- La pérennité organisationnelle
- La transgression, une dimension oubliée de l'organisation
- Les enjeux du mécénat culturel et humanitaire
Recherches récentes Mes recherches
Recevez des alertes automatiques relatives à cet article.
S'inscrire Alertes e-mail - Revue française de gestion Cairn.info respecte votre vie privéeLe terme même de pérennité recèle une ambiguïté sémantique. En effet, la perception qu’en ont les dirigeants révèle une diversité des points de vue et montre qu’il existe non pas une mais des pérennités. Pour les uns, il s’agit avant tout de faire perdurer un patrimoine et de pérenniser le contrôle et/ou la direction de l’entreprise au sein d’un même groupe d’actionnaires (en général une famille). Pour les autres, il s’agit de faire vivre dans la durée un projet, c’est-à-dire soit des activités/produits/marques, soit plus globalement des organisations dans lesquelles s’insèrent les hommes détenteurs des savoirs tacites auxquels ces activités s’adossent. Cette dernière pérennité, que l’on qualifie de pérennité organisationnelle se définit comme la capacité pour une entreprise d’initier ou de faire face au cours de son histoire à des bouleversements externes ou internes tout en préservant l’essentiel de son identité. Une entreprise pérenne doit ainsi gérer une contradiction majeure : celle de devoir à la fois évoluer et rester elle-même, celle d’être capable d’une remise en cause forte tout en respectant des valeurs fondamentales, celle d’être capable d’innover tout en exploitant les compétences existantes. Cette contradiction est inhérente à la définition même de la pérennité organisationnelle, en relation avec le délicat problème de l’identité de l’entreprise. Elle est, a fortiori, présente parmi les processus explicatifs de cette pérennité.
2 Or, alors que l’actualité récente souligne les dérives d’un système financier privilégiant les rendements de court terme et ponctué par des crises récurrentes depuis une vingtaine d’années[1] [1] Krach des marchés d’actions en 1987, krach des junk bonds...
suite, on peut s’étonner du faible nombre de travaux consacrés, a contrario, à des problématiques plaçant la pérennité des organisations au cœur des débats.
3 Comment se caractérisent les entreprises adoptant une vision de long-terme et plaçant leur durabilité parmi leurs priorités ?
4 Comment surmontent-elles le paradoxe au cœur de la pérennité : savoir évoluer tout en restant soi-même ?
5 Comment ces invariants peuvent-ils générer des évolutions porteuses de pérennité ?
6 Les études menées sur le sujet montrent que cet équilibre entre « changement et continuité » ne doit pas être uniquement perçu de façon dialectique – dans le sens où la vie d’une entreprise est caractérisée par des phases de changements majeurs ponctués de changements mineurs – mais de façon récursive au sens où les constantes peuvent contribuer au changement. En effet, l’étude d’entreprises pérennes révèle qu’un certain nombre d’invariants (savoir-faire, traditions, gestion financière prudente, valeurs, fidélité du personnel, investissements à long terme) jouent le rôle de filtre des initiatives stratégiques et permettent de modeler ces dernières dans le sens de la pérennité. Le processus de sélection interne, conduisant soit à l’abandon soit à la rétention, d’un certain nombre d’initiatives stratégiques permet à l’entreprise de ne pas se fourvoyer dans des voies irréalistes et de se maintenir sur le long terme.
7 La dialectique entre changement et continuité au cœur de la problématique de la pérennité organisationnelle traverse de nombreux courants de sciences de gestion.
8 Ces derniers, ainsi que les terminologies les plus représentatives sont synthétisés dans le tableau suivant :
La thèse clé de l’écologie des populations (Hannan et Freeman, 1989; Hannan et alii, 2004) est que la sélection environnementale tend à privilégier des populations de firmes présentant une forte inertie, car celle-ci permet une stabilité, fiabilité propice à leur survie. “Inertia provides coherence, replicability, and reliability within a firm. Furthermore, inertia fives confidence to the firm’s stakeholders regarding its ability to prosper and survive.” (Durand, 2006, p. 65). Les changements mal préparés et de trop grande ampleur peuvent en effet mettre à mal le maintien d’une organisation (“changes often lead to unforseen and unintended consequences”) (Hannan et al., 2004, p. 229) et conduire à sa disparition.
9 Cette idée de préserver un noyau dur pardelà les changements est également défendue par certains auteurs (De Geus, 1997; Collins et Porras, 1996, Aronoff, 2004) portant leur attention sur les entreprises ayant réussi sur le long terme. De Geus avance que les entreprises pérennes préservent, à travers leur métamorphose, une identité forte. Collins et Porras (1996) mettent, quant à eux, en évidence que les entreprises qui réussissent sur le long terme sont celles capables de « préserver l’essence et de stimuler le progrès » (p. 128). Pour Aronoff (2004), c’est parce qu’une entreprise aura été capable de développer une culture forte et des valeurs uniques (exemple : relations clients, cohésion entre employés, pratiques éthiques, honnêteté, etc.) qu’elle pourra se distinguer des autres entreprises et construire des avantages compétitifs durables.
Tableau 1 - La dialectique changement/continuité
10 Ainsi si cette inertie permet d’éviter des manœuvres stratégiques trop risquées, elle induit également une rigidité et peut être source d’enfermement dans un domaine d’activité porté par l’expérience de l’entreprise et non plus par les exigences de marché.
11 Face à ce constat, les spécialistes du changement et de l’apprentissage organisationnel ont développé l’idée qu’une entreprise doit être capable de développer de façon incrémentale des connaissances existantes mais aussi de créer de nouvelles opportunités (actualisation/renouvellement des connaissances). Ainsi, l’étude des innovations ne peut être dissociée de celle des connaissances sur lesquelles elle repose.
12 Prenons l’exemple des théories évolutionnistes (Nelson et Winter, 1982; Winter, 2000) la conception de la firme repose, selon ses auteurs, sur la notion de routine organisationnelle. “Routines define a collection of organizational interactions, codified or not, and solutions to concrete problems.” (Durand, 2006, p. 69). La mémorisation et la diffusion d’une trajectoire technologique permettent de développer un avantage concurrentiel sur les concurrents et de se soustraire à la sélection environnementale. Les auteurs distinguent trois types de routines : les routines opérationnelles – operational routines –, exécutées mécaniquement, les routines génériques – generic routines – dont l’amélioration fait l’objet d’un processus d’apprentissage continu et les routines de recherche – search routines – permettant de nouvelles combinaisons conduisant à des innovations et des changements radicaux. Comme le précise Durand (2006), la sélection n’est pas seulement externe mais interne. En effet la trajectoire d’une firme – organizational trajectory – est conditionnée par un ensemble de savoirs, savoir-faire, règles, procédures développées au cours de son histoire (pathdependency) et opérant comme une sélection interne des initiatives stratégiques. Ainsi, une organisation doit s’appuyer sur les routines de recherche afin d’engager suffisamment « d’exploration » au sens de March lui permettant de dévier de sa trajectoire organisationnelle.
13 Cette idée de sélection interne est également soulignée par le courant de l’écologie intra-organisationnelle (Burgelman, 1991, 1996; Burgelman et Grove, 2007). La question de départ est toujours la même “What is the balance of exploitation and exploration that will maximize a company’s survival chances in the face of different nonlinear strategic dynamics situations ?” (Burgelman et Grove, 2007, p. 966). La pérennité découle dans ce cadre de la capacité de l’équipe dirigeante à trouver un équilibre entre le développement d’initiatives stratégiques qu’ils qualifient d’« induites » (induced strategic initiatives) permettant d’exploiter les opportunités existantes et le développement d’initiatives stratégiques qu’ils qualifient d’« autonomes » (autonomous strategic initiatives) permettant de poursuivre de nouvelles opportunités. En effet, si le processus stratégique induit (induced strategic process) développe des actions dans le cadre de la stratégie officielle, le processus stratégique autonome (autonomous strategy process) explore les opportunités existant en dehors du champ stratégique choisi par la direction, en relation avec de nouveaux segments de marchés, de nouvelles technologies et de nouvelles compétences. Ils peuvent provenir du management intermédiaire.
14 À travers un processus de sélection interne, ces initiatives stratégiques autonomes seront ou non incorporées à la stratégie globale (corporate strategy). Le rôle de ces initiatives autonomes est d’étendre le champ de compétences, de préparer à des innovations de rupture. Elles peuvent cependant à l’excès mettre en danger sa position compétitive antérieure sans forcément lui assurer un avantage concurrentiel durable. Une prise de recul historique et une réelle étude des processus permettent de relativiser les plus grandes réorientations et de comprendre qu’elles sont le fruit de changements pas à pas réalisés par une volonté implacable de renouvellement de l’organisation. Par conséquent, c’est bien d’un sub-til dosage entre les deux qu’une organisation pourra assurer sa pérennité. “The most importantcontribution top management can make is to appropriately balance induced and autonomous strategy process to meet the challenges of different strategic dynamics situations” (Burgelman, Grove, 2007, p. 974). L’efficacité des processus internes de sélection dépend de la capacité d’une organisation de maintenir simultanément la capacité d’exploiter les opportunités existantes tout en poursuivant les opportunités nouvelles.
15 Selon Burgelman, la pérennité ne découle pas tant d’une alternance entre des changements incrementaux et des réorientations (cf. théoriciens de l’équilibre ponctué : Tushman et al., 1986; Romanelli et Tushman, 1994; Tushman et O’Reilly, 1996,2004). Au contraire, il semble que ces dernières soient en fait préparées par des processus internes émergents d’expérimentation et de sélection.
16 Le renouvellement des théories de l’équilibre ponctué a conduit à dépasser la vision traditionnelle dialectique entre changements mineurs et réorientations majeures (Romanelli et Tushman, 1994) au sens d’une confrontation et alternance entre phases de changements et phases de stabilité. L’idée avancée est que pour se maintenir sur le long terme, les entreprises doivent être capables de développer conjointement tout un ensemble d’innovations : des innovations incrémentales (améliorations mineures des procédés et/ou produits permettant d’améliorer la valeur ajoutée apportée aux clients), des innovations architecturales (changements fondamentaux des procédés et technologies conduisant à une modification sensible de son domaine d’activité), enfin des innovations discontinues rendant obsolètes des produits ou processus de production.
17 En particulier, les auteurs se sont penchés sur les caractéristiques organisationnelles permettant d’assurer l’exploitation et l’exploration de connaissances nécessaires à la pérennité. L’étude met en évidence la supériorité de la structure ambidextre : celle-ci combine une intégration du management entre les unités tout en reconnaissant la spécificité de chaque domaine d’activité. Cette structure permet en effet de favoriser le transfert de ressources et d’expertise afin de faciliter le débat d’idées et d’encourager les synergies tant en respectant l’intégrité des unités (culture, processus, structure propre). “The structure of ambidextrous organizations allows cross-fertilization among units while preventing crosscontamination.” (p. 77). L’entreprise peut simultanément allouer les ressources au développement de nouvelles activités tout en tirant profit des activités plus matures, accompagner l’inertie générée par le poids des activités anciennes sans laisser cette dernière scléroser l’organisation (Ben Mahmoud-Jouini et al., 2007).
18 Cette capacité de renouvellement est particulièrement soulignée par le courant dynamic capacibilities (Teece et al., 1997; Eisenhard et Martin, 2000; Winter, 2003). Celui-ci s’intéresse à la manière dont les managers « intègrent construisent et reconfigurent des compétences internes et externes afin de faire face à des environnements changeants » (Teece et al., 1997). Une capacité est définie comme la possibilité pour une firme de résoudre des problèmes grâce à des combinaisons complexes de réflexions et d’actions qui doivent rester stables et fiables dans le temps. Cette dimension temporelle est primordiale pour qualifier une procédure de résolution de problème comme étant une capacité dynamique. “A set of problemsolving activities is not called a capability unless it has proved to be successful across various situations and organizations are able to reproduce it.” (Schreyögg et Liech-Ebel, 2007, p. 915). Par conséquent, une capacité dynamique est le résultat d’un processus d’apprentissage lui donnant sa singularité (source de différenciation d’une firme à une autre). La notion de capacité dynamique repose sur un paradoxe apparent : celui de présenter un caractère fiable et stable dans le temps face à un environnement changeant. Schreyögg et Liech-Ebel (2007) avancent trois types d’explications à ce phénomène. Le premier facteur explicatif repose sur les concepts de “pathdependency” et de “lock-in”: il s’agit du fait que les décisions présentes et futures des firmes sont imprégnées des décisions passées, que ces dernières portent l’empreinte de l’histoire particulière de chaque firme. De plus, les activités, décisions ayant menées au succès ont tendance à se reproduire et se renforcer (“positive feedback loop”) conduisant par là à restreindre des stratégies alternatives. Le deuxième facteur explicatif repose sur la notion d’inertie. Cette inertie comme nous l’avons déjà souligné est source de cohésion organisationnelle mais elle est aussi un frein à l’exploration nécessaire au renouvellement et au développement des firmes. Enfin, le troisième facteur mobilise la notion de fidélité/confiance “commitment” en une stratégie sélectionnée. Celle-ci s’explique tout d’abord par les coûts fixes générés par le développement de certaines ressources, mais aussi par des éléments plus psychologiques comme la difficulté à reconnaître que les investissements précédents ont été vains ou des facteurs cognitifs prenant la forme de renforcement de perceptions sélectives. Enfin, les résistances sont aussi émotionnelles lorsque les besoins de changement nécessitent de remettre en cause les valeurs et croyances profondes des individus et des organisations auxquelles ils appartiennent. En résumé, la rigidité de ces capacités dynamiques s’explique par :
19 En même temps, la constitution de systèmes fiables de résolution de problèmes, de sélection et de combinaison de ressources, (systèmes issus de l’histoire de l’entreprise et encastrés dans un design organisationnel, des moyens de communication, une culture, des modes de contrôle, etc.) permet de développer des avantages concurrentiels. Toute la problématique pour la firme consistera à ne pas se laisser enfermer dans ces capacités.
20 Face à ces limites, Schreyögg et Liech-Ebel proposent leur propre modèle et tentent à leur tour de surmonter le paradoxe inhérent aux capacités dynamiques.
21 L’idée principale n’est pas, comme le faisaient les approches précédentes, de rendre une capacité dynamique mais de contrebalancer deux processus contraires : celui d’évolution et de stabilisation. On retrouve là l’idée de March selon laquelle les processus d’exploration et d’exploitation doivent s’équilibrer. Le concept de capacité dynamique selon Schreyögg et Liech-Ebel est également proche de celle d’organisation ambidextre développée par O’Reilly et Tushman (2004). Il s’agit en particulier de mettre en place des schémas routiniers de résolution de problèmes tout en compensant le risque de sclérose de l’organisation en développant un système de veille et d’alerte capable de reconnaître de façon précoce les nécessités de changement. Cette veille requiert à la fois une observation fine de l’environnement et une reconnaissance des « signaux faibles » annonciateurs d’une crise mais aussi une observation des pratiques de l’organisation dans une optique de remise en cause des théories utilisées (“théories in use”) au sens de Argyris et Shön (1978). Contrairement aux évolutionnistes (Winter, 2003), Schreyögg et Liech-Ebel ne considèrent pas les capacités dynamiques comme des routines. Le système de contrôle et de surveillance a en effet pour mission d’empêcher les routines de se développer. Au lieu de restreindre le champ des possibles du fait d’une mise en œuvre routinière des architectures de résolution de problèmes, il s’agit au contraire d’élargir le spectre de reconnaissances des problèmes pour aider l’organisation à reconnaître les signaux ou les événements susceptibles de remettre en cause ses compétences et capacités existantes. Le modèle plaide donc pour le développement de deux processus contraires : un récursif permettant de développer des capacités dans une optique d’efficience et simultanément un processus de surveillance et de remise en question de ces capacités permettant de tester leur pertinence et adéquation eu égard à des changements impromptus de l’environnement.
22 L’apprentissage, c’est-à-dire l’exploration puis l’exploitation de connaissances permettant d’évoluer, se trouve donc au cœur de la problématique de pérennité, qu’il soit le fruit de routines encastrées dans les processus organisationnels et conditionnés par une histoire ou qu’il soit développé plus librement grâce à une veille assidue. Pour préciser ce concept, il convient de rappeler comment cet apprentissage peut se développer ou être bloqué par l’organisation. March donne des réponses à cette question en examinant la façon dont les croyances individuelles et les règles organisationnelles s’influencent mutuellement. Les organisations stockent les connaissances dans des procédures, normes, règles et accumulent cette connaissance sur le long terme en puisant dans les connaissances individuelles. En même temps, ces mêmes individus sont socialisés par l’adhésion aux valeurs organisationnelles. Cet apprentissage mutuel conduit à une convergence entre les croyances organisationnelles et individuelles. Cependant, le risque, selon March, est que « les individus s’adaptent aux règles organisationnelles avant que ces dernières n’aient pu “apprendre” d’eux » (March, 1991, p. 85). Cette convergence érode par conséquent les potentialités de progrès et donc d’adaptation des firmes et tend à substituer l’exploitation à l’exploration d’alternatives inconnues. Selon March, les facteurs permettant de contrer cette dégradation du processus d’adaptation sont : une socialisation lente et un léger « turn-over ». En effet, une socialisation lente dans une nouvelle organisation favorise le maintien d’une certaine diversité des croyances individuelles propices à l’exploration et donc une évolution des connaissances sur le long terme, de même un faible « turn over » (en particulier lorsque l’environnement est turbulent) constitue un moyen d’introduire de la diversité et donc de retarder l’intériorisation par les individus des codes organisationnels.
23 Liu (2006) met l’accent sur les pièges (“competence trap”) que ces deux processus d’apprentissage (l’exploitation permettant l’amélioration incrémentale de connaissances déjà existantes et l’exploration permettant l’acquisition plus radicale de connaissances nouvelles) génèrent. En effet, l’exploitation excessive, c’est-à-dire l’amélioration continue des compétences centrales, rend plus difficile et moins attractive le développement de nouvelles capacités. Ce constat reprend à sa façon la métaphore du paradoxe d’Icare développé par Miller (1993), des spirales de déclin générées par un succès (Witt, 1993; Sutton, 1990; Masuch, 1985) soulignant que la confiance aveugle et arrogante que ce succès engendre peut être fatale à une organisation. À l’inverse, les organisations engagées dans des purs processus d’exploration sans chercher à transférer les connaissances et à réduire la distance entre connaissances existantes et nouvellement acquises risquent de supporter les coûts sans en retirer les d’avantages concurrentiels associés (Eisenhardt et Martin, 2000). Le poids des expériences passées, la focalisation des ressources sur un seul domaine d’activité peuvent conduire à une certaine myopie stratégique, aggravée par le sentiment d’invulnérabilité généré par une taille et une ancienneté importante. Les explorations excessives sont au contraire stimulées lorsque l’entreprise est de petite taille, dotée d’une culture entrepreneuriale, d’une capacité à prendre des risques, et lorsqu’elle est nouvellement présente sur un marché turbulent.
24 Miller et al. (2006) complètent également le modèle de March en incluant l’apprentissage interpersonnel et les connaissances tacites au modèle d’exploration/exploitation, signe là encore que l’on ne peut dissocier les processus de changements et continuité, d’innovation incrémentales et radicales des connaissances sur lesquelles ces processus s’appuient.
25 Ce numéro spécial trouve son origine dans une journée de recherche (Paris le 23 mai 2008) organisée conjointement par CRG de l’École polytechnique (PREG UMR 7176) et le CREGOR/COST de l’université Montpellier II (groupe de recherche COST). Cette journée fut l’occasion de réunir et de débattre avec un certain nombre de chercheurs spécialistes de cette thématique à la croisée de disciplines diverses (sciences de gestion, histoire, agronomie, géographie, sociologie, etc.). L’ensemble des travaux a comme point commun de s’appuyer sur le cadre d’analyse présenté ci-dessus mais aussi de l’élargir à d’autres contextes. Les intervenants, également contributeurs de ce numéro, ont été É. Godelier (CRG, X), A. Bloch et E. Nabat (HEC, Cnam), C. Macombe (Cemagref, Clermont-Ferrand), P. Palu et D. Bortoli (ITEM, université de Pau et des Pays de l’Adour), Y. Dupuy (CREGOR, université Montpellier II) et J.-F. Lebraty (GREDEG, université de Nice Sophia-Antipolis). Les allocutions d’ouverture et de clôture ont été prononcées par H. Dumez (CRG, X) et P.-J. Benghozi (CRG, X).
26 Hervé Dumez pose en introduction deux questions essentielles :
27 Alain Bloch et Erwan Nabat posent la question suivante : comment concilier l’idée de permanence du changement avec celle de pérennité dont la nature semble profondément opposée ? En s’appuyant sur les constantes sources de pérennité mises en évidence par Mignon (1998,2001), c’est-à-dire, la culture, la tradition, l’histoire, les valeurs humaines, la fidélité du personnel, les axes stratégiques privilégiant le maintien du métier, la gestion financière privilégiant l’investissement à long terme, les auteurs montrent que le non-respect de ces éléments de stabilité n’a pas permis d’opérer les changements nécessaires à la mise en place d’une ERP dans une grande firme agroalimentaire. « Les facteurs de péren-nité, nullement pris en compte dans le mode projet dont l’intention est de concevoir et de déployer de nouvelles normes, ont donc été déterminants dans l’analyse de l’échec et le retournement du projet ». Les questions d’apprentissage, de changement dans la continuité, d’évolutions possibles dans le respect d’un certain nombre d’invariants se trouvent ainsi renouvelées et illustrées.
28 Catherine Macombe a étendu le cadre d’analyse de la pérennité des PME à celui des exploitations agricoles. Ainsi, le rôle des valeurs jouant le rôle de contexte interne (au sens de Pettigrew) permettant aux initiatives porteuses de pérennité d’être retenues (Mignon, 1998,2001) ont été transposées en éthique des exploitants agricoles. L’auteur poursuit ainsi son enquête sur la pérennité organisationnelle en s’interrogeant sur l’interaction entre proactivité/éthique et marché : « Les échanges contribuent-ils à former l’éthique de métier ? » La réponse semble positive lorsque ces échanges sont jugés légitimes par l’exploitant. L’auteur ouvre ensuite le débat sur la généralisation de ces résultats aux dirigeants des petites entreprises familiales.
29 Toujours dans le secteur de l’agroalimentaire, Dolores De Bortoli et Pascal Palu s’interrogent sur l’évolution des exploitations agricoles en milieu de montagne pyrénéen. La méthodologie vise à analyser conjointement dans la longue durée (depuis le XVIIIe siècle) des trajectoires familiales et des transformations des systèmes agraires (paysage et appropriation). Leurs auteurs retrouvent ainsi la problématique centrale de la pérennité organisationnelle : la capacité d’adaptation de ces sociétés pastorale a été motivée par la volonté de préserver une part centrale de continuité. En effet, un des déterminants de la pérennité des exploitations agricoles repose sur le « système maison » définie comme « l’obligation de garder la terre de la maison et ses appendices connexes et les transmettre ». Ce système permet de comprendre le rapport étroit opérant encore aujourd’hui entre la pérennité des paysages des montagnes basques et celle de son système pastoral.
30 Jean-Fabrice Lebraty analyse la pérennité des organisations ayant opté pour une certaine forme d’externalisation de leurs activités (crowdsourcing) et pose la question de l’identité de ces organisations dont la structure a été fortement allégée. Apparu en juin 2006 dans un article du magazine Wired, le concept de crowdsourcing signifie l’externalisation par une organisation, via un site web, d’une activité auprès d’un grand nombre d’individus dont l’identité est le plus souvent anonyme. Dans ce cadre, l’auteur se demande si l’entreprise telle que nous la connaissons peut disparaître. À cet effet, et en se fondant sur l’analyse d’entretiens avec des fournisseurs de solutions de crowdsourcing, J.-F. Lebraty montre que l’entreprise demeurera pérenne, même si temporairement elle peut prendre une forme des plus dépouillées. En particulier, il sera mis en évidence que la répartition des tâches, leur coordination et leur formalisation se doivent d’être repensés dans la gestion des relations virtuelles.
31 Yves Dupuy s’interroge enfin sur le lien entre contrôle de gestion et pérennité des organisations. Si le contrôle de gestion est un vecteur de partage d’une vision stable et homogène de la performance, comment celui-ci peut-il aussi contribuer à faire évoluer, « construire et reconstruire l’identité objective et subjective d’une organisation »? Autrement dit, comment appliquer le concept d’écarts à des normes devant être sans cesse renouvelées ? Comment contrôler le changement nécessaire à la péren-nité tout en maintenant suffisamment de stabilité ? Les paradoxes liés à la contrôlabilité des organisations pérennes se trouvent ainsi soulevés.
32 Pierre-Jean Benghozi s’interroge en conclusion sur les deux manières d’envisager la pérennité :
Est-ce l’inertie qui conduit au changement ou les adaptations permanentes sont-elles source de stabilité ? Faut-il s’appuyer plutôt sur les routines éprouvées ou se lancer dans une course à l’innovation pour « demeurer en l’état » ? La toile de fond de ce questionnement renvoie bien sûr au dilemme exploration/exploitation – cher à March – qui constitue bien la problématique centrale commune aux contributions de ce dossier.
33 Les différentes approches ont donc confirmé la nécessité d’aborder la pérennité de façon transdisciplinaire à l’intérieur des sciences de gestion (RH, stratégie, contrôle de gestion, SI) et par rapport aux disciplines voisines (histoire, sociologie, etc.). Ces contributions ont permis de tester la robustesse du cadre d’analyse à d’autres terrains et assurer une généralisation analytique au sens de Yin. Elles éclairent aussi le paradoxe central de la pérennité organisationnelle : à savoir celui de changer tout en gardant son identité; problème épineux soulevé dans son allocution par H. Dumez s’interrogeant sur « le principe d’identité qui permet de dire qu’une organisation se maintient » et rappelé par Pierre-Jean Benghozi en clôture du sémi-naire rappelant la nécessité de « penser la stabilité du cadre pour assurer la flexibilité ». La pérennité n’est donc pas synonyme d’immobilisme. Elle est souvent associée à des stratégies d’innovation même si ces dernières s’avèrent souvent prudentes (Ben Mahmoud-Jouini et al., 2008). Cette prudence s’explique chez les entreprises familiales (C&A, Beretta, etc.) par le souci de préserver l’image, la valeur du patrimoine pour les générations futures. Elle se retrouve chez des entreprises aux capitaux non familiaux (Biscuiterie Fossier, etc.) lorsque les actionnaires et dirigeants privilégient le développement d’un projet industriel, le pragmatisme, la vision de long terme (conduisant à des investissements dont la rentabilité est éloignée dans le temps) et lorsqu’ils sont habités par une éthique au service de la pérennité de l’emploi. Cette pérennité existe chez les grands groupes (Intel, Coca-Cola, etc.), comme les entreprises de petite taille (Jean Roze) même si la course au gigantisme et la dispersion de l’actionnariat rendent plus difficile le maintien d’un certain « quant à soi » par rapport aux pressions des marchés financiers. La recherche de pérennité n’est pas spécifique à un secteur d’activité particulier (textile, sidérurgie, composants électroniques, etc.) et n’est pas cantonnée à l’industrie. Elle se pose actuellement en agronomie par exemple dont les problématiques d’agriculture durable placent les trajectoires de long terme et le maintien des exploitations au cœur des débats. Enfin, audelà de la pérennité de l’organisation, on peut poser la question de la durabilité des réseaux en tant que stabilisation des relations sociales privilégiant stabilité et qualité à une logique du moins offrant en termes de prix. Les disciplines mobilisées pour cerner cette notion complexe ne se cantonnent pas au management : histoire, anthropologie, géographie… concourent à comprendre comment les éléments de permanence, leur formation dans le temps permettent de guider la flexibilité nécessaire au maintien à long terme des organisations, des exploitations agricoles, des paysages, des liens sociaux…
34 À qui bénéficie la pérennité ? Aux salariés soucieux de préserver leur emploi, aux clients attachés au savoir-faire et aux marques, aux fournisseurs désireux de recouvrir leurs créances, aux régions des entreprises souvent historiquement enracinées localement et à la société en général par les externalités qu’elle génère. Bénéfi-cie-t-elle aussi aux actionnaires ? La réponse se doit d’être nuancée. Certes, le montant des dividendes est moins alléchant que les rendements des titres faisant l’objet des convoitises des hedge funds et autres fonds d’investissement à risque. Certes, les perspectives de plus values ne sont pas une priorité des actionnaires d’entreprises pérennes, car la stabilité actionnariale est une condition sine qua non d’un horizon stratégique de long terme. Néanmoins, la crise financière de 2008 rappelle les dérives d’un système financier marqué ces dernières années par les innovations financières débridées et un vaste mouvement de déréglementation. Aujourd’hui l’effondrement des marchés financiers, la faillite des plus grandes banques américaines (Lehman Brothers), la restriction des sources de financement à la fois de la part du système bancaire et des marchés financiers et les effets en cascade sur l’économie réelle (restriction de la consommation, des investissements, de l’emploi) a conduit l’État à intervenir dans les jeux du marché et à se comporter comme seul actionnaire raisonnable et responsable (nationalisation de la banque belgo-néerlandaise Fortis, mise sous tutelle de Fannie Mae et Freddie Mac aux États-Unis, etc.) tandis que les banques centrales veillaient à limiter l’assèchement du crédit (par injection de liquidités sur les marchés monétaires). La défiance de l’opinion publique américaine envers le plan Paulson reflète aussi une prise de conscience citoyenne des conséquences dramatiques que génèrent les prises de risques inconsidérées d’une frange d’actionnaires.
35 Sans revenir au capitalisme paternaliste du XIXe siècle ou caricaturer de façon naïve les modes de fonctionnement des moyennes entreprises patrimoniales, on peut se demander si ces dernières, souvent pourvoyeuses d’emploi, souvent moins gourmandes en capitaux, et moins rivées sur leurs résultats trimestriels n’offrent pas des modèles de management alternatifs méritant réflexion.
Allouche J., Amann B., « Nature et performances des entreprises familiales », Le management, fondements et renouvellements, Schmidt G. (dir), ed. Sciences Humaines, 2008.
Allouche J., Amann B., « L’actionnaire dirigeant d’entreprises familiales », Revue française de gestion, vol. 28, n° 141,2003, p. 109-130.
Allouche J., Amann B., « Entreprises familiales : une explication de la performance par les réseaux sociaux », La construction sociale de l’entreprise. Autour des travaux de Mark Granovetter, sous la direction de Huault I., EMS Management et société, 2002.
Allouche J., Amann B., Garaudel P., « Performances et caractéristiques financières comparées des entreprises familiales et non familiales : le rôle modérateur de la cotation en bourse et du degré de contrôle actionnarial », Journal des Entreprises Familiales, n° 1, 2008.
Argyris C., Savoir pour agir. Surmonter les obstacles à l’apprentissage organisationnel, Paris, InterÉdition/Dunod, 1995,2000.
ArgyrisC., ShönD., Organizationl Learning : A Theory of Action Perspective, Addison Westley, Reading Mass, 1978.
Aronoff C., “Self-Perpetuation Family Organization Built on Values : Necessary Condition for Long-Term Family Business Survival”, Family Business Review, vol 17, n° 1, p. 55-59,2004.
Baum J.A.C., Singh J.V. (eds), Evolutionary Dynamics of Organizations, Oxford University Press, New York, 1994.
Ben Mahmoud-Jouini S., Charue-Duboc F., Fourcade F., « Favoriser l’innovation radicale dans une entreprise multidivisionnelle : Extension du modèle ambidextre à partir de l’analyse d’un cas », Finance Contrôle Stratégie, vol. 10, n° 3, septembre 2007, p. 5-41.
Ben Mahmoud-Jouini S., BlochA., Mignon S., « Vers un modèle prudentiel d’innovation des entreprises familiales – contribution au concept d’entrepreneuriat familial », 2e Journées Georges DORIOT, HEC Paris et École de Management de Normandie, Paris, 15 mai 2008.
Burgelman R.A., “Intraorganization ecology of strategy making and organizational adaptation : theory and field research”, Organization Science, vol. 2, n° 3,1991, p. 139-26.
Burgelman R.A., “A Process Model of Strategic Business Exit : Implications for an Evolutionary Perspective on Strategy”, Strategic Management Journal, vol. 17,1996, p. 193-214.
Burgelman R.A., Grove A.S., “Let Chaos Reign, Then Rein in Chaos – Repeatedly : Managing Strategic Dynamics for Corporate Longevity”, Strategic Management Journal, vol. 28,2007, p. 965-979.
Caby J., Hirigoyen G., La gestion des entreprises familiales, Economica, Paris, 2002.
Collins J.C., Porras J.I., Built to Last : Successful Habits of visionary Companies, Century Lt. 1994. (Version française : Bâties pour durer : les entreprises visionnaires ont-elles un secret ?, First Management, Paris, 1996).
Collins J.C., « Le secret des entreprises qui durent », L’Essentiel du Management, janvier 1997, p. 108-114.
De Geus A., Habits for Survival in a Turbulent Business Environment, Harvard Business School; Cambridge, MA, 1997. (Version française : La pérennité des entreprises, Maxima Laurent du Mesnil, Paris).
Durand R., Organizational Evolution and Strategic Management, Sage Strategy Series, London, 2006.
Eisenhardt E., Martin J.A., “Dynamic Capabilies : what are they”, Strategic Management Journal, vol. 21, n° 10/11,2000, p. 1105-1123.
Hirigoyen G., Poulain-Rehm T., « La politique de stock-options des entreprises familiales cotées : quelques résultats empiriques », Revue Finance, Contrôle, Stratégie, vol. 3, n° 1, mars 2000.
Girod-Seville M., Mémoire des organisations, Éd. L’Harmattan, Paris, 2000.
Greiner L., “Evolution and Revolution as Organizations Grow”, Harvard Business Review, 1972, p. 37-45.
Hannan M.T., Freeman J., Organization Ecology, Harvard University Press, Cambridge, Ma, 1989.
Hannan M.T., Polos L. et Corroll G.T., “The evolution of inertia”, Industrial and corporate Change, vol. 13, n° 213-242,2004.
Harreld J.B., O’Reilly III C.A., Tushman M.L., “Dynamics Capabilities at IBM : Driving Strategy into Action”, California Management Review, vol. 49, n° 4, été 2007.
Huber G.P., “Organizational Learning : The Contributing Processes and the Literatures”, Organization Science, vol 2, n° 1,1991, p. 88-115.
Johnson-Cramer M.E., Parise S., Cross R.L., “Managing Change through Networks and Values”, California Management Review, vol. 49, n° 3,2007, p. 85-109.
Levinthal D.A., “Organizational Adaptation and Environmental Selection – Interrelated Processes of Change”, Management Science, vol. 2,1991, p. 140-145.
Liu W., “Knowledge Exploitation, Knowledge Exploration, and Competency Trap”, Knowledge And Process Management, vol. 13, n° 3,2006, p. 144-161.
March J.G., “Exploration and Exploitation in Organizational Learning”, Organization Science, vol. 2, n° 1,1991, p. 71-87.
Masuch M., “Vicious Circles in Organizations”, Administrative Science Quaterly, n° 30, 1985, p. 14-33.
Mignon S., Une approche de la pérennité de l’entreprise, thèse de doctorat, université de Nice Sophia-Antipolis, 1998.
Mignon S., Stratégie de pérennité d’entreprise, Vuibert, 2001.
Miller D., Le Paradoxe d’Icare, Éditions Eska, Paris, 1993.
Miller D., Friesen P.H., Organizations : A Quantum View, Prentice Hall, Englewood Cliffs, NJ, 1984.
Miller K.D., Zhao M., Calantone R.J., “Adding interpersonal Learning and Tacit Knowledge to March’s Exploration-Exploitation Model”, Academy of Management Journal, vol. 49, n° 4,2006, p. 709-722.
Nelson R.R., Winter S.G., An Evolutionary Theory of Economic Change, Belkrap Press, Boston, MA, 1982.
Nonaka I., “A Dynamic Theory of Organizational Knowledge Creation”, Organization Science, vol. 5, n° 1,1994, p. 14-37.
Nonaka I. et Takeuchi H., La connaissance créatrice, de Boeck, 1997.
O’Reilly C.A. III, Tushman M.L., “The Ambidextrous Organization”, Harvard Business Review, avril 2004, p. 74-81.
Romanelli E., Tushman M., “Organizational Transformation as Ponctuated Equilibrium : An Empirical Test”, Academy of Management Journal, n° 36,1994, p. 701-732.
Rumelt R.P., “Inertia and Transformation”, Resourced-Based and Evolutionary Theories of the Firm, C.A. Montgomery (Ed.), Harvard Business School, Kluwer Academic Publisher, 1995, p. 101-132.
Schreyogg G., Kliesch-Eberl M., “How Dynamic can Organizational Capabilities Be ? Towards a Dual-Process Model of Capability Dynamization”, Strategic Management Journal, vol. 28,2007, p. 913-933.
Sutton R.I., “Organizational Decline Processes : A Social Psychological Perspective”, Research in Oganizational Behavior, B.M. Staw, L.L. Cummings, vol. 12, JAI Press, Greenwich, CT, 1990, p. 205-253.
Teece D.J., Pisano G., Shuen A., “Dynamic Capabilities and Strategic Management”, Strategic Management Journal, vol. 18, n° 7,1997, p. 509-533.
Tushman M., O’Reilly III C.A., “The ambidextrous Organization : Managing Evolutionary and Revolutionary Change”, California Mangement Review, 1996, p. 8-31.
Tushman M., Newman W.H., Romanelli E., “Convergence and Upheaval : Managing the Unsteady Pace of Organizational Evolution”, California Management Review, vol. 29, n° 1, 1986, p. 29-44.
Winter S.G., “The Satisficing Principle in Capability Learning”, Strategic Management Journal, Special Issue, n° 21, vol. 10-11,2000, p. 981-996.
Winter S.G., “Understanding Dynamic Capabilities”, Strategic Management Journal, n° 24, vol. 10,2003, p. 991-995.
Witt U. (Eds), Evolutionary Economics, Edward Elgar Publishing Limited, Cambridge University Press, 1993.
Yin R., Case Study Research : Design and Methods, Sage Publication, London, 2003.
[ 1] Krach des marchés d’actions en 1987, krach des junk bonds en 1990, éclatement de la bulle internet en 2001, crise des prêts immobiliers dits « subprimes » depuis 2007 aux États-Unis devenue une crise financière mondiale au cours de l’année 2008…
Sophie Mignon « La pérennité organisationnelle », Revue française de gestion 2/2009 (n° 192), p. 73-89.
URL : www.cairn.info/revue-francaise-de-gestion-2009-2-page-73.htm.
DOI : 10.3917/rfg.192.0073.