Revue française d’études américaines
Belin

I.S.B.N.270113739X
160 pages

p. 122 à 123
doi: en cours

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no100 2004/2

2004 Revue française d'études américaines

Bénédicte Robert

Doctorante, Institut d’Études Politiques de Paris

A city upon a hill…

Ren à dire, ce n’est pas la préparation de l’agrégation qui m’a convertie aux études américaines, question de programme sans doute. Ce ne sont pas non plus mes études d’anglais, tant elles étaient sous hégémonie britannique. La Grande-Bretagne se reconstruit un empire dans les UFR d’anglais de France (et de Navarre !), avec comme arme de conquête un accent – ah ! ceux qui feignent de ne pas comprendre l’accent américain – mais aussi Margaret – tellement agréable de pouvoir se sentir de gauche –, le New Labour – et si en fait c’était d’extrême gauche ? –, et, last but not least, Oxbridge. Donc il y a des études américaines en France ?
Faisons court : il y a des études américaines en France, parce qu’il y a l’Amérique. La Palice n’aurait pas dit mieux, et de ramener une expérience de vie à une tautologie ne manque pas de m’embarrasser – les limites de la concision vraisemblablement. C’est donc un séjour d’études, bref mais intense, couplé avec une recherche de terrain, qui débuta une vocation, après avoir suscité une admiration toute aussi excessive que l’antipathie profonde à laquelle elle succédait. « Anti-américaine » vous dites ? Mais allez donc voir avant de critiquer…
Et me voilà ascensionnant la colline de Brown. Providence, un nom qui laissait rêveur… Il fallait bien cela pour faire oublier l’anxiété que j’éprouvais à l’égard de ce fameux « campus américain », moi qui n’avais jamais arpenté que les couloirs de la Sorbonne et de Sciences Po. Le couloir remplacé par le « green », c’était un changement plutôt positif. Le « shopping » académique ? Pourquoi pas. L’ouverture disciplinaire ? Bien sûr. L’opulence du savoir ? Soyons polémique à l’heure du LMD… De mon statut d’étudiante je scrutais mes professeurs et je m’imaginais déjà parmi eux. L’université américaine, version Ivy League certes, faisait germer en moi une ambition professionnelle que je n’aurais pas soupçonnée auparavant.
Avec mon terrain, j’étais comblée. Sociologue-politiste je partais en campagne d’entretiens et m’immisçais dans les pores de la société américaine version « les Américains pensent que ». Rien à voir avec Brown, et si peu à voir avec les données des instituts de sondage français. J’étais fascinée par cette Amérique-là aussi, et quelques mois plus tard, j’inscrivais au fichier central des thèses un sujet comparatif de science politique sur la France et les États-Unis.
Affaire à suivre…
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