage. Celui-ci existe mais, peu
usité, il ne correspond qu’à des situations particulières. La relation sexuelle
la plus fréquente est celle de la « visite
furtive ». L’initiative peut venir du
garçon comme de la fille. Ainsi le
demandeur peut ostensiblement
dérober une pièce du vêtement de la
femme qu’il désire et, si celle-ci n’en
exige pas l’immédiate restitution, c’est
signe irrécusable qu’elle est d’accord
pour la rencontre sexuelle qui a lieu
d’ordinaire entre minuit et l’aube.
Une telle modalité sexuelle, qui ne
peut engager que des hommes et des
femmes d’ong différents, n’est pas
prévue pour donner naissance à de la
conjugalité et elle peut se rompre
aussi aisément qu’elle s’est nouée. Les
épris ou les amoureuses qui refuseraient la dissolution d’un tel lien sont
fort mal perçus par la conscience
publique Na qui les réprimande ou se
moque d’eux ! Au creux de l’univers
endogame du ong, la proscription
touchant le sexe va jusqu’à une forme
rigide de pudeur qui va bannir toute
évocation gestuelle ou toute parole
aux connotations sexuelles ou tenues
pour telles. Les contacts physiques jusqu’aux franges de leur empan sont
extrêmement codifiés et limités, eux
aussi.
Le lecteur un peu familiarisé avec
la littérature ethnographique ne sera
pas surpris de constater que la rigidité
et l’étendue des codifications des
licites et des illicites du rapproché
sexuel et sexué au sein du même
ensemble-unité de vie aille de pair
avec un culte des ancêtres des plus
contraignants pour tous.
Mais tout n’est pas cernable par
cette loi qui distribue l’idéal sexué et
le rôle sexuel. La psychanalyse dépasse
ici l’anthropologie. Ce réel qu’est la
jouissance sexuelle troue le symbolique. Et l’amour qui ici contrevient au
lien social (ce qui n’est pas dire qu’il
est hors de tout discours) est aussi un
réel de la singularité qu’il faut réduire.
En d’autres termes, cette société, telle
que je me permets de relire l’analyse
qu’en fit déjà Ca Hua, dispose de
façon drastique le lien et la place de
chacun par rapport au phallus et au
Nom et tente de réduire au plus possible le réel de l’amour, sous forme
d’une transgression de la coutume.
Cette régulation de la coutume n’est
pas à confondre avec le tout de l’ordre
symbolique, dans la mesure où la
transgression, parce qu’elle fait exception reçue comme telle, est aussi le
soutien de cet ordre, et elle n’est pas
hors-limite.
Qu’en est-il, en revanche, d’un
monde marqué par la chute des interdits, puisque telle est une des définitions, non catastrophique, que l’auteur donne de nos modernités ?
La loi sexuelle,
la cause sexuelle
L’auteur nous propose une archéologie de la loi sexuelle que je ne retracerai qu’à grands traits, renvoyant
bien évidemment le lecteur de notre
brève recension au livre considéré.
Le Tao des Chinois anciens recommandait que l’acte de chair vise à
obtenir la jouissance de la femme,
annoncée comme un gain spirituel
pour l’homme, le suspend de l’éjaculation donnait au phallus le statut de
symbole de la « puissance à infléchir
l’acte sexuel. »
Dans la Grèce antique des mystères
d’Eleusis, si instruite de sources orientales, le symbole phallique est voilé.
Cette opération disjoint sa puissance
de ce qui la fonde. L’auteur propose
qu’ainsi érigé, le phallus « deviendrait
ainsi un signifiant, soit ce qui efface la
trace de ce sur quoi il a été construit,
celle d’un défaut qui appelait en retour
une puissance. Il devient signifiant du
manque, mais d’un manque annulé. »
Le phallus ne s’obtient plus par la
jouissance de la femme, il se détient a
priori.
Hippocrate, quant à lui, considérait la jouissance féminine comme
nécessaire à la fécondation, ce qui
rendait au phallus son rôle de symbole
de la puissance.
Pensant ce qu’il en est du monothéisme chrétien, G. Chaboudez souligne qu’avec la Genèse, Dieu prélève
un organe : La côte d’Adam formera
Eve.
Le phallus est lié au corps, et non à
la jouissance : organe du narcissisme. Analyse classique à quoi nous
rajouterons qu’Adam fait d’Eve « l’os
de ses os et la chair de sa chair »
(Gn-2-23) ce qui ouvre à une sensualité
qu’exacerbera en fulgurance le Cantique des Cantiques, mais qui devint
graduellement une notation marginale dans la doctrine ecclésiastique de
la chair et du péché avec le triomphe
d’Augustin sur Pélage. Dieu prend sur
lui la « faute » d’une béance dans
l’acte sexuel. Le christianisme aurait
accompli ici un tour de plus par l’extrême défiance en lequel il tenait (à
l’exception de quelques sectes des
débuts du christianisme) la jouissance
féminine, la puissance y est seulement
celle du Père à féconder. Le phallus
disparaît dans le signifiant du Père,
celui-ci faisant exception à la castration qui perd sa composante réelle
pour se condenser sur son versant
symbolique. La question même de la
béance entre les jouissances est interdite : la jouissance (autre que phallique) est exclue du rapport sexuel. Il
me semble que cette jouissance sera,
depuis le Concile de Latran, tenue
pour l’apanage des hérétiques et des
femmes, car on sait qu’à partir de
cette date funeste (1215) commença
la « chasse aux sorcières » que ni les
protestations de Molitoir, ni les colères
d’Érasme et pas davantage les éblouissantes et généreuses descriptions cliniques de Jean Wier ne purent freiner.
Il est vrai que cette longue période
d’obscurantisme vit aussi se développer une tradition plus élégiaque tout
de même qui fut celle de l’amour
courtois, artifice qui feignait d’organiser, par un code d’honneur et par la
ritualisation de « passages », l’impossible inhérent au rapport sexuel. Si certains esprits survoltés ont cru juste de
définir l’amour courtois comme un dispositif pervers, G.Chaboudez remet la
discussion dans son droit fil, en dégageant, dans le sillage du Lacan du
Séminaire l’Ethique, la parfaite machinerie rhétorique de cette civilisation
de l’impossible et de l’amour. Au reste
– et je me permettrai d’apporter illustration à la minutieuse analyse de l’auteur –, lorsque se délite la subtilité de
l’amour courtois, que la Dame se fait
trop inaccessible, trop méprisante du
possible rapport qui donnerait à cet
amour sa promesse et son horizon,
alors se dérobe toute la consolation
qui promettrait, enfin, qu’un complément de jouissance puisse unir des
opposables de sexe et de situation.
Aussi n’est-il pas étonnant qu’Alain
Chartier, secrétaire du Dauphin puis de
Charles VII, que nous connaissons pour
l’auteur de La belle Dame sans mercy,
texte qui introduit une mort réelle
dans le jeu logique de l’amour courtois, soit aussi l’auteur d’une des premières disputatio, Le Quadrilogue
invectif, qui remet en cause, non sans
pessimisme et ardeur mélancolique, les
idéaux de la chevalerie.
G. Chaboudez sait user de l’histoire
afin de donner aussi une consistance
rétrospective à un axe central de l’ordonnance de sa démonstration. Le
neuf qu’engage la modernité sur ce
plan rapport sexuel/rapport des sexes
serait que la déconstruction actuelle
du Père, de ce père établi selon les
canons de la chrétienté, grosso modo
depuis le concile de Nicée (lors que,
pour les autres monothéismes, le lien
entre Père et Dieu est loin d’être aussi
substantiel), laisserait apparaître la
béance que, d’une façon efficace, il
masquait, tant qu’on l’en tenait pour
responsable. Ce qui pourrait, mais
c’est une incidente de plus, engager
vers une anthropologie clinique des
formations surmoïques en leurs rapports et leurs rapprochements avec les
formations de l’idéal et les fictions
portant sur ce qu’est un Père.
La psychanalyse aurait alors possibilité de se prononcer sur les effets de
ce dévoilement de l’impossible et de la
béance, consécutif à la dissémination
des rapports d’idéologie d’avec la
figure d’un Père prenant sur lui le
défaut de ses créations et des formes
d’engendrement et de transformations de ses créatures. Ce Père a en
commun avec celui de l’œdipe freudien de ne pas « jouir avec » une
femme, mais de « jouir de » celle-ci.
Que la psychanalyse propose une
autre intelligence de ces jouissances
qui se déplient dans la « scène du
deux », qu’elle ait la possibilité de
s’avancer en ce point, n’implique en
rien, on le constate à peu près chaque
jour, que tous s’avancent. Car grande
est encore la confusion entre l’examen
de la dissémination des fonctions du
père et les usuelles déplorations à
propos d’un déclin du père. L’os du raisonnement est bien de supposer, dans
ce livre, qui tourne le dos à bien des
conservatismes éplorés et suffisants,
que la psychanalyse peut avoir son mot
à dire sur les incidences subjectives de
ce dévoilement de la béance par
déconstruction des interdits de la loi
sexuelle. Cheminons un peu encore à
explorer les effets de ce dévoilement.
Citons alors G. Chaboudez : « Une fois
que l’inscription de la loi sexuelle s’efface en partie, qu’apparaît plus nettement que le rapport complémentaire
qu’elle promeut est une fiction et ne
fonde pas un rapport sexuel comme
tel, se dévoilent peu à peu des difficultés d’un autre ordre que celles qu’engendraient l’interdit » (p. 241). La
venue au discours du désir et de la
jouissance des femmes, la contraception, étant aussi au nombre des facteurs que répertorie l’auteur, en
démarquant clairement la psychanalyse de toute sexologie ou de tout
hygiénisme « révolutionnaire » reichien ou marcusien.
Où l’on voit qu’il s’agit d’un dépassement d’une logique distributive
toute phallique qui est mobilisée dès
que la logique de la castration se
révèle comme défaut de rapport entre
l’homme et la femme. À ce défaut
suppléeraient, pour une femme,
l’amour et la jouissance supplémentaire. Ce fonctionnement de la jouissance féminine réinterroge aussi tout
le montage de la sublimation. Non
seulement comme un destin pulsionnel visant une autre satisfaction, mais
comme un effet de nouage – le Réel
de la jouissance sexuelle que cause la
jouissance phallique influant sur la loi
du discours, le symbolique surmontant
l’imaginaire par l’existence du désir,
l’imaginaire surmontant le Réel au
point de la jouissance autre, soutenue
par un objet imaginaire.
Ce nouage d’orientation dans la
structure reste une modélisation
idéale. Mais certainement d’une très
grande importance, en ce qu’elle
permet de mieux situer les aléas des
jouissances et des malentendus et des
façons mélancoliques et décidées d’aimer parfois contre le désir de l’autre.
Façon d’aimer désespérée parfois,
décidée souvent, non sans goût pour
ce lieu de l’amour qu’est le malentendu et qui n’est pas sans logique ni
sans devenir. On sait cette quête
amoureuse fréquente à l’adolescence
et souvent exprimée comme plainte
ou défi dans nos cabinets de psychanalyste.
Un mot encore sur notre modernité. La globalisation (phénomène
d’abord étudié par les anthropologues
Althabe, Sélim et Hours, avant qu’il ne
soit mentionné par les psychanalystes)
a pour effet de tendre à offrir une globalisation de la formule du fantasme.
Les objets, désublimés au plus, font
fonction de « plus de jouir » fabriquant des agrégats de personnes
unies selon leur mêmeté, mais pas du
lien, tant que le mimétisme prime sur
le sens d’un discours. Chacun s’y
trouve réduit à son corps appareillé
dans le paradoxe d’un discours qui
soude les artifices du langage aux produits de jouissance sans un trajet par
l’éros. Qu’en est-il alors des manifestations de l’éros ? Des promesses de
l’amour ?
Ne pas se fermer au questionnement et entendre l’actuel de l’amour,
de ses ratages et de ses nouages, n’est-ce pas alors aussi ce qui permet à
l’analyste de sortir du « discours du
capitalisme », formule dont usait
Lacan pour situer les fins possibles
d’une cure psychanalytique ? S’indiquent ici l’actualité et la nécessité du
livre de G. Chaboudez.
[*]
Gisèle Chaboudez,
Rapport sexuel et rapport des sexes, Paris, Denoël, collection
« L’Espace Analytique », 2004.