Flux
Métropolis

I.S.B.N.sans
112 pages

p. 21 à 34
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Dossier : Politiques de déplacement et planification territoriale

n° 69 2007/3

Les projets des agglomérations en matière de transport : représentations, projets, conflits et stratégie de « détournement » des réseaux

Hélène Reigner Frédérique Hernandez
La perspective adoptée ici nous a permis d’interroger la « panne de problématisation » (Offner, 2006) en matière de politiques locales de transport et de déplacement. Ce qui est mis en avant, c’est la non explicitation, par les agglomérations, de la globalité de leur projet, de leurs stratégies et de leurs priorités.
En effet, mis côte à côte, la cartographie des multiples projets, à première vue épars, portés par les représentants des agglomérations (Aix-en-Provence, Aubagne et Grenoble) dessine un modèle cohérent bien qu’implicite, d’organisation des déplacements. Ce modèle générique d’organisation de la circulation permet aux agglomérations, en quête d’attractivité, de combiner, à leur échelle, accessibilité et protection vis-à-vis de l’automobile.
Cependant, les agglomérations ne sont que partiellement maîtresses des réseaux qui traversent et structurent leur territoire. La concrétisation de ce modèle générique se heurte à d’autres représentations du territoire, et donc à d’autres représentations de l’usage des réseaux, portées par d’autres acteurs, agissant à d’autres échelles. Ainsi, l’enjeu central, bien qu’implicite, pour les représentants des agglomérations, consiste à construire une représentation de la ville et des réseaux de transport qu’elle accueille, qui accule les gestionnaires du réseau de type autoroutier à l’évolution urbaine de l’usage de ce réseau. Ce faisant, ces voiries peuvent être utilisées pour concrétiser le projet urbain des agglomérations.
Plutôt que d’expliciter leur projet et ses implications à différentes échelles, au risque d’entrer en conflit frontal avec les autres gestionnaires du réseau, notamment l’État, les agglomérations développent des stratégies, projet par projet, de façon à « détourner » l’usage des réseaux dont elles ne sont pas gestionnaires.
Au total, adopter une démarche compréhensive pour saisir le point de vue des agglomérations conduit à relativiser les critiques relatives aux politiques de transport et de déplacement tant en termes de déficit de problématisation que d’inefficacité des procédures.
The outlook adopted here has enabled us to pose the question of the “breakdown of problematization” (Offner, 2006) in the area of local transportation and travel policies. The focus is on the non-explicitness, among conurbations, concerning the globality of their projects, their strategies and their priorities.
Indeed, placed side-by-side, the mapping, which seems sparse at first glance, of many projects put forward by the representatives of conurbations (Aix-en-Provence, Aubagne and Grenoble) gives rise to a consistent, though implicit, model of travel organisation. This generic model of the organisation of traffic enables conurbations seeking attractiveness to combine accessibility and protection vis-à-vis the automobile on their own scale.
Conurbations are, however, only partially masters of the networks that cross and structure their territory. The concretisation of this generic model runs up against other representations of the territory, and therefore other representations of how the networks are used, brought forward by other actors acting on other scales. Thus, the central, though implicit, challenge for the representatives of the conurbations consists in constructing a representation of the city and the transportation networks it is home to, which pushes the managers of motorway-type networks toward an urban evolution in the use of this network. While doing this, these roads can be used to concretise the urban projects of the conurbations.
Rather than explaining their projects and their implications at different scales, with the risk of entering into full-frontal conflict with the other network managers, notably the State, the conurbations are developing strategies, project by project, to “divert” the use of networks that they do not manage.
In all, adopting a comprehensive method for understanding the point of view of the conurbations leads to relativising the critiques of transportation and travel policies in terms of the deficit of problematization and the ineffectiveness of procedures.
• Enjeux des politiques locales de transport et de déplacement et modèle générique d’organisation de la circulation
— Une représentation des territoires et de l’organisation des réseaux de transport portée par les agglomérations
— Un modèle générique d’organisation de la circulation
• À chacun sa « cohérence » : conflits d’échelle et de domanialité du réseau face à l’extension urbaine
— Étalement urbain et réseau autoroutier : cœur du conflit entre l’État et l’agglomération d’Aubagne
— L’accroche à l’Arc Méditerranéen, enjeu des conflits entre l’État et la Communauté d’Agglomération du Pays d’Aix (CPA)
— Des stratégies pour « détourner » le réseau : ne pas dévoiler toutes ses cartes
— La sécurité routière : une arme pour acculer l’État à l’évolution urbaine de son réseau autoroutier
— Aix : Une imbrication implicite du ferré et du routier au service d’une rhétorique qui accule l’État à tenir le « mauvais rôle »
— Grenoble : une stratégie dévoilée, un PDU annulé
• Conclusion
• Bibliographie


© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis