Revue française de psychosomatique
P.U.F.

I.S.B.N.2130520847
192 pages

p. 173 à 180
doi: 10.3917/rfps.019.0173

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Notes de lecture

no 19 2001/1

2001 Revue française de psychosomatique Notes de lecture

« Dire non »  [*]

Claire Rueff-Escoubès 7, rue Saint-Ambroise 75011 Paris
Ces Libres cahiers tiennent les promesses annoncées dans leur premier numéro, dont M.-C. Durieux a rendu compte avec intérêt et plaisir dans la Revue française de psychanalyse [1]. Au rythme de deux numéros par an (printemps, automne), l’équipe de la revue que dirigent Catherine Chabert et Jean-Claude Rolland propose comme argument un texte de Freud, en ouvrant ses pages à des contributions dont les différences d’approche font « tourner » le texte choisi comme un kaléiodoscope, qui révèle ainsi toute la richesse de ses multiples facettes.
Après « Un enfant est battu », centre de la première parution, ce deuxième numéro s’organise, tout aussi librement et rigoureusement, autour du texte fondamental de « La négation » [2]. Variations théoriques, cliniques, historiques et… poétiques font travailler la pensée autour de ce « dire non», mouvement psychique apparemment simple à repérer dans le discours des patients, mais aussi subtil et complexe que déterminant quant aux rapports de l’être humain avec rien moins que son accès à l’inconscient. Et, partant, avec la pensée et le langage. La place ici constamment questionnée de la représentation qui, comme le moi, « naît à partir du non » retiendra, elle aussi, particulièrement l’attention des psychosomaticiens. La négation : un détour ou un chemin de traverse, qui ménagent un accès partiel à l’inconscient; un obstacle, créateur de pensée, de jugement et de sens; un écart à la naissance du déplacement et de la symbolisation, et donc à l’origine du discours; un agent de séparation, de l’intellect et de l’affect, du dedans et du dehors, du moi et du non-moi; une butée, qui limite le principe de plaisir et renforce le rapport à la réalité; un accès au renoncement, porte de la créativité. Porteuse d’une double valence « tantôt elle agit du côté de la création du monde interne ou de sa représentation, tantôt elle œuvre du côté de l’effacement et de la néantisation », conduisant à la psychose et à la mort, via le négativisme et la néantisation. L’ensemble des articles rend compte cependant davantage de la fonction créatrice de la négation, à quelques exceptions près dont celle du commentaire tout en finesse et implication de Pontalis à propos du superbe Bartleby d’Herman Melville, commentaire qui introduit le numéro.
« L’affirmation négative » par J.-B.Pontalis : « Je ne connais pas d’histoire plus bouleversante, qui nous saisisse, nous étreigne à ce point et nous laisse aussi désemparés que celle de Bartleby. » Nous ne pouvons qu’être reconnaissants à l’auteur d’avoir placé sous notre regard d’analyste ce texte d’une qualité clinique à laquelle seuls parviennent les poètes et les écrivains, comme Freud l’a maintes fois souligné. Le « non » de Bartleby prend la forme paradoxale d’une affirmation très particulière, unique, à la fois dans son énonciation et dans son intraitable constance, affirmation qui le conduira jusqu’à la mort. I would prefer not to, répond cet étrange héros à toute demande de son chef de bureau, puis à toute sollicitation de mouvement, quel qu’il soit. Formule difficilement traduisible, précise autant qu’indéterminée, partie émergée d’un iceberg de résistance passive à la Oblomov, enfermement-profession de foi autour duquel le monde s’agite sans réussir à le faire bouger, lui. Et « si Bartleby représentait à lui seul l’humanité dans sa détresse, ce rien d’humanité qui peine à suivre dans un monde inhumain ?» demande Pontalis [3]. S’imposera alors à l’auteur l’image d’un autre héros, le Kohlaas de Kleist, « emporté par sa plainte tant que ne sera pas reconnu son bon droit, celui d’exister », héros violemment destructeur. « Y aurait-il là deux formes de retour à l’inanimé (…), deux figures antinomiques, voisines pourtant de la pulsion de mort ?» Pontalis conclut sur la fascination qu’exercent sur nous ces « intraitables », ces patients aussi absents à eux-mêmes qu’ils sont présents à leur analyste, auquel ils peuvent renvoyer… sa propre folie.
« La loi de Lavoisier s’applique à la matière psychique », par Jean-Claude Rolland. C’est l’article de fond de ce numéro 2 des Libres cahiers pour la psychanalyse.
Rappelons la loi de Lavoisier, telle qu’il ne l’a pas écrite : rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. Rolland prend ici au mot, si l’on peut dire, le déroulement du travail du rêve : « le rêve n’invente rien, il se contente, dans son contenu manifeste, de déguiser les représentations propres au contenu latent qui proviennent elles exclusivement des souvenirs les plus précoces. Le discours intérieur, activé par le processus du rêve, procède à un déplacement d’énergie qui “charge” la structure sémantique et “décharge” l’expérience inconsciente. C’est dans cette perspective économique précise qu’il faut [situer les deux temps de] la négation ». Partant du rêve originaire de l’Homme aux loups, qui, dit-il, permet à Freud un véritable renouvellement de sa théorie du rêve, il aboutit au terme d’une relecture originale et serrée à la progressive construction de la négation dans l’épaisseur du tissu psychique, et à sa fonction majeure : « assurer au mot la tâche psychique essentielle qui lui incombe, de nier la réalité de la chose qu’il évoque ». « Opération au fondement même du fonctionnement psychique », la négation est posée ici comme l’un des agents majeurs des transformations du psychisme humain, de l’inconscient au conscient, des perceptions aux représentations et au langage, du ça au moi, du passivement subi à l’activement assumé, pour n’en citer que les plus importantes. Source de progrès, elle origine la naissance du fantasme, celle du déplacement et de l’instauration de la scène psychique. Travail du rêve et travail de la négation se lisent en parallèle.
Ce raccourci simplificateur rend mal compte de la complexité et de l’inventivité de ce texte dense et d’un abord assez difficile, du fait des niveaux d’approche intriqués, et des enjeux du sujet. C’est l’ensemble des étapes de la construction de l’appareil psychique qui est ici suivi, via le fil conducteur de la négation, à partir du rêve de l’Homme aux loups dont J.-C. Rolland reconstruit magistralement l’analyse.
Les trois articles suivants s’inscrivent dans une perspective « historique ».
« Se reconnaître », par Danielle Margueritat. L’auteur fait une lecture revendiquée comme personnelle de la genèse de « quelques petits articles » dont Freud parle à Abraham en 1925 [4], « pas faits vraiment sérieusement. Je vous en parlerai plus tard peut-être, quand je voudrai bien m’y reconnaître» et les événements marquants de sa vie : la mort de Breuer, l’aggravation de son cancer. On ne peut tenir pour fortuit, dit-elle, que la mort de Breuer ait été suivie immédiatement d’un article entièrement axé sur la fonction du « non ». Se reconnaître est aussi en lien avec l’image du corps [5], ici directement modifiée par des interventions mutilantes et l’introduction de prothèses, ce que l’auteur met en résonance avec les représentations du corps féminin comme avec les interrogations quant à « ce qui est à l’intérieur ou à l’extérieur… cela je veux le cracher… cela je veux l’exclure hors de moi… l’épreuve de réalité a encore à reconnaître jusqu’où vont ces déformations (…) il s’agit de savoir si quelque chose de présent dans le moi comme représentation peut aussi être retrouvé dans la perception ». La négation, conclut-elle, « pourrait venir en contrepoint symbolique au réel de la mort, à l’imaginaire du sexe féminin dans sa béance et sa blessure ».
« Freud derrière la vitre », par Colette Combe. « On est prié de fermer les yeux » ou « on est prié de fermer un œil ». Freud associe à partir de ce rêve qui suit l’enterrement de son père sur l’affichette collée sur la vitre des trains, « il est dangereux de se pencher à l’extérieur ». L’identification à l’œuvre dans ce rêve procède de la même façon que la négation, dit C. Combe : elle est aux images ce que la négation est aux mots, par l’échange et l’inversion. Rêve, identification, négation : mêmes procédés, dont celui du renversement : « ce sont des chemins de traverse pour approcher la vérité du désir inconscient ». Pareillement au long voyage en train vers l’Acropole, long est le travail d’auto-analyse à partir de ce rêve, lente est la levée du refoulement face aux désirs contradictoires de Freud pour son père : « à chaque station, la ligne droite de sa pensée s’interrompt, repart en diagonale, apparemment ailleurs. Une négation en constitue chaque fois le levier ». Ce joli texte analogique rend plus sensible le fonctionnement de la négation dans le déroulement de la vie psychique que bien de longs discours.
« Le temps de l’affirmation », par Joël Bernat. L’auteur nous conduit avec clarté et précision vers une approche très complète des mécanismes de la « négation » et de la genèse de ce concept. C’est à partir de l’enseignement de F. Brentano [6] sur « le trajet perception-conscience » que Freud a développé son travail sur la négation, à travers trois puis quatre volets : le refoulement, le déni, le rejet, dont procèdent névrose, perversion et psychose, et enfin la négation (ou dénégation) dans le même temps qu’apparaît l’affirmation, un des axes majeurs de l’enseignement de Brentano. Pour ce maître du maître, le phénomène psychique est une représentation construite à partir de phénomènes complexes, tels les jugements, les désirs, les affects, qui portent en eux l’intention vers l’objet auquel ils se réfèrent. Toute perception interne résulte d’un jugement, affirmation ou déni, jugements d’attribution ou d’existence, dont l’amour et la haine constituent la base. Freud, lui, placera l’affirmation du côté d’Éros, la négation au service de Thanatos [7].
Deux textes cliniques, courts et vifs, porteurs d’images fortes : « Comme un coup de bêche » et « Vin noir ».
« Comme un coup de bêche », par Adriana Helft. « Un rêve oublié revint un jour : il est dans une pièce; dehors il y a quelque chose de menaçant, la porte s’ouvre violemment et on projette par terre un corps bandé… meurtri ». « Comme un coup de bêche, dit l’analyste, le rêve produit dans la séance le même impact que le corps projeté dans l’image onirique. Pris par l’excitation qui déborde ses paroles, le patient finit par dire : « Ça, ce n’est pas moi. » Ainsi s’augure un tournant dans l’analyse de ce patient qui exigeait jusqu’alors une longue… patience de la part de son analyste. Cette formulation négative permet la première brèche dans un système défensif en tout ou rien, brèche qui « ouvre la porte au fait que le refoulement ne saurait se réinstaller ni complètement ni sur le même mode ». « Ce plaisir en négatif ne s’estompe pas, il laisse ses empreintes », et facilite le passage de traces « jusque-là inconscientes et inassimilables ». Au bout du chemin de ce travail commun, nous ne sommes pas surpris de découvrir avec le patient que derrière le rêve coup de bêche se cachait un souvenir traumatique précoce de scène primitive. « Vin noir », par Athanassios Alexandridis, associe le double travail du négatif chez le patient et chez son analyste. En écho au fonctionnement de son patient, l’analyste ici se laisse surprendre par une interprétation abrupte et négative à son propre endroit, qui le désigne comme « le lait noir », associativement au vin noir dont se soûle régulièrement le patient. Le lait noir représente ici la mauvaise mère, celle qui abandonne comme celle qui nourrit mal, « avec des restes ». À l’image du « non » du patient, la formule de l’analyste lui échappe, « surgit » malgré lui, et ouvre par là même à la réappropriation par le patient de toute une dimension inabordable et « oubliée » de son histoire, celle concernant sa « mauvaise » mère et la souffrance qui lui est liée. L’exposé courageux de sa position contre-transférentielle par l’analyste nous éclaire avec simplicité sur les modalités de nos propres défenses en situation et sur le statut de négation de certaines de nos interventions, qui, à l’opposé d’élaborations construites, « sortent » de nous malgré nous, comme si, à notre tour, nous n’avions pas pu les penser…
Deux essais très riches, de théorisation à partir de la clinique :
« Oui… mais », par Sander M. Abend. Dire non n’est pas, et de loin, l’unique formulation de la négation, on vient de le voir. Le « oui… mais » de certains patients en est une forme subtile et composite, dans la mesure où elle contient à la fois la résistance face à l’émergence d’un mouvement de l’inconscient et la résistance dans le transfert, qui cache le souhait du patient d’être en désaccord avec l’interprétation. La négation seule exprime un « non » du conscient et un « oui » de l’inconscient. Le « oui… mais » traduit l’inverse : un « oui » conscient, un « non (mais)» de l’inconscient; ce dernier « non » évite au patient la colère contre l’analyste qui, parce que ayant touché juste par son interprétation, le blesse narcissiquement. La défense ici se modifie (apparemment) en défense par la réalité. L’exemple clinique donné est celui d’un contexte traumatique où la collusion fantasme-réalité enlève un peu à la force de la démonstration bien que l’auteur, conscient de ce biais, nous dit rencontrer ce « oui… mais » défensif également chez des patients sans histoire traumatique, ce en quoi nous voulons bien le suivre.
« Du jugement », par Dominique Suchet. « Au commencement d’une cure, il y a la situation compliquée de deux acquiescements asymétriques et simultanés : celui du patient qui ne sait pas qu’il va tout mettre en œuvre pour refuser le déroulement de ce qu’il pense accepter; celui de l’analyste qui tente déjà d’accepter ce qui se refuse encore obscurément en lui. Cette disposition particulière se paye, pour chacun, du sacrifice de sa capacité de jugement. » Le texte théorique de D. Suchet développe un des points fondamentaux dégagés par Freud à partir de la négation, la naissance de la capacité de jugement et les aléas de son devenir, en particulier au cours de la cure et de la fin de celle-ci.
Du côté de l’écriture, deux articles :
« Le poème, lorsque la langue défaille », par Bruno Gelas. Segalen, Breton, Claudel… des protestataires qui ont dit « non ». De leur déception et de leur refus face à une forme de la réalité (que portent clichés et autres stéréotypes) sont nées création et recréation de leur langue poétique. « En privilégiant le moment non représentable, celui qui « tremble un peu », s’amorce un renversement de valeur où le défaut du langage à représenter le monde devient au contraire la promesse de son avènement… Suspens et brouillage des mots – forme en quelque sorte positive du travail de la négation dans le texte – ouvrent à une fonction retrouvée du langage, à la confiance en sa capacité à refaire sens ». Le commentaire inspiré de Bruno Gelas nous offre un contact direct avec la force créatrice du non, qui ouvre à des « représentations inépuisables », et passent les limites du réel ordinaire : « Un véritable poète, dit Dante, n’a nullement besoin d’étoiles plus grosses et de roses plus belles (…) Il sait pourquoi la nature, avec l’insistance d’un enfant qui demande à être compris, ne cesse pas de répéter, comme un mot auquel il attache une immense importance, chaque année la même rose, le même bleuet »…
« La voix de Joyce et son Nego », par Jacques Aubert. L’approche métaphorique du langage par Lacan s’accorde ici harmonieusement avec le style de « la voix de Joyce ». En suivant le parcours des héros de ce dernier, l’auteur confronte le « oui !» qui clôt Ulysse à toute la reconstruction préalable qu’imposent les « non » qui tissent les discours antérieurs. « Son Nego (celui qui nie) fut lancé contre les enfers obscènes de notre Sainte Mère » dit un personnage joycien, auquel fait écho un cauchemar d’Ulysse (où apparaît sa mère): « Non, mère. Laisse-moi tranquille et laisse-moi vivre ». Laisse-moi écrire, c’est-à-dire laisse-moi l’espace psychique suffisant pour pouvoir symboliser, ce qui paradoxalement ne semble obtenu chez Joyce qu’au prix d’une lutte permanente. « La faute de Jean-Jacques », par Bernard de La Gorce, tire la négation vers un contexte à la limite de la perversité, celui du mensonge. Mensonge d’enfant, mais aussi refus (dénégation) de l’adulte qui accuse injustement, sans que l’enfant puisse faire entendre sa vérité; résistance de l’enfant Rousseau auquel on ne put arracher l’aveu de sa non-faute, « épreuve terrible dont il sorti néanmoins triomphant » : « ce fut la fin des charmes de l’enfance », un moment initiatique tel que le « dire non » à la force d’en créer.
« Le refus de l’image », par Roland Lazarovici. Ce texte bref, dense, abstrait, et fort instructif, fait travailler des concepts lacaniens autour de la représentation-image-hallucination, en regard de l’objet réel, de sa présence-absence, du rapport à la perte et au manque, du dedans et du dehors. Ces notions en lien avec la négation parcourent plusieurs des articles présentés, mais ils sont ici repris dans une synthèse forte.
« L’oubli », par Laurence Apfelbaum conclut le volume. C’est sans doute, avec le texte de J.-C. Rolland, un des articles les plus importants de ce numéro. Les développements théoriques suivent au plus près le travail analytique en séances, aussi bien celui de la patiente que celui de l’analyste, avec une rigueur exemplaire. À partir de l’oubli de sa première analyse (vécue « comme un rêve ») par une patiente venue faire avec elle un deuxième parcours, L. Apfelbaum s’interroge sur la nature et la fonction de cette « négation » de la mémoire, négation d’années de travail analytique investi comme était investi le premier analyste. Au delà des aspects compréhensibles du phénomène, sachant qu’une fin d’analyse implique de part et d’autre d’avoir « trouvé ou gardé quelque chose en commun », que réfute l’apparente amnésie de la patiente ? Peut-être faut-il admettre que l’analyse n’est pas le « modèle de situation gratifiante qui ne saurait qu’engendrer la nostalgie » ? Il y aurait là le renoncement à une illusion qui s’accorderait avec une meilleure appréciation de la réalité humaine. À la faveur d’une négation dans l’analyse actuelle (la patiente ne reconnaît pas son analyste dans la rue), surgit un souvenir de rêve de la première analyse qui ouvre à l’abord de la déception [8] et de la rage : l’irritation entre sa mère et elle était indispensable à leur reconnaissance mutuelle. La perte protégée par la négation (la non-reconnaissance) était celle de ce lien particulier à sa mère. Mais « la reconnaissance de la perte n’éradique pas pour autant le désir de l’objet primordial », signe de l’indestructibilité des désirs infantiles inconscients. Le travail de l’analyse serait-il d’abord un travail de la négation? « D’un côté on bascule dans les effets de la destruction, de la mise à distance de l’inconscient neutralisé par l’acceptation intellectuelle, de l’autre on touche à l’instrument le plus précieux qui soit quant aux petites marges de liberté qu’il octroie par rapport à la contrainte du désir », dit L. Apfelbaum en commentant le texte de Freud, qui rappelle in fine que « c’est au patient de juger ceux qui de ses désirs lui paraissent recevables, autrement dit d’user, en connaissance de cause, cette fois, du refoulement ».
 
NOTES
 
[*]« Dire non », Libres cahiers pour la psychanalyse, n° 2, automne 2000, Éditions Press.
[1]Revue française de psychanalyse n° 4,2000, Paris, PUF.
[2]« La négation », Die Verneinung (1925), in Résultats, idées, problèmes II, Paris, PUF, 1985.
[3]Oserions-nous poser la question à partir de la théorie de Pierre Marty sur le fonctionnement opératoire: et si la détresse de Bartleby s’apparentait à une dépression essentielle qui l’empêche d’accéder à une vitalité suffisante, suffisante pour s’adapter à tout changement, le poussant à s’accrocher désespérément à son environnement habituel, seule condition « faste » de sa survie ? Arraché à ce tuteur vital, aussi irremplaçable pour lui que son environnement humain, il laissera la mort, ou plutôt la désanimation, s’emparer progressivement de son corps après qu’elle eut dominé son âme… Cette approche n’épuisant pas, bien entendu, la richesse des multiples échos que crée en nous ce texte étonnant.
[4]« La négation », « Inhibition et symptôme » (poursuivi plus tard), « Quelques conséquences psychiques de la différence des sexes ».
[5]Notons que ce sont le plus souvent les femmes qui tentent de rappeler l’existence « concrète » du corps et de son rapport avec la pensée, fût-elle hautement théorique.
[6]Philosophe parmi les premiers penseurs de la psychologie, dont Freud fréquenta le séminaire trois fois par semaine entre 1874 et 1876.
[7]On néglige trop souvent, à propos de l’étude de concepts clés, les filiations théoriques dont Freud s’inspira, pour ne pas apprécier ce rappel qui replace, avec des notions précisément identifiées, les découvertes du père de la psychanalyse dans le creuset plus large de la naissance de la « psycho-logie moderne ».
[8]« Du scepticisme et du défaitisme qui, rappelle L. Apfelbaum, signent selon Kris – 1956 – une bonne séance ».
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