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Métropolis

I.S.B.N.sans
140 pages

p. 143 à 146
doi: en cours

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Repères bibliographiques

n° 56-57 2004/2-3

2004 FLUX Repères bibliographiques

À signaler

Billé R., Mermet L., (sous la direction de), Concertation, décision et environnement. Regards croisés, La Documentation française, 2003, Volume 1 (222 p.) et Volume 2 (218 p.)

Dominique Bureau (directeur de la D4E) [1] nous donne le ton en début de sa préface : « La participation du public aux processus décisionnels est désormais un principe d’action publique » (vol. 1, p. 7). Dans le champ environnemental, ce principe d’action a été très diversement mis en Ĺ“uvre et appliqué ; et certains secteurs s’avérant largement plus en avance que d’autres (l’eau ou les déchets par rapport aux grands projets d’aménagement par exemple).
Face à cette montée en puissance de ce principe d’action sur les agendas politiques et institutionnels français, le ministère de l’Environnement avait lancé en 1999 un programme de recherche « Concertation, décision et environnement » et retenu une trentaine de projets de recherches [2].
Parallèlement, le ministère a mis sur pied un séminaire, démarré en juin 2000, destiné, sans attendre la fin des travaux de recherche, à confronter les approches des chercheurs et des praticiens. Ces deux volumes rendent compte des huit séances qui ont constitué ce séminaire. Elles ont porté notamment sur l’espace rural, les ordures ménagères, les permis d’émission négociables, l’eau, le développement des NTIC, les infrastructures, les outils informatiques pour la concertation, les aéroports, les déchets nucléaires.
Laurent Mermet [3] insiste dans son introduction (vol. 1, pp. 11-16) sur la nécessité d’un lieu d’échanges, notamment entre chercheurs et praticiens, quasiment absent sur le thème du programme, à la fois pour ouvrir les dialogue entre disciplines, attirer des chercheurs sur ce champ et instaurer une relation d’échanges et de reconnaissance entre la recherche et la pratique.
Certes cette dernière question — celle de l’interaction entre recherche et pratique — peut paraître tout autant récurrente que peu investie (par exemple dans le champ des transports) et donc un peu rebattue. Pour autant, si la participation du public apparaît bien pour la recherche un objet digne d’analyse, l’implication des chercheurs semble bien devoir devenir un sujet digne de préoccupation. D’ailleurs, les praticiens participant au séminaire n’ont pas hésité à reprendre à leur compte cette question. Mais, selon les secteurs, l’implication des praticiens eux-mêmes dans l’évaluation de leurs actions est bien différenciée. Des deux côtés — recherche et pratique — des progrès restent à faire. Gageons que le séminaire dont rendent compte ces deux volumes constituera une pierre dans cet édifice destiné à « décider mieux » en France dans le domaine de l’environnement.

Alvergne C., Musso P., Les grands textes de l’aménagement du territoire et de la décentralisation. Paris, DATAR, La Documentation Française, 2003, 400 p.

Le quarantième anniversaire de la DATAR donne l’occasion à deux de ses anciens « serviteurs » de revenir sur les temps forts de la politique française d’aménagement du territoire à partir d’une trentaine de textes fondateurs (lois, discours, extraits de rapports…). Chaque texte est précédé d’une courte introduction permettant de situer l’auteur et de restituer le contexte dans lequel il a été écrit. Ce « retour aux sources » est salutaire car il met à la disposition du plus grand nombre des textes jusque là peu accessibles et rompe avec la prolifération des manuels, synthèses et autres « fiches pratiques » à laquelle nous ont habitué les éditions universitaires depuis plusieurs années. On s’étonne cependant de ne pas trouver mention de la loi « Voynet » sur le développement durable, ni de la loi « Chevènement » sur le renforcement de l’intercommunalité. Pourquoi une telle « impasse »?

Bury J-C., Métropoles et structuration du territoire. Journal Officiel, Avis et Rapports du Conseil Économique et Social, n° 9, avril 2003, 199 p.

Le Conseil Économique et Social se penche sur le rôle que jouent les métropoles de taille européenne dans la structuration de notre territoire et dans son attractivité pour les entreprises étrangères. Considérant qu’il faut développer une politique plus volontariste pour inscrire la France dans le processus mondial de métropolisation, le CES propose cinq pistes : maîtriser l’urbanisation, assurer une bonne gouvernance métropolitaine, renouveler le partenariat avec les régions, privilégier la contractualisation avec l’État et favoriser l’émergence de métropoles transfrontalières.

Dupuy C., Burmeister A. (dir.), Entreprises et territoires : les nouveaux enjeux de la proximité, Paris, La Documentation Française, 2003, 134 p.

Avec la décentralisation, la généralisation des politiques de développement local et le développement de l’interventionnisme économique des collectivités locales, le rôle joué par la proximité géographique dans la constitution de réseaux économiques locaux a tenu une grande place dans les médias et dans les discours politiques. La proximité serait à la fois le fondement des politiques publiques cherchant à se rapprocher des citoyens et le substrat sur lequel fonder le développement économique local. Ces grands principes sont souvent énoncés au mépris des interdépendances fonctionnelles articulant plusieurs échelles géographiques. Cet ouvrage réunit des travaux de sociologues et d’économistes qui analysent la notion de proximité sous ses différentes facettes et qui s’interrogent sur les rapports complexes qu’entretiennent les activités économiques et les territoires dans l’économie mondialisée. Si la proximité génère effectivement de nouvelles ressources pour la valorisation économique des territoires, son rôle dans le développement économique local ne peut être perçu qu’en relation avec les logiques globales qui traversent ces mêmes territoires.

Jouve B., Les politiques de déplacements urbains. L’innovation en question dans cinq villes européennes. Paris, L’Harmattan, 2003, 192 p.

La gestion des déplacements urbains est une question d’actualité qui concerne toutes les villes européennes. Les problèmes posés vont bien au-delà des considérations techniques sur l’organisation des systèmes de transports, ils concernent l’ensemble des politiques publiques locales et ont des implications en termes de démocratie locale. À travers la comparaison de cinq villes européennes, cet ouvrage questionne la capacité des métropoles à répondre à ces défis par des politiques innovantes.

Moura P., Pannier M., Saint Martin de J-P. et ali, Rapport d’audit sur les grands projets d’infrastructures de transport. Inspection générale des finances, CGPC, 2003, 112 p.

L’audit porte sur une centaine de projets ferroviaires, routiers ou fluviaux en privilégiant leur intérêt socio-économique. Le rapport examine trois thèmes particuliers : l’objectif de triplement du fret ferroviaire, les délais de production des projets, le montage des financements.

Rozenblat C., Cicille P., Les villes européennes. Analyse comparative. Rapport d’études DATAR, Paris, La Documentation Française, 2003, 96 p.

Cette analyse du rayonnement et de l’attractivité des métropoles de plus de 200 000 habitants actualise la recherche dirigée par Roger Brunet sur « Les villes européennes » publiée par la Datar en 1989. À l’époque, c’est l’image de la fameuse « banane bleue », la dorsale européenne s’étirant de Milan à Londres, qui avait capté l’attention. Aujourd’hui, l’Europe des villes est plus multi-polaire qu’elle ne l’était à la fin des années 1980. Au regard des critères de classement utilisés (accessibilité, réseaux de recherche, nombre de foires et salons, nombre de sites et de manifestations culturels, places financières…), le système des grandes villes françaises occupe une place modeste en Europe, surtout en ce qui concerne les fonctions de commandement économique. Mais la plupart des villes de l’hexagone bénéficient d’un bon rapport rayonnement/poids démographique. Parmi leurs points forts : la bonne accessibilité aux autres villes européennes, le nombre important de sites et de manifestations culturels, la forte présence d’étudiants, une activité industrielle diversifiée.

Hérodote, 110, Eau, territoires, pouvoirs locaux. Paris, La Découverte, 2003, 192 p.

Parmi les grands titres du sommaire, on relèvera : « Les marchés de l’eau, affaires publiques, affaires privées » ; « À quoi, à qui sert le débat public ? » « Conflits autour de l’eau dans l’Ouest français » ; « La Somme : déversoir de l’Ile-de-France ? » ; « Élus départementaux et entreprises concessionnaires, des relations discrètes mais efficaces : le cas de l’électricité ».

Fitoussi J-P., EDF, le marché et l’Europe : l’avenir d’un service public, Paris, Fayard, 2003.

Comme l’ensemble des entreprises du secteur public, EDF doit s’adapter aux dispositions européennes concernant l’ouverture des marchés à la concurrence. J-P Fitoussi préconise une stratégie qui se démarque nettement de l’ultralibéralisme et du souverainisme et qui s’apparente au courant social-démocrate moderne.

Carmagnat F., Le téléphone public : cent ans d’usages et de techniques, Paris, Hermes science publications, 2003, 310 p.

Si l’on est convaincu que la téléphonie publique n’est pas simplement l’usage du téléphone dans des espaces collectifs, on s’intéressera volontiers à cet ouvrage qui retrace l’évolution de cet objet socio-technique sur plus de cent ans en envisageant les questions d’ordres technique et esthétique ainsi que les choix de localisation et de mode de gestion. La question de son avenir reste largement ouverte.

Crocq I., Régulation et réglementation dans les télécommunications : thèse honorée d’une subvention du Ministère de la recherche. Paris, Économica, 2004, 265 p.

L’auteur dresse d’abord un panorama historique portant sur le développement des infrastructures de l’information puis présente les fondements de l’intervention réglementaire des pouvoirs publics en s’attardant plus particulièrement sur la doctrine des facilités essentielles et sur les principes du service universel. La dernière partie de l’ouvrage discute ces deux théories en fonction des critères d’efficience et d’équité.

Lapointe A., Croissance des villes et économie du savoir : une perspective nord-américaine, Sainte-Foy, Québec, Canada, Presses de l’Université Laval, 2003, 188 p.

Il s’agit ici de conforter les arguments à l’encontre de la thèse selon laquelle le développement de l’économie de la connaissance permettrait de desserrer les contraintes de localisation et jouerait en défaveur des agglomérations. Après avoir présenté l’évolution des villes et de leurs infrastructures de communication, A. Lapointe s’intéresse aux réseaux de circulation des savoirs dans l’économie contemporaine. Sa conclusion est que le pouvoir d’attraction des villes s’en trouve renforcé et que la concurrence qu’elles se livrent s’est intensifiée.

Crozet Y. et Musso P. (dir)., Réseaux, services et territoires : horizon 2020, DATAR, La Tour-d’Aigues, Éditions de l’Aube, Paris, 261 p.

Dirigé par Yves Crozet et Pierre Musso, dans le cadre du groupe prospective de la délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale, « Réseaux, services et usages », cet ouvrage fait suite au volume publié en 2002 intitulé Le territoire aménagé par les réseaux.
L’analyse prospective s’applique aux secteurs de l’énergie, des transports et des technologies de l’information et de la communication. Le rapprochement est fondé sur les homologies fonctionnelles entre les trois secteurs : importance des réseaux, poids du secteur public, missions de service public liées aux effets externes notamment en matière d’aménagement du territoire, caractère collectif des biens et services fournis, problématique commune de régulation et d’accessibilité… Les auteurs identifient les enjeux intersectoriels et territoriaux des évolutions ainsi tracées et formulent des recommandations pour l’action publique en présentant cinq scénarios. Les pouvoirs publics sont invités à renouveler leur conception de l’aménagement du territoire et à réformer leur action pour aménager les territoires. Tout se joue dans la capacité à articuler la dualité des territoires contemporains : le territoire naturel et historique de la géographie et le territoire artificiel des réseaux.

Roblin L. (Texte et iconographie ), Cinq siècles de transport fluvial en France du XVIIe au XXIe siècle, En partenariat avec VNF (Voies navigables de France) Éditions France Ouest, Collection « Histoire », 128 p., 230 illustrations

Rédigé par le conservateur du musée de la Batellerie de Conflans-Sainte-Honorine, cet ouvrage retrace le rôle important de la navigation intérieure qui a longtemps assumé la majeure partie des transports de marchandises et de personnes en France, et qui retrouve aujourd’hui toute sa pertinence dans une logique de développement durable et de préservation du cadre de vie.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la quasi-totalité des grandes villes anciennes de la France sont implantées à des endroits clefs du transport fluvial : ports d’estuaires au point de rupture de la navigation maritime et fluviale (Rouen, Nantes, Bordeaux, Arles…), confluent entre deux voies d’eau (Lyon, Angers, Paris…), villes-gués, villes-ports ou villes installées sur les points de rupture de la navigation des rivières (Toulouse, Albi, Roanne, Troyes…). De la même façon, les grandes zones de productions agricole ou industrielle ne peuvent se comprendre sans ce lien prépondérant avec l’économie des transports (grands vignobles des pas de la Loire, de Garonne ou de Charente, régions industrielles de la Haute-Loire ou du Nord).
Parce que l’histoire de la navigation intérieure est indissociable de celle de la voie d’eau, l’auteur privilégie une présentation par grandes périodes historiques que séparent d’importantes inventions d’ingénieurs hydrauliciens. Ainsi, il distingue :
  • « l’ère fluviale » (des origines jusqu’au XVIIe siècle) durant laquelle l’homme utilise au maximum les rivières naturelles sans les modifier ou avec des moyens limités.
  • «l’ère des canaux de jonction» (du XVIIe au XIXe siècle), qui voit la construction de canaux artificiels permettant de relier nos grands fleuves.
  • « l’ère de la canalisation généralisée » (mi-XIXe siècle jusqu’à nos jours), qui se caractérise par l’amélioration considérable des conditions de navigation sur les rivières aménagées et les canaux à grand gabarit.
Aboutissant au XXIe siècle, l’ouvrage souligne le renouveau du transport fluvial, qui conserve aujourd’hui de formidables atouts économiques et environnementaux que les pouvoirs publics et les entreprises redécouvrent depuis quelques années. La réalisation des liaisons à grand gabarit entre les principales voies d’eau françaises et européennes, comme le projet Seine-Nord, ouvrira une nouvelle ère de cette histoire…
 
NOTES
 
[1]Direction des Études Économiques et de l’Évaluation Environnementale, MEDD.
[2]Martine Berlan-Darqué, responsable du programme CDE pour le MEDD ; durée prévue du programme : 5 ans.
[3]Professeur à l’ENGREF en sciences de gestion, responsable scientifique du séminaire.
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