Revue française de psychanalyse
P.U.F.

I.S.B.N.2130526527
250 pages

p. 1863 à 1869
doi: en cours

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Culture et désintrication

Volume 66 2002/5

2002 Revue française de psychanalyse Culture et désintrication

Trois petits tableaux d’intrication et de désintrication proustiennes

Vincent Pélissier
L’œuvre de Marcel Proust est une constante déclinaison des fluctuations entre l’intrication et la désintrication pulsionnelle. Parmi bien d’autres possibles, trois moments en sont présentés ici ; ils concernent la lecture, la fin du deuil et l’idolâtrie.Mots-clés : Proust, Intrication. The work of Marcel Proust is a constant declination of the fluctuations between drive fusion and defusion. Chosen from many other possibilities, three moments are presented here ; they concern reading, the end of mourning and idolatry.Keywords : Proust, Fusion. Das Werk von Marcel Proust ist eine ständige Deklination der Schwankungen zwischen Triebvermischung und Triebentmischung. Drei Momente werden hier vorgeführt ; sie betreffen die Lesung, das Ende der Trauer, und die Anbetung.Schlagwörter : Proust, Vermischung. La obra de Marcel Proust es una constante declinación de fluctuaciones entre fusión y defusión pulsional. Entre otros posibles, tres momentos son presentados aquí y atañen a la lectura, al fin del duelo, y a la idolatría.Palabras claves : Proust, Fusión. L’opera di Marcel Proust è una declinazione costante delle fluttuazioni tra intricazione e disintricazione pulsionale. Tra numerosi altri, qui ne vengono presentati tre momenti ; riguardano la lettura, la fine del lutto e l’idolatria.Parole chiave : Proust, Intricazione.
Peut-être parce qu’elle procède avant l’heure de l’orage, de l’inquiète pause, de l’alentissement silencieux qui semble vouloir se prolonger avant que ne s’abattent foudres et tonnerres, l’œuvre proustienne met en jeu comme peu d’autres l’imbroglio et la dissection des mouvements de vie et de mort. Reflétant les déchirements qui ont marqué sa vie, anticipant ceux qui vont meurtrir son temps [1], l’écrivain explore tout au long de son œuvre une certaine décomposition du psychisme et du temps, le travail du retour, de l’immobilité, voire du délitement, mais non sans qu’ils ne soient incessamment objets de reprise, d’assemblage, de pensée et, pour finir, d’édification de la grande architecture que l’on sait.
La simultanéité, la rencontre de deux lectures, celle du rapport de Denys Ribas et celle d’un livre de Jérôme Prieur [2] sur Proust, m’a conduit à dessiner quelques figures proustiennes de l’intrication. Sans tenir à faire co ïncider trop exactement les concepts freudiens et la pensée de Proust, j’ai construit trois moments dans lesquels on verra, peut-être, une présentation et un questionnement de ce jeu si variable entre intrication et désintrication pulsionnelle.
Les épisodes sont connus, ils se réfèrent au texte de la Recherche et à la vie de Marcel Proust, telle que des témoins – Morand, Céleste Albaret... – et surtout la synthèse magistrale de George D. Painter nous l’ont fait entrevoir [3]. Chez Proust bien souvent, c’est l’œuvre qui est en gésine de la vie : j’ai conservé à dessein l’entrecroisement entre les deux et l’indécidable de leur filiation.
Il ne saurait bien entendu être question ici d’une vue d’ensemble des méandres de l’intrication et de la désintrication chez Proust : le seul thème de la cruauté qui impressionne toute la vie amoureuse et la vie sociale, dans l’œuvre et sans doute dans l’existence, serait inépuisable [4].
 
TEMPS ET LECTURE, PEAU
 
 
« La pulsion de mort pouvant soit ramener à l’inanimé, soit, domptée, être séparatrice et donc organisatrice des différenciations topiques... », écrit Denys Ribas (p. 202). Et, un peu plus loin : « La pulsion de vie dénaturée en adhésivité donnant de son côté à la mort du temps les figures idéalisées de l’éternité » (p. 203).
La lecture est, chez Proust, un des modèles de ce que l’on peut faire pour dompter, pour établir digues et ponts, pour lier et entraver la marche de l’inanimé. Elle combine, comme la cure analytique, le retour du passé et le retour sur le passé. Elle soumet le moi à un clivage plus ou moins passager (parfois durable) et plus ou moins rigide. Rappelons que c’est dans une bibliothèque que le narrateur de la Recherche pressent pour la première fois la matière de son art, ce temps partiellement désintriqué qui conjugue présence et souvenir. Et c’est une théorie de la lecture, introduisant le Sésame et les Lys de Ruskin, qui avait inauguré chez Proust ce thème du retour, sous une forme qui fait inévitablement songer à l’adhésivité des traces, à leur immuabilité et à la mort du temps.
La lecture, dit en somme Proust, est d’abord une délicieuse façon d’être avec un autre mais seul, l’envers de l’expérience winnicottienne, mais sans doute également sa poursuite.
Puis il s’emploie à dénoncer la tentation du fétichisme, ce petit rien de bibliophilie qui affectera volontiers tout lecteur, ou encore l’idéalisation du livre et de l’auteur qui ne nous mèneront, estime-t-il, qu’au seuil des seules vérités qui vaillent, celles que l’on a soi-même patiemment portées au jour.
La véritable fin de la lecture, son bonheur, ne réside pas non plus dans l’illusoire amitié qu’elle permet d’entretenir avec « tous ces honnêtes gens des siècles passés », comme dit Descartes ; la conversation avec eux, pour autoriser certains degrés de liberté que ne possède pas la communication ordinaire, ne s’en trouve pas moins factice et placée sous bonne garde, la toute-puissance exercée par la pensée du lecteur menaçant à tout instant de subvertir ou d’interdire le dialogue. Non, selon Proust, l’essence même de la lecture est ailleurs : c’est la conservation, la permanence des traces du passé, dans la même opération de transposition, avec ses effets sensoriels immédiats, que le travail de la mémoire associative occasionnera plus tard dans la Recherche.
Ainsi, c’est la matière exacte du langage du XVIIe siècle – le langage est alors la pierre dans laquelle a été « sculpté » le livre, et son cortège « d’usages, ou de façons de sentir », qui feront retour, totalement inchangés, au travers de la fréquentation d’une tragédie de Racine ou des Mémoires de Saint-Simon. Le minéral qui habite les métaphores de cette conservation indique assez le versant mortifère, la dose de réification et, au fond, la poursuite de la fétichisation par d’autres moyens que vient alimenter l’idéalisation, tant de ce passé que du mécanisme même de sa réapparition. Une des caractéristiques invoquées par Proust est alors la pureté de ces fragments ressuscités, qui ne se mélangeront pas au présent.
Ce seront finalement deux piliers, deux géants de granit gris et rose sur la Piazzetta, à Venise, deux « belles étrangères », qui viendront incarner au mieux ces instants d’une lecture dont Reynaldo Hahn fit remarquer qu’elle paralyse. De ces colonnes venues de si loin, tout à la fois de l’Orient et d’un XIIe siècle errant au milieu des jours présents, Proust écrit :
« Mais interposés entre eux (les jours présents, N. d. l’a.), elles les écartent, réservant de toute leur mince épaisseur la place inviolable du passé : – du passé familièrement surgi au milieu du présent, avec cette couleur un peu irréelle des choses qu’une sorte d’illusion nous fait voir à quelques pas, et qui sont en réalité situées à bien des siècles ; s’adressant dans tout son aspect un peu trop directement à l’esprit, l’exaltant un peu comme on ne saurait s’en étonner de la part d’un revenant d’un temps enseveli ; pourtant là, au milieu de nous, approché, coudoyé, palpé, immobile, au soleil. »
L’un des manuscrits de cette préface incluait, dans la phrase : « Ce passé qui chose assez effrayante est là, visible [...], violant sans façon les lois de la mort... » [5] Familiarité et effroi, objets inertes soudain animés, immortalité triomphante, la proximité avec le thème de l’inquiétant dont s’emparera Freud quelques années plus tard est saisissante.
Ce mouvement dont la lecture est dotée, on ne doit sans doute pas trop en réduire la complexité, l’alchimie précieuse. S’il voit se développer d’une part une fixation à une trace dont l’aspect est certes marmoréen, abolissant la vectorisation du temps, celui-ci devenu réversible sous la férule de la mégalomanie, il instaure également une mémoire débordant le cadre d’un psychisme individuel pour façonner celle de la civilisation et des générations, ménageant ainsi un accès à une altérité possible. Créer en soi-même un passé intangible et stable, c’est aussi, comme le souligne Denys Ribas, l’une des conditions de l’intrication masochiste au travers de la passivité dans la scène primitive. Le percevoir, ce passé, hors de soi, dans un livre ou dans un édifice de pierre, suppose, avec la succession de projections et d’introjections, entre le moi et les autres instances, une perméabilité, une circulation, une vie.
Mais Marcel Proust lecteur, comme le narrateur éprouvant le retour de Venise sur le pavé de l’hôtel de Guermantes, n’est pas arrivé au port. Il doit même emprunter la route à l’envers, ne pas se contenter ou se soumettre à l’impression : il doit lui donner une forme inédite, perceptible pour les autres, sensée : il écrira. La vulgate nous l’a fait connaître ainsi, dans la chambre du boulevard Haussmann, son cloître de liège, ou dans la cornue de la rue Hamelin, tyrannique envers les autres comme avec lui-même, ayant inversé depuis longtemps le jour et la nuit, stimulé par la caféine puis bercé par le Véronal, s’éreintant dans cette insomnie qui n’appartient, dit-il quelque part, qu’aux mourants et aux amoureux. Proust écrit couché, enveloppé de multiples lainages, dans les vapeurs de fumigation ; Morand le dit emmitouflé de peaux, ses feuillets sur les genoux, submergé. Les fragments de temps, les revenants, les visiteurs, les morceaux jusque-là épars et sans mélange ont pris la forme d’une marée de paperolles, il tâche d’en orienter le flux, d’en recoudre les lambeaux ou d’en jointer les éclats. Le texte est une étoffe bouffante, un drapé, une vague. Il n’est plus ce pur feuillet de passé que la lecture invitait à glisser dans la liasse des jours, il a pris du volume, il recèle des plis, des reprises, des fronces, des accrocs.
Son destin de fétiche, de « peau mortifiée », selon l’expression de Denys Ribas, s’infléchit vers la vie, dans la démesure. Mais si Proust s’efforce de soumettre le chantier de ce monument à l’exercice d’une volonté de fer, c’est qu’il y a urgence. L’écoulement des jours n’est plus réversible.
Soudain il ne sait plus : aura-t-il le temps ?
 
CHUTES ET DÉMANTÈLEMENT
 
 
Le deuil est, ici comme ailleurs, expérience cardinale. Proust en a méthodiquement arpenté les voies. Il a travaillé sur le motif. L’une de ses issues m’a paru donner une singulière esquisse de ce démantèlement dont Denys Ribas a développé la valence de défense contre la pulsion de mort désintriquée.
Agostinelli a pris la fuite, il s’est échappé, peut-être à la suite d’Albertine. Le jeune chauffeur qui jouait de ses moteurs comme sainte Cécile de ses orgues, a voulu s’élever. Les entrelacs ou les segments de droite que l’on dessine sur un plan au volant d’une automobile ne lui suffisaient plus. Il est en quête, lui aussi, d’une troisième dimension. Et, du même coup, en rejoint une quatrième. À la fin du printemps 1914 en effet, il traverse le coruscant miroir que tendait indolemment, sous les ailes de son monoplan, la Méditerranée. Il n’était, semble-t-il, pas très bien équipé pour cette aventure, ne sachant ni piloter ni nager.
C’est d’un cheval dont nous ne savons rien, ni crins ni robe, qu’Albertine est tombée, au bord de l’eau, sur une rive de la Vivonne. Proust la laisse définitivement quitter le narrateur, à l’instant précis où elle avait souhaité revenir vers lui, l’avait écrit du moins.
Plus tard et toujours au bord de l’eau, l’élément semble essentiel à l’histoire, mais on est désormais de retour à Venise devant le Grand Canal, le narrateur a presque oublié Albertine, il a apprivoisé les mille et un visages de l’absence, et pour la première et sans doute unique fois il laisse partir sa mère.
Ce n’est pas là le meurtre dont l’auteur des Sentiments filiaux d’un parricide fit une sorte d’éloge ; non, cette fois, elle aussi, il la laisse tomber.
C’est elle qui désormais est en deuil, qui porte un chagrin qu’elle masque mal, qui contient la douleur dont son fils se débarrasse. Elle rentre à Paris seule, l’heure du train approche, Marcel est à la terrasse d’un café, immobile, figé. Voici ce qui se passe en lui :
« La ville que j’avais devant moi avait cessé d’être Venise. Sa personnalité, son nom me paraissaient comme des fictions mensongères que je ne n’avais plus le courage d’inculquer aux pierres. Les palais m’apparaissaient réduits à leurs simples parties et quantités de marbre pareilles à toutes autres, et l’eau comme une combinaison d’hydrogène et d’azote, éternelle, aveugle, antérieure et extérieure à Venise, ignorante des Doges et de Turner... Tels les palais, le Canal, le Rialto, dévêtus de l’idée qui faisait leur individualité et dissous en leurs vulgaires éléments matériels. » [6]
Il faudrait sans doute mieux parler ici de décomposition que de démantèlement, projetée sur le monde environnant ; l’épisode est transitoire. Mais il s’agit, dans ce moment, de l’ultime opération d’une séparation d’avec Albertine, d’avec Venise, d’avec une mère, et l’expérience collatérale de cet arrachement dévitalisant ressemble fort à l’autre versant décrit par Denys Ribas, cette identification adhésive traduisant « la part libidinale issue de la désintrication, la pulsion de vie désintriquée » (p. 161). Le narrateur se voit incapable alors de détacher son attention de la voix d’un musicien chantant, sur une barque, Sole mio.
« Ma pensée, pour ne pas envisager la décision à prendre, s’occupait tout entière à suivre le déroulement des phrases successives de Sole mio, à chanter mentalement avec le chanteur, à prévoir l’élan que la phrase allait prendre, à le suivre avec elle, avec elle à retomber ensuite. Sans doute ce chant insignifiant entendu cent fois ne m’intéressait nullement. »
Le travail du deuil d’Albertine avait d’abord brisé son image en une myriade d’éclats, comme autant d’esquilles qu’il faudrait une à une retirer d’une chair blessée. Mais ici, au moment d’aborder le continent de l’indifférence, il n’est plus question de douleur, de blessure, de rien.
Un instant, il ne reste plus que d’un côté un amas moléculaire privé de sens et d’identité, de l’autre une sensorialité livrée à la première sollicitation [7] venue, un pur écho.
 
IDOLE, MÉLANGE
 
 
Le narrateur de La fugitive se demande s’il pourrait rompre les liens qui l’unissent à son corps, à lui-même, aussi bien qu’il a pu le faire des liens avec l’être aimé. Il répond : « Notre amour de la vie n’est qu’une vieille liaison dont nous ne savons pas nous débarrasser. Sa force est dans sa permanence. Mais la mort qui la rompt nous guérira du désir de l’immortalité [8]. »
La pulsion de vie excède l’empan de l’histoire individuelle, et l’immortalité des auteurs se passe bien de leur désir. Le premier chapitre de l’immortalité a donc lieu sans lui : Proust est mort le 18 novembre 1922, alors qu’il travaillait à des additifs au manuscrit d’Albertine disparue. Il ne s’agit ni d’un chef d’État, ni d’un pape, ni même d’un écrivain populaire. C’est pourtant à des manifestations singulières d’une idolâtrie assez élitiste qu’on se livre alors. Cocteau le compare sur son lit de mort « à un mage et à un roi », son profil est celui d’un « vizir ». Mais surtout, on emporte des images, on le retient une dernière fois, on arrache une mince épaisseur, une relique, un reflet à la tombe. Quelque chose de vivant encore ! Des artistes se hâtent, accourent dans la nuit. Une pointe sèche de César Helleu, trois lavis de Dunoyer de Segonzac et une photographie de Man Ray l’attestent. La variété de repas totémique que représente cette intense activité de prélèvement macabre n’est-elle pas une des formes inattendues de l’intrication, naissant au cœur même de la désintrication ?
Cet empressement n’est pas sans rappeler la curiosité frelatée de l’assistance lors d’une soirée chez la princesse de Guermantes, lorsque Swann paraît, malade, portant les marques augurant de sa fin, « la mort prochaine [...] sur le visage ». En évoquant ces regards, c’est dans la bouche d’un autre, Saint-Loup, et dans une ironique parenthèse que Proust définit alors le mieux le subtil alliage qui semble régir chez lui le désir de vie et l’œuvre de la mort : « Mélange à la fois de suave mari magno et de memento quia pulvis, eût dit Robert. » [9]
Le triple dessaisissement de cette phrase, opéré par Proust, projection de son regard sur la foule, attribution des citations à un absent, mise entre parenthèses, est comme le triple reniement de Pierre : il semble indiquer le cœur. Un mélange, donc, un mélange incessant et instable entre les issues de la pulsion de mort liée et son destin fatal à l’individu.
Comme l’effet d’un ressac.
Vincent Pélissier
26, rue Daubigny
75017 Paris
 
NOTES
 
[1] « J’ai assimilé la guerre si complètement, hélas ! que je ne peux pas l’isoler ; elle est moins pour moi un objet qu’une substance interposée entre moi et les objets », écrivait-il à 1a princesse Soutzo.
[2] Jérôme Prieur, Proust fantôme, Paris, Le Promeneur, 2001. Du même auteur, voir aussi Petit tombeau de Marcel Proust, Paris, La Pionnière, 2000.
[3] George D. Painter, Marcel Proust, Paris, Mercure de France, 1992.
[4] Voir, sur ce thème notamment, l’article d’Antoine Compagnon, « Ce frémissement d’un cœur à qui on fait mal », Nouvelle Revue de psychanalyse, no 33, Paris, Gallimard, 1986.
[5] « Journées de lectures », in Contre Sainte-Beuve, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1978, p. 812.
[6] À la recherche du temps perdu, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1980, t. III, p. 652-654.
[7] Ce sont l’adhésivité et l’automaticité qui sont mises en évidence ici, et ni la voix ni le chant ne sont en fait insignifiants.
[8] Ibid., p. 645.
[9] Sodome et Gomorrhe, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1978, t. II, p. 690.
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[3]
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[4]
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Ce sont l’adhésivité et l’automaticité qui sont mises en é...
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Ibid., p. 645. Suite de la note...
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