2005
Flux
Dossier : Flux portuaires
Avant-propos
Jean Debrie
(INRETS)
Benjamin Steck
(CIRTAI, université du Havre)Dossier établi avec la collaboration de
Nicole May
(LATTS-ENPC)
Marianne Ollivier-Trigalo
(LVMT, INRETS-ENPC-université Marne la Vallée)
S’intéresser aux flux portuaires, c’est entrer au cÅ“ur même des processus de la mondialisation et affronter la question majeure pour les sciences sociales des recompositions économiques et territoriales impulsées par les processus d’ouverture généralisée. C’est plus précisément s’engager à déchiffrer les mécanismes d’articulation des logiques réticulaires et des logiques territoriales. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les échanges ont augmenté à un rythme plus rapide que celui des productions. La croissance des flux maritimes l’illustre précisément, même si elle est moindre que celle des flux terrestres. Mais, par delà les données quantifiées, cette croissance est révélatrice des dynamiques économiques, sociales et territoriales qui sont à l’Å“uvre dans ces lieux d’interface que constituent les ports. Les quatre contributions présentées dans ce dossier ne couvrent pas la totalité des recompositions liées au renouvellement des pratiques privées et publiques à l’Å“uvre dans la gestion des flux portuaires. Elles y participent, chacune à sa manière, en abordant à la fois les acteurs des flux portuaires et les espaces de ces flux, espaces en tension dans un contexte concurrentiel.
Des flux portuaires en hausse
Dans un contexte de croissance des échanges mondiaux, les tonnages chargés dans les ports ont été multipliés par 2,4 et les flux maritimes globaux par 2,2, entre 1970 et 2002 (tableau 1).
Tableau 1
Source : CNUCED, Étude sur les transports maritimes, 2003
Cette croissance des flux s’est appuyée sur le développement des outils performants à la hauteur des enjeux. Ainsi la flotte mondiale de commerce a-t-elle connu une très forte augmentation : la capacité de transport maritime a été multipliée par 2,6 entre 1970 et 2002 (tableau 2).
Tableau 2
Source : CNUCED, Étude sur les transports maritimes, 2003
Les ports se sont adaptés à cette massification des flux, accompagnée d’une croissance de la taille des bateaux. Ils ont dû s’ajuster à la révolution technologique que représente le conteneur, confortée par une autre révolution, celle de l’informatique. Dans le même temps, leur hiérarchie, telle qu’elle ressort des classements, s’est trouvée bouleversée, en phase avec l’émergence de nouveaux acteurs économiques. Les dynamiques en cours dans les États asiatiques se caractérisent par une ouverture de plus en plus prononcée. Devenus des moteurs de l’activité économique mondiale, ils ont investi massivement dans la marine marchande, l’outil portuaire et la logistique, tout particulièrement dans la conteneurisation à laquelle ils se sont adaptés plus vite que la plupart des États développés. Leurs ports reflètent ce dynamisme, d’autant que, pour les plus grands d’entre eux, ils sont devenus de puissantes plates-formes logistiques de transbordement, dans le cadre de la réorganisation du transport maritime mondial. La liste des principaux ports établie sur le nombre de conteneurs « équivalents vingt pieds » (EVP) traités par an est devenue la référence, quitte à survaloriser cet instrument du transport maritime au détriment d’autres formes de transport toujours très utilisées, tels les vracs (figure 1).
Figure 1
Source : CNUCED, Étude sur les transports maritimes, 2003
Mais, quelle que soit la nature des marchandises et quel que soit le mode utilisé, les ports ont dû surtout répondre aux exigences de rapidité, de fiabilité et de sécurité qu’imposent les acteurs du transport international dans le traitement des flux, tout particulièrement les grands armements dont les stratégies sont devenues des moteurs décisifs des recompositions en cours.
Les acteurs : internationalisation et hiérarchisation
Le système d’acteurs qui organise l’intégration des chaînes maritimes et terrestres ne se résume pas à la simple action des armements maritimes et des grands opérateurs de terminaux portuaires. Il reste que, dans les multiples coopérations qui composent les chaînes, ce sont bien les actions de ces deux acteurs majeurs qui ont modifié les échelles du jeu portuaire, en consolidant des logiques proprement mondiales.
Concentration / déconcentration : les armements maritimes
La conteneurisation a consacré le rôle des armateurs dans la mise en réseau des différents espaces mondiaux, modifiant la situation spatiale des interfaces maritimes. Les ports ne sont plus ces portes d’entrée d’une aire de marché dépendante mais des points d’interaction spatiale dans un réseau global (Slack, B., 1994, « Pawns in the game : ports in a global transportation system », in Growth and Change, vol 24, pp.579-588). La mise en lignes initiale de l’espace maritime par les armateurs, lignes devenues réseaux, fait du port un simple point qui peut être activé ou non dans une stratégie de desserte pensée dans une visée mondiale et multimodale. La conteneurisation est alors un puissant accélérateur de la concurrence entre les ports luttant pour une situation nodale dans des réseaux maritimes et terrestres intégrés. Tout cela est connu. La littérature scientifique, riche, sur le rôle des armateurs semble avoir épuisé le sujet. Mais différents débats sont actuellement relancés et certaines évolutions annoncées apparaissent contredites par les pratiques récentes des armateurs. Les problématiques classiques de la concentration, des économies d’échelle, de la hiérarchisation des lignes et ports maritimes méritent un approfondissement.
L’article d’Antoine Frémont et de Martin Soppé apporte une contribution utile à ces débats. Tout en validant le processus général de hiérarchisation et de concentration des flux provoqué par la conteneurisation, leur étude de la desserte récente de la rangée nord-Europe par les armements de lignes régulières tend à valider une récente stagnation de ces processus de concentration portuaire. L’hypothèse d’une concentration générale sur un ou deux ports (mainport), évoquée un temps dans les discours commerciaux des grands ports, apparaît contredite au profit de l’émergence de ce que les auteurs appellent une « concentration armateuriale ». Si, à l’échelle de la rangée, la desserte des différents ports est toujours assurée, la concentration se joue par armateurs, chacun cherchant à sélectionner un hub préférentiel où, en position dominante, il peut gérer à son avantage le rapport de force avec le port. Entre déconcentration et concentration, les stratégies des armements maritimes tendent alors à modifier le rapport entre opérateurs et autorités portuaires.
Les terminaux portuaires en réseaux
Dans cette évolution des rapports entre ports et acteurs dominants de la gestion des flux, les grands opérateurs de terminaux portuaires assurent une orientation similaire à celle provoquée par les armements. Dans une double logique d’économie d’échelle et d’envergure, le « métier » de manutentionnaire portuaire a été marqué, durant les années 80 et 90, par un processus de fusion et d’extension aboutissant à la création de quelques oligopoles dominants. À ce mouvement de concentration sur les ports, s’ajoute une réelle internationalisation du secteur de la manutention. La composante locale des opérateurs est rendue plus floue par l’inscription des grands groupes sur différentes rangées portuaires. L’exemple le plus significatif est sans doute l’actuelle introduction des groupes asiatiques (Port of Singapour Authority, Hutchinson Port Holding) dans la manutention européenne. Mais la présence des grands groupes européens (Eurogate, P&O Ports) dans plusieurs ports témoigne de la même logique du processus de « sortie » locale des intérêts portuaires.
Entre l’échelle locale et l’échelle internationale, l’article de Valérie Lavaud–Letilleul propose un renouvellement de la réflexion sur cette mise en articulation d’acteurs aux champs d’action différents. Traitant des projets de développement de nouveaux terminaux à conteneurs dans les ports européens d’Anvers et de Rotterdam, l’auteur démontre cette complexité des montages de projet, liée à des conflits d’acteurs, qui sont aussi des conflits d’échelle. L’articulation des pratiques privées et publiques impose alors une réflexion multiscalaire, c’est-à-dire la prise en compte du télescopage des différentes échelles qui composent les logiques territoriales, entre ports et flux.
Espaces : une modification des logiques d’hinterland ?
Ces pratiques privatistes impliquent une remise en cause des logiques d’arrière-pays ou d’hinterland. La réflexion sur les acteurs des flux portuaires est indissociable d’une réflexion sur les espaces des flux portuaires. Autour de la desserte portuaire s’organisent des pratiques qui modifient les équilibres hérités, toujours fragiles, dans des espaces de concurrence de plus en plus vastes. Le débat reste néanmoins ouvert entre l’idée d’un espace sans cesse mouvant, modifié par des stratégies changeantes, et le point de vue contraire valorisant l’image d’une certaine permanence dans les territoires portuaires. L’article de Bruno Marnot, traitant de l’insertion des ports français dans la chaîne multimodale au XIXe siècle, apporte une contribution intéressante à ce débat. Les logiques à l’Å“uvre à cette époque, le défi des investissements, la nécessité d’une « adaptation permanente », les effets de taille et de situation décrits par l’auteur sont toujours d’une actualité édifiante. Sans trancher le débat, ce dossier contribue à un nouvel éclairage des logiques d’hinterland.
Espace global, entrées multiples
Sans poser directement la question des hinterlands, aborder la problématique de la concentration permet de traiter des évolutions probables des compositions spatiales des arrière-pays. Ainsi Antoine Frémont et Martin Soppé abordent-ils la question de cet espace de concurrence global commun à l’échelle européenne. Si l’idée de concentration extrême impliquait un hinterland unique pour un ou deux ports, les hubs dédiés par armements préfigurent peut-être une logique d’hinterland marquée par le chevauchement des espaces portuaires, autrement dit la consolidation d’un espace global à plusieurs entrées maritimes. L’accélération des logiques concurrentielles est alors provoquée par le télescopage des réseaux d’opérateurs mondiaux.
Entre réseaux et zones
Mettant en question cette figure du réseau, reflet des évolutions fortes impulsées par la conteneurisation, dominante dans les recherches en cours sur les flux maritimes, la contribution de Delphine Dubreuil n’est que plus appréciable. « Hors conteneur », elle démontre un autre type de complexité des emprises territoriales liées à la desserte des ports. À travers l’exemple du cabotage européen et l’analyse par la production des filières « papiers » et « automobiles », l’auteur définit une forme hybride d’hinterland basée sur différentes échelles géographiques. Entre la figure du réseau et la figure de la zone, l’hinterland du cabotage maritime articule des logiques de filières organisées en réseau spécialisé avec des zones plus diffuses et moins hiérarchisées pour les fret de compléments. Cette lecture nouvelle permet de poser autrement la question du rôle du port dans ses fonctions d’interface entre des logiques industrielles différentes.
Flux portuaires et échelles locales
Au bout du compte, dans ces regards croisés sur les flux portuaires, la question qui est posée est celle du rôle du port en tant que pôle dans un territoire localisé. Le glissement progressif de la notion de « réseaux portuaires » à celle de « ports réseau » traduit cette évolution vers le primat des fonctions d’intégration dans des réseaux mondiaux. L’internationalisation des opérateurs, les processus de hiérarchisation et de massification décrits, la concurrence portuaire sont autant d’éléments qui brouillent la notion même d’échelle locale. Les contributions de ce dossier posent ainsi la question de l’intérêt local de cette participation des ports au réseau.
Ports et flux : de quelques thématiques non traitées
Les quatre contributions à ce dossier, complémentaires, grâce à la différence des perspectives choisies, participent aux débats contemporains relatifs aux évolutions du système de transport dans un environnement mondialisé. Elles concernent cependant toutes les quatre l’espace européen. Malgré de très nombreux travaux sur les flux portuaires en Asie, aucune proposition de contribution sur ce champ spatial n’est parvenue à la Revue. Cette absence réduit l’ambition du projet, sans nuire pour autant à la légitimité des réflexions d’ensemble qui y sont présentées. Les logiques de concentration / déconcentration, l’articulation ou l’opposition entre pratiques privées et publiques, l’investissement dans un contexte concurrentiel, le besoin d’insertion dans les réseaux des opérateurs mondiaux, le rôle du port dans ces réseaux sont autant de questions explicitement abordées et qui remettent en question les cadres classiques de la gestion portuaire.
D’autres thématiques, nombreuses, relatives aux « flux portuaires » mériteraient examen. Sans les citer toutes, il semble important d’énoncer quelques pistes actuelles, non traitées dans cette livraison, qui doivent intégrer les débats en cours.
Ports et contrôle territorial
Les ports ne sont plus guère étudiés comme les lieux d’affirmation de la souveraineté nationale. Ils ne semblent plus constituer des instruments au service d’une politique d’indépendance, de grandeur et de puissance. Mais la question demeure pertinente en particulier quand on observe le cas des États issus de la fin des empires coloniaux. L’appel à contributions pour cette livraison de la revue Flux pointait pourtant cette dimension du fonctionnement des ports, suggérant la nécessité de bien en prendre la mesure. Il est significatif qu’aucune réponse n’ait été apportée à cette interrogation. Or le contrôle territorial qui relève toujours des missions régaliennes de l’État demeure une des dimensions de l’organisation et du fonctionnement des ports, en tant que le port est porte d’entrée ou de sortie d’un territoire national, et même désormais d’un territoire sous-régional, au sens des instances internationales quand elles considèrent des regroupements du type de l’Union européenne par exemple. Se pose d’abord la question du contrôle des hommes et les femmes qui y travaillent ou qui y font escale, qui y embarquent ou qui débarquent. Ils sont soumis à des contrôles qui peuvent être ceux de la police, de la douane ou d’entreprises en charge de la sécurité des installations portuaires, relevant des autorités portuaires, des opérateurs ou d’entreprises spécialisées. Ces contrôles relèvent, entre autres, des politiques migratoires mises en place par les États. Ils relèvent également d’une réponse aux évolutions de la conjoncture politique internationale.
Si la puissance publique doit assurer la sécurité des personnes, elle le doit aussi pour les biens qui circulent. Les flux de marchandises sont encore soumis à une série de limitations et de pratiques restrictives, malgré les abaissements progressifs des barrières de toute nature propres aux économies protectionnistes. Ces contrôles portent principalement sur les flux de matières dangereuses, légales mais fortement réglementées, ou sur les matières pouvant avoir des conséquences en matière de santé publique. Quant aux flux de marchandises illicites, relevant de pratiques considérées comme criminelles selon les lois établies, ils sont recherchés pour être stoppés et les marchandises saisies et détruites. Il en va des trafics de drogue, des trafics d’armes non autorisés et, de plus en plus souvent, de la lutte contre les produits de contrefaçon fabriqués dans les pays dits émergents et vendus dans le monde entier, au mépris des réglementations internationales en matière de brevets, de droits de la propriété intellectuelle et de droits à l’image. Les ports, comme tous les lieux de transport, sont par conséquent des lieux soumis à des contraintes de contrôle. Ceci prend du temps, implique des investissements matériels spécifiques, exige des personnels dédiés, a un coût… La fluidité des flux s’en trouve nécessairement atteinte et la concurrence exacerbée entre les ports se joue aussi sur leur capacité à articuler les exigences des acteurs privés et celles des autorités publiques, fondées sur des logiques radicalement différentes.
Mais, à côté des puissances publiques étatiques ou régionales, les ports sont aussi lieu de contrôle par les opérateurs eux-mêmes. Les autorités portuaires ont le devoir, vis-à-vis de leurs clients, d’assurer la qualité du service proposé, en termes d’accompagnement des navires depuis la mer jusqu’aux quais, de sécurité des procédures de déchargement et de chargement, de circulation sur les quais, sur les terre-pleins, sur les voies d’accès, à l’intérieur du domaine portuaire qui leur est juridiquement reconnu. Il est nécessaire de s’assurer que les marchandises qui transitent ne seront pas volées ou détériorées, que la sécurité des acteurs est assurée. Au bout du compte, la plupart des ports du monde sont devenus des sortes de territoires enclos où la liberté de mouvement est sous contrôle permanent. Ces dimensions ne sont pas secondaires dans la compétition qui se joue entre ports et sur l’organisation des flux.
Flux portuaires et innovation
Les ports sont souvent perçus et représentés comme des entreprises aux technologies rudimentaires, comme une sorte d’industrie lourde éloignée des activités de haute technologie qui dynamisent l’économie. Les ports sont effectivement des entreprises qui ont à traiter des marchandises pondéreuses, aux volumes et aux masses élevés. La course au gigantisme, la massification des flux, l’accélération des processus de manutention avec des portiques toujours plus performants en témoignent.
Mais s’interroger sur les ports, c’est aussi intégrer à ses analyses la dimension technique et l’innovation technologique. Les ports et les autorités qui les gèrent doivent sans cesse répondre aux innovations qui proviennent de la construction maritime mais aussi de la logistique confortée par les progrès des technologies de l’information et de la communication, s’ils veulent rester compétitifs.
Pour ce faire deux grandes catégories de compétence sont concernées. Les premières relèvent de la réponse que les ports peuvent apporter à la masse croissante de marchandises qui circulent dans le monde. Il en va de leur capacité à recevoir des navires toujours plus grands pour des escales toujours plus courtes (profondeur des chenaux d’accès, profondeur des bassins, longueur des quais, surfaces de stockage, nombre de portiques ou de grues…). La durée de stationnement aux quais doit être impérativement réduite. Les passages d’écluses quand ils sont obligatoires doivent également être raccourcis. Il faut surtout des facilités d’accès terrestre sans cesse améliorées. Un port n’est rien sans infrastructures de desserte des arrière-pays.
Mais un port, désormais, ne peut rivaliser avec ses concurrents sans s’emparer des technologies de pointe qui vont lui permettre de recevoir, traiter, diffuser l’information qui accompagne tout acte de transport. Les chargeurs exigent de savoir à tout moment où se trouve la marchandise dans son processus de circulation. La révolution technologique majeure des ports est dans la rapidité, la fiabilité, la sécurité du traitement de l’information. La fluidité du transport est au prix d’une connexion maximum entre les divers acteurs de la chaîne logistique, qu’ils soient opérateurs privés directement concernés ou autorités portuaires et autorités publiques en charge du contrôle territorial. La diffusion des technologies de l’information et de la communication dans tout le processus logistique est un facteur déterminant de compétitivité et par conséquent de réussite. Dans les ports du Nord, c’est devenue une évidence. Dans les ports du Sud, cela le devient très rapidement.
Or, dans la recherche sur les ports et les flux portuaires, cette dimension est encore peu abordée et les études portent davantage sur les indicateurs de capacité à traiter des marchandises pondéreuses et surtout des conteneurs plutôt que sur les avantages comparatifs des ports en matière de traitement de l’information. Les armements y sont eux attentifs, mais leur positionnement sur cette question n’a pas encore donné lieu à des études approfondies.
Cette livraison de Flux ne prétend donc pas à l’exhaustivité sur la question des flux portuaires. Elle est une ouverture sur des recherches en cours et des débats qui animent les chercheurs et les acteurs. Est ainsi relancée la nécessaire interrogation sur les dimensions spatiales des processus de transaction, combinés aux revendications de souveraineté, aux exigences environnementales et aux progrès technologiques, le port étant le lieu de friction où s’opère leur rencontre.
Chantier naval à Newcastle, Angleterre, 2004
Photo : Agnès Sander