Revue française de psychanalyse
P.U.F.

I.S.B.N.2130526519
376 pages

p. 1103 à 1116
doi: 10.3917/rfp.664.1103

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Le sens de la perversion

Volume 66 2002/4

2002 Revue française de psychanalyse Le sens de la perversion

Intrication pulsionnelle et fonctions du sadisme primaire

Florence Guignard Square d’Orléans 80, rue Taitbout 75009 Paris
L’auteur reprend l’étude des relations du Moi naissant avec le sadisme primaire sous l’angle de ses travaux antérieurs sur la généalogie des pulsions et les paliers d’intrication pulsionnelle. Elle relie le concept d’aperception de Winnicott aux avancées effectuées précédemment par Klein et par Bion, et elle propose une esquisse de la psychopathologie du sadisme, selon un éventail qui va de l’inhibition simple à la schizophrénie et à l’autisme. Elle donne un bref exemple de désintrication pulsionnelle catastrophique aboutissant au meurtre et au suicide.Mots-clés : Sadisme primaire, Sadisme du Ça, Sadisme du Surmoi, Moi naissant, Généalogie des pulsions, Intrication pulsionnelle, Projection/introjection, Aperception, Capacité de rêverie de la mère, Symbolisation, Régression, Psychoses, Relations d’objet partiel/total, SP Ç D, Concepts de troisième type. The author reconsiders the relations of the nascent Ego with primary sadism from the perspective of her previous work on the genealogy of the drives and the thresholds of drive fusion. She links Winnicott’s concept of aperception to the advances made previously by Klein and Bion, and proposes a sketch for the psychopathology of sadism, according to a scale that goes from simple inhibition to schizophrenia and autism ; She gives a brief example of catastrophic drive defusion resulting in murder and suicide.Keywords : Primary sadism, Sadism of the id, Sadism of the Superego, Nascent Ego, Genealogy of the drives, Drive fusion, Projection-introjection, Aperception, Mother’s capacity for daydreaming, Symbolisation, Regression, Psychoses, Partial/total object relations, SP Ç D, Concepts of the third type. Die Autorin nimmt das Studium der Beziehungen des Ich am Anfang seines Aufbaus zum primären Sadismus wieder auf, aus dem Gesichtspunkt ihrer früheren Arbeiten über die Genealogie der Triebe und die Stufen der Triebvermischung. Sie verbindet den Konzept der “ Aperception ” von Winnicott mit den vorherigen Auffassungen von Klein und Bion und sie schlägt einen Entwurf der Psychopathologie des Sadismus vor, nach einem Fächer, der von der einfachen Hemmung bis zur Schizophrenie und zum Autismus geht. Die Autorin gibt ein kurzes Beispiel einer katastrophalen Triebentmischung, welche zum Mord und zum Selbstmord führt.Schlagwörter : Primärer Sadismus, Sadismus des Es, Sadismus des Überich, Ich am Anfang seines Aufbaus, Genealogie der Triebe, Triebvermischung, Projektion/Introjektion, Aperception, Traumfähigkeit der Mutter, Symbolisierung, Regression, Psychosen, Beziehungen Partialobjekt/Ganzobjekt, SPÇD, Konzepte des dritten Typus. La autora retoma el estudio de las relaciones entre el Yo incipiente y el sadismo primario desde la perspectiva de sus trabajos anteriores sobre la genealogía de las pulsiones y los niveles de fusión pulsional. Asocia el concepto de apercepción de Winnicott con los avances efectuados precedentemente por Klein y Bion, y propone un esbozo de la psicopatología del sadismo, de acuerdo con un abanico que abarca desde la inhibición simple hasta la esquizofrenia y el autismo. Da un breve ejemplo de defusión pulsional catastrófica que desemboca en el asesinato y el suicidio.Palabras claves : Sadismo primario, Sadismo del Ello, Sadismo del Superyo, Yo incipiente, Genealogía de las pulsiones, Fusión pulsional, Proyección/Introyección, Apercepción, Capacidad de ensueño de la madre, Simbolización, Regresión, Psicisis, Relación de objeto parcial/total, SPÇD, Conceptos de tercer tipo. Riassunto — L’autore riprende lo studio delle relazioni dell’Io con il sadismo primario dall’algolatura dei suoi precedenti lavori sulla genealogia delle pulsioni e dei gradi d’intricazione pulsionale. Lega il concetto d’apercezione di Winnicott ai progressi effettuati in precedenza da Klein e da Bion e propone un abbozzo della psicopatologia del sadismo, secondo un ventaglio che va dalla semplice inibizione alla schizofrenia ed all’autismo. Dà un breve esempio di disintricazione pulsionale catastrofica che conduce all’uccisione ed al suicidio.Parole chiave : Sadismo primario, Sadismo dell’Es, Sadismo del Super-io, Io nascente, Genealogia delle pulsioni, Intricazione pulsionale, Proiezione/introiezione, Apercezione, Capacità di rêverie della madre, Simbolizzazione, Regressione, Psicosi, Relazioni d’oggetto parziale/totale, SP Ç D, Concetti di terzo tipo.
 
ÉCRIRE SUR LE SADISME PRIMAIRE
 
 
S’éprendre de la vie, se prendre et se déprendre de la réalité, voilà ce que la psychanalyse a problématisé sous le vocable de « sadisme primaire ».
Alexandre Minkowski, célèbre figure de la néonatalogie, avait coutume de dire qu’il lui suffisait de regarder, lors de sa visite quotidienne, chacun des prématurés de son service, pour savoir ceux d’entre eux qui s’en sortiraient, « parce qu’ils voulaient vivre ».
Mais pour vivre, il faut pouvoir intriquer les différents aspects des pulsions : non plus seulement « avaler », comme c’était le cas in utero, mais bien « téter », avec ce que cela comporte de fermeture du sphincter buccal, puis, très vite, « mordre », avec ce que cela comporte de délicat discernement entre l’objet que l’on tète et celui que l’on mord. Les mères qui continuent à allaiter un bébé au cours et au-delà de sa poussée dentaire peuvent témoigner de cette intrication.
Intrication indispensable que celle du sadisme oral, pour la suite du développement psychique. En effet, « morsure », « meurtrissure », « meurtre », les substantifs intéressant ce qu’Abraham a décrit comme « le second stade oral » (K. Abraham, 1924) [1] annoncent la cruauté, le cannibalisme, la dévoration, la disparition de l’objet, faute de quoi il n’est point de deuil de cet objet, donc, point de constitution d’un objet interne. On se souviendra de la géniale communication d’Abraham à Freud [2] sur sa découverte, lors d’une excursion dans les Dolomites, du caractère incontournable de la voie cannibalique dans le processus de deuil : « Corragio, Casimiro ! » s’exclamait l’un des porteurs pour encourager l’autre à ingérer de la viande avariée, seule nourriture qui leur restait.
« Mordre dans la vie », « dévorer », « en baver », « cracher le morceau », « découper la réalité », « vomir sa haine », à ces quelques expressions concernant le sadisme oral, on peut, bien entendu, en rajouter au moins autant qui sont issues du sadisme urétral et anal. Plus scatologiques, ces dernières sont aussi empreintes d’une mentalité phallique, « unisexe » davantage encore qu’homosexuelle, où l’expression « va te faire ... ! » renvoie à la définition du masochisme féminin proposée par Freud : l’homme masochiste se placerait en fantasme « dans une position caractéristique de la féminité et donc... (ses fantasmes) signifient être castré, subir le co ït, ou accoucher » (S. Freud, 1924) [3].
Écrire sur le sadisme primaire du point de vue psychanalytique, c’est utiliser les compétences et les limites de cette science humaine pour rechercher une représentation de ce point d’impact, éminemment fragile, cette « entaille » dans la réalité que tout être humain doit effectuer, la vie durant, pour survivre, vivre et se développer.
Écrire sur le sadisme primaire du point de vue de l’avènement du sens, c’est fonctionner dans un double après-coup, puisque l’organisation sadique des pulsions précède de beaucoup, non seulement l’apprentissage du langage écrit mais également cette élaboration primordiale de la symbolisation qu’est la constitution du langage parlé.
Afin de donner ma représentation personnelle de cette « entaille », je vais tenter, à mon tour, de refaire le trajet de retour qui conduit à ce creuset précoce de l’organisation pulsionnelle et relationnelle du « premier Moi ».
 
INTER FAECES ET URINAS NASCIMUR
 
 
Un enfant vient de naître. On le pose sur le ventre de sa mère, qui le regarde, le caresse, lui parle, l’embrasse. On coupe le cordon ombilical, le placenta, désormais inutile, suit son chemin vers la sortie du corps de la mère, l’atmosphère ambiante s’apaise. S’il est présent, le père du nouveau-né accompagne celui-ci lorsqu’on va le baigner, le vêtir et le cataloguer au moyen d’un petit bracelet dit « d’identification »...
Silencieux ou hurlant, l’infans force l’entourage à ressentir ce quelque chose de très étrange, ce quelque chose d’inquiétant (S. Freud, 1919) [4] qui préside à l’apparition d’un nouvel être humain. Chacun s’en défend en déclarant haut et fort : « Pauvre petite chose, qui ne comprend rien à ce qui lui arrive ! » Probablement. Mais nous non plus. Et tandis que les plus chanceux d’entre les nouveaux-nés vont voir défiler les fées à leur chevet, c’est la sorcière Métapsychologie qu’il nous faudra invoquer à l’accoudoir de notre fauteuil d’analyste, si nous voulons tenter d’établir quelques représentations qui permettent de soutenir notre réflexion et nos hypothèses sur la naissance du fonctionnement psychique humain et, en particulier, sur la constitution de ce Moi destiné à servir trois maîtres : le Ça, le Surmoi et la réalité extérieure (S. Freud, 1923) [5].
« Jusqu’à présent, écrit M. Klein (M. Klein, 1946) [6], nous connaissons peu de choses sur la structure du premier Moi. Quelques suggestions récentes à ce sujet ne m’ont point convaincue : je pense en particulier à l’idée de Glover sur les noyaux du Moi et à la théorie de Fairbairn sur l’existence d’un Moi central et de deux Moi subsidiaires. L’accent qu’a mis Winnicott sur la non-intégration du premier Moi me semble plus utile. Je dirai aussi que le premier Moi manque beaucoup de cohésion et qu’une tendance vers l’intégration alterne avec une tendance à la désintégration, une tendance à tomber en morceaux. Je crois que ces fluctuations sont caractéristiques des premiers mois de la vie » (op. cit., p. 278).
Un nouveau-né crie. Passée la réaction maniaque de s’en réjouir – il n’est donc pas mort, ce nouveau rival –, la réponse habituelle à ce premier mouvement de projection est de le mettre au sein de sa mère : même si, pendant les premiers instants, aucun liquide ne va encore sourdre de celui-ci, la réponse spontanée de l’objet à l’acte de projection de l’infans est donc une proposition d’introjection. Sitôt mis en place le schème d’activité de la succion, le monde de la « cavité primitive » (R. Spitz, 1957) [7] va constituer le théâtre de l’intrication pulsionnelle, l’antichambre de l’activité de digestion – modèle de l’activité de pensée (W. R. Bion, 1961) [8] – dont l’autre extrémité deviendra le lieu de maîtrise de l’expulsion des objets indésirables, voire menaçants.
Dans cette version nouvelle d’une unité retrouvée, « l’aperception » va primer sur « la perception », dira plus tard Winnicott (D. W. Winnicott, 1967) [9], pour autant, du moins, que l’objet maternel joue convenablement son rôle de miroir : « Que voit le bébé lorsqu’il regarde le visage de sa mère ? », écrit-il. « Je suggère que le bébé, d’ordinaire, se voit lui-même. »
Mais, comme toujours, c’est le détour par la pathologie qui aide à suggérer les contours d’un processus, au risque d’en proposer l’étiologie : « Pour m’expliquer, poursuit-il, je parlerai du cas du bébé à qui la mère renvoie sa propre humeur ou, pire, la rigidité de ses propres défenses. Que voit le bébé dans de pareils cas ? Tout d’abord, la capacité créatrice du bébé commence à s’atrophier et, d’une manière ou d’une autre, il regarde autour de lui en quête d’un environnement qui lui renvoie quelque chose de lui-même... Le visage de la mère n’est pas un miroir alors. “La perception” prend ainsi la place de “l’aperception” ; la perception prend la place de ce qui aurait pu être le début d’un échange significatif avec le monde : un processus à double voie dans lequel l’enrichissement de soi alterne avec la découverte de la signification du monde des choses que l’on voit » (op. cit., p. 112-113).
Ainsi, pour Winnicott, l’infans va diriger son attention vers le monde extérieur toutes les fois où il va se sentir « mal reçu » – et quel parent aurait l’arrogance de prétendre être toujours en mesure de recevoir l’infans, ne fût-ce que « suffisamment bien » ?
 
LA PERSONNIFICATION DANS LE TRANSFERT ET LES AFFECTIONS PSYCHOTIQUES
 
 
Lorsque, dans ce texte de 1967, Winnicott différencie et oppose la perception à l’aperception, il se situe, près de quarante ans plus tard, dans le prolongement direct des développements élaborés par Melanie Klein sur la constitution du Moi et sa vulnérabilité. Ce fait remarquable contrevient aux idées reçues et largement diffusées par la « mentalité de groupe » [10] qui, plutôt que de se laisser féconder par les débats d’idées survenus entre les grandes figures de la psychanalyse, utilise les points de désaccord d’Anna Freud et, surtout, de Winnicott avec Melanie Klein, pour faire l’économie de la difficile étude de la métapsychologie kleinienne, et pour y substituer des contre-vérités d’une indigence souvent consternante.
C’est entre 1929 et 1934 que Melanie Klein élabore le corpus de sa théorie concernant l’organisation première du Moi et du Surmoi précoce à partir des pulsions de vie et de mort, et qu’elle installe ses hypothèses à propos de l’étiologie des différentes affections psychotiques.
Considérant que le transfert « se fonde sur le mécanisme de la personnification » (M. Klein, 1929) [11], elle décrit les entraves à celui-ci. Elle pense que « l’angoisse la plus douloureuse et la plus pesante est le fait du Surmoi introjecté à un stade très ancien du développement du Moi » et que « la suprématie de ce Surmoi précoce est un des facteurs fondamentaux de la genèse des psychoses ».
À l’intérieur des psychoses, elle distingue le transfert du parano ïaque de celui du schizophrène : le parano ïaque a une vie fantasmatique très riche, mais dont les personnages sont à l’image des « identifications cruelles, génératrices d’angoisse [qui] prédominent dans la structure de son Surmoi », et donc, « essentiellement négatifs », ne pouvant « que se réduire aux types rigides du persécuteur et du persécuté ». Chez le schizophrène, la pathologie des mécanismes de projection entraîne une carence de la personnification, ce qui « empêche l’établissement et le maintien de la relation à la réalité et au monde extérieur » (op. cit., p. 252).
Étudiant les liens existant entre le sadisme, la symbolisation et la psychose (M. Klein, 1930) [12], elle établit, en relation avec le concept freudien de point de fixation, une genèse des psychoses et fait l’hypothèse d’une inhibition précocissime, voire d’une régression de l’organisation première du sadisme oral et anal :
1 / Le point de fixation de la « démence précoce » [13] se situe à l’apogée de la phase de sadisme oral.
2 / Le point de fixation de la parano ïa se trouve dans la seconde phase du sadisme oral, celle où viennent s’adjoindre, puis prédominer, les pulsions sadiques urétrales et anales.
Elle souligne son accord avec Abraham sur ce second point et avec Freud sur la fixation au stade narcissique de ces deux affections. Elle décrit avec une grande perspicacité la radicalité des défenses utilisées par le Moi naissant, aux prises avec la violence des pulsions de vie et de mort et les défaillances de leur intrication au moyen du sadisme précoce.
 
VULNÉRABILITÉ DU MOI NAISSANT ET DÉFENSES CONTRE LE SADISME
 
 
« Les stades précoces du conflit œdipien, écrit M. Klein (M. Klein, 1930, op. cit., p. 277), sont dominés par le sadisme. Ils se situent à une période qui débute par le sadisme oral (auquel se joignent le sadisme urétral, musculaire et anal) et s’achève au moment où cesse la dominance du sadisme anal. C’est seulement au cours des stades ultérieurs du conflit œdipien qu’apparaissent les défenses contre les pulsions libidinales ; pendant les stades précoces, les défenses s’opposent aux pulsions destructrices qui accompagnent le complexe d’Œdipe. La première défense établie par le Moi s’oppose au sadisme du sujet lui-même et à l’objet attaqué, conçus tous deux comme des sources de danger. Cette défense est d’une nature assez violente et diffère du mécanisme de refoulement. Chez le garçon, elle s’oppose également à son propre pénis, exécuteur de son sadisme, et elle est une des sources les plus profondes de tous les troubles de la puissance sexuelle. »
Or, s’il est trop terrifié par son propre sadisme, s’il s’en défend de façon excessive et prématurée, le Moi de l’infans ne va pas pouvoir développer harmonieusement une vie fantasmatique, pas plus qu’il ne pourra établir des relations adéquates avec la réalité. En effet, il ne pourra pas, dans ces conditions, s’approprier en fantasme les contenus du corps maternel sans se faire attaquer, en retour, par un avatar menaçant de ce corps maternel, devenu dangereux sous l’emprise de ses propres pulsions sadiques. Du même coup, l’exploration du monde extérieur – qui est vécu par tout infans comme une extension du corps de la mère – va se trouver inhibée.
Cette situation, poursuit M. Klein, « entraîne une suspension plus ou moins totale de la relation symbolique aux choses et aux objets représentant les contenus du corps maternel, et par conséquent de la relation du sujet à son entourage et à la réalité. Ce retrait constitue le fondement du manque d’affect et d’angoisse, qui est un des symptômes de la démence précoce ».
La question du sadisme est donc, pour M. Klein, un point crucial dans le développement du psychisme : tout à la fois lieu d’intrication pulsionnelle et lieu des premières relations d’objet et de la première configuration œdipienne, le sadisme est la configuration où peuvent prendre place tous les dangers pour le Moi encore mal intégré de l’infans. A-t-on vraiment pris la mesure de cette atmosphère de morsure, d’incorporation et d’introjection, mais aussi de clivage de projection, de déni et de Verwerfung, véritable expulsion de la vie psychique, qui préside à cette toute première édition de la triangulation humaine ?
On pourrait dire que la pathologie du sadisme est une pathologie du mécanisme de projection et de ses avatars relationnels. C’est l’importance et la complexité de cette problématique pour le développement psychique qui vont conduire M. Klein à conceptualiser, dans la foulée, la deuxième, puis la troisième partie de son œuvre : la découverte des deux modes de relation d’objet – partiel et total – la conduira à installer les deux « positions », « dépressive » et « schizoparano ïde », positions princeps du fonctionnement psychique, puis la poursuite de ses travaux sur la pathologie de la projection et de l’introjection la conduira à conceptualiser l’identification projective (M. Klein, 1946, op. cit.).
 
LE PASSAGE DES RELATIONS D’OBJET PARTIEL AUX RELATIONS D’OBJET TOTAL ET À LA SOUFFRANCE DÉPRESSIVE
 
 
La projection et l’introjection constituent un ensemble que je désigne comme « la respiration de la vie psychique ». En analysant leurs interactions dans la suite de ses travaux, M. Klein va devoir ajouter au facteur quantitatif, jusqu’ici au premier plan, un facteur qualitatif, qui se révèle dans la suite du développement psychique.
Dans la première de ses deux études sur les états maniaco-dépressifs (M. Klein, 1934) [14], M. Klein souligne les différences qui existent entre l’introjection incorporante dans la mélancolie et l’incorporation dans la parano ïa. Considérant les différentes affections psychotiques sous l’angle des processus d’incorporation, elle observe que, dans la schizophrénie, ces processus sont pratiquement inexistants, en raison de la pathologie du sadisme oral qui empêche la personnification et, partant, le transfert. « Pendant la phase très précoce, où le sadisme oral joue un rôle de premier plan, et qui constitue, selon moi, l’origine de la schizophrénie (cf. La Psychanalyse des enfants, chap. VIII), la faculté d’identification du Moi avec ses objets est encore faible, en partie parce qu’il manque encore lui-même de coordination, et en partie parce que les objets introjectés sont encore et surtout des objets partiels qu’il assimile aux fèces. »
Par ailleurs, la différence des destins de l’incorporation dans la parano ïa et dans la mélancolie est liée à la différence dans les états du Moi et dans la qualification des objets, eu égard à la réalité : « Dans la parano ïa, les défenses caractéristiques visent surtout à anéantir les persécuteurs, tandis que l’angoisse au sujet du Moi occupe le centre du tableau. À mesure que s’accomplit l’organisation du Moi, les imagos intériorisées se rapprochent plus étroitement de la réalité et l’identification du Moi avec les bons objets devient plus complète. La peur de la persécution, éprouvée d’abord au sujet du Moi, s’attache alors aussi au bon objet, et la préservation du bon objet sera dorénavant synonyme de la survie du Moi. Cette évolution va de pair avec un changement de la plus haute importance : d’une relation avec un objet partiel, on passe à la relation à un objet total. En franchissant cette étape, le Moi atteint une nouvelle position, qui donne son assise à la situation que l’on appelle perte de l’objet. En effet, la perte de l’objet ne peut pas être ressentie comme une perte totale avant que celui-ci ne soit aimé comme un objet total » (M. Klein, 1934, op. cit., p. 313).
La pathologie de la perte de l’objet devenu total est donc la mélancolie, affection dans laquelle les processus d’introjection sont qualitativement pathologiques, et quantitativement trop importants par rapport aux processus de projection.
« Il apparaît, écrit-elle, que le passage de l’introjection d’objets partiels à celle d’objets d’amour totaux, avec tout ce qu’il implique, constitue, pour le développement, un moment d’une importance cruciale. Le succès de ce passage, il est vrai, dépend largement de la manière dont le Moi a pu traiter son sadisme et son angoisse pendant le stade précédent, et du fait qu’il a, ou qu’il n’a pas établi une relation libidinale solide avec les objets partiels. Mais une fois qu’il a fait ce pas, le Moi semble arrivé à un carrefour d’où rayonnent plusieurs routes ; du choix d’une de ces routes dépend la constitution psychique tout entière » (M. Klein, 1934, op. cit., p. 339-340).
Outre les états dépressifs, la manie et la parano ïa, suscités par des défaillances des processus d’identification à des objets d’amour réels ou intériorisés, M. Klein mentionne deux autres moyens utilisés par le Moi « pour mettre fin à toutes les souffrances nées de la position dépressive » : le moyen psychotique consiste à fuir vers un bon objet total interne et à projeter toute la persécution sur le monde extérieur, qui devient dès lors inhabitable ; le moyen névrotique consiste à fuir « vers un bon objet extérieur, moyen d’invalider toutes les angoisses, qu’elles soient intérieures ou extérieures. Il s’agit là d’un mécanisme caractéristique de la névrose ; il peut aboutir à une dépendance servile à l’égard des objets et à la faiblesse du Moi » (M. Klein, 1934, op. cit., p. 340).
 
TROIS HYPOTHÈSES ENTRETISSÉES
 
 
Pouvons-nous, aujourd’hui, aller plus loin dans la compréhension de ces premières prises et déprises de la pulsionnalité humaine sur son environnement, y compris sur son corps propre ?
Je vais m’y essayer en proposant trois hypothèses, qu’il faut lire comme trois esquisses métapsychologiques permettant l’approche d’une même réalité psychique, celle du fonctionnement psychique in statu nascendi :
1 / L’hypothèse d’une succession de paliers d’intrication pulsionnelle, c’est-à-dire, une « généalogie des pulsions » (F. Guignard, 1997, chap. 2) [15].
2 / L’hypothèse d’un agent organisateur de la force pulsionnelle, « l’objet comme agent intégrateur des pulsions » (M. Klein, 1934) [16].
3 / L’hypothèse d’une forme primaire d’identification « comme expression première d’une relation » (S. Freud, 1921) [17].
1 / L’hypothèse d’une succession de paliers d’intrication pulsionnelle, c’est-à-dire, d’une « généalogie des pulsions » (F. Guignard, 1997, op. cit.) m’est apparue dans toute sa pertinence à partir d’une relecture attentive du Problème économique du masochisme (S. Freud, 1924, op. cit.). J’ai proposé de configurer les pulsions sur trois générations en une véritable « généalogie des pulsions ». Celle-ci suppose, à l’aube de la vie, une intrication première des pulsions de vie et des pulsions de mort qui donnera naissance aux pulsions sexuelles comme deuxième génération des pulsions du sujet. Cette deuxième génération va poursuivre le jeu économique des intrications de pulsions, en contractant une union exogamique avec l’organisation pulsionnelle et psychique adulte de la mère, pour donner naissance aux pulsions du Moi comme troisième génération des pulsions du sujet.
Découverte à partir de cet avatar introjectif de l’intrication pulsionnelle qu’est la question du masochisme, cette généalogie des pulsions se retrouve logiquement dans la configuration du sadisme, qui constitue l’avatar projectif de cette même intrication.
2 / L’hypothèse d’un agent organisateur de la force pulsionnelle, c’est-à-dire, de « l’objet comme agent intégrateur des pulsions » (M. Klein, 1934, op. cit.) renvoie à la relation au sein qui, pour Freud, est le prototype de toutes les autres relations. C’est l’objet organisateur de la force des pulsions de vie et de mort, tout juste intriquées dans les pulsions sexuelles de l’infans, par son « vouloir vivre » ; c’est le deus ex machina de toute l’économie psychique du sujet en devenir ; c’est ce que signifie réellement le concept bionien de « capacité de rêverie de la mère » (W. R. Bion, 1961, op. cit.).
J’ai déjà souligné l’importance que prend l’objet maternel dans l’économie d’investissement du tractus digestif par les pulsions sexuelles du petit d’homme (F. Guignard, 1996, p. 175-192) [18]. Le rythme d’investissement de cette partie interne et intime du corps propre du sujet va dépendre de façon constante et répétée d’une variable qui lui est extérieure : les variations économiques de l’investissement pulsionnel sexuel, par la mère, de ses activités de nourrissage et de maternage. Cette dépendance, qui jouera un rôle important dans la constitution tant de la réalité externe et des échanges interpersonnels, que de la vie fantasmatique et onirique du petit enfant, va se prolonger durant ses deux ou trois premières années de vie, couvrant notamment, pour ce qui nous intéresse ici :
  • les avatars de la poussée dentaire ;
  • la maîtrise du fonctionnement sphinctérien ;
  • l’installation de la symbolisation et du langage compris et parlé.
3 / L’hypothèse d’une forme primaire d’identification « comme expression première d’une relation » (S. Freud, 1921, op. cit.) soulève la question des liens qui relient l’hallucination, la perception, la motricité, l’ « aperception » (D. W. Winnicott, 1967, op. cit.) et la représentation. La complexité de ces liens rend discutable, par définition, toute tentative de description d’un mouvement spontané, voire inné, de la psyché humaine, à prendre en compte, imiter, voire s’identifier à quelque chose d’extérieur à un Soi non encore constitué. On peut néanmoins se référer à la catégorie générale à laquelle appartiennent toutes les premières identifications : je veux parler de l’identification projective, concept installé par M. Klein (M. Klein, 1946, op. cit.) et dont le rôle primordial pour le développement du psychisme humain a été largement exposé par W. R. Bion (W. R. Bion, 1961, op. cit.).
 
LE CONCEPT DE SADISME PRIMAIRE AUJOURD’HUI
 
 
Adopter cette perspective conduit donc à se représenter le sadisme primaire comme un mode d’organisation psychique qui touche les deux paliers successifs d’intrication pulsionnelle que j’ai proposés pour une généalogie des pulsions :
  • 1 / l’intrication des pulsions de vie et de mort en pulsions sexuelles ;
  • 2 / l’intrication des pulsions sexuelles et de la « version adulte » des pulsions de l’Autre – des pulsions de la mère – en pulsions du Moi. C’est à ce palier, et non au précédent, que se situe, à mon sens, la problématique de la séduction proposée par Jean Laplanche [19].
En d’autres termes, c’est réfléchir :
  • 1 / d’une part, au destin de quelque chose qui semble appartenir exclusivement à l’organisation somato-psychique du nouveau-né, ce que désigne la remarque de Minkowski ;
  • 2 / d’autre part, au destin de la copule qui régit l’avènement des pulsions du Moi chez l’être humain : la rencontre des pulsions sexuelles de l’infans-en-devenir-sujet avec l’ensemble de la généalogie achevée des pulsions de la mère-sujet-advenu. C’est la rencontre décrite par Bion entre l’identification projective de l’infans et celle de la mère, « capacité de rêverie » dont il a fait le prototype de la capacité de penser (W. R. Bion, 1961, op. cit.).
Cette représentation de deux paliers distincts d’intrication pulsionnelle permet de mieux comprendre l’aporie devant laquelle s’est trouvée M. Klein au sujet du sadisme, aporie qui l’avait conduite à parler de « sadisme du Ça » et de « sadisme du Surmoi » (M. Klein, 1929, op. cit., p. 244). En effet, lorsque le combat du nouveau-né contre la pulsion de mort échoue à installer une intrication suffisante de cette dernière avec la pulsion de vie sous la forme des pulsions sexuelles – premier palier d’intrication, deuxième génération de pulsions –, on se trouve au niveau de fonctionnement dont parle Minkowski et on peut parler d’un « sadisme du Ça ». La première question qui se pose alors est de savoir si une intervention de l’extérieur – capacité de rêverie de la mère – peut durablement infléchir la compulsion de répétition létale de ce niveau de fonctionnement. La seconde question qui se pose est, évidemment, celle des moyens dont dispose la psychanalyse pour soigner des affections comme l’autisme et la schizophrénie. Ceux d’entre nous qui avons abordé de telles pathologies savent le temps et la patience qu’il y faut et, surtout, l’espoir et la détermination qui sont requis pour parvenir à installer et à maintenir un mode de relation qui ne soit pas par trop dominé par la relation d’objet partiel.
Le danger ressenti par le Moi éclaté de ces patients est, bien évidemment, celui de l’avènement du deuxième palier d’intrication pulsionnelle : en effet, qui dit « intrication avec les pulsions d’un autre être humain » dit « danger de perte d’objet ». Ce danger est universel ; il n’épargne aucun être humain digne de ce nom, puisqu’il concerne les capacités de s’attacher à un objet d’amour et de haine, de s’en saisir dans le jeu des mouvements projectifs et introjectifs, d’en reconnaître et d’en accepter la perte, d’en faire le deuil et d’accepter l’ambivalence des sentiments à son égard. C’est au niveau de ce deuxième palier d’intrication pulsionnelle que l’on pourrait parler de « sadisme du Surmoi ». Il s’agit, bien évidemment, d’un Surmoi précoce, qui régit de façon drastique et cruelle les relations d’objet partiel, défendant ainsi le Moi trop faible contre la souffrance dépressive qui résulte de l’intrication pulsionnelle visant l’objet et, en retour introjectif, le Moi lui-même, empêchant ce passage douloureux « des tortures de la peur aux tourments de l’amour », comme le dit D. Meltzer [20].
En installant son fameux « trépied pulsionnel » L±, H±, K± – que je situe aujourd’hui au niveau des pulsions du Moi dans la généalogie des pulsions –, Bion [21] a confirmé l’importance accordée par M. Klein aux pulsions épistémophiliques [22] dans le développement du psychisme. Rappelant que, pour M. Klein, les pulsions épistémophiliques prennent naissance dans les pulsions sadiques, j’ai souligné l’importance de l’environnement dans l’infléchissement de ces dernières vers les pulsions épistémophiliques (F. Guignard, 1997, op. cit., p. 75-86).
 
PATHOLOGIE DU SADISME PRIMAIRE
 
 
Les dysfonctionnements qui surviennent au niveau du premier palier d’intrication pulsionnelle intéressent la survie psychique – autisme, schizophrénie – voire la survie somatique – mérycisme. On peut y observer une prédominance du sadisme du Ça.
Les dysfonctionnements qui surviennent au niveau du second palier d’intrication pulsionnelle intéressent tout le champ des psychoses de l’enfant, de la parano ïa, de la mélancolie et des autres maladies du deuil, des somatoses, de la psychopathie et de la perversion. Là, c’est le sadisme du Surmoi qui est le plus actif, donnant de meilleures chances à l’établissement d’un transfert et à son utilisation.
Sitôt qu’il y a pathologie de la régression, le second palier renvoie évidemment au premier. On en constate les effets dans les décompensations mélancoliques et les épisodes psychotiques, éventuellement délirants, qui peuvent survenir, y compris au cours d’une cure analytique.
 
CONCLUSION
 
 
J’ai, en d’autres temps, parlé du rôle de la négation dans la croyance [23]. Je voudrais terminer cet essai en rappelant qu’il existe une « croyance en la vie » dont l’origine est mystérieuse et peut, par là même, être rabattue par les psychanalystes sur la biologie, comme le sont les pulsions sur les instincts. En suivant ma généalogie des pulsions, il pourrait être tentant d’attribuer à un facteur « biologique » la pathologie du premier palier d’intrication pulsionnelle, c’est-à-dire, pulsion de vie + la pulsion de mort engendrant les pulsions sexuelles. Il pourrait en être de même en ce qui concerne la description kleinienne du « sadisme du Ça ».
Mais que recouvre ce terme de « biologique » ? Exclut-il pour autant toute « entaille » psychique ? S’agirait-il alors uniquement de l’économie psychique des « entailles » des ascendants de l’infans considéré ? Quoi qu’il en soit, en raison de l’état de néoténie de l’être humain, les avatars de cette croyance sont très rapidement tributaires des relations de celui-ci avec son environnement et les croyances de cet environnement. Si la pathologie du deuxième palier d’intrication pulsionnelle, c’est-à-dire, pulsions sexuelles + organisation psychique maternelle engendrant les pulsions du Moi de l’infans est clairement marquée du sceau de l’environnement, on peut considérer la description par M. Klein du « sadisme du Surmoi » comme l’un de ses avatars majeurs.
Ainsi, on se trouve très rapidement dans une perspective d’après-coup, et toute pathologie désintricante qui partirait de ce second palier va très vite atteindre et menacer le premier palier d’intrication. L’oscillation soulignée par Bion entre les deux positions conceptualisées par M. Klein (SP Ç D), oscillation dont on ne rappellera jamais assez qu’elle implique simultanément une oscillation entre deux modes de relation d’objet – (objet partiel Ç objet total) – ouvre des perspectives nouvelles au psychanalyste d’aujourd’hui. Tant du point de vue de son évaluation clinique qu’en ce qui concerne sa place contre-transférentielle dans la cure analytique, il va pouvoir utiliser des concepts issus de la conjonction de plusieurs vecteurs, et qui déploient leur dynamique dans un espace spatio-temporel à quatre dimensions. Ces concepts, que j’ai appelés « concepts de troisième type » [24], sont relatifs à l’interactivité transformatrice des « transmetteurs psychiques » (comme on parle de « transmetteurs » en biologie cellulaire). Apparus pour la première fois chez le Freud de 1895, dans l’Esquisse pour une psychologie scientifique [25], on les retrouve, par exemple, en 1946 dans la conceptualisation, par M. Klein, du mécanisme d’identification projective (M. Klein, 1946, op. cit.), et en 1961 dans la théorie psychanalytique de la pensée de W. R. Bion. L’étude, par D. Meltzer, de la pathologie de l’identification projective [26], ainsi que la perspective d’A. Ferro sur le champ émotionnel de la cure analytique [27] en sont d’autres expressions.
Les concepts de troisième type ont une application clinique immédiatement évidente dans l’ensemble du champ des mouvements de transfert et de contre-transfert. C’est à ce niveau de réflexion que le concept d’identification projective va déployer toutes ses potentialités de vecteur polymorphe de communication. Le psychanalyste se rapprochera davantage du véritable mode de fonctionnement de la vie psychique, qui est, par définition, de nature cinétique et impondérable, s’il abandonne l’illusion de pouvoir attribuer une fiabilité aux états psychiques et une permanence aux objets psychiques du double courant transféro - contre-transférentiel qui circulent dans le champ « quantique » de l’espace analytique selon les multiples valences (L±, H±, K±) des pulsions du Moi des deux protagonistes (F. Guignard, 1997, op. cit., chap. 3, p. 33-45). Il s’intéressera alors au devenir des taches aveugles (F. Guignard, 1996, op. cit., chap. 1, p. 11-31) qui surviennent dans le champ analytique et découvrira qu’il n’est pas de véritable compréhension de la relation analytique qui ne passe par celles-ci.
 
NOTES
 
[1] K. Abraham (1924), Esquisse d’une histoire du développement de la libido, Œuvres complètes, Paris, Payot, 1966.
[2] S. Freud et K. Abraham (1907-1926), Correspondance, Paris, NRF-Gallimard, 1969.
[3] S. Freud (1924), Le problème économique du masochisme, Névrose, psychose et perversion, Paris, PUF, 1973 ; OCF, XVII, Paris, PUF, 1992.
[4] S. Freud (1919), L’inquiétant, OCF, XV, Paris, PUF, 1996.
[5] S. Freud (1923), Le Moi et le Ça, OCF, XVI, Paris, PUF, 1991, p. 257-301.
[6] M. Klein (1946), Notes sur quelques mécanismes schizo ïdes, Développements de la Psychanalyse, Paris, PUF, 1966, p. 274-300.
[7] R. Spitz (1957), Le Non et le Oui. La genèse de la communication humaine, Paris, PUF, 1962.
[8] W. R. Bion (1961), Une théorie de la pensée, Réflexion faite, Paris, PUF, 1983.
[9] D. W. Winnicott (1967), Le rôle de miroir de la mère et de la famille dans le développement de l’enfant, Jeu et réalité, Paris, Gallimard, 1971, p. 153-162.
[10] W. R. Bion (1948-1961), Recherches sur les petits groupes, Paris, PUF, 1965.
[11] M. Klein (1929), La personnification dans le jeu des enfants, Essais de Psychanalyse, Paris, Payot, 1967, p. 252.
[12] M. Klein (1930), L’importance de la formation du symbole dans le développement du Moi, Essais de Psychanalyse, Paris, 1967, p. 263-278.
[13] La pathologie de Dick diagnostiquée « démence précoce » en 1930, et dont M. Klein raconte la cure analytique dans cet article, correspond au terme d’ « autisme », installé par Kanner en 1943.
[14] M. Klein (1934), Contribution à l’étude de la psychogenèse des états maniaco-dépressifs, Essais de Psychanalyse, Paris, Payot, 1967, p. 311-340.
[15] F. Guignard (1997), Épître à l’objet, chap. 2 : « Généalogie des pulsions », Paris, PUF, coll. « Épîtres », p. 26-32.
[16] M. Klein (1934), Contribution à l’étude de la psychogenèse des états maniaco-dépressifs, Essais de Psychanalyse, Paris, Payot, 1967, p. 311-340.
[17] S. Freud (1921), L’identification, in Psychologie des masses et analyse du moi, OCF, XVI, Paris, PUF, 1991.
[18] F. Guignard (1996), Au vif de l’infantile, Prégénitalité et scène primitive, ou le destin fantasmatique du tractus digestif, Lausanne, Delachaux & Niestlé, coll. « Champs psychanalytiques », p. 175-192.
[19] J. Laplanche (1986), De la théorie de la séduction restreinte à la théorie de la séduction généralisée, Études freudiennes, 27, Paris, p. 7-25.
[20] D. Meltzer (1973), Les structures sexuelles de la vie psychique, Paris, Payot, 1977, chap. 4, p. 61-69.
[21] W. R. Bion (1962), Aux sources de l’expérience, Paris, PUF, 1979.
[22] M. Klein (1931), Contribution à la théorie de l’inhibition intellectuelle, Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 1967, p. 283–295.
[23] F. Guignard (1999), Le rôle de l’affect dans la motivation/The role of affect in motivation. Traduit et publié en italien dans la Revue de l’Association psychanalytique italienne, 2001.
[24] F. Guignard (2002), Les concepts métapsychologiques de troisième type, Inventer en psychanalyse. Construire et interpréter, édité par J.-J. Baranès, F. Sacco et al., Paris, Dunod.
[25] S. Freud (1895), Esquisse pour une psychologie scientifique, La Naissance de la psychanalyse, lettres à W. Fliess, notes et plans 1887-1902, Paris, PUF, 1956.
[26] D. Meltzer et M. Harris Williams (1992), Le Claustrum. Une exploration des phénomènes claustrophobiques, suivi d’un essai de M. Harris Williams, Équivoque chez Macbeth, ambigu ïté chez Shakespeare, Larmor-Plage, Éd. du Hublot, 1999.
[27] A. Ferro (1992), L’enfant et le psychanalyste. La question de la technique dans la psychanalyse des enfants, Paris, Érès, 1997 ; (1996), La psychanalyse comme œuvre ouverte. Émotions, récits, transformations, Paris, Érès, 2000.
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