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Métropolis

I.S.B.N.sans
104 pages

p. 33 à 48
doi: en cours

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Dossier : Réseaux et frontières. Géopolitiques (I)

n° 70 2007/4

La construction territoriale de l’indépendance : réseaux et souveraineté en Asie centrale post-soviétique

Julien Thorez
Au moment de leur indépendance en 1991, les États d’Asie centrale post-soviétique (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan) ont hérité d’espaces nationaux enclavés, émiettés, compartimentés et imbriqués, c’est-à-dire d’une assise territoriale mal appropriée à leur statut inédit d’état souverain. Dans le contexte de la transition géopolitique post-soviétique, le manque de cohésion, l’interdépendance fonctionnelle et l’enclavement des espaces nationaux ont menacé la viabilité et la souveraineté des pays centre-asiatiques. Devant les contraintes politiques, économiques et sociales induites par cette configuration spatiale, la politique de consolidation étatique menée par les autorités post-soviétiques comprend un important volet territorial. La politique d’aménagement du territoire repose non seulement sur la fonctionnalisation des frontières et la valorisation des lieux du pouvoir mais également sur le remodelage des réseaux de transports (routier, ferroviaire, aérien), action dont les autorités attendent des effets spatiaux, politiques et symboliques. A l’échelle républicaine, il s’agit d’adapter les réseaux aux frontières, en élevant leur connexité et leur connectivité, dans la perspective d’unifier les espaces nationaux et de limiter l’interdépendance produite par la politique d’aménagement soviétique. Dans le même temps, à l’échelle internationale, la construction d’axes de désenclavement alternatifs et la réorientation du réseau aérien permettent l’insertion des républiques d’Asie centrale dans l’espace eurasiatique et modifient les mécanismes de domination au sein du champ géopolitique régional. En contribuant à la résolution de l’enclavement, ces modalités d’ajustement du treillage au maillage réduisent les contraintes qui affectent la viabilité des États centre-asiatiques. Par-delà la transformation de l’organisation de l’espace, la construction des réseaux participe également du dispositif sémiotique développé pour affirmer la légitimité, la souveraineté et la centralité des Etats d’Asie centrale post-soviétique. After the collapse of the USSR, territories inherited by central Asian countries were land-locked, fragmented and interwoven. This territorial organisation was not appropriate to the Kazakhstan’s, Kyrgyzstan’s, Uzbekistan’, Tajikistan’s and Turkmenistan’s new sovereign status. In the context of post-Soviet geopolitical transition, lack of spatial cohesion, functional interdependence and land-lockedness are a problem for the state’s viability and sovereignty. Because of the political, economical and social constraints produced by this spatial configuration, the post-Soviet politics of nation building include a territorial approach. The territorial politics consists to functionalise borders, develop the capitals and, to reorganize the transport infrastructures. On a national scale, the central Asian states want to optimise their networks for their own need, to unify national spaces and to reduce the interdependence produced by the Soviet policy. On an international scale, they support the constructions of alternative routes and the reorientatio no fair space to incorporate Central Asia within Eurasia and to modify regional mechanisms of geopolitical domination. Contributing to rising accessibility, the adjustment of the national infrastructures reduces the territorial obstacles to the sovereignty of central Asian states. Beyond the transformation of the territorial organisation, the development of transport networks also functions as semiotic device developed to affirm the legitimacy, sovereignty and centrality of post-Soviet central Asian states.
• Les enclavements post-soviétiques : une entrave à la souveraineté
— Des espaces nationaux discontinus : enclaves et périclaves
— Enclavement aréolaire et enclavement réticulaire: les dépendances de l’indépendance
• Ajuster l’espace au territoire
— Cohésion réticulaire et souveraineté nationale
— Unifier les réseaux domestiques (1) : les aménagements ferroviaires
— Unifier les réseaux domestiques (2) : les aménagements routiers
— Réduire les distances-temps
• Ouverture et désenclavement : développement et affirmation nationale
— Les compagnies aériennes nationales, des outils d’affirmation et d’émancipation
— Le désenclavement, entre politique régionale et stratégies nationales
• Conclusion
• Bibliographie


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