Flux
Métropolis

I.S.B.N.sans
112 pages

p. 95 à 96
doi: en cours

Veille sur la revue
Vous consultez

Repères bibliographiques

n° 46 2001/4

Zarachowicz Weronika, Grézaud Pierre-Xavier (illustrations), Global village, Éditions des Arènes, Paris, 2001, 132 p.

À qui profite la révolution technologique ? Sous une présentation « décalée » — genre encyclopédie junior du Palais de la Découverte —, cet ouvrage sympathique veut décrypter la double révolution de la mondialisation financière et de l’innovation technologique liée à Internet. Pas de scoop mais une synthèse plutôt bien faite sur les sujets incontournables : l’entreprise flexible, la bourse, les réseaux de télécommunications, etc ; des analyses précises sur la Silicon Valley ; et une réponse à l’interrogation initiale : la révolution technologique profite… aux États-Unis.

Bassand Michel et al. (dirs.), Métropolisation, crise écologique et développement durable : l’eau et l’habitat précaire à Ho Chi Minh-Ville (Vietnam), Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, 2000, 299 p.

L’objectif de l’ouvrage est clairement énoncé dans l’introduction : décrire la métropolisation et la crise écologique à Ho Chi Minh-Ville (Vietnam), la première étant analysée comme une des causes essentielles de la seconde, et formuler des recommandations pour contribuer à un développement plus durable, dont les auteurs affirment qu’il constitue « une stratégie réaliste et efficace pour sortir de la crise (écologique) mondiale ». Prenant appui tant sur des travaux de recherche empiriques que sur des actions micro-locales de développement dans les domaines de l’eau et de l’habitat précaire, le propos a d’emblée une dimension normative. La problématique est issue de recherches conduites au sein de l’IREC (Institut de Recherche sur l’Environnement Construit) de l’École polytechnique fédérale de Lausanne et rassemble, autour de cette étude de cas, dix-neuf chercheurs suisses et vietnamiens.
Au-delà du projet éditorial, la construction de l’ouvrage et les articulations entre chapitres sont cependant artificielles. S’il est sans doute indispensable de replacer la dynamique métropolitaine des pays d’Asie du Sud-est dans son environnement mondial, on ne voit pas très clairement les liens entre le chapitre 3, qui analyse la métropolisation à une échelle planétaire et décrit des évolutions plus significatives des pays industrialisés que des pays en développement, et le reste de l’ouvrage. De la même façon, si les parties IV (sur l’eau) et V (sur l’habitat précaire) ont une incontestable cohérence interne, elles sont plus juxtaposées que véritablement articulées. Plus fondamentalement enfin, si l’ouvrage esquisse une réflexion intéressante sur les liens entre métropolisation et « crise écologique » en mobilisant des analyses empiriques détaillées, il n’est guère convaincant dans son plaidoyer en faveur du développement durable. Notamment, en centrant le propos sur les pauvres (exposition aux risques de pollution des eaux consommées et aux risques d’inondation d’une part ; insalubrité et précarité du logement, évacuation et relogement d’autre part), il ne nous donne guère de clefs sur les rapports de force sociaux qui permettraient, ou non, de mettre en Ĺ“uvre ce que les auteurs appellent de leurs vĹ“ux, à savoir, un développement qui assure tout à la fois la croissance économique (sans dégradations environnementales irréparables) et le développement social ou humain pour reprendre la terminologie onusienne.
Au-delà de ces faiblesses, l’ouvrage présente l’intérêt d’apporter des données et des analyses bien documentées et illustrées sur une ville encore relativement peu étudiée dans la littérature scientifique francophone.
La quatrième partie intéressera plus particulièrement les lecteurs de Flux avec une étude du cycle de l’eau à Ho Chi Minh-Ville, d’où il ressort que derrière l’abondance de la ressource, trois problèmes se profilent avec des temporalités et des intensités diverses : la contamination — pollution et salinité — de la ressource (en partie du fait d’un assainissement déficient et de pompages mal contrôlés), les inondations, les difficultés d’approvisionnement (en quantité et qualité) face à l’accroissement rapide d’une demande diversifiée et, pour une partie d’entre elle, très peu solvable.
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis