2006
Revue française de gestion
Partenariat RFG-AIMS
Partenariat RFG-AIMS
Une relation interorganisationnelle fructueuse
Bernard Forgues
Le numéro que vous tenez entre les mains est le
résultat d’une relation interorganisationnelle particulièrement fructueuse entre la Revue française
de gestion et l’Association internationale de manage
ment stratégique. Pour la quatrième année consécutive
en effet, la RFG nous fait le grand plaisir de nous ouvrir
ses pages afin que nous y présentions des recherches
actuelles en management stratégique, issues de la XVe
conférence de l’AIMS.
Ce numéro marque un tournant dans la procédure de
production adoptée par l’Association. Les années précédentes, nous sélectionnions les meilleurs articles de la
conférence autour d’un thème défini a posteriori. La
tâche était, on l’imagine, délicate pour mes prédécesseurs, d’autant plus que des délais drastiques imposaient
aux évaluateurs, auteurs et rédacteurs en chef invités de
boucler le numéro en deux mois. Nous avons décidé de
renverser cette logique en déterminant un thème a
priori, qui a fait l’objet d’un appel à communications en
marge de la conférence. Ceci présente quatre avantages
importants. Premièrement, le choix est effectué en
tenant compte des thèmes abordés dans la RFG dans un
passé récent. Nous avons ainsi observé que les relations
interorganisationnelles souffraient d’un déficit d’attention dans la revue malgré leur importance
majeure dans la vie des affaires. Deuxièmement, l’appel à communications permet
d’attirer un grand nombre d’articles.
Concrètement, nous avons reçu 73 articles,
pour en retenir finalement 11, soit 15 %.
Troisièmement, le temps disponible pour
l’évaluation, la révision, et la production
des articles est plus long, la date limite pour
la RFG devançant la date limite de la conférence de l’AIMS d’un mois. Enfin, choisir
le thème a priori permet de réunir une
équipe de spécialistes pour gérer le numéro.
J’ai eu pour l’occasion le vif plaisir de travailler avec Marc Fréchet, spécialiste des
partenariats dans les projets d’innovation,
et Emmanuel Josserand, spécialiste des
réseaux et des relations intra- et interorganisationnelles. Tous deux se sont révélés
extrêmement compétents, professionnels,
efficaces et agréables : je les en remercie
vivement. Je profite également de l’occasion pour remercier les auteurs de ce
numéro, qui ont accepté d’effectuer des
modifications parfois importantes dans un
laps de temps court, les 96 évaluateurs des
articles soumis, qui ont permis par leurs critiques constructives d’améliorer ce numéro,
Jean-Claude Tarondeau, rédacteur en chef
de la RFG, et Alice Rouquié, de Lavoisier,
pour leur confiance, leur efficacité et leur
disponibilité.
À l’occasion de ce numéro spécial, nous
avons choisi de faire le point sur l’avancée
des connaissances dans le domaine des
relations interorganisationnelles. En effet,
au plan pratique, l’intérêt des entreprises
pour les partenariats ou les fusions et acquisitions ne se dément pas, comme en atteste
la consolidation en cours dans un nombre
important de secteurs de l’activité économique. Les relations interorganisationnelles
s’observent également en dehors de la
sphère des affaires, avec un recours croissant des organisations non gouvernementales et des associations à des actions
concertées leur assurant une visibilité et un
poids sans commune mesure avec ceux
qu’elles pourraient espérer seules. Enfin,
les pouvoirs publics cherchent également à
favoriser les liens interorganisationnels en
suscitant la création de pôles de compétences, de districts industriels, voire en
encourageant la fusion de groupes
nationaux pour les préserver de prises de
contrôle par des groupes étrangers.
Au plan théorique, cependant, l’affaire est
complexe. Avec l’apparition de la perspective des systèmes ouverts, des travaux se
sont naturellement portés sur les relations
interorganisationnelles. Pourtant, très rapidement, ces travaux ont perdu leur spécificité pour se scinder en domaines de
recherche assez indépendants, par exemple,
sur les réseaux, les coûts de transactions, les
fusions, etc. Se faisant, la focalisation des
travaux a glissé des relations en tant que
telles vers d’autres problématiques où les
relations ne tenaient plus qu’un rôle périphérique. Ainsi, si ces nouvelles orientations ont permis la découverte de résultats
majeurs, ceux-ci sont souvent restés cantonnés dans leur domaine spécifique.
Nous ne pouvons malheureusement pas,
dans ce numéro, proposer un cadre théorique intégrateur dépassant les simples passerelles existantes entre les différents
domaines concernés par les relations interorganisationnelles. Mais nous espérons, par
la réunion de recherches actuelles s’inscrivant dans des perspectives différentes,
contribuer à la discussion entre chercheurs
et, pourquoi pas, à l’émergence de ce cadre
intégrateur.