Revue française de psychanalyse 2007/5
Revue française de psychanalyse
2007/5 (Vol. 71)
520 pages
Editeur
I.S.B.N. 9782130561613
DOI 10.3917/rfp.715.1701
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Vous consultezExigences des langues primitives et travail du langage

AuteurJacques Dufour du même auteur



À la lecture du rapport de L. Danon-Boileau où se déploie toute une dynamique des figures de la parole dans la talking cure, une question m’est venue à l’esprit. Ces figures issues du couple analytique ne sont-elles pas les bébés engendrés par l’entrelacement de leur parole singulière ? Dans cette perspective, si la parole compulsive du patient auto-engendrée par des failles narcissiques ne voit rien naître, sa parole associative entrelacée avec la parole métaphorique de l’analyste accouchera d’un langage auto-analytique. Le partage d’affect qui traverse leurs différences s’entendra alors comme interpénétration des paroles dont l’interprétation sera clé d’un nouveau langage. Parler de clé n’est pas ici simple métaphore, puisque c’est d’un sens de rotation que dépend l’ouverture ou la fermeture des paroles au langage. Ce sens de rotation, je le concevrai dans ce texte comme coupure et articulation des langues primitives au langage[1] [1] Ce texte ne représente qu’une présentation...
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.

2 À l’écoute de la discussion autour d’un ressenti qui n’a pas de mots, L. Danon-Boileau soutenait le concept de signifiance face à A. Green, partisan de l’hétérogénéité du signifiant. Mon intervention, coupée, souhaitait faire entendre un point de vue où l’heuristique l’emporte sur l’herméneutique. Le lieu de la parole de l’analyste d’où naît un sens ne se situe-t-il pas au niveau de la barre entre signifiant et signifié – barre, dirait Freud, de la censure entre chose et mots ; barre de la césure[2] [2] W. R. Bion (1975), Césure, Entretiens psychanalytiques,...
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entre un état physique et un état d’esprit, dira Bion ; barre de la coupure entre langues primitives et langage, aurais-je voulu dire ?

Le patient entre dans mon cabinet.

En moi, un cri de rejet, « Je ne te veux pas, vas-t’en ».

Il me semble atteint par mon cri, « Tu as mal ? »

Accablé par son regard, « Je te veux, viens ».

Confusion de sentiments en va-et-vient.

Il s’étend sur le divan et parle.

Colère de ne pas comprendre, « Que veux-tu dire ? »

Je veux entendre ses paroles, lui dire ce qu’elles me disent.

3 Dans ce micro-film de début de séance, les voix intérieures de mes langues primitives ( « je ne te veux pas, tu as mal, mal, je te veux » ) agissent en moi dans les trois dimensions du déni de la douleur et du désir envahissant mon for intérieur de leur turbulence. À la fois préhistoire et coupure de mon langage, elles s’imposent à mes pensées comme des affects bruts, réactionnels au patient avant que ses paroles fraient un chemin à mon désir de sens et de parole.

4 Freud commença par voir cette coupure comme perte aphasique du langage, avant de la voir lieu de naissance du langage.

L’APHASIE, DES RESTES DE LANGAGE AUX SOURCES DU LANGAGE

5 Avec ses recherches neurologiques sur l’aphasie, Freud fit œuvre de neuro-linguiste. À l’encontre du découpage en localisations cérébrales, il avait conçu un « appareil de langage » comme une « aire corticale continue » où la perte aphasique suit l’ordre inverse de l’apprentissage, les mots de signification précise étant perdus en premier. Par ailleurs, il remarqua que les derniers mots entendus en tant que « restes de langage » survivaient à « la grande excitation intérieure » de la destruction aphasique. En ce point, interrompant sa ligne conceptuelle, il fit un retour sur lui-même. Par deux fois, sidéré par un danger de mort, il avait entendu[3] [3] S. Freud (1891), Contribution à la conception...
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 : « Cette fois, s’en est fait de toi », pénétré par ces mots comme si on les lui « criait dans l’oreille » tout en les voyant comme une « feuille voltigeant dans l’air ». Par cette analogie avec une réminiscence subjective, la perte aphasique devient perte de la faculté de parler en réaction à un effroi qui fait le lit d’une langue hallucinatoire. N’est-ce pas là, à la fois un fondement de l’écoute psychanalytique du discours intérieur et une conception de l’hallucination qui ne s’élaborera qu’à la fin de son œuvre ? L’hallucination reviendra en effet comme « vérité historique » d’une réminiscence de « quelque chose de terrible... quelque chose que l’enfant a vu ou entendu à une époque où il savait à peine parler »[4] [4] S. Freud (1937), Constructions dans l’analyse,...
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. La sidération de la coupure du langage a donc provoqué en Freud un retour d’une turbulence de langues primitives hallucinatoires avant de devenir retour dans le langage théorique de la coupure de ses langues primitives. Cependant, en sens inverse de cette coupure aphasique d’où surgissait l’émotionnel hallucinatoire des langues primitives, se posait la question d’une coupure primaire des langues primitives d’où était né le langage parlé. Freud aborda cette question dans le jaillissement de l’ « Esquisse » sous forme d’un mythe scientifique neuro-psycho-linguistique.

L’ « ESQUISSE », MEMOIRE OUBLIEE DES LANGUES PRIMITIVES : DU CRI DE COLERE A LA COUPURE DE LA SCENE PRIMITIVE DE LANGAGE

6 Fondement et fil conducteur de la naissance du langage, l’évolution du cri, qui de langue sonore des maux et des désirs du corps deviendra langage verbal d’une pensée liée à l’autre. D’abord cri de naissance, expulsif des tensions ne s’adressant à personne, le cri, après l’expérience de satisfaction des besoins, se différenciera en deux tonalités de langues primitives antérieures au langage : la langue du désir hallucinera cette expérience par la vue tandis que la langue de la douleur l’appellera par la voix. Ici l’objet n’a pas de réalité propre mais s’inscrit comme expérience de « compréhension mutuelle », illusion unitaire fondatrice du narcissisme primaire.

7 Dans cette perspective, Freud prêta attention à « un fait d’une extrême importance » : le « caractère hostile » du cri où s’associent son et perception dote l’objet de qualité « alors qu’autrement avec la douleur nous ne pourrions en avoir aucune notion qualitativement claire »[5] [5] S. Freud (1895), Esquisse d’une psychologie...
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. Après le cri expulsif qui ignore l’objet, après le cri de douleur et du désir qui l’assimile, le cri de colère de l’infans, confronté à la vanité de ses hallucinations et de ses appels, coupe cette assimilation et ouvre à ce que Freud a nommé la « fraction inassimilable » de l’objet. « Ce que nous qualifions d’objet est fait de reliquats qui échappent au jugement », écrira-t-il, mais ces reliquats attirent l’attention sur l’objet qui « dès le début se porte aux signes du langage »[6] [6]Ibid. , p.  351. ...
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. Le cri de colère de l’infans exprime donc à la fois la coupure qui le détache de la compréhension mutuelle des langues primitives et la coupure de son incompréhension de signes d’un langage auquel il s’attache. La naissance du langage se révèle ici moment premier où se perd l’illusion unitaire des langues primitives.

8 Comment comprendre cette perte d’illusion ?

9 À l’aube de la psychanalyse, dans la lettre 52[7] [7] S. Freud, Lettres à Wilhelm Fliess (Lettre 52...
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, Freud décrira une conception triadique du signe composée de trois signes d’enregistrement où s’interpose, entre perception consciente et pensée préconsciente liée aux représentations verbales, une part mnésique inconsciente dont il dira plus tard que ce ne sont pas des souvenirs mais « des pulsions découlant des scènes primitives »[8] [8] S. Freud, Lettres à Wilhelm Fliess (Lettre 61...
suite
. Dans cette perspective, la perte de l’illusion de compréhension mutuelle se révèle ici coupure d’une scène primitive de langage source d’une incompréhension colérique lorsque l’infans se voit exclu du plaisir de la mère entrelacée – entrelaçant ses paroles avec celles d’un autre.

10 Nous voyons en ce point se séparer deux points de vue sur la naissance du langage, la discontinuité psychanalytique de Freud et la logique linguistique de Peirce[9] [9] C. S. Peirce (1903-1911), Écrits sur le signe. ...
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, un de ses contemporains. Si, pour Freud, la conception triadique du signe provient d’une coupure heuristique d’où naît le langage comme désir et identification, pour Peirce la conception triadique du signe se déploie en une substitution herméneutique de l’icône à l’indice et au symbole d’où naît le langage comme résultante tierce.

11 Ce sera à partir de cette discontinuité psychanalytique où se perd le narcissisme primaire des langues primitives et d’où naît la différence d’avec l’objet de la scène primitive de langage, que j’ai différencié trois configurations qui sous-tendent le langage parlé : le rejet du langage, l’identification aliénante au langage et le retour subjectivant des langues primitives :

12 — Le rejet du langage. Ici, la coupure de la scène primitive soit ne peut opérer (l’illusion unitaire), soit inhibe de désir (le mutisme hystérique), soit provoque une envie destructrice (la haine psychotique du langage), soit ne peut même se concevoir (la bulle autistique). Le narcissisme primaire perdure dans le « moi-je ».

13  L’identification aliénante au langage. Ici, la coupure de la scène primitive implique pour le sujet de parler comme un autre et pour un autre, s’il ne veut être exclu du monde des autres. Le narcissisme primaire des langues primitives s’efface devant le langage, « je » est un autre.

14 — La revendication subjectivante des langues primitives. Ici, de la coupure qui aliène dans une objectivation du langage naissent des restes de douleur et de désir qui, en dépit de leur déni, ne cessent de se mêler à la conversation exigeant un travail d’appropriation. Le « je » est un autre cède sa place à l’autre est mon « je ».

15 Vu les limites imposées à cet exposé, je ne m’attarderai pas sur les différentes formes de coupures des langues primitives et du langage, mais je m’arrêterai sur ces moments de l’analyse où l’attention de l’analyste sollicitée par des coupures du langage les associe à des restes ou, à l’opposé, ne voit que de pures coupures sans restes décelables.

LE COUPE-ARTICULE DES RESTES : LA TRANSCRIPTION METAPHORIQUE

16 Le discours du sujet en analyse ne naît-il pas d’une double coupure ? Pour le patient, dire à l’analyste ce qu’il ressent bute en effet à la fois sur une censure interne qui le coupe de ce qu’il pourrait mais ne veut transmettre (les mots coincés dans la gorge) tandis qu’une limite de son langage le coupe de ce qu’il voudrait mais ne peut transmettre (les mots sur le bout de la langue). Dès lors, bien que les paroles semblent signer une victoire du langage, ce langage demeure soumis aux revendications des langues primitives dont les restes infiltrent le discours du bruit de leurs intensités émotionnelles et de leurs croyances hallucinatoires. En ce point, l’attention de l’analyste ne flotte plus mais achoppe, et de cet achoppement sourd un afflux de pensées verbales : pour l’analyste, ici, la coupure parle du patient et c’est elle qui le fera parler au patient. Coupée du langage associatif par le retour des restes de langues primitives, son écoute deviendra creuset d’un nuage d’associations d’où sortira une transcription métaphorique. La parole de l’analyste ne vise pas en effet une compréhension mutuelle qui ne refléterait qu’illusion unitaire mais prend le risque d’une parole qui rompt le silence des pensées sur la douleur et le désir jusque-là recouvert par le bruit des langues primitives. Parler, c’est mettre à nu le transfert inconscient où se condensent et se déplacent, dans une ambiguïté de signes sans paroles, un désir d’union pérenne, la douleur d’un dédain et le déni d’une vérité insoutenable de tels affects. À cette ambiguïté répondra la singularité du travail du langage de l’analyste qui en recueille les signes et les relance dans le circuit de l’échange : cette bouteille à la mer surprend le patient, mais s’il s’en saisit, il surprendra l’analyste en lui renvoyant des signes d’une langue étrangère où l’analyste ne reconnaîtra pas sa langue de transcripteur. Pour chacun d’eux émergera alors une parole propre liée à la relance de la coupure de l’un par l’autre en exigence d’articulation à double sens des langues primitives au langage : si la revendication émotionnelle des langues primitives exige une articulation par la transcription en métaphore verbale, en sens inverse cette métaphore verbale, dès qu’elle est prise dans l’ordre signifiant du langage, exigera en retour une articulation aux sources émotionnelles des langues primitives. N’est-ce pas là ce qu’A. Green[10] [10] A. Green (1973), Lediscours vivant : la...
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a nommé discours vivant, J. Guillaumin traitement poétique du langage[11] [11] J. Guillaumin (1971), Le traitement poétique...
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, L. Danon-Boileau heureux investissement de la parole associative ?

LE COUPE-DESARTICULE SANS RESTES ET LA TRANSSUBSTANTIATION METAPHORIQUE

17 À un moment ou à un autre, une impasse de l’analyse révélera à l’analyste son impuissance à entendre en lui des résonances et des réminiscences. Entre patient et analyste, la « chose entre »[12] [12] W. R. Bion (1974), Entretiens psychanalytiques,...
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n’est plus ici un reste qui fait rêver et penser, mais une actualisation d’affects et d’angoisses schizo-paranoïdes qui détruisent le rêve et la pensée. Ici, douleur, désir et déni, amplifiés et entremêlés par un attracteur étrange[13] [13] J. Dufour (2004), Du chaos psychotique à la...
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, embrasent la scène analytique, et si le contre-feu du pouvoir du langage sauve l’analyste, il tue le travail analytique en quête du vrai. Cependant, les affects délétères transmis à l’analyste par la turbulence non signifiante des langues primitives désarticulées du langage ne présentent-ils quelque analogie avec les affects de l’atonalité et du non-figuratif qui dépouillent de leurs vêtements l’image et la mélodie ? Si n’est pas toléré un « je-ne-saisquoi » venu d’un « je-ne-sais-où », le salut ne pourra advenir que du rejet ou du commentaire érudit. Dans cette perspective, le pire danger pour l’analyste prendra forme d’un désir de compréhension où la parole dénie son incompréhension induisant le patient en identification de déni[14] [14] J. Dufour (2004), L’expansion destructrice...
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à lui donner raison. Fort de l’accord de cette colocution, ignorant l’effet de suggestion de ses paroles, l’analyste ne pourra alors percevoir que ce qu’il entend n’est qu’écho de sa fétichisation du langage. La brillance de l’intelligence théorique ne manque jamais d’arguments, mais n’est-elle pas le mal par excellence qui guette la créativité du travail de l’analyste ? Si, comme Freud et Bion, il parvient à voir son recours au concept comme un signe qui exige son aveuglement en vue d’affûter sa sensibilité au point obscur[15] [15] Bion a repris cette proposition de Freud, in...
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du patient, peut-être comme Goya et Soulages verra-t-il sourdre des profondeurs du noir une lumière et des formes évanescentes ? Si l’analyste ose plonger dans la noirceur du narcissisme de ses désirs, de sa nudité douloureuse et du déni de leur éprouvé, il verra surgir, au sein de ce qui n’est qu’obscures sensations, un méli-mélo d’images hypnagogiques d’où il abstraira des pensées déhiscentes dont sa parole sera fruit. En ce point, à la différence de la transcription métaphorique qui parle les restes de mots entendus liés à la strate du langage, la transsubstantiation[16] [16] Transsubstantiation, passage de la sensation...
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métaphorique parle au nom d’affects liés aux langues primitives du corps de l’analyste. Cette parole transmettra au patient une capacité de se frayer un chemin dans une turbulence de ses langues primitives jusque-là coupées de tout langage : sur fonds commun de coupure indicible reconnue comme telle, la petite différence d’un dire deviendra porteuse d’un franchissement par les tâtonnements de la pensée[17] [17] Je rejoins ici A.  Green qui parle du dépassement...
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. Dans le transfert, le noir d’une exclusion du langage qui pousse à un refus de parler ne s’éclaire-t.il pas du rayonnement de l’autre-semblable dont les paroles parlent et poussent à parler ? Ici la coupure des langues primitives au langage devenu béance n’a pas été chute mortelle dans le chaos des langues primitives, mais plongée en duo dans les strates de leur turbulence où la chose sans nom s’est liée au mot de l’autre. « Je perçois tout et ne peux réagir raisonnablement, je n’ose plus vous affronter tant il y a là de sous-valeurs. Tu as eu le mot juste », dira le jeune autiste à sa thérapeute[18] [18] Birger Sellin, Une âme prisonnière, Paris,...
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.

 

Notes

[ 1] Ce texte ne représente qu’une présentation de cette coupure-articulation qui fera l’objet de développements ultérieurs.Retour

[ 2] W. R. Bion (1975), Césure, Entretiens psychanalytiques, Paris, Gallimard, 1980, pp. 242-259.Retour

[ 3] S. Freud (1891), Contribution à la conception des aphasies. Une étude critique, Paris, PUF, 1983, p. 112.Retour

[ 4] S. Freud (1937), Constructions dans l’analyse, Résultats, idées, problèmes, II, Paris, PUF, 1983, p. 279.Retour

[ 5] S. Freud (1895), Esquisse d’une psychologie scientifique à l’usage des médecins, La naissance de la psychanalyse, Paris, PUF, 1969, p. 377.Retour

[ 6] Ibid., p. 351.Retour

[ 7] S. Freud, Lettres à Wilhelm Fliess (Lettre 52 du 6 décembre 1996), La naissance de la psychanalyse, Paris, PUF, 1969, p. 155.Retour

[ 8] S. Freud, Lettres à Wilhelm Fliess (Lettre 61 du 2 mai 1997), op. cit., p. 173.Retour

[ 9] C. S. Peirce (1903-1911), Écrits sur le signe. La théorie des signes : la sémiotique, Paris, Le Seuil, 1978, pp. 120-190.Retour

[ 10] A. Green (1973), Lediscours vivant : la conception psychanalytique de l’affect, Paris, PUF.Retour

[ 11] J. Guillaumin (1971), Le traitement poétique de la réalité dans la cure, RFP, t. XXXV, no 5-6.Retour

[ 12] W. R. Bion (1974), Entretiens psychanalytiques, Paris, Gallimard, 1980, p. 88.Retour

[ 13] J. Dufour (2004), Du chaos psychotique à la naissance du sujet, Psy. fr., 36, mai 2005.Retour

[ 14] J. Dufour (2004), L’expansion destructrice des identifications de déni, RFP, t. LXVIII, no 5, 1709-1718.Retour

[ 15] Bion a repris cette proposition de Freud, in L’attention, l’interprétation, Paris, Payot, 1974, p. 110.Retour

[ 16] Transsubstantiation, passage de la sensation à l’image (Freud, L’interprétation des rêves, Paris, PUF, 1967, p. 42). Retour

[ 17] Je rejoins ici A. Green qui parle du dépassement de la phobie de pensée de l’analyste par « une réverbération rétroactive et une anticipation annonciatrice » (La position phobique centrale, La pensée clinique, Paris, Odile Jacob, 2002, p. 179).Retour

[ 18] Birger Sellin, Une âme prisonnière, Paris, Robert Laffont, 1994, p. 181.Retour

Résumé

Résumé — Ce texte propose de fonder le travail du langage de l’analyste sur la coupure et l’articulation de la turbulence des langues primitives avec l’ordre signifiant du langage.

Mots clés

 Langues primitives et langage, Coupure de la scène primitive de langage, Coupé-articulé/transcription métaphorique, Coupé-désarticulé/transubstantiation métaphorique



Summary — This paper proposes to found the work of language and the analyst on both the distinction and connection of the turbulence of primitive languages with the signifying order of language.

Key-words

 Primitive languages and language, Break of the primitive scene of language, Distinction, Connection, Metaphorical transcription, Disconnected, Transubstantiation, Metaphorical


Zusammenfassung — Dieser Text schlägt vor, die Basis der Spracharbeit des Analytikers an der Verbindungs- und Trennstelle der Turbulenz primitiver Sprachen zur signifikanten Ordnung der Sprache anzusiedeln.

Schlüsselworte

 Primitive Sprachen und Sprache, Kürzungen der sprachlichen Urszene, Abgetrennt-verbunden, Metaphorische Umschreibung, Abgetrennt- unverbunden, Metaphorische Transsubstantiation


Resumen — El texto propone basar el trabajo del lenguaje del analista en el corte y en la articulación de la turbulencia de las lenguas primitivas con el orden significante del lenguaje.

Palabras claves

 Lenguas primitivas y lenguaje, Corte de la escena primitiva de lenguaje, Cortado-articulado, Transcripción metafórica, Cortado-desarticulado, Transubstanciación metafórica


Riassunto — Questo testo propone di fondare il lavoro del linguaggio dell’analista sulla cesura e sull’articolazione della turbolenza delle lingue primitive con l’ordine significante del linguaggio.

Parole chiave

 Lingue primitive e linguaggio, Cesura della scena primitiva di linguaggio, Cesura-articolazione, Trascrizione metaforica, Cesura-disarticolazione, Transustanziazione metaforica

PLAN DE L'ARTICLE


POUR CITER CET ARTICLE

Jacques Dufour « Exigences des langues primitives et travail du langage », Revue française de psychanalyse 5/2007 (Vol. 71), p. 1701-1707.
URL :
www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2007-5-page-1701.htm.
DOI : 10.3917/rfp.715.1701.