Revue française de psychanalyse
P.U.F.

I.S.B.N.2130526527
250 pages

p. 1415 à 1416
doi: 10.3917/rfp.665.1415

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I – L'agir et les processus de transformation

Volume 66 2002/5

2002 Revue française de psychanalyse I – L'agir et les processus de transformation

De quelques figures de transformation : de l’interpsychique à l’intrapsychique

 
INTRODUCTION
 
 
Le rapport que nous présentons s’appuie sur le travail d’un groupe de réflexion qui a fonctionné durant une longue période et auquel participaient Nicole Carels, Marie-France Dispaux, Jacqueline Godfrind, Maurice Haber, Nicole Minazio, Michèle Van Lysebeth et, plus occasionnellement, Jean-Marie Gauthier.
Nos échanges se sont centrés autour du thème de « Transformations psychiques ». Au fil du temps, les vocations à l’écriture dans la perspective de notre participation au « Congrès des psychanalystes de langue française des pays romans » de 2002 se sont dessinées. Trois « chapitres » se sont dégagés qui témoignent de domaines d’intérêt plus ciblés au sein du champ de recherche étendu que nous avions choisi d’explorer. On le verra, construits à partir d’un « fond commun », les chapitres en divergent à leur manière, chaque auteur se trouvant irrésistiblement entraîné par son originalité et... son individualisme.
Dans un premier temps, évoquons ce « fond commun » focalisé sur la notion de « transformation psychique ».
Le terme de transformation n’est pas nouveau ; il est fréquemment utilisé dans l’œuvre de Freud, notamment dans le chapitre 6 de la Traumdeutung où il est employé pour désigner des processus de pensée du rêve. Daniel Widlöcher (1970), dans son ouvrage Freud et le problème du changement, rappelle que « Freud, ..., n’a jamais manifesté grand intérêt pour l’étude des facteurs de guérison à l’œuvre dans le processus analytique. Tout au long de son œuvre, c’est la résistance au changement qui le préoccupe ». En réaffirmant sans cesse son intérêt pour les phénomènes de résistance, Freud ne fait rien d’autre que souligner qu’une théorie générale du changement est implicite à la réflexion psychanalytique.
Les notions de rôle et de « travail » du psychanalyste ont néanmoins toujours été présents dans la pensée de Freud ; elles ont connu une évolution dont témoigne « Construction ... ». Cependant, le temps a manqué à Freud pour approfondir le concept de contre-transfert et a fortiori, le champ transféro - contre-transférentiel. En outre, rappelons que Freud a essentiellement théorisé le fonctionnement psychique propre à l’organisation névrotique.
Nous avons choisi pour notre part, en nous appuyant sur la clinique, de nous intéresser à l’en deçà de la névrose de transfert. Le changement psychique que nous avons choisi d’appeler « transformation psychique », est considéré comme la résultante du processus analytique construit sur la rencontre entre deux psychismes, créant un fonctionnement interpsychique dans un espace analytique ou champ analytique. Nous interrogeons l’incidence des mouvements transféro - contre-transférentiels sur les transformations et leur effet dans l’intrapsychique. Nous retenons comme indices de transformation psychique des modifications qualitatives du fonctionnement psychique plus au moins stables dans une complexité psychique croissante.
Les différentes contributions envisagent ces paramètres selon différents points de vue.
« L’expérience agie partagée » : Jacqueline et Maurice Haber sont partis de leur intérêt pour les manifestations agies dans la cure. Ils prennent en considération le réseau d’agis inconscients qui se tisse entre analysant et analyste en deçà du déploiement du matériel névrotique ; ils interrogent sa participation aux transformations psychiques.
« Aux sources de l’interprétation » : Marie-France Dispaux remet sur le chantier un questionnement sur l’interprétation. Elle envisage un travail analytique construit sur un type d’interprétation qui trouve sa finalité dans la liaison. Elle défend l’idée d’un « travail en co-esthésie au sein duquel le travail psychique de l’analyste est prédominant en réponse à l’exigence à représenter de l’analysant ».
« Limites et transformations psychiques » : Nicole Carels tente de cerner les transformations aux limites à partir de la notion d’aire transitionnelle. Elle choisit le rêve comme indice de transformation. Elle avance comme facteurs à l’œuvre dans les transformations les mouvements de convergence-divergence, la compatibilité d’éléments hétérogènes, un quantum d’affect optimum.
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