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S'inscrire Alertes e-mail - Finance & Bien Commun Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezEurope occidentale et reste du monde : parle-t-on des mêmes pratiques ?
AuteurPhilippe Guichandut du même auteur
Directeur du Réseau Européen de la Microfinance (REM), ParisOn a longtemps pensé que la microfinance ne se limitait qu’aux pays en développement et nombreux sont ceux, même parmi les spécialistes, qui continuent de penser qu’elle n’a de raison d’être que dans ces pays. Or, force est de constater que depuis quelques années on voit apparaître en Europe de l’Ouest de plus en plus de programmes de lutte contre l’exclusion sociale et de promotion de la microentreprise mettant en place des activités de microcrédit. Même les Etats Européens, comme la France dans son nouveau plan de cohésion sociale ou l’Union Européenne avec le programme JEREMIE (Joint European Resources for Micro-to-Medium Enterprise), y font référence. Cet article se propose donc d’essayer de comprendre quels sont les points de convergences et de divergences dans les approches et les pratiques entre la microfinance pratiquée en Europe de l’Ouest et celle pratiquée au niveau international, principalement dans les pays en développement et les pays émergeants, y compris ceux de l’Europe de l’Est et Centrale, qui ont eu un développement bien différent de celui de l’Europe de l’Ouest.
2 Si certains exemples en Europe de l’Ouest au 19ème siècle, comme la «Raiffeisen Bank » en Allemagne, les « Lending Charities » en Angleterre ou les coopératives sur le modèle des « Casse Rurali » en Italie, portent en eux les valeurs et les fondements de la microfinance telle qu’elle naît dans les années 70-80 en Asie ou en Amérique latine, ce n’est vraiment que dans les années 90 qu’apparaissent les premiers programmes de microcrédit en Europe de l’Ouest. Leur développement a lieu au début des années 2000, avec l’apparition de nouveaux acteurs tous les ans. On est donc face à un secteur très jeune, qui à quelques exceptions près n’a pas la maturité des institutions de microfinance (IMF) internationales les plus connues. Les méthodologies et les choix stratégiques restent parfois incertains. Souvent, on est encore dans des phases d’expérimentation. Cette jeunesse explique en partie les résultats obtenus et les défis d’un secteur en pleine croissance.
Des finalités divergentes
3 Au niveau international la microfinance est présentée avant tout comme un outil de lutte contre la pauvreté visant à augmenter le revenu des familles et réduire leur vulnérabilité. Bien que parfois controversée, on lui accorderait aussi des vertus d’« empowerment » des personnes, surtout pour les femmes. Au-delà de son impact attendu auprès des bénéficiaires, la microfinance vise aussi à construire des acteurs pérennes permettant d’assurer des services de qualité sur du long terme. Cette logique pousse dès lors les IMF à initier des procédés de fidélisation de leur clientèle, proposant de nouveaux produits et de nouveaux services, pouvant à terme se rapprocher des pratiques commerciales.
En Europe de l’Ouest, la microfinance reste principalement vue comme un outil potentiel de croissance économique et de cohésion sociale. Le cœur du système économique dans cette partie de l’Europe est caractérisé par l’important rôle joué par les petites et moyennes entreprises (PME). 94% des 23 millions de PME européennes sont des microentreprises (0 à 9 employés). Environ 2 millions de start-up sont créées chaque année, dont un tiers par des chômeurs. De toute évidence, ces entreprises ont un impact à la fois économique et social. La capacité du système bancaire à atteindre et servir de telles entités est cruciale à l’augmentation du bien-être socio-économique général. En fait, l’exclusion de l’accès aux services bancaires constitue un obstacle au démarrage de nouvelles activités génératrices de revenus. Dans ce contexte, le développement des services micro financiers est de nature à combler les manquements du marché. Le microcrédit peut aider à développer l’esprit d’entreprise en favorisant le lancement des nouvelles structures. Donner des prêts aux chômeurs et aux marginalisés permet à ces derniers de devenir des agents économiquement indépendants qui favorisent donc la cohésion sociale. Ainsi, le microcrédit peut contribuer à la stratégie de Lisbonne pour la croissance, l’emploi et la cohésion sociale, telle qu’elle a été définie par l’Union Européenne. La notion d’«empowerment» des bénéficiaires reste cependant beaucoup moins présente dans les discours et les objectifs affichés. Quant à la pérennisation des structures, nous verrons que cela ne demeure qu’un objectif à long terme. D’autant plus qu’il ne s’agit pas de fidéliser des clients, mais bien au contraire de les réinsérer dans le circuit classique existant. Ces processus de bancarisation s’inscrivent davantage dans des logiques sociales que commerciales.
Des publics différents…
4 La microfinance internationale vise en théorie un public pauvre (les personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour), avec un accent tout particulier sur les femmes. La pratique montre néanmoins qu’il reste difficile de toucher les populations les plus pauvres, marginalisées et éloignées. D’une manière générale, dans ces pays, la microfinance s’adresse à un large public, facilement identifiable et atteignable.
5 En Europe, on peut distinguer deux types de clients : ceux faisant partie des 72 millions d’Européens à risque de pauvreté (chômeurs, bénéficiaires des minima sociaux, etc.) ou des microentrepreneurs qui rencontrent des difficultés à avoir accès à des services financiers. On s’adresse dès lors à une population d’exclus, moins nombreuse, surtout plus difficilement identifiable et donc beaucoup plus complexe à atteindre. C’est un des défis majeurs des programmes de microfinance européens, qui explique les difficultés rencontrées à passer à l’échelle supérieure. Une autre particularité des programmes en Europe est le faible nombre de femmes touchées : 39% contre environ 73% à l’international, chiffre qui reste néanmoins supérieur au pourcentage des entreprises dirigées par des femmes en Europe (30%). Cela s’explique à la fois par une défaillance de la demande et, certainement, par une inadéquation de l’offre. L’impact relativement important de la microfinance sur les populations immigrées est aussi une caractéristique de la microfinance européenne : la seule étude disponible montre qu’elle touche 17% de cette population (surreprésentation par rapport aux chiffres nationaux), prouvant que cet outil est particulièrement adapté à ce type de clientèle.
…pour des activités assez proches
6 Un point important de convergence concerne la nature des activités financées puisque, dans les deux cas, on a principalement à faire à des activités de service, de commerce et d’artisanat. Cependant, si au niveau international les structures financées se trouvent principalement dans le secteur informel, en Europe la plupart des entreprises se développent dans le secteur formel et doivent faire face à des contraintes particulières. Il existe, à titre expérimental, quelques programmes intervenant dans le secteur informel. Les acteurs agissent alors pour faire évoluer la législation en cours et faire reconnaître la valeur ajoutée de cette économie « souterraine ». Les résultats restent cependant mitigés quant à la capacité de faire passer ces microentrepreneurs de l’économie informelle à l’économie formelle.
Des environnements plus complexes à gérer
7 L’environnement institutionnel, politique, économique, social et même culturel joue un rôle primordial dans la croissance du secteur. Chaque pays a ses propres spécificités et la microfinance, au niveau international, évolue de manière très différente selon les pays. Force est de constater que dans son ensemble l’environnement européen global s’est avéré être un frein à la croissance du secteur, principalement à cinq niveaux.
8 En premier lieu, dans les pays en développement l’inexistence ou les très faibles programmes d’aide sociale ont laissé peu de choix aux populations qui souvent n’ont comme seule alternative que l’auto emploi. La microfinance vient alors combler un manque important, qui est l’accès au financement. En Europe, à travers les systèmes d’aide sociale, l’Etat Providence a placé de nombreux bénéficiaires dans la spirale de l’assistanat. Les acteurs de la microfinance sont confrontés à des personnes qui doivent faire le choix entre continuer à bénéficier d’avantages sociaux ou se mettre à leur compte en risquant de perdre une partie ou la totalité de leurs revenus sans être sûr d’avoir des bénéfices fixes et réguliers. L’enjeu n’est pas de supprimer ces aides, mais bien au contraire de les adapter afin de favoriser un passage en douceur entre les deux statuts. Des avancées réelles sont apparues dans certains pays permettant un passage progressif, comme en Irlande ou en France, mais des changements législatifs restent nécessaires dans la plupart des pays Européens.
Deuxièmement, la reconnaissance du travail indépendant comme réelle alternative au travail salarié est un autre défi, qui ne se situe pas seulement dans des changements législatifs mais aussi et surtout dans une évolution des mentalités. L’esprit d’entreprise semble moins développé: trop rares sont encore les programmes visant à le développer auprès des jeunes, même dans les écoles ou universités de commerce et d’économie.
Ce type de financement est loin d’être acquis
9 Une autre contrainte est la diversité des offres de financement. Au niveau international, les organisations de microfinance sont venues combler un vide. Les services financiers sont longtemps restés dans les capitales, les grandes villes servant avant tout une clientèle de privilégiés, de fonctionnaires ou de grandes compagnies. En Europe la densité des services bancaires peut laisser penser que l’offre est importante. On estime néanmoins que 10% des citoyens européens n’ont pas accès aux services bancaires. Ce pourcentage cache en fait des réalités très différentes selon les pays, les régions, les catégories sociales, ethniques, etc. Le financement des microentreprises est loin d’être acquis, encore moins lorsqu’il s’agit de personnes marginalisées par le chômage et/ou l’exclusion sociale. La microfinance peut alors venir combler les besoins d’une niche bien précise. A cela se rajoute une offre grandissante des prêts à la consommation avec des taux exorbitants. Face à une population fragilisée, le surendettement des foyers est une donnée de plus en plus inquiétante, qui rend plus complexe l’octroi d’un microcrédit. Comme à l’international avec les usuriers, l’enjeu est d’aider ces personnes à sortir du cercle vicieux du surendettement.
Une législation complexe
10 Ensuite, évoluant essentiellement dans le champ de l’économie formelle, les utilisateurs de microfinance sont confrontés à une législation complexe des entreprises. Le temps nécessaire à l’enregistrement d’une entreprise peut varier d’une journée, dans le meilleur des cas, à plusieurs semaines. Les cotisations patronales et sociales peuvent être proportionnellement très élevées et menacer l’équilibre financier des entreprises. La gestion administrative et comptable nécessite des connaissances souvent difficiles à acquérir pour des personnes avec peu d’instruction. Au niveau international, surtout dans les économies des pays en développement, les IMF ne sont pas directement confrontées à ce type de contrainte et se concentrent dès lors à l’octroi à minima de services financiers. En Europe, force est de constater que la majorité des programmes s’engagent aussi dans l’accompagnement personnalisé des clients pour améliorer les taux de survie des entreprises financées.
11 Finalement, au niveau international, les IMF ont souvent évolué au début dans des pays sans réglementation particulière en matière bancaire, laissant une certaine marge de manœuvre aux acteurs. Dans certains pays, les législations sont apparues progressivement, étant souvent le fruit de négociations entre acteurs et législateurs. En Europe, les organisations interviennent dans un contexte très réglementé où la marge de manœuvre est très étroite. Deux obstacles majeurs existent, l’un lié à la réglementation du taux d’intérêt, le plus souvent plafonné (à l’exception de quelques pays comme le Royaume Uni et plus récemment la France) et l’autre à l’impossibilité pour des organismes non bancaires d’emprunter pour prêter. Si des changements législatifs ont eu lieu, il reste encore un long chemin pour adapter la législation au secteur.
Dans leurs pratiques, les organisations en Europe tentent de se rapprocher de plus en plus des bonnes pratiques internationales, à quelques différences près. On reste surtout sur du prêt individuel, même si quelques expériences de prêts en groupe sont faites essentiellement auprès des populations d’origine étrangère ou des femmes.
Des produits et services moins diversifiés
12 Les garanties des prêts ne sont donc pas trouvées par la caution mutuelle apportée par le groupe solidaire, comme beaucoup de projets à l’international, mais plus généralement auprès de mécanismes de garantie d’institutions publiques (Union Européenne, Etat) ou auprès d’individus se portant caution. Certaines institutions garantissent elles-mêmes les prêts sur leurs fonds propres, qui ne sont pas nécessairement garantis. Les montants des prêts restent bien supérieurs à ceux de l’international (montant moyen autour de €8’000) sur des périodes plus longues (moyenne autour de 29 mois), car les besoins des microentreprises sont plus importants. L’analyse des dossiers se base sur des critères similaires, laissant plus de poids au caractère de la personne tout en tenant compte du business plan. Les procédures de décision sont peut-être plus centralisées, mais varient beaucoup d’une structure à l’autre.
13 Une différence majeure se situe certainement dans la diversification des produits et des services. Au niveau international, le microcrédit a évolué vers la microfinance en proposant de plus en plus des produits différents (prêts à la consommation, l’habitat, etc.) et des services variés (épargne, assurance, transferts, etc.). En Europe, on reste essentiellement sur du microcrédit pour la création et le développement de microentreprises. Seule l’Angleterre s’est engagée dans une diversification importante de ces produits, la plupart des opérateurs proposant des crédits à la consommation. Ce changement ne s’est pas fait dans la même logique : il ne s’agissait pas d’offrir de nouveaux produits à ses clients, mais d’attirer de nouveaux clients en proposant d’autres produits. Les nouveaux services, tels l’assurance et les transferts, ne sont pour l’instant qu’à l’état de projet.
14 Par contre, la plupart des opérateurs en Europe proposent un accompagnement pré ou post prêt. Cet accompagnement est souvent assuré soit par les salariés des organisations, soit à travers des bénévoles, soit en collaboration avec des structures partenaires spécialisées, avec des efforts réels d’innovation pour assurer au mieux la survie de l’entreprise. Une autre différence réside dans les liens spécifiques établis avec le système bancaire classique. La plupart des fonds de crédit proviennent des banques, essentiellement des banques d’épargne, coopératives.
15 L’engagement des banques commerciales est plus limité, nécessitant des garanties plus fortes. Certaines banques commencent même à financer des coûts de fonctionnement ou à proposer directement du microcrédit.
Personne ne sait exactement combien d’acteurs à travers le monde font du microcrédit. Le CGAP (Consultative Group to Assist the Poorest) avance le chiffre de 10’000.
Des acteurs tout aussi variés
16 Ce qui est certain, c’est que si à l’origine, au niveau international, la microfinance est partie principalement d’initiatives privées, relayées par l’aide internationale, elle regroupe aujourd’hui toute une série d’acteurs, qui vont des ONG aux banques commerciales, en passant par les associations, les coopératives, les banques spécialisées, etc. En Europe de l’Ouest, même si leur nombre reste limité (inférieur à une centaine), les acteurs sont tout aussi divers : ONG, banques, fondations, organismes publics et coopératives. Ces acteurs n’interviennent le plus souvent qu’à une échelle locale, très peu d’entre eux concourent au niveau national. Il y a cependant relativement peu d’organisations qui ne font que de la microfinance. Pour la grande majorité, la microfinance n’est qu’une partie de leurs activités. Les enjeux de pérennisation ne sont dès lors pas tout à fait les mêmes. Face à une microfinance internationale qui vise l’autonomie financière (toute relative par rapport au nombre total de structures réellement pérennes), en Europe de l’Ouest aucun acteur faisant exclusivement du microcrédit n’a réussi à être pérenne à ce jour. Les contraintes sont encore trop fortes entre des taux d’intérêt faibles, des coûts de structures élevées, liés notamment aux coûts d’accompagnement, une efficacité réduite et un volume de clients faible. Les aides publiques restent encore la principale source de financement de ces structures, qui dès lors, à défaut de devoir prouver leur rentabilité financière, se doivent de démontrer leur rentabilité sociale : à elles de prouver que sortir une personne de l’aide sociale revient, grâce au microcrédit, moins cher que de l’y maintenir.
Répondre aux nouveaux enjeux
17 La microfinance en Europe est aujourd’hui une réalité pour des milliers de micro entrepreneurs et travailleurs indépendants européens. Cette réalité est le fruit d’un travail acharné de quelques précurseurs et d’un nombre grandissant d’acteurs, qui pour la plupart doivent encore faire leurs preuves. Si la microfinance en Europe a beaucoup à apprendre des années d’expérience des acteurs internationaux, elle peut néanmoins apporter sa propre contribution dans la construction de services financiers ouverts à tous. Cette contribution se situe dans les liens particuliers créés avec les banques classiques, l’apport des services d’accompagnement aux microentrepreneurs ou le travail de lobbying pour faire évoluer les législations. Le défi aujourd’hui est de passer à une échelle supérieure pour répondre aux nouveaux enjeux d’une Europe qui se veut à la fois plus compétitive et innovante tout en assurant une plus grande cohésion sociale. Comme à l’international, cela passera par une adaptation des législations en cours et un professionnalisme accru des acteurs et ne pourra se faire qu’avec une étroite collaboration de toutes les parties prenantes. •
Annexe
[Synthesis in english]
18 It has long been thought that microfinance is suited only for developing countries. In fact, in Western Europe, microcredit is increasingly used to promote small enterprise development and thereby fight social exclusion.
19 Microfinance programmes came to Western Europe in the 1990’s and since 2000 there has been growth in the number of microfinance actors. As such, Western European microfinance institutions (MFIs) are relatively young and less developed than their counterparts elsewhere.
20 Worldwide microfinance is a tool in the fight against poverty and MFIs focus on financial self-sustainability in order to continue to offer quality services over the long term. By contrast, in Western Europe, microfinance addresses market failure. By addressing exclusion from the traditional banking sector, microfinance enables unemployed and marginalised people to undertake economic activity, thereby promoting social inclusion. MFIs financial viability, in contrast, is a distant objective.
21 In developing and transition economies, microfinance is potentially relevant to large portions of the population. In Western Europe, microfinance targets the unemployed and people living on state benefits who are relatively more difficult to identify and reach.
22 Internationally and in Western Europe, microfinance targets small businesses operating in the services, trade and artisanal sectors. Businesses in developing countries operate in the informal sector whereas those in Western Europe do so in the formal sector.
23 The Western European environment creates several barriers to microfinance sector growth. For the entrepreneur these include the benefits trap, lack of recognition of entrepreneurship as a viable career, over-indebtedness and complex administrative and taxation regimes. For MFIs, legal restrictions related to interest rates and borrowing for onward lending prevent them from becoming self-financing and reaching scale.
24 Western European MFIs are in the process of adopting best practice developed worldwide such as loan decision making criteria, which emphasises the applicant’s character.
25 Nevertheless many differences remain. For example, most programmes offer individual loans and therefore guarantees and collateral must be provided by European or State guarantee funds or personal guarantees. Internationally MFIs have diversified their product range whilst in Western Europe only British MFIs have done so. Most organisations in Western Europe offer pre and post-loan mentoring and support, which have implications for their cost structure. Unlike many developing countries, European banks, by providing capital for loans, have established strong relationships with MFIs.
26 As is the case worldwide, microfinance actors include non-governmental organisations, banks, foundations, state organisations and cooperatives. However, in Western Europe, microfinance is only one of many activities undertaken by these organisations.
27 Low interest rates, high structural costs, the cost of training and support, inefficiency and low client volumes make viability difficult for Western Europe’s MFIs. Government aid therefore remains an important funding source and as such, MFIs more than ever have to prove their social impact.
28 Western European microfinance has much to learn but also has much to contribute through its efforts to create inclusive financial systems. Significant growth will require legislative improvements, increased professionalism and close collaboration amongst all stakeholders.
PLAN DE L'ARTICLE
- Des finalités divergentes
- Des publics différents…
- …pour des activités assez proches
- Des environnements plus complexes à gérer
- Ce type de financement est loin d’être acquis
- Une législation complexe
- Des produits et services moins diversifiés
- Des acteurs tout aussi variés
- Répondre aux nouveaux enjeux
- Annexe
POUR CITER CET ARTICLE
Philippe Guichandut « Europe occidentale et reste du monde : parle-t-on des mêmes pratiques ? », Finance & Bien Commun 2/2006 (No 25), p. 54-60.
URL : www.cairn.info/revue-finance-et-bien-commun-2006-2-page-54.htm.
DOI : 10.3917/fbc.025.0054.




