Revue française de psychosomatique
P.U.F.

I.S.B.N.2130520855
192 pages

p. 5 à 6
doi: 10.3917/rfps.020.0005

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no 20 2001/2

2001 Revue française de psychosomatique

Présentation

Claude Smadja Gérard Szwec
Ce numéro de la Revue française de psychosomatique est consacré, comme le précédent, aux processus de mentalisation et de démentalisation que les psychosomaticiens placent au cœur de leurs interrogations sur les rapports entre psyché et soma.
Plusieurs des textes réunis ici abordent ce thème en traitant des premières défaillances du fonctionnement psychique chez l’enfant et de l’éventualité de leur perpétuation chez l’adulte sous forme de dépression essentielle et de fonctionnement opératoire.
Pour les auteurs, il s’agit d’explorer ainsi l’éventualité d’entraves précoces à la mentalisation et des potentialités de désorganisation somatique ultérieures.
Pierre Marty avait fait l’hypothèse que la dépression essentielle, dont l’apparition s’accompagne d’un risque somatique accru, pouvait correspondre à une fixation à la dépression anaclitique de Spitz chez le nourrisson. Cette intuition est, ici, mise « au travail » selon un axe qui pourrait se formuler par cette question : bébé déprimé, adulte malade ?
Si on retrouve l’influence des travaux des psychosomaticiens français, via ceux de Léon Kreisler, dans les conceptions actuelles de la dépression chez le bébé, la notion même de fait dépressif dans le plus jeune âge s’est beaucoup complexifiée, comme le montre Bernard Golse dans son article. Avec les meilleures connaissances qu’on a, maintenant, des réponses dépressives très précoces, la question de savoir à partir de quand un bébé se déprime pour lui-même devient plus cruciale.
D’où la nécessité de la prise en considération de la situation du bébé dont on parle par rapport à la différenciation du moi et de l’objet.
Michel Fain montre toute l’importance de la fonction maternelle dans ce processus, et Françoise Moggio souligne les répercussions de la mauvaise mentalisation d’un parent aux capacités identificatoires insuffisantes sur le développement psychique de son enfant.
Si la dépression anaclitique, supposant la constitution et la différenciation d’un objet dont la perte est devenue insupportable, peut passer pour la préforme des dépressions objectales, comment peut-elle être envisagée également comme le modèle de la dépression essentielle « sans objets » des psychosomaticiens ? Question discutée par Gérard Szwec dans son article, tandis que Rosine Debray préfère, de son côté, parler de chute de tonus de vie plutôt que de dépression chez le bébé en s’appuyant sur une observation clinique commentée par Michel Ody.
D’autres contributions de ce second volume abordent les questions de mentalisation et de démentalisation selon des points de vue différents en s’étayant sur une riche expérience théorico-clinique personnelle de chacun des auteurs.
Parmi ceux-ci nous publions la seconde partie du texte d’André Green qui traite ici du travail pratique du psychanalyste avec les organisations non névrotiques du moi proches de bon nombre de patients que rencontrent les psychosomaticiens.
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