2006
Flux
Repères bibliographiques
À signaler
Serge Wachter, Jacques Theys, Yves Crozet, Jean-Pierre Orfeuil (dir.), La mobilité urbaine en débat. Cinq scénarios pour le futur ?, Certu, Drast, ministère de l’Equipement, 2005, 210 p.
Il se dit beaucoup de choses fausses sur la mobilité ! Ce n’est pas le moindre intérêt de cet ouvrage que de proposer un état des lieux rigoureux de tout ce qui concerne les déplacements en France et de formaliser les divers facteurs explicatifs de leurs évolutions.
Quant à l’exercice de prospective, il consiste à croiser deux types de choix politiques : maintien/accroissement ou réduction de la mobilité, avec deux formes de régulation, l’un recourant préférentiellement aux organisations et aux processus collectifs, l’autre aux incitations individuelles et aux instruments économiques.
Cette démarche conduit à l’élaboration de quatre scénarios, base sérieuse de réflexion et de débat : volontarisme technologique, connaissance des coûts et vérités des prix, maîtrise de la mobilité par une transaction urbaine, maîtrise de la mobilité par des transactions privées.
Un livre utile, précis, pédagogique, sans langue de bois ni a priori idéologiques.
Jean Poulit, Le territoire des hommes, Bourin Editeur, 2005, 350 p.
On connaît les obsessions de l’ingénieur des Ponts-et-Chaussées Jean Poulit : les nuisances en ville décroissent, la circulation favorise la richesse, le temps consacré aux transports est constant… C’est depuis 1974, date à laquelle est publiée une note sur « Urbanisme et transport : les critères d’accessibilité et de développement urbain », qu’il milite pour cette notion d’accessibilité. La logique économique qui sous-tend ses raisonnements a ses limites.
Mais elle combat utilement les conclusions parfois erronées du « bon sens » et ouvre d’intéressantes pistes au renouvellement des méthodes d’évaluation des projets de transport.
Anne Volvey (dir.), Echelles et temporalités. Editions Atlande, 2005, 240 p.
Les sujets de concours de Capes ou d’agrégation ont du bon ! Ils fournissent l’occasion d’éditer de petits ouvrages didactiques et originaux, tel celui consacré aux échelles et temporalités en géographie. Réflexions épistémologiques et méthodologiques voisinent avec des éclairages et des études de cas d’une stimulante diversité : les bureaux du temps, le tram-train, l’ubiquité publicitaire… Flux et Réseaux sont naturellement à l’honneur.
Alan Mitchell, Rêves parisiens. L’échec de projets de transport public en France au XIXe siècle. Presse des Ponts et Chaussées, 2005, 140 p.
Comme l’indique François Caron dans sa préface, Alan Mitchell a eu une excellente idée de rapprocher quatre grands projets d’équipement, qui furent discutés en France au XIXe siècle puis abandonnés : une ligne de chemin de fer reliant Paris à Londres ; un canal de la mer à Paris pour faire de la capitale un grand port maritime ; une gare centrale à Paris ; un réseau de voies ferrés couvrant la ville. Pour les historiens des techniques tenants de la construction sociale de la technologie, l’échec est aussi fécond que le succès. Le professeur émérite à l’université de Californie à San Diego le prouve d’une plume rigoureuse et alerte.
Jean-Marc Offner, Le point sur … Les plans de déplacementss urbains, PREDIT / La Documentation française, 2006, 96 p.
Relancés par la loi sur l’air de 1996, les plans de déplacements urbains (PDU) sont un outil majeur de la conduite des politiques publiques locales. Par delà les aspects sociaux, économiques et environnementaux du transport, cette procédure de planification met en cause pratiques et structures urbaines. Les impératifs du développement durable lui confèrent des enjeux aussi bien locaux que globaux.
Mieux articuler gestion de la mobilité et organisation des territoires agite les institutions publiques depuis plusieurs décennies. C’est à l’aune de ces apprentissages que doit s’analyser le mode de fabrication actuel des PDU. Les recherches concluent à une quête inachevée de la cohérence et de l’efficacité de l’action publique.
Deux principes permettront de dépasser ces démarches par trop sectorielles : l’élaboration de référentiels, aptes à formaliser une vision mobilisatrice du monde que les acteurs entendent transformer ; l’attention aux modalités concrètes du travail au sein des instances technico-administratives. Dans cette Ĺ“uvre idéologique et pragmatique de « repolitisation », l’expertise tant savante que participante constitue une ressource stratégique pour l’Etat et les pouvoirs locaux.
Guichard Éric. (dir.), Mesures de l’internet, Les Cana-diens en Europe, Volume VI, 2004
Les contributions de cet ouvrage collectif sont le résultat d’un colloque organisé par l’INRIA en 2003, autour de l’« Atelier Internet » de l’ENS (équipe Réseaux, Savoirs & Territoires). « Mesures de l’internet » propose de croiser des recherches canadiennes et françaises de plusieurs horizons disciplinaires, entre sciences humaines et informatique proprement dite. Les études rassemblées ici discutent des possibilités ouvertes par le traitement des nombreuses données et traces d’usage que génèrent les flux d’échange sur Internet. L’analyse quantitative de vastes bases de données est susceptible de permettre une meilleure compréhension du fonctionnement d’internet et de ses usages sociaux. Le data mining ouvre notamment dans cet ouvrage sur une analyse sémantique du web, ainsi que sur des tentatives de topologie et de cartographie de ces espaces virtuels.
Boisvert, Michel (dir.), L’urbain. Un enjeu environnemental, Presses de l’Université du Québec, 2004, 230 p.
L’ouvrage collectif témoigne de l’émergence de la question environnementale en milieu urbain. Divisé en trois parties, il touche la question des risques en milieu urbain, l’évaluation environnementale et finalement l’aménagement régional et le paysage.
Kaplan Daniel, Lafont Hubert, Mobilités.net – Villes, transports, technologies face aux nouvelles mobilités, collection « Questions numériques », coédition FING-LGDJ, 2004
Cet ouvrage très dense questionne la complexité des rapports entre la mobilité des hommes et les outils de leur mobilité, tant du côté des transports que de celui des techniques de communication dites mobiles. Pour ce faire, il prend la forme d’un laboratoire d’idées, en regroupant 66 contributions sur quelques 380 pages. Les auteurs sont des chercheurs, des techniciens, entrepreneurs et élus réunis par la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING) et la RATP. Le croisement d’une multiplicité de perspectives qui s’ensuit marque le projet du sceau de la complexité.