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Métropolis

I.S.B.N.sans
112 pages

p. 35 à 53
doi: en cours

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Dossier « Le développement durable des réseaux techniques »

n° 47 2002/1

Les réseaux et la subversion du choix : un manifeste institutionnaliste

Gene I. Rochlin
L’une des caractéristiques éminemment durables du XXe siècle a été le développement de macro-systèmes techniques fournissant un grand nombre de services tant sociaux qu’économiques. Les chemins de fer, le téléphone, l’électricité, les services postaux, le transport aérien, etc. ont été modelés non seulement pour générer des profits, mais pour remplir un ensemble de missions sociales et politiques. Dans les dernières années du siècle, ces systèmes étaient en cours de démantèlement au nom d’une idéologie de marché camouflée sous des termes économiques, tels que concurrence ou efficacité, ou socio-politiques, tels que choix et pouvoir. Mais, confrontés à ces systèmes dérégulés, ceux qui en dépendent — les « consommateurs » — trouvent de plus en plus que la concurrence est une chimère, que l’efficacité reste bien peu tangible, que leur pouvoir dans la société est négligeable et que leur possibilité de choix est au mieux un fardeau et au pire une illusion. Les réseaux techniques qui avaient été institutionnalisés par leur inclusion dans la trame même du tissu social en sont arrachés, en même temps qu’ils sont enlevés des mains des régulateurs, par un mouvement de retour aux structures et aux pratiques de marché qui avaient été à l’origine de l’introduction de la réglementation au début du siècle. De prétendues entités concurrentielles sont reconstituées, dotées de formes nouvelles et incontrôlées de pouvoir de marché. Une re-réglementation de ces systèmes serait cependant ardue, tant du fait de la domination de la nouvelle idéologie économique qu’à cause de la difficulté de contrôler des entreprises et des groupes de plus en plus décentralisés et transnationaux. One of the enduring characteristics of the twentieth century was the growth of large technical systems that provided a variety of social as well as economic services. Railroads, the telephone, electricity, postal services, airlines and others were shaped not only for profit but to achieve specific social and political objectives. As the century ended, these systems were being progressively dismantled in the name of a free-market ideology disguised in economic terms as competition and efficiency and in socio-political ones as empowerment and choice. But as these deregulated systems evolve, those who depend upon the systems to function — the « customers » — increasingly find competition to be a chimera, efficiency elusive, social empowerment negligible, and choice at best a burden and at worst an illusion. Infrastructure systems that had become institutionalized as part of the social fabric are being torn from it, and from the hands of regulators, in a return to the market structures and practices that first caused regulation to come into being when the century began ; the supposedly competitive units are being rebuilt, manifesting new dimensions of unbridled market power. Re-regulation would nevertheless be difficult, both because of the dominance of the new ideology of economics and the increased difficulty of controlling increasingly decentralized and transnational companies and corporations.
• Bienfaits privés, maux public
• Un peu d’histoire
• Privatisation et piraterie
• Trois exemples sectoriels
— Le jeu de Kahn
— Des arguments téléphonés…
— Jeux de puissance
— Résumé
• Travailler ensemble
• Conclusion
• Quelques réflexions subsidiaires
• Bibliographie


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