Revue française d’études américaines
Belin

I.S.B.N.270113739X
160 pages

p. 8 à 8
doi: en cours

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no100 2004/2

2004 Revue française d'études américaines

Marc Amfreville

Université Paris XII - Val-de-Marne

Revenir en une page, nous demande-t-on, sur ce qui nous a fait tomber dans la potion magique des études américaines… gageons que dans notre savante société comme en un célèbre village gaulois, il se trouve toute une horde d’habitants ordinaires qui n’ont pas connu ce fabuleux destin et reçoivent périodiquement leur louchée, surtout quand il s’agit d’aller en découdre pour défendre l’honneur, voire la survie de la tribu.
Faut-il, sous prétexte de commémoration, fouiller sa mémoire à la recherche de l’improbable souvenir de la lecture d’un Croc-Blanc ou d’un Dernier des Mohicans à dix ans, d’un Tom Sawyer à douze, ou d’un Moby-Dick à quinze ? Et comment tracer avec certitude le lien unissant ces découvertes éblouies de « livres de garçons » (laissant, du moins officiellement, aux filles les Alice au Pays des Merveilles, Jane Eyre, et autres Hauts de Hurlevent) à une carrière d’américanistes ? Même s’il était possible d’établir un tel lien, ne risquerait-on pas, à donner ainsi un tour si personnel aux choses, de lasser tout lecteur virtuel ? Le Pseudo-Longin l’avait déjà compris, pour être humain, il faut viser l’universel. Plus réalistement, je tente ici de toucher du doigt le commun, l’accueillant, l'amical.
Étudiants à Charles V, nous étions amenés à nous choisir très tôt une dominante. Pourquoi « Littérature américaine » ? Plutôt pourquoi les plus joyeux lurons parmi les forçats des cours du soir se retrouvaient-ils autour de « Down the River » et autres « Littérature et Jazz » plutôt qu’à « L’héritage élisabéthain dans le mélodrame » ou « La différence entre wh et th » ? Je passe sous silence l’opportunisme éhonté qui conduit à se choisir un sujet de maîtrise américaniste vous entraînant sur les rives bouillonnantes de l’Hudson plutôt que sur celles, plus paisibles, de l’Avon.
Apogée de ces choix et vraie rencontre : Charles Brockden Brown, dont l’intérêt n’a d’égal pour moi que la perplexité suscitée par l’inattention dont il continue d’être victime. Américaniste aussi (presque totalement), l’Ambiance chaleureuse du département d’Orléans, celui de mes premières Armes, de mes premières Amitiés professionnelles, le tremplin vers une AFEA qui a su me donner l’an dernier les multiples preuves, au cours d’une difficile traversée, qu’il est des foyers de pensées, de vraies communautés d’élection. Parce que beaucoup d’entre vous m’ont appris à renoncer à l’humour facile du « collègue et néanmoins ami », je voulais écrire ce salut.
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