2007
FLUX
Dossier : Politiques de déplacement et planification territoriale
Avant-propos
Michel Rousselot
Président du GO 11 du Predit
Le second séminaire francophone de socioéconomie des transports d’Europe de l’ouest, dont les actes sont publiés dans ce numéro de Flux, a été organisé par la direction de la recherche du ministère des transports (DRAST), dans le cadre de son action francophone.
Il a traité des politiques de déplacement et de la planification territoriale. Compte tenu de ce thème, il était tout naturellement placé sous le patronage du groupe opérationnel n° 11 du PREDIT. En effet, ce groupe a été chargé de promouvoir un ensemble de recherches sur les politiques de transports, recherches qui se sont organisées selon trois axes : la prospective, les outils et méthodes d’élaboration des politiques et la socioéconomie de l’innovation.
Le groupe 11 a vite reconnu la nécessité de bien identifier les décideurs publics, porteurs des politiques de transports aux différents niveaux d’organisation territoriale. Avec les progrès de la décentralisation, il constate que s’affirment de plus en plus nettement les responsabilités des régions, des départements et des agglomérations. À l’échelle de ces territoires, des liens étroits d’interdépendance, à court et à long terme, s’établissent entre l’aménagement du territoire et l’urbanisme d’une part, l’organisation et la gestion des systèmes de transports de personnes et de marchandises d’autre part. C’est dire combien le thème de ce séminaire est apparu actuel et important aux yeux du groupe 11.
Au niveau des principes, les démarches de planification territoriale doivent englober les politiques de transports dans une vision globale et prospective de l’avenir : localisation de l’habitat et des activités, meilleure utilisation des espaces disponibles, localisation et organisation des pôles et des axes du développement. L’impératif du développement durable impose de promouvoir un aménagement économe en ressources rares et favorables aux transports collectifs. En France, cette cohérence est recherchée par l’élaboration des schémas de cohérence territoriale (SCOT) qui doivent encadrer les plans locaux d’urbanisme (PLU) et les plans des déplacements urbains (PDU).
Mais, en pratique, ce dispositif législatif et réglementaire est loin d’avoir toute l’efficacité souhaitée. Il se heurte à de multiples obstacles : le périmètre des territoires de planification mal adapté à la taille des « vrais problèmes », la question des compétences respectives des différentes autorités concernées, des problèmes de calendriers tenant à la longueur des procédures et à leurs mauvais échelonnements respectifs, des problèmes de méthodes, des difficultés politiques locales… Comment faire ?
Pour y voir plus clair, il est indispensable d’effectuer des analyses critiques détaillées de plusieurs démarches de planification territoriale incluant la planification des systèmes de transports et d’en évaluer les résultats. Il est indispensable aussi de conduire ces analyses dans différents pays afin de mieux cerner les effets des structures territoriales, des procédures, des contextes politiques différents d’un pays à l’autre, afin aussi de dégager les « meilleures pratiques ».
C’est dans cet esprit qu’était organisé le séminaire. C’est ce qui a fait la richesse des débats. C’est ce qui fait tout l’intérêt de la publication des contributions qui suivent.