2002
Revue française d'études américaines
Candide au pays des mutants
Jean-François Chassay
Université du Québec à Montréal
In diverse ways, George Saunders is a merciless storyteller. The narrators of his short stories are often lucid but, feeling lost, they prove unable to solve the riddle of their dejected lives. Saunders deconstructs the triumphant discourse of the American Way, making its failures manifest. The irony and causticity of his style delineate the surprising features of a morally ruined country.Keywords :
G. Saunders, Mutants, Satire.
Slowly but surely, I’m getting nowhere.
Origine douteuse
On pourrait qualifier George Saunders
[1] de nouvelliste impitoyable. Moralement, parce qu’il ne donne aucune chance à ses narrateurs. Floués, cherchant pathétiquement à fonctionner dans un monde auquel ils comprennent bien peu de choses, devant lequel ils se trouvent dramatiquement démunis, les uns et les autres se raccrochent à leur propre parole, à ce « je » qu’ils croient connaître. Pourtant, comme ils ne se possèdent pas eux-mêmes et sont incapables d’organiser convenablement leur existence, cette parole ne les conduit qu’à ressasser interminablement leur malchance, leur naïveté, et à s’auto-culpabiliser sans cesse. Leurs souvenirs ne versent jamais dans la nostalgie ; dans le meilleur des cas, ils sont forcés de constater que les choses se sont toujours mal passées, sauf à devoir accepter le fait que la situation empire. Leur ingénuité, leur candeur, ne leur permet pas de s’arracher au marasme que représente leur vie. Quand ils s’y risquent, généralement, le résultat se révèle catastrophique.
On s’étonne que pareilles situations ne versent jamais dans le mélodrame. Comment, en effet, ne pas s’apitoyer sur le sort d’un narrateur dont le lecteur a vu la vie se déliter sous ses yeux, surtout quand le texte se termine, par exemple, par les phrases suivantes : « finally, having lost what was to be lost, my torn and black heart rebels, saying enough already, enough, this is as low as I go » (CBD, « The Wavemaker Falters », 44) ? La force de l’écriture de Saunders tient à ce qu’elle exprime avec violence la cruauté de la vie sans jamais nier la part de grotesque (où le sublime n’apparaît jamais en contrepartie) des situations dans lesquelles se trouvent les narrateurs, l’incongruité des événements et même leur loufoquerie. Avouons-le : devant l’horreur de ces vies singulières sur lesquelles le destin semble s’acharner, où l’imagination de l’auteur ne cesse de surprendre, le lecteur ne manquera pas de rire souvent. Il y a quelque chose de l’humour juif dans cette aptitude du sujet à se prendre pour objet, utilisant à satiété l’auto-dérision. Mais, de manière plus précise peut-être, il faut souligner dans ces textes le mécanisme stylistique de la satire fondé sur la cruauté inhumaine des situations et l’usage d’une langue de bois où les euphémismes sont monnaie courante.
Saunders ne se lit pas facilement, non pas en raison de la complexité de ses narrations, mais à cause de son absence totale de complaisance. Son écriture se révèle souvent à sa manière transparente, en ce qu’elle exprime la touchante naïveté, la candeur, de personnages à propos desquels on vient de s’esclaffer. Cette candeur qui traverse les personnages, cette émotion qui passe soudainement dans l’écriture, au moment où on s’y attend le moins, comme un bulldozer, exprime en partie la « petite musique » propre au style saundersien. La médiocrité (à tout le moins apparente) s’effrite devant ce qui se révèle en fin de compte comme la faiblesse de ces êtres humains, trop humains.
Prenons l’exemple de la nouvelle intitulée « The 400-Pound CEO » (CBD). Le narrateur est employé par une société qui prétend remettre en liberté dans les bois des ratons laveurs qui ont la mauvaise habitude de venir s’empiffrer dans les poubelles placées devant certains bungalows de banlieue. Les propriétaires de ces maisons, de gentils membres de la classe moyenne, payent pour que les employés de la compagnie attrapent les ratons laveurs pour les renvoyer bien écologiquement dans leur milieu naturel. En réalité, ils s’empressent de les massacrer. Le président de la compagnie, ancien taulard d’une bête vulgarité, s’amuse comme tout le monde au bureau à ridiculiser le narrateur à cause de son poids. À ce sujet, l’imagination cruelle des employés s’avère sans limite. Une secrétaire, Freeda, accepte un soir de sortir avec lui. Ébloui par sa chance, rêvant d’échapper enfin à sa solitude, il achète une multitude de jouets à son jeune fils (un véritable monstre), offre à la femme un repas gargantuesque, pour apprendre qu’il a été victime d’un pari : si elle réussissait à passer toute une soirée avec lui, son patron lui payait sa facture de téléphone. Après quelques jours de congé de maladie, il retourne au bureau et Freeda lui demande s’il la déteste. Est-ce l’effet des remords ? Absolument pas : alors qu’il lui avoue avoir passé malgré tout une excellente soirée, elle réplique : « God, I didn’t […] Everyone kept staring at us. It made me feel bad about myself that they thought I was actually with you. Do you know what I mean ? » (52) Justement, il voit très bien. « If only I could say to my heart : Give up. Be alone forever […] But no. My heart’s some kind of idiotic fishing bobber. » (53) Cette touchante lucidité n’aide en rien le narrateur à s’attirer des amitiés, le mépris s’accentuant autour de lui. Pourtant, un jour, il effectue un véritable geste. Pour sauver une journaliste trop curieuse que son patron s’apprête à attaquer, il saute sur celui-ci et le tue. Alors que sa situation par la suite semble s’améliorer, on retrouve le corps, il est reconnu coupable du meurtre et condamné à cinquante ans de prison. Il réfléchit sur Dieu en prison, pendant qu’il se fait violer une fois de plus par son « propriétaire » attitré :
I have a sense that God is unfair and preferentially punishes his weak, his dumb, his fat, his lazy. I believe he takes more pleasure in his perfect creatures, and cheers them on like a brainless dad as they run roughshod over the rest of us. He gives us a need for love, and no way to get any […] Having placed his flawed and needy children in a world of exacting specifications, he deducts the difference between what we have and what we need from our hearts and our self-esteem and our mental health.
This is how I feel. These things seem to me true. But what’s there to do but behave with dignity ?
(63-64)
Ces trois dernières phrases, chaque narrateur des nouvelles de Saunders pourrait les prononcer, aussi bien la femme de 92 ans jetée un soir d’hiver, sans son manteau, à la porte du bureau où elle exerce un travail minable et qui se rappelle avec une sorte de délectation morose une vie marquée par la douleur, la tristesse et les difficultés en tous genres (CBD, « Downtrodden Mary’s Failed Campaign of Terror »), que le coiffeur qui habite avec une mère qui le houspille sans cesse, écrasé par celle-ci, marqué par le fait qu’il est né sans orteils (!) (P, « The Barber’s Unhappiness ») ou encore l’homme qui vit avec le souvenir d’un adolescent qu’il a tué par accident (de manière atroce) et dont le fantôme vient le culpabiliser quotidiennement (CBD, « The Wavemaker Falters »). Dans cet univers si américain, Dieu n’a étrangement pas sa place et la réflexion de « The 400-Pound CEO » ne met que davantage en évidence cette absence. L’humanité se manifeste souvent dans ces textes, l’espoir à peu près jamais. Ni la solidarité sociale, ni Dieu ne permettent d’échapper à l’échec.
Pourtant, on se méprendrait si on considérait Saunders comme une sorte de Tchekhov américain portraiturant des paumés plus ou moins marginaux, un nihiliste stigmatisant une société américaine où le désespoir est la règle. Il faut lire les nouvelles de l’auteur comme un tout, pour constater comment il déforme, déplace le discours américain triomphant, en montre les failles à travers des dérapages savamment contrôlés.
« Bounty » (CBD) est une nouvelle différente des autres par certains points de vue, mais aussi emblématique de l’ensemble de son travail. Il s’agit de la plus longue et elle offre une lecture politique plus explicite que les autres textes, dans la mesure où elle repose moins sur les rapports interpersonnels entre les individus et les difficultés d’adaptation de l’un d’entre eux, que sur une présentation du fonctionnement cruel de la mécanique sociale américaine dans son ensemble. Dystopie, « Bounty » nous projette dans un monde futuriste (ou, si l’on préfère, parallèle au nôtre), où des dysfonctionnements importants se sont produits. Est-ce à la suite d’une guerre bactériologique ? D’une explosion atomique ? D’une effroyable erreur technique à l’échelle du pays ? Quoi qu’il en soit, un événement grave a provoqué des mutations génétiques chez une partie de la population. Ce n’est que peu à peu et de manière parcellaire que le lecteur apprendra l’origine de cette catastrophe à travers la voix du narrateur.
À cause de redoutables problèmes économiques et sociaux, les mutants servent de boucs émissaires dans cette société où règne une sévère ségrégation. Tuer un mutant (généralement appelé un Taré) ne constitue pas vraiment un crime, surtout si le mutant en question a osé draguer une Normale. La situation vaut pour tous les mutants, y compris ceux dont les tares sont peu visibles. Ainsi, le narrateur ne possède que (!) des griffes à l’extrémité de ses orteils et sa sœur une petite queue atrophiée au derrière, ce qui ne suffit pas à les rendre acceptables.
Souvent vendus comme esclaves, les mutants sont tolérés dans certains camps où ils occupent des emplois minables (incluant la prostitution), médiocrement rémunérés, à rendre service aux Normaux qui viennent s’y amuser. C’est dans l’un de ces camps que se trouvent le narrateur Cole et sa sœur Connie, abandonnés là par leurs parents des années plus tôt, alors que la famille était sur le point de mourir de faim et de froid. Lorsqu’il apprend qu’un Normal s’est épris de sa sœur, a décidé de l’épouser et de l’emmener vivre dans son ranch du Nouveau-Mexique, Cole a peur qu’il s’agisse d’un salaud voulant la vendre au plus offrant. Il abandonne la sécurité du camp pour partir à sa recherche.
S’ensuivent des aventures picaresques où se devine un clin d’œil à Huckleberry Finn – le Mississippi est un personnage central de cette histoire où Cole s’est enfui, comme Huck. Mais le pays est dévasté et l’Ouest encore plus qu’ailleurs, là où « genetic purity is highly valued and Flaweds are generally considered subhuman trash » (115-116). Devant ses yeux apparaît une Amérique obscène, envahie par le sectarisme et la haine, où l’on cherche désespérément le moindre vernis de civilisation : « I walk through the camp. Filthy babies are sitting in the mud, swatting at passing dogs. Some entrepreneur drags in a muffler and men start pounding it into sheet metal with old shoes » (119) ; « The McDonald’s has been occupied by the radical Church of Appropriate Humility. Everyone calls them Guilters. The ultimate Guilter ritual is when one of them goes into a frenzy and thrusts his or her hand into a deep fryer » (122); « Legions of the sick wait to die along the shoulder. Wandering undercover bureaucrats whip out clipboards and assess old taxes, bridges taxes and taxes for if they catch you eating weeds without permission » (125). D’un train où il a grimpé clandestinement, il voit défiler l’Amérique : « Here a drunk shouts advice to a tree, here a fire burns in a field of alfalfa, here the train whistle echoes back from a wall on which is scrawled : Die Earnest Pricks. Near Cleveland I see a mob pursuing a pig past a gutted Wal-Mart » (144).
Après moult péripéties au cours desquelles il est battu sauvagement, vendu comme esclave, échappe de peu à la mort et à la prostitution, il retrouve sa sœur pour découvrir que celle-ci vit parfaitement heureuse avec son mari et attend un enfant. Il habite avec eux quelques temps, jusqu’après la naissance du bébé. Puis, se sentant inutile, il rejoint un groupe de terroristes qui défend les Mutants.
Cette Amérique mortifère, traversée (et subie) par un homme qui ne veut que le bien – à savoir retrouver et protéger sa sœur –, on la retrouve à divers degrés dans tous les textes de Saunders. Connie et Cole ne sont que la représentation hyperbolique de chacun des narrateurs des différents textes de l’auteur : il s’agit toujours de mutants. D’êtres bizarroïdes, pointés du doigt par l’ensemble des Normaux, normalité qui ne s’exprime, on l’aura compris, que de manière bien relative. Et parfois, quand la normalité est trop forte, morbide pourrions-nous dire, le retour du refoulé peut se révéler de manière spectaculaire. Dans « Sea Oak », Bernie, la tante du narrateur, est une femme d’une gentillesse exquise, n’élevant jamais la voix et considérant que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, malgré une vie de misère. Elle vit dans un taudis d’un quartier dangereux, avec son neveu (qui se trémousse à peu près nu dans un club kitsch pour femmes vieillissantes), la sœur de celui-ci et sa cousine, toutes deux mères d’un jeune enfant. Au milieu de cette misère, ils subissent un cambriolage au cours duquel la tante meurt de peur. Triste fin pour une honnête femme. Mais quelques jours plus tard, son cercueil se voit profané, le corps a disparu. C’est la tante elle-même qui est revenue hanter sa famille, jouant cette fois à l’oracle et décidée à se mériter une meilleure vie : « Well I am going to have lovers now, you fucks ! […] I’m going to get my nipples hard standing in the breeze from the ocean, eating shrimps from a cup, you sons of bitches, while my lover watches me from the veranda, his big shoulders shining, all hard for me, that’s one damn thing I will guarantee you kids ! » (P, « Sea Oak », 113). Organisant leurs vies, dotée de pouvoir de prÉłcience, elle leur indique quoi faire, envoyant celle-ci se présenter pour un emploi à un lieu précis, ordonnant à celui-là de pousser davantage sa chance : « You, mister […] are going to start showing your cock. You’ll show it and show it. You go up to a lady, if she wants to see it, if she’ll pay to see it, I’ll make a thumbprint on the forehead » (112).
Malheureusement, malgré toute sa bonne volonté et ses nouveaux pouvoirs, Bernie ne peut nier la mort : elle se décompose rapidement, l’appartement empeste, et il ne reste bientôt plus que sa tête, à peu près complète, pour regretter sa vie ratée qu’elle ne peut pas recommencer. Elle aura au moins laissé à ses neveux et nièces, dans ce texte à la fois morbide et hilarant, l’idée qu’il faut provoquer les occasions.
Bernie exprime spectaculairement – et littéralement – la décomposition d’une Amérique qui croyait encore au rêve américain. Si moi je n’ai pas réussi ma vie, aurait pu dire Bernie, l’Amérique, elle, a réussi. Le lecteur assiste donc à une double mort, puisqu’il s’agit également pour la tante d’un réveil devant un monde qui finalement l’a toute sa vie bafouée et méprisée. Son corps se disloque, se désagrège, en même temps que son langage, qui devient d’une bestiale vulgarité : encore une fois le vernis de civilisation s’écaille devant une société qui n’offre rien à ses ouailles pour se réjouir. La nouvelle « Pastoralia », quant à elle, présente un narrateur sans le sou, père d’un enfant ayant une maladie rare et compliquée, devant jouer l’homme des cavernes pour des touristes idiots, tout en étant harcelé par ses patrons pour dénoncer sa partenaire de manière à ce qu’ils puissent la mettre facilement à la porte. Enfermés nuit et jour dans leur caverne pour un salaire minable, ils apparaissent comme de véritables singes en cage. Peut-on exprimer plus ironiquement le recul de la civilisation ?
Cette déliquescence n’est nulle part plus frappante que dans la nouvelle éponyme qui ouvre le premier recueil. Le parc d’attractions de Civilwarland in Bad Decline célèbre un des grands événements qui fondent la civilisation américaine contemporaine : la Guerre de Sécession. Mais le parc n’est plus qu’une caricature d’une caricature de la Guerre de Sécession. « Revenues have hit rock bottom and his investors are frothing at the mouth. There’s talk of outright closure and liquidation assets » (15). Les attractions sont en ruine, les employés s’en moquent et défèquent autour des manèges, les murs sont maculés de dessins ou d’écrits grivois, des gangs s’attaquent aux clients, volant sinon violant ceux et celles qu’ils trouvent sur leur route. Ajoutons à cela que le narrateur croise souvent les fantômes d’une famille qui a vraiment vécu pendant la Guerre de Sécession et dont tous les membres sont morts en se massacrant mutuellement.
Pour contrer la peur provoquée par les gangs, on engage, malgré les réserves du narrateur, un « justicier », qui en l’occurrence ressemble peu à Captain America et autres super-héros qui occupent les rêves des enfants américains. « Sylvia’s federal sources indicate that Samuel got kicked out of Vietnam for participating in a bloodbath » (14). S’il met fin pour un certain temps aux activités des gangs, il se révèle finalement un dangereux psychotique, qui va jusqu’à attaquer et tuer, par erreur, trois adolescents membres d’un groupe d’ornithologues amateurs. Ces événements conduisent à la fermeture du parc, les investisseurs craignant la mauvaise réputation que les agissements de Sam font maintenant planer.
Le narrateur apprend donc de son patron qu’il est dorénavant au chômage. De plus, « he says that just for the record and my own personal development, he’s always found me dull and has kept me around primarily for my yes-man capabilities and because sometimes I’m so cautious I’m a hoot » (24). Auparavant, il avait découvert que sa femme s’était enfuie avec ses deux enfants en leur laissant croire qu’il les avait quittés « in order to marry a floozy » (23). Bourré de remords, se sentant coupable de tous les événements des derniers jours, il croise Samuel qui le tue sous prétexte qu’il en sait trop. Alors que son esprit monte au ciel pendant que Samuel dépèce son corps, il tente d’envahir l’âme de son meurtrier pour le changer, mais ne rencontre que la haine, « only hate and hate, solid as stone » (26).
Contrairement à ce qu’on a pu parfois écrire dans certains articles critiques, cette Amérique est, à sa manière, terriblement réaliste. Elle se contente, en illustrant l’Histoire américaine en marche, de la déplacer, d’y imprimer quelques dérapages, suffisamment pour qu’on en voie le mouvement chaotique et désordonné, révélant ses apories. Car si « réalisme » il y a dans ces textes, on y trouve des brouillages temporels mêlant un futur vaguement science-fictionnesque (qui pourrait être bien proche) aux échos de la Dépression et aux souvenirs plus ou moins kitsch du vieux Sud. En promenant ses personnages candides dans un pays moralement en ruine, Saunders ne porte pas de jugement. On pourrait plutôt dire qu’il adhère à la formule de Paul Valéry : il n’y a pas de leçons à tirer de l’Histoire, parce que l’Histoire donne des exemples de tout.
[1]
George Saunders a publié deux recueils de nouvelles :
Civilwarland in Bad Decline (New York : Riverhead Books, 1996), trad. fr. Marie-Lise et Guillaume Marlière
Grandeur et décadence d’un parc d’attractions (Paris : Gallimard, « La noire », 2001) et
Pastoralia (New York : Riverhead Books, 2000). Les références à ces textes seront ici précédées respectivement des abréviations
CBD et
P.
Saunders a également publié un livre pour enfants intitulé
The Very Persistent Gappers of Frip, illustré par Lane Smith, 2001, 96 p.