2006
Revue française de psychanalyse
Argument
Françoise Coblence
Jean-Luc Donnet
Ce numéro est issu du Colloque “ René Diatkine ” de la SPP, qui s’est tenu à Deauville en octobre 2005 sous la responsabilité scientifique de Jean-Luc Donnet, assisté de Françoise Coblence.
I. Depuis son premier repérage par J. Lacan dans le texte de « L’Homme aux loups », son déploiement initial par J. Laplanche et J.-B. Pontalis, puis l’extension et l’approfondissement qu’elle a connus grâce à de multiples et parfois remarquables travaux – notamment dans notre groupe –, la notion d’après-coup est devenue une sorte de Schibboleth conceptuel de/pour la psychanalyse française. Elle paraît résumer, à travers la diversité des manifestations qui la font invoquer, la dimension temporelle, la forme de causalité les plus spécifiquement métapsychologiques.
Nul doute qu’une telle condensation soit propice aux malentendus : c’est pourquoi il vaut la peine d’offrir à l’après-coup un après-coup à Deauville.
II. L’après-coup se saisit aisément à travers la théorie freudienne de la séduction et les deux temps du traumatisme. Il fait alors couple avec la mise en latence, et sous-tend la dynamique du refoulement. À partir de ce modèle première topique, l’après-coup habite toute la réflexion théorico-pratique sur le statut de la trace mnésique et les enjeux de ses remaniements. Le lien est dialectique entre remaniement pathogène et remaniement thérapeutique ; le postulat d’un après-coup symbolisant est un axe de l’association libre.
III. Sans doute est-ce à partir des remaniements métapsychologiques de 1920 – eux aussi après-coups des traumatismes de la clinique – qu’on peut réinterroger la problématique de l’après-coup en deuxième topique ; à la limite, la compulsion de pure répétition signerait la négativation de tout remaniement transformateur. Une manière de poser l’enjeu pratique face aux patients limites est de se demander comment faire émerger une capacité à l’après-coup.