2003
Revue française de psychanalyse
Revue des revues
Nouvelle revue
PENSER/RêVER, no 1, « L’enfant dans l’homme ».
Penser/rêver supplante Le fait de l’analyse qui se fait sous-titre de cette nouvelle revue – semestrielle également – publiée désormais par le Mercure de France. Leur parenté, ou leur filiation, est évidente. Que délègue ainsi Le fait de l’analyse à cette nouvelle parution dont la couverture nettement moins attrayante annonce pour son premier numéro « L’enfant dans l’homme ? » Est-ce la nécessité d’échapper aux limites du cadre que définissait l’éditorial du Fait de l’analyse, promettant de « ne pas quitter le “faire” de la cure et de la séance de psychanalyse » ?
On regrette le petit détail des « choses dernières » de Signorelli (à Orvieto) qui illustrait, de manière à ce que l’on s’interrogeât sur ce choix, la couverture blanche du Fait de l’analyse, mais l’esprit des articles proposés dans la revue reste à peu près le même : se centrer sur un thème qui ouvre largement la porte à des contributions extrêmement éclectiques reflétant les intérêts hétérogènes des auteurs. Une revue de culture générale, alors ? Avec l’attrait que cela représente, étant donné l’orientation globale indiquée par le titre et la liste des articles qui avertissent le lecteur.
Mais revenons à nos moutons psychanalytiques avec la contribution de Danielle Margueritat : « L’envie du pénis revisitée ». Elle nous donne sa position, comme on donne sa position en mer pour indiquer la direction que l’on suit : « Il y a... une confusion fréquente entre identification masculine et envie du pénis. L’advenue de l’envie s’oppose au contraire à cette identification masculine qui, elle, procéderait du déni... Ce que je voudrais soutenir ici est que l’envie du pénis n’est pas le refus du féminin. » Nous avons affaire à un texte stimulant qui ouvre des perspectives utiles pour la clinique.
La section « Controverse » nous propose la traduction d’un long article paru dans le numéro 82 de l’International Journal of Psycho-Analysis qui l’a diffusé en 2001 sur son site internet. Le choix de la rédaction s’est porté sur le texte de Giovanni Vassalli en raison des discussions qu’elle escomptait voir naître autour de « La psychanalyse naît de l’esprit même de la technique grecque » (en anglais : « The birth of psychoanalysis from the spirit of technique »).
Puis, comme pour rappeler que Penser/rêver se veut l’héritière, décidément, de la Nouvelle Revue de psychanalyse, un court texte de J.-B. Pontalis intitulé « La fabrique clandestine de l’inhumain » vient clore cette première parution. C’est également une contribution de Pontalis qui viendra fermer les pages du deuxième Penser/rêver intitulé « Douze remèdes à la douleur » – titre accrocheur qui laisse interrogatif le lecteur potentiel feuilletant les pages de la revue, mais qui s’arrêtera et lira avec grand intérêt le texte de Laurence Kahn : « L’enfant endeuillé ». Enfin, la « Libre chronique » de Pontalis qui « inachève chaque numéro » nous apporte, arrivant après le texte pivot de Jean Imbeault, sa bouffée de liberté d’expression et une couleur supplémentaire dans l’assemblage de cet opus incertum de destination imprécise.
Marie-Claire Durieux