Revue française d'administration publique
E.N.A.

I.S.B.N.sans
206 pages

p. 157 à 168
doi: 10.3917/rfap.101.0157

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Les outre-mers face à l'intégration européenne et à la mondialisation

no101 2002/1

2002 Revue française d’administration publique Les outre-mers face à l’intégration européenne et à la mondialisation

Le Pacifique : à la recherche du développement dans un espace émietté

Paul de Deckker Professeur à l’Université de la Nouvelle-Calédonie
Having charted the physical and cultural, economic, political and social data, and having analysed the regional and international relations of the Pacific zone, it is now possible to trace the key lines of political and economic developments in this region of the world.
 
DONNÉES CONTRASTÉES
 
 
Données physiques et culturelles
Vingt-deux entités politiques insulaires sont réparties au sein de l’Océan Pacifique sur une superficie maritime de 31 millions de km2. Ces pays et territoires recouvrent quelques 550 400 km2 de terres émergées, la Papouasie Nouvelle-Guinée en représentant à elle seule plus des quatre-cinquièmes. Les archipels sont petits, voire minuscules mais, à cause de leur dispersion géographique, certains d’entre eux possèdent des zones économiques exclusives très vastes. La République des Salomon vient en deuxième rang pour sa superficie (28 369 km2 ) tandis que Tuvalu, Tokelau et Nauru ont des superficies émergées inférieures à 30 km2.
Trois types de structures géologiques permettent de différencier ces milieux insulaires en trois catégories : les formations serpentines complexes (Papouasie Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Calédonie); les structures volcaniques hautes (Tahiti, Rarotonga); les atolls coralliens (Tuamotu, îles Marshall).
Les archipels de la première catégorie disposent des plus grandes superficies et des ressources naturelles les plus riches de la région. Ils ont connu les premiers mouvements migratoires en provenance d’Asie bien avant notre ère; ceux-ci se sont étagés dans le temps, raison pour laquelle la diversité culturelle et linguistique y est très prononcée (plus de 1 000 langues dans ce qu’il est convenu de dénommer la Mélanésie).
Les îles à structure volcanique haute qui composent généralement le triangle polynésien sont également montagneuses et ces archipels connaissent soit une grande dispersion géographique (les îles de la Société), soit sont compactes en étant constituées par quelques îles rapprochées les unes des autres (Samoa occidentales).
Enfin, le monde des atolls, dont les surfaces émergées sont réduites à l’extrême, ne dispose d’aucune ressource foncière réelle. Bien que les atolls coralliens soient présents dans l’ensemble du Grand Océan, ils sont exclusifs de la Micronésie, située au nord de l’Équateur. Les entités politiques formées d’atolls connaissent parfois un degré de dispersion géographique fort élevé. Ainsi, la République de Kiribati dont la superficie foncière totale s’élève à 699 km2, comprend 33 îles réparties sur quelques 5 millions de km2 océaniques. Tarawa, la capitale, est située à 4 000 km des îles les plus orientales de la République.
Micronésie, Mélanésie et Polynésie se rencontrent ainsi à la croisée de la ligne internationale de changement de date et de l’Équateur, croisée partageant le monde entre hier et aujourd’hui, et le Pacifique entre nord et sud.
Les entités micronésiennes [1] ont habituellement peu de ressources exploitables et sont donc lourdement dépendantes de l’assistance extérieure. Exceptés Kiribati et Nauru, les archipels micronésiens se sont tous trouvés sous juridiction américaine, Guam en tant que territoire, les autres en tant que territoires sous tutelle des Nations Unies.
De loin les plus peuplés et les plus dotés en ressources foncières et naturelles, les pays mélanésiens [2] tentent depuis quelques années d’affirmer une identité partagée dans le souci de faire valoir un point de vue commun sur la scène régionale et internationale.
Les archipels polynésiens [3] sont nettement plus réduits par leur superficie émergée que les pays mélanésiens. Si certains d’entre eux disposent de ressources propres leur permettant une existence relativement confortable (tels Tonga et Samoa), les plus petits d’entre eux — les atolls comme à Tokelau et à Tuvalu — sont réduits à une économie de subsistance. Fortement dépendantes de l’aide extérieure, leurs populations ne trouvent souvent un exutoire que dans l’émigration. Ainsi, des archipels comme Wallis-et-Futuna, Niue, Tokelau et les îles Cook ont-ils plus de leurs ressortissants vivant à l’extérieur que dans l’archipel. On recense plus de 100 000 Samoans à Auckland, Honolulu et Los Angeles pour quelques 200 000 habitants dans l’archipel d’origine. Les îles éloignées des centres urbains se vident de leur population rurale au profit des entités centrales ou des métropoles périphériques.
Le Pacifique insulaire est peuplé par 8 millions d’habitants, la Papouasie Nouvelle-Guinée en abritant à elle seule 4,5 millions et Fidji plus de 700 000. Le taux de croissance démographique est élevé et il n’est pas rare de trouver des archipels dont plus de 50 % de la population a moins de 20 ans.
Les données économiques, politiques et sociales
La Mélanésie recèle des dépôts substantiels de minerais tels que l’or, le nickel, le cuivre. Alors que l’exploitation du nickel et du chrome en Nouvelle-Calédonie date du siècle dernier, des gisements importants d’or et de cuivre ont récemment été mis en exploitation en Papouasie Nouvelle-Guinée ainsi que des hydrocarbures. Fidji produit également quelques tonnes d’or. Comptant pour 84 % de la population totale du Grand Océan, la Mélanésie dispose des plus vastes terres agricoles et forestières ainsi que de zones maritimes économiques exclusives non négligeables qui présagent non seulement d’une diversification des activités économiques, mais aussi de leur croissance. Ainsi, Fidji est le principal exportateur de sucre de canne de la zone tandis que les Salomon ou la Papouasie Nouvelle-Guinée font l’objet d’une exploitation intensive de leurs forêts primaires par des intérêts japonais ou malais. Les autres pays et territoires du Pacifique sud vivent dans une économie de subsistance stricte, ne pouvant être améliorée qu’en fonction du bon vouloir provenant de la communauté internationale et de l’assistance au développement qu’elle peut transférer.
Sur les 22 entités insulaires, 15 ont une population de moins de 100 000 habitants. Parmi celles-ci, 5 en ont moins de 10 000. Dix d’entre elles sont indépendantes au plan constitutionnel et 5 se situent dans le cadre d’un partenariat sous la forme d’un self-government en association libre avec la Nouvelle-Zélande ou un compact of free association avec les États-Unis.
Les deux tiers de ces entités ont accédé à leur nouveau statut respectif après 1975 ce qui explique partiellement leur fragilité institutionnelle. Le seul pays à avoir revendiqué son indépendance constitutionnelle est le premier à l’avoir obtenue : les Samoa occidentales en 1962. Tous les autres y ont accédé par la volonté propre du Royaume-Uni, de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie, ces deux dernières ayant cherché à se positionner sur la scène internationale en se faisant les chantres à l’ONU de la décolonisation du Pacifique insulaire. C’était, en effet, le meilleur moyen pour Canberra et Wellington d’obtenir au niveau des instances internationales un statut respectif de puissance régionale. Par voie de conséquence, ceci permettait d’affaiblir la position de la France vis-à-vis de ses territoires dans le Pacifique [4]. La France a longtemps été jugée, à Canberra comme à Wellington, comme une intruse dans un lac à vocation anglo-saxonne.
Les systèmes politiques en vigueur dans les pays indépendants du Pacifique insulaire s’articulent en général sur le système parlementaire du type de Westminster, fortement empreints toutefois de connotations traditionnelles et coutumières.
Si la situation politique des pays indépendants est restée relativement stable dans les années qui ont suivi immédiatement les indépendances constitutionnelles, elle s’est dégradée au travers de coups d’État (Fidji) ou de tentatives de coups d’État (Papouasie Nouvelle-Guinée, Fidji), essentiellement dans l’arc mélanésien, et pour les habituelles raisons économiques ou financières. En effet, la pénétration de vecteurs d’influences occidentales a souvent bouleversé en profondeur les réalités socio-économiques et politiques traditionnelles de ces entités. À l’aune des notions de développement et de modernisation, les sociétés traditionnelles du Pacifique ont été contraintes de s’engager dans la voie de l’adaptation en matière de scolarisation, d’hygiène publique, de l’ouverture sur l’extérieur par les transports aériens ou maritimes. Il en est résulté les conséquences habituelles : exode rural vers les centres urbains, désœuvrement pour raisons de manque d’emplois disponibles, éclatement des cellules familiales, introduction de maladies nouvelles. Les communautés rurales en sont profondément affectées au regard de leur viabilité, les centre urbains sont de plus en plus chaotiques avec l’arrivée de ruraux en quête d’emplois inaccessibles, un alcoolisme endémique, l’apparition de bidonvilles et d’une criminalité nouvelle.
Les programmes d’aide au développement, multilatéraux comme bilatéraux, affichent pour principal objectif de favoriser la création d’emplois par le biais de la croissance économique et de la formation de la main-d’œuvre, sans toutefois chercher à contrôler les flux migratoires en provenance du monde rural.
Les taux de mortalité infantile ont fortement baissé grâce aux divers programmes appliqués, sauf en Papouasie Nouvelle-Guinée, et l’espérance de vie continue de croître. Dans les archipels indépendants au plan constitutionnel, le quadrillage des populations par les établissements scolaires primaires a permis d’élever le taux d’alphabétisation.
Les rapports régionaux et internationaux
Le Pacifique insulaire comprend plus de 400 institutions régionales. Deux d’entre elles ont un impact majeur aux plans politique, économique et culturel : la Communauté du Pacifique implantée à Nouméa et le Forum du Pacifique Sud basé à Suva (Fidji).
La première a une vocation universelle en matière de développement de l’ensemble des 22 entités insulaires. La Communauté du Pacifique [5] est opérationnelle depuis 1947 et est financée par les puissances métropolitaines du Pacifique (principalement la France et l’Australie aujourd’hui).
Établie en 1971, la seconde a pris une essence plus politique en réservant son accès aux pays indépendants ou apparentés au plan constitutionnel, en devenant un fer de lance contre la présence de la France dans le Pacifique. Le Forum est financé aux deux tiers de son budget de fonctionnement par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le tiers restant étant dévolu aux pays membres.
Ces deux institutions majeures sont les lieux de rencontres annuelles des autorités politiques insulaires qui favorisent l’expression du Pacific Way, voie consensuelle en fonction de laquelle est toujours recherché l’intérêt commun régional dont peuvent bénéficier les territoires ou les pays membres. Des organisations spécialisées dépendant de ces deux institutions opèrent en matière de pêcherie (Forum Fisheries Agency à Honiara, aux îles Salomon), d’environnement (PROE à Apia aux Samoa), de transport maritime (Forum Line à Suva), de recherche minière (SOPAC à Suva), etc.
La question se pose depuis quelques années au sein des cercles du pouvoir politique océanien de savoir s’il ne faut pas mettre un terme à cette duplication institutionnelle dans le souci de réduire les lourds budgets de fonctionnement et de faire fusionner les deux principales organisations régionales pour mieux coordonner les actions en matière de développement. La France et l’Australie s’y opposent dans la mesure où seule la Communauté du Pacifique détient une réelle vocation universelle et qu’il n’est pas envisageable actuellement de risquer qu’un développement inégalitaire puisse s’exprimer au travers d’une organisation régionale unique sur la base de motifs statutaires ou politiques.
Au plan des réalités internationales, le Pacifique insulaire a fait l’objet d’enjeux sérieux qui se sont estompés avec la chute du mur de Berlin. En effet, l’implantation de bases de pêches soviétiques pour couvrir les réseaux d’écoute des sous-marins n’est plus de mise et les archipels concernés ne sont plus à même de monnayer leur site d’accueil portuaire en jouant sur les rivalités des superpuissances et obtenir des États-Unis et du Japon, principalement, qu’ils révisent leur politique en matière d’aide au développement. Dans le même temps, l’accès aux zones économiques exclusives des entités insulaires pour les flottes de pêche américaine et asiatique a provoqué de nombreuses frictions au début des années 1980, ce qui a nécessité la négociation de traités multi ou bilatéraux. Avant-hier, les principaux points d’ancrage soulevant des élans de solidarité au sein des entités insulaires portaient sur les expérimentations nucléaires françaises, les questions liées à l’environnement (déchets toxiques) et les problèmes statutaires de la Nouvelle-Calédonie. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?
Avec la récession économique et financière mondiale, les archipels constitutionnellement indépendants dans le Pacifique sont passés et passent par une crise financière réelle, ce qui est moins le cas pour ceux liés sous une forme ou une autre à une métropole, assurés qu’ils sont de flux de transferts d’argent, certes à la baisse, mais néanmoins constants (territoire d’outre-mer français, Micronésie américaine). Il nous faut aussi noter que, par tête d’habitant, le Pacifique insulaire reçoit le taux d’aide au développement le plus élevé du monde. Cette assertion se doit d’être prise au second degré car, à titre d’exemples, les besoins en infrastructures aéroportuaires ou portuaires de chacun des archipels sont identiques, nonobstant l’importance numérique de leurs populations concernées. Ainsi, la République de Kiribati qui ne dispose pas des moyens financiers pour se procurer des grues à conteneurs est écartée des routes maritimes empruntées par les porte-conteneurs qui ne peuvent y décharger leurs marchandises, empêchant l’archipel de disposer des biens de consommation courantes. Comment ce pays pourrait-il participer de la mondialisation ? Il est loin d’être le seul dans ce cas de figure dans la région du Pacifique insulaire.
 
ÉVOLUTIONS ET PERSPECTIVES
 
 
Les évolutions politiques
Le processus de décolonisation s’est exprimé plus tardivement dans le Pacifique insulaire qu’en Asie ou en Afrique, et aussi, plus généralement, dans le calme et de façon démocratique. Un seul État océanien a quarante années d’existence aujourd’hui, les Samoa occidentales. C’est dire combien les États du Pacifique sont jeunes et connaissent encore des problèmes d’ajustement de leurs réalités politiques par rapport à leurs intérêts domestiques et extérieurs. De nos jours, une jeune élite, instruite dans les universités anglo-saxonnes ou françaises, s’efforce d’obtenir la reconnaissance de ses diplômes en accédant aux rênes du pouvoir politique, détenues par la génération plus ancienne qui a procédé à l’indépendance constitutionnelle ou à l’évolution statutaire. Cette même jeune élite, déçue des bas niveaux de vie qui résultent essentiellement de l’isolement géographique en Polynésie et en Micronésie ou de la faiblesse des indices d’un développement auto-généré en Mélanésie, préconise la modernisation.
La Déclaration de l’ONU en 1960 sur l’octroi de l’indépendance aux peuples et pays colonisés a offert trois options : intégration à la métropole, indépendance constitutionnelle, autonomie en association libre avec la métropole.
Deux territoires du Pacifique connurent l’application de la première option : Hawaï en 1959, avant que la Déclaration onusienne ne soit en vigueur donc, et la Nouvelle-Guinée hollandaise. En effet, peu après l’indépendance de l’Indonésie, la Nouvelle-Guinée hollandaise fit l’objet d’une permutation coloniale en 1963 après que Jakarta en eut revendiqué la possession auprès de l’ONU. Elle devint une province indonésienne en 1969 et reçut le nom d’Irian Jaya en 1973. Elle s’appelle officiellement, depuis l’an 2000, Papua.
Mis à part Nauru, Niue et Guam, les entités insulaires du Pacifique sont composées de nombreuses îles, souvent très dispersées. À titre d’exemple, la Polynésie française en compte plus de 120. Si en Polynésie et en Micronésie, on recense des sous-ensembles relativement homogènes au plan ethnique et linguistique, ce n’est absolument pas le cas en Mélanésie. La dispersion géographique et la disparité ethno-linguistique ont engendré le même effet : une existence repliée sur des hameaux ou des villages au sein d’îles et de régions, entraînant l’inhibition du sentiment d’appartenance nationale. Faut-il y voir, par comparaison avec l’Asie et l’Afrique, une des raisons de la lenteur relative de l’accession à l’indépendance constitutionnelle des États océaniens ? Probablement.
La France, dont le Parlement à Paris avait voté la loi-cadre Defferre en 1956, entendait se conformer au préambule de la Constitution de 1946 qui préconisait de conduire les colonies d’Afrique et du Pacifique sur la voie de l’autonomie. Certains y voyaient l’étape préalable à une indépendance constitutionnelle possible. C’est ainsi que la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française connurent dès 1957 des gouvernements autonomes élus, certes dirigés par le gouverneur du territoire qui en prenait la présidence, qui laissaient présager des évolutions statutaires radicales. La décision d’implanter le centre d’expérimentations atomiques français dans les Tuamotu, prise lors de l’avènement de la Vème République, entraîna l’arrêt brutal de cette émancipation dans les deux territoires. En effet, Paris tenait à les mettre sous le même type de régime de tutelle de l’État afin d’éviter tout problème pouvant provenir d’une inégalité de traitement. De métropole révolutionnaire dans le Pacifique à la fin des années 1950, la France allait au début de la décennie suivante être perçue comme réactionnaire à la suite des évolutions statutaires qu’allaient connaître les archipels anglo-saxons.
La Nouvelle-Zélande, quant à elle, s’était fait le chantre aux Nations Unies de la décolonisation de ses territoires du Pacifique. L’Australie lui avait d’ailleurs emboîté le pas à cet égard, quelque peu forcée toutefois par les pays décolonisés qui siégeaient déjà à l’ONU. Sentaient-elles que le vent avait tourné et que dorénavant il n’était plus de mise de conduire une politique surannée par rapport à l’expectative des peuples colonisés ? Pays du nord situés dans l’hémisphère sud, il est certain que l’Australie et la Nouvelle-Zélande cherchaient à trouver leur place au sein des moyennes puissances occidentales sur la scène internationale. De plaider l’émancipation des insulaires du Pacifique à l’ONU leur assurerait une reconnaissance certaine des nouveaux États indépendants, ce dont elles avaient besoin dans la mesure où, toutes deux de concert, entendaient dominer le jeu au plan régional. En somme, en prenant les devants d’un mouvement d’émancipation dont les analystes de Wellington et de Canberra savaient qu’il allait se généraliser dans le Pacifique sud à court terme, la Nouvelle-Zélande et l’Australie s’assureraient de l’approbation des archipels. D’autre part, elles s’affirmaient comme pays affichant une idéologie moderniste confortant les États d’Afrique et d’Asie nouvellement indépendants et qui occupaient, de plus en plus nombreux, des sièges à l’ONU.
Le Royaume-Uni, quant à lui, avait décidé de se retirer de ses possessions situées à l’est de Suez dès 1967, et son entrée dans le Marché commun en 1973 lui fit opérer un choix pragmatique : les entités du Pacifique insulaire coûtent plus qu’elles ne rapportent, il n’est pas possible de continuer à financer le développement de ces archipels et de répondre, dans le même temps, aux obligations qu’implique l’adhésion à la CEE. Cette décision lui fit accélérer l’attribution de l’indépendance statutaire aux dernières colonies qu’elle possédait dans le Pacifique : Fidji, tout d’abord en 1970, puis Salomon (1978), Tuvalu (ex-Ellice, en 1978) et Kiribati (ex-Gilbert, en 1979). Restait le condominium des Nouvelles-Hébrides dont la gestion coloniale était assurée avec la France. En dépit des réticences françaises, Londres força le jeu et, en juillet 1980, le condominium devint la République de Vanuatu.
Les États-Unis ne se sont jamais considérés comme une puissance coloniale dans le Pacifique ou ailleurs. À l’issue du second conflit mondial, l’Amérique a occupé militairement les îles micronésiennes, conquises lors de combats sanglants contre les Japonais qui y étaient farouchement ancrés, mais uniquement pour en faire des enclaves de protection pour le monde libre [6]. Les Américains ont astucieusement fait relever leur gestion de ces îles du Conseil de sécurité de l’ONU, en les faisant considérer comme archipels stratégiques et empêchant, par-là, tout regard du comité de décolonisation de l’ONU. Les quatre entités micronésiennes furent réunies, en 1947, sous l’ensemble des Territoires sous tutelle des îles du Pacifique (Marshall, Mariannes du Nord, Palau et les États fédérés de Micronésie).
Les évolutions économiques
Le Pacifique insulaire aspire, comme tant d’autres pays en développement, à participer à la modernité et à ce qu’elle représente en termes d’amélioration des conditions d’existence, de meilleure répartition des revenus et de préservation de l’environnement naturel. Les freins au développement dans la région sont de trois ordres : géographique (la tyrannie des distances), économique et socio-culturel.
1°) Les contraintes naturelles
La petitesse de la plupart des milieux insulaires et leur éloignement géographique des pôles métropolitains représentent des désavantages évidents. Au regard du foncier, l’absence de rivières, de sols arables, de domaine forestier, en particulier sur les atolls ou îles basses, rétrécissent le champ des possibilités de développement de façon drastique. La Mélanésie est nettement mieux dotée à cet égard ainsi que les îles hautes en Polynésie et Micronésie. Les écosystèmes des entités insulaires sont extrêmement fragiles. Les projets de développement industriel comme l’exploitation minière, par exemple, ont parfois provoqué des dégâts irréparables : l’estuaire de Panguna à Bougainville, la rivière Fly dans le Haut-Sepik, polluée sur plus de 120 km par la mine d’Ok Tedi en sont des exemples flagrants.
La dispersion des entités insulaires au sein d’un même archipel pose des problèmes de communication en matière de transport aérien et maritime entre la capitale et les îles périphériques, tout en accentuant les coûts du fonctionnement administratif lorsqu’existe la volonté politique d’implanter les services sociaux, éducatifs et économiques à l’extérieur de l’île capitale. Nombreuses sont les entités qui ne disposent pas des moyens financiers pour y accéder.
Au plan climatique, les archipels, qui se trouvent dans la zone des cyclones ravageurs pour les récoltes, les habitations et les infrastructures routières, voient s’atténuer leurs perspectives en matière de développement. Les atolls coralliens sont sensibles à l’effet de serre qui les menace de disparition dans les décennies à venir.
Seule l’ampleur des zones économiques exclusives est susceptible de représenter, à terme, un acquis positif au regard de l’exploitation des ressources halieutiques. Deux types d’activités de pêche ont lieu dans la zone : la pêche côtière pour la consommation domestique et la pêche hauturière pour l’exportation. Tandis que la pêche côtière requiert des moyens techniques peu développés et est effectuée de façon artisanale par les insulaires eux-mêmes, la pêche hauturière est opérée par des flottilles de bâtiments à la technologie sophistiquée en provenance du Japon, des Philippines, de la Corée du Sud ou des États-Unis. Les prises annuelles, principalement des thonidés, avoisinent les 150 000 tonnes (soit un tiers des prises mondiales) dont la valeur brute est estimée à quelques 50 millions d’euros. 80 % de ces prises sont mis en conserve dans la zone du Pacifique insulaire (deux usines aux Samoa américaines, une aux Salomon et à Fidji). Ces flottilles bénéficient de points de relâche dans douze pays ou territoires de la zone insulaire. Les accords bilatéraux ou multilatéraux en matière d’autorisation de pêche dans leur zone économique exclusive rapportent aux seize pays qui les ont signés environ 5 % de la valeur brute des prises. Ces pays souhaitent voir s’accroître leurs revenus issus de cette activité étrangère soit en se dotant d’une flottille de pêche propre, soit encore en implantant sur leur territoire une conserverie. Les capitaux requis sont lourds et seuls les territoires associés statutairement à une métropole peuvent réellement envisager ces opérations (Palau, Polynésie française). Deux organisations régionales spécialisées dans les activités de pêche sont présentes dans la région : l’Agence des pêcheries du Forum, basée à Honiara, qui coordonne les aspects financiers de cette industrie et la Communauté du Pacifique qui recense les mouvements migratoires et l’importance des stocks de thonidés.
Les marchés domestiques sont étroits voire minuscules par rapport aux critères mondiaux, sauf pour la Papouasie Nouvelle-Guinée avec ses quelques 4,5 millions d’habitants. Mais là encore, la faiblesse du réseau routier implique la fragmentation du marché domestique en petites entités repliées sur elles-mêmes. Le bas niveau des revenus nationaux ajouté à des populations peu nombreuses empêchent la diversification des secteurs d’activités économiques et la possibilité de réaliser des économies d’échelle. La forte dépendance de l’extérieur en matière d’importation de biens de consommation courante, la nécessité de se procurer les compétences techniques et professionnelles non disponibles dans les archipels, accentuent leur dépendance vis-à-vis de l’étranger. L’extrême faiblesse des capitaux en circulation, liée à l’absence d’épargne domestique, reflétant le bas niveau des revenus comme des pratiques culturelles liées au prestige de la dépense, empêche le développement d’un secteur privé, seul à même de générer potentiellement une croissance économique. Enfin, la structure bureaucratique, souvent héritée du passé colonial, est habituellement lourde, coûteuse et inappropriée pour répondre aux besoins réels en matière de développement des archipels.
2°) Les contraintes culturelles
Le Pacifique insulaire est resté fortement imprégné de ses réalités traditionnelles, coutumières et ses populations en revendiquent le maintien. Collectiviste en l’essence, l’univers traditionnel fait peu de place à l’initiative individuelle. L’esprit communautaire est perçu comme formant un gage de sécurité et empêche le développement d’une économie de type capitaliste qui, par principe, requiert des comportements individualistes. Le même état d’esprit affecte les comportements démographiques : procréer de nombreux enfants représente pour les parents une assurance vieillesse puisque l’obligation de veiller au bien-être parental continue d’être en vigueur dans toute la région. Se posent ainsi toutes les questions relatives aux taux de scolarisation et à leur coût, à l’accès aux emplois salariés dans des sociétés à composante principalement rurale ou agricole qui n’en créent que très peu.
Mais tout n’est pas négatif dans la photographie ainsi produite. Le climat tropical favorable permet la production d’une variété de végétaux tout au long de l’année : malgré la pauvreté, personne ne souffre d’inanition dans le Pacifique, au contraire de certains pays d’Afrique. Les activités de pêche lagunaire ou hauturière complètent l’alimentation ainsi que l’élevage porcin, important dans les pratiques coutumières. Une horticulture à vocation d’exportation commence à voir le jour et bénéficie de facilités d’importation privilégiées en Australie et en Nouvelle-Zélande pour les États indépendants, vers le marché européen pour l’ensemble du Pacifique insulaire grâce aux accords entérinés par les conventions de Lomé. Notons aussi le développement récent de cultures à vocation d’exportation, principalement en Mélanésie : cacao, thé, sucre, huile de palme en Papouasie; huile de palme et tentative malheureuse d’une riziculture aux Salomon; gingembre et jus de fruit à Fidji; potiron à Tonga; perliculture en Polynésie française, élevage de crevettes en Nouvelle-Calédonie.
En matière d’exploitation forestière, les essences dures (acajou, ébène, bois de fer) des archipels mélanésiens, principalement la Papouasie Nouvelle-Guinée et les Salomon, sont exploitées industriellement par des compagnies asiatiques (japonaises, indonésiennes et malaises) et représentent quelques 5 % des exportations mondiales. L’absence de reboisement systématique affecte les sols en favorisant l’érosion et ampute les ressources futures liées à cette exploitation. De nombreuses plantations de conifères à Fidji sont actuellement exploitées soit pour l’industrie du papier au Japon (exportation de copeaux), soit encore pour la fabrication de mobiliers.
Les économies des États indépendants du Pacifique insulaire sont donc dominées par le secteur primaire : horticulture, pêche, exploitation forestière, en incluant les activités non monétarisées ou d’auto-subsistance. Au total, ces activités comptent pour plus de 50 % des PNB en valeur et emploient plus de 60 % de la main-d’œuvre disponible. La seule exception concerne Nauru dont toute l’économie se concentrait exclusivement sur l’exploitation du phosphate. Aujourd’hui, Nauru, contre paiement de Canberra, en est réduite à abriter des camps de réfugiés politiques afghans qui visaient à s’installer en Australie et dont Canberra ne veut pas.
Le fait que s’ajoutent au secteur d’activités d’auto-subsistance des ébauches de secteurs de production moderne apporte une complémentarité en terme de croissance et non point une amputation des forces vives du secteur primaire, aux conséquences négatives dans d’autres régions du monde. Ainsi, à Fidji par exemple, le secteur secondaire (activités de transformation : sucre, coprah, ciment, bois et produits manufacturés tels que la confection, les cigarettes, les tôles ondulées, etc.) entre aujourd’hui en ligne de compte pour 12 % du PNB. À Tonga, un centre de transformation et de production semi-industrielle a été créé en 1980 avec des capitaux étrangers (Scandinavie, Nouvelle-Zélande, Australie) : il a vocation pour partie de se substituer à certains produits d’importation et de favoriser les exportations de produits transformés (construction nautique, pelles mécaniques, confection). Les faibles coûts de main-d’œuvre en font des opérations très rentables. Mais les autres pays indépendants ne disposent que d’une ou deux activités de transformation : allumettes, cigarettes et brasserie aux Samoa occidentales, production aquacole à Kiribati. La population salariée, hors fonction publique, y est donc infime. Dans les États mélanésiens, la situation est quelque peu différente dans la mesure où les ressources d’origines minière et forestière, exploitées avec des capitaux étrangers (principalement des multinationales), favorisent néanmoins l’industrialisation des archipels qui en disposent et transforment peu à peu les mentalités. En Papouasie Nouvelle-Guinée se trouvent deux exploitations minières parmi les plus grandes du monde : la mine de cuivre de Panguna sur l’île de Bougainville, mise en exploitation en 1972 et arrêtée depuis 1988 pour raison de guerre civile; la mine d’or d’Ok Tedi au Mont Fabilan dans la province occidentale. Une nouvelle mine d’or à Lihir en Nouvelle-Irlande a été mise en exploitation et produit quelque 600 000 onces par an. En Nouvelle-Calédonie, les réserves de nickel, secondes au monde par leur importance, font de ce territoire français le troisième producteur mondial de nickel après l’Australie et l’ancienne Union soviétique et des compagnies minières étrangères [7] ouvrent de nouvelles exploitations minières dans le nord et le sud calédonien. L’économie de ces deux pays est dominée par les exportations de minerais. De récentes prospections minières ont permis de découvrir de nouveaux gisements aurifères en Papouasie Nouvelle-Guinée ainsi qu’à Fidji et Palau et tout laisse à penser, au plan géologique, que l’on en décèlera d’autres à Vanuatu et aux Salomon. De même, des gisements de cuivre, de bauxite, de plomb, d’argent et de charbon ont été mis à jour en Mélanésie [8] mais ne sont pas encore exploités.
Les flux commerciaux s’effectuent principalement avec l’ancienne ou l’actuelle métropole pour des raisons liées aux lignes définies en matière de transport maritime et aérien. En effet, les relations bilatérales prédominent entre les métropoles et leurs anciennes colonies et, même quand a prévalu la nécessité de fonder une ligne maritime régionale (Pacific Forum Line), force est de constater qu’aujourd’hui 99 % des échanges se font directement entre les ports métropolitains et les pays et territoires, au détriment des flux d’échange des pays insulaires entre eux.
Les partenaires privilégiés des entités insulaires en matière d’activités commerciales sont l’Union européenne (principalement la France et le Royaume-Uni), le Japon, les USA, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
La chute des prix sur le marché mondial des matières premières agricoles du Pacifique affecte de façon non négligeable les revenus des pays dont la production est la moins diversifiée, renforçant encore leur dépendance sur l’aide extérieure pour équilibrer leur budget.
L’aide financière et technique extérieure joue un rôle essentiel dans les entités du Pacifique insulaire tant au regard de l’équilibre budgétaire qu’en matière de développement. Les meilleures estimations font état d’un flux financier annuel global vers la région de quelques 1,5 milliards d’euros, sans tenir compte des transferts en provenance de Washington vers les territoires américains.
Plus des quatre cinquièmes des transferts financiers sont bilatéraux, principalement américains et français en volume. La Nouvelle-Zélande et l’Australie dont les moyens financiers sont plus limités, saupoudrent chacune leur sphère d’influence, la première vers la Polynésie (Samoa occidentales, Cook, Tonga, Niue, Tuvalu, Tokelau), la seconde vers la Mélanésie (Papouasie Nouvelle-Guinée, Salomon, Vanuatu), même si Canberra privilégie nettement la Papouasie Nouvelle-Guinée.
Ce sont les territoires « dépendants » ou « semi-dépendants » qui sont aujourd’hui les principaux bénéficiaires du volume des transferts financiers, donc français et américains.
Par ordre d’importance, l’aide multilatérale dans le Pacifique est issue de l’Union européenne (Conventions de Lomé), des Nations Unies (PNUD), de la Banque asiatique de développement et de la Banque mondiale. Les organisations internationales apportent autant une aide technique par voie d’experts qu’en privilégiant une assistance financière sous la forme de prêts à taux bonifiés.
L’impact de cette assistance au développement est de trois ordres : gonflement du secteur public au détriment du secteur privé (lié aux salaires), frein aux exportations (monnaie artificiellement surévaluée) et inflation avec ses conséquences multiples.
Il n’empêche que les transferts financiers, en dépit de ces désavantages, sont perçus par les autorités insulaires comme une réelle nécessité dans la mesure où les programmes de développement proviennent exclusivement de l’extérieur. La fin de la guerre froide implique d’une part, une baisse sensible des transferts de capitaux au bénéfice de l’Europe de l’est où ils sont jugés plus rentables et plus profitables et, d’autre part, la cessation progressive des transferts dont la raison d’être était essentiellement de nature géopolitique ou stratégique.
Ces éléments défavorables conduisent les entités insulaires à vouloir attirer les investisseurs potentiels par l’instauration de mesures fiscales favorables : concessions douanières, subventions financières, allégement de l’imposition sur les bénéfices pendant un certain nombre d’années, etc.
C’est principalement dans les secteurs touristiques, miniers et forestiers que ces investissements s’expriment. Pour les infrastructures hôtelières (Fidji, Polynésie française, Micronésie américaine, Vanuatu), on trouve des capitaux japonais, français, australiens, néo-zélandais et américains. Ces capitaux sont principalement australiens et néo-zélandais dans le domaine minier et, pour l’exploitation forestière (Papouasie Nouvelle-Guinée, Fidji, Salomon, Vanuatu), ils sont surtout d’origine asiatique. Les petites entités insulaires sont réduites à des activités touristiques limitées (faible capacité hôtelière et infrastructures limitées en termes de critères de confort), tentent de développer un artisanat local et, pour les plus entreprenantes comme à Tonga, de développer des industries de transformation de petite échelle. À titre d’exemple, notons qu’aux Samoa occidentales, les revenus du pays issus des activités touristiques sont équivalents à celui des exportations.
Trois types de situations co-existent dans la région au plan économique : les archipels à potentiel réel de développement économique propre grâce à leurs ressources minière, forestière, agricole et halieutique (Papouasie Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Calédonie, Fidji, Salomon et Vanuatu); les archipels constitutionnellement indépendants dont la croissance restera toujours voisine de zéro à cause de leur manque de ressources, et d’un système rigide d’indivision foncière. Leur taux démographique et migratoire sont élevés, ils dépendent du bon vouloir de l’assistance internationale et des revenus envoyés dans l’archipel par les expatriés qui en sont originaires (Kiribati, Tuvalu, Samoa occidentales, entre autres); les archipels associés à des métropoles, et qui bénéficient de transferts leur permettant une aisance de vie bien au-delà de leurs potentiels propres (Polynésie française, Wallis-et-Futuna, Guam, États fédérés de Micronésie, Mariannes du nord, parmi d’autres).
Il est certain que les trois entités de la République française dans le Pacifique sont beaucoup mieux armées pour s’intégrer dans les circuits nouveaux qu’impose la mondialisation car elles sont parties prenantes de l’ensemble français. De plus en plus fréquemment, les autorités politiques de pays indépendants du Pacifique insulaire prétendent que les pouvoirs britanniques ont bâclé l’accès à l’indépendance des pays respectivement placés sous leur tutelle et que l’on constate aujourd’hui les dégâts que cela a provoqué. Certains leaders se risquent même à dire que la France a eu raison de favoriser la mise en place de mécanismes de résistance face aux mouvements préconisant l’indépendance, celle-ci ne pouvant être qu’un leurre pour la plupart des micro-États qui ne disposent pas des moyens et ressources pour l’assumer.
 
NOTES
 
[1]Les États fédérés de Micronésie, Palau, Guam, Marshall, Mariannes du Nord, Kiribati et Nauru.
[2]La Papouasie Nouvelle-Guinée, les Salomon, Vanuatu, Fidji et la Nouvelle-Calédonie.
[3]La Polynésie française, les îles Cook, Wallis-et-Futuna, Tonga, Samoa occidentales, Samoa américaines, Tuvalu, Tokelau et Niue.
[4]Cf. l’indépendance du Condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides en juillet 1980, le soutien au mouvement indépendantiste en Nouvelle-Calédonie dans les années 1980, l’opposition aux expérimentations nucléaires dans les Tuamotu.
[5]Elle s’appelait jusqu’à récemment Commission du Pacifique sud. Étant donné le nombre d’archipels micronésiens situés au nord de l’Équateur, il n’est plus possible de parler de Pacifique sud pour les milieux insulaires.
[6]« Outposts for democracy ».
[7]Inco et Falconbridge.
[8]En Papouasie Nouvelle-Guinée, Fidji, Vanuatu, Salomon.
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Les États fédérés de Micronésie, Palau, Guam, Marshall, Mar...
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La Papouasie Nouvelle-Guinée, les Salomon, Vanuatu, Fidji e...
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La Polynésie française, les îles Cook, Wallis-et-Futuna, To...
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[4]
Cf. l’indépendance du Condominium franco-britannique des No...
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Elle s’appelait jusqu’à récemment Commission du Pacifique s...
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