Revue française d’études américaines
Belin

I.S.B.N.270113739X
160 pages

p. 33 à 33
doi: en cours

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no100 2004/2

2004 Revue française d'études américaines

Hélène Christol

Université de Provence

Retour aux origines. Difficile. Images : espaces à l’Ouest déclinés en rouge et vert sur les écrans sales de cinémas de quartier. Le grand ciel d’Audubon, les rochers de Monument Valley à la Ford. L’Amérique, c’est du cinéma, si bien que les territoires découverts quelques années plus tard ont quelque chose de déjà vu, de virtuel. L’Amérique, c’est un ailleurs de chevauchées fantastiques loin des horizons étriqués des provinces françaises, en pointillé le long de l’arabesque grise tracée par le pont Verrazano au seuil de la Nouvelle York, « throat tightens when the redstacked steamer churning the faintly heaving slate colored swell swerves slicking in a long greenmarbled curve past the red lightship », aube grise plus claire ponctuée de la seule virgule de
Fumée que crachote le France aux âcres cheminées. Autres images plus tard : une scène, le texte de Chant Public devant deux chaises électriques, l’autre voyage entamé après la pièce d’Armand Gatti au théâtre de Villeurbanne. À la croisée des routes en
Étoiles, qui ne brillent pas sur les boulevards de Hollywood, mais ont pour nom Haymarket, Vietnam, Berkeley 64, Sorbonne 68, Chili, utopies, « justice crucifiée », Amérique des luttes, des mondes meilleurs, de la démocratie en marche et en panne. Répondre à ce libraire de Philadelphie « Pourquoi s’intéresser encore à ces deux anarchistes, ces mauvais Américains ? ». Sacco, Vanzetti, deux noms, fil d’Ariane sur les pistes de l’Amérique des marges, des lisières, ses immigrants, ses groupes oubliés ou réduits au silence, ses dissidents. Images qui deviennent textes, discours, voix, « the men in the death house made the old words new before they died, If it had not been for these things, I might have lived out my life at streetcorners talking to scorning men. I might have died unknown, unmarked, a failure. This is our career and our triumph,… in his mother’s words telling about long ago, in his father’s telling about when I was a boy, in the kidding stories of uncles, in the lies the kids told at school, the hired man’s yarns, the tall tales the doughboy told after taps ; it was the speech that clung to the ears, the link that tingled in the blood ; USA. » On pourrait passer, on a passé, toute une vie à les lire et à les écouter.
America, America : une histoire de famille, des histoires à suivre, bien sûr, peut-être.
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