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Revue française de psychosomatique

2004/1 (no 25)


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Antonio R. Damasio est directeur du département de neurologie de l’Université de l’Iowa et professeur à La Jolla. Il a déjà publié L’Erreur de Descartes[1][1] Damasio A. R. (1995), L’Erreur de Descartes, Paris,..., et sa référence à la philosophie n’est pas nouvelle. Il souhaite démonter la « machinerie » des sentiments. Selon lui, cette machinerie établit l’unité psychosomatique et vérifie l’intuition de Spinoza, contre celle de Descartes. Ce qui n’est pas rien.

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Tout repose sur la séparation entre les émotions et les sentiments. Les premières définissent tout ce que le corps fait apparaître comme modifications : décharges musculaires, expressions de la mimique, décharges des pleurs, du rire, vasodilatations, sueurs… mais aussi, sécrétions hormonales ou autres modifications, détectées au laboratoire ou par l’imagerie cérébrale. C’est, sur le théâtre du corps, ce qui apparaît aux autres. En opposition, les seconds sont privés, restent psychiques. La thèse de Damasio sera de montrer comment l’émotion se déclenche et comment elle-même déclenche le sentiment. Soit : comment on passe du corps à l’esprit, par une machinerie.

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La préexistence des émotions sur les sentiments a été vérifiée chez des patients sous monitoring où les paramètres physiques des émotions et certains paramètres cérébraux des sentiments étaient mesurés en continu. La raison de la préexistence des émotions sur les sentiments serait phylogénétique et s’inscrit dans une perspective darwinienne. La vie pose des problèmes de base à chaque organisme, qui doit garder ses équilibres internes, tout en trouvant de l’énergie et en se défendant contre les agressions externes. Pour résoudre ces problèmes, il dispose de procédés automatiques. Au cours de l’évolution, des organismes, dont les procédés automatiques sont de plus en plus complexes, sont sélectionnés, à côté d’autres, moins perfectionnés, qui perdurent ou non. Les procédés complexes se hiérarchisant sur les plus simples, les organismes à procédés complexes contiennent aussi les procédés simples. A.R. Damasio figure cette hiérarchisation par un arbre : au niveau du tronc, les procédés qui assurent le métabolisme de base, les réflexes et tropismes de base, l’immunité ; au niveau des grosses branches, les comportements de douleur et de plaisir, déclenchés par ce qui fait du mal ou du bien, sans que l’expérience de la douleur ou du plaisir soit nécessaire; au niveau des branches moyennes, besoins et motivations (la faim, la sexualité, la curiosité, le jeu…). Les ramifications suivantes sont celles des émotions. Enfin, les rameaux ultimes sont les sentiments. Pour que la brindille existe, il faut un tronc et tous les branchages intermédiaires : pas de sentiment sans émotion, pas d’émotion sans système immunitaire (comme exemple d’organe). Tout cela est prêt à fonctionner à la naissance – d’ailleurs le bébé pleure à la naissance. Ses pleurs ultérieurs, toutefois, dépendront de plus en plus de ses expériences et apprentissages. Il est important de noter que chaque niveau de cette hiérarchisation, dans sa construction même, comprend une partie du niveau qui lui est inférieur, selon le principe d’emboîtement, comme si, pour suivre notre métaphore végétale, la sève de la branche sentimentale contenait aussi de la sève immunitaire tronculaire. Ainsi, tous ces automatismes, procédés régulateurs de l’homéostasie, visent à garder la continuité et le bien-être de l’être, à travers les modifications que créent les agressions, les accidents, le vieillissement.

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Il faut ici parler d’une notion importante : celle d’« encartage ». Le corps est mis en cartes, dans des zones cérébrales spécialisées. Bien que Damasio ne précise pas ce qu’il appelle « carte », le terme semble bien choisi ; on pense, en effet, aux cartes perforées des débuts de l’informatique, aux cartes routières, aux cartes postales, voire aux cartes d’identité, qui peuvent toutes donner des représentations d’un aspect particulier, plus ou moins sophistiqué, d’un paysage, d’un être. Cela peut correspondre au « rendu » des diverses zones cérébrales de représentation corporelle. Les cartes de toutes les régions du corps, de tous les organes et de toutes les fonctions s’établissent en permanence, à partir des deux voies humorale et neurale, et, à chaque instant, le cerveau « passe en revue l’organisme tout entier ». Les cartes « échantillonnent l’état vécu ». Il y a des cartes de base et des cartes d’intégration. Une partie d’entre elles est consciente, comme un sentiment d’arrière-plan fondant la continuité d’exister.

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Chaque zone cérébrale représentant le corps n’en représente qu’un aspect. C’est la possibilité de recouvrement des cartes, c’est-à-dire de plusieurs zones travaillant ensemble, qui permet une représentation globale du corps.

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Un « stimulus émotionnellement compétent » ( SEC ) est détecté par un appareil perceptif filtrant, parmi les stimuli de l’environnement, réels ou remémorés par une situation donnée. Il peut alors déclencher une réaction, toujours stéréotypée, d’une branche d’en bas ou une réaction, modifiable, d’une branche d’en haut, réaction éventuellement apprise par l’expérience. Ces réponses vont modifier le corps propre et les structures cérébrales où sont les cartes du corps et seront modifiées à leur tour, sachant que des émotions différentes activeront des cartes différentes – ceci dans une perspective de survie et de bien-être.

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Ainsi, nous évaluons les objets qui nous excitent dans les mondes interne et externe : évaluation automatique inconsciente ou co-évaluation consciente mettant en jeu la pensée.

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La compétence du SEC (son caractère de déclencheur) est reconnue comme telle, de façon innée ou acquise, par association à un autre SEC, par exemple. Nous obtenons, ainsi, la création d’un réseau complexe, de par la richesse des liens entre les objets perçus dans le temps et la variété des niveaux d’évaluation, qui peut être inconsciente, ou consciente et inconsciente.

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Comment se déclenche une émotion ? Un SEC est repéré par un ou des organes des sens ; il est alors représenté dans les zones cérébrales desdits organes, là où se situent les cartes du corps, spécifiques pour cet organe. C’est la présentation. Les signaux accèdent ensuite à de nombreux sites déclencheurs d’émotion. Ils stimulent ceux pour lesquels ils sont adéquats (comme une clé à sa serrure). C’est l’induction. Ces sites vont alors activer, ailleurs, d’autres sites dits d’exécution. La cascade d’événements qui s’ensuivra deviendra une émotion. Je ne rapporterai pas ici quelles sont les structures anatomiques cérébrales en cause – cela alourdirait par trop mon propos –, mais les différentes zones d’activité, les zones d’encartage, sont maintenant bien localisées et répertoriées, chez l’animal comme chez l’homme, à la suite d’expérimentations nombreuses utilisant les méthodes récentes d’imagerie ( TEP, RMN ) [2][2] TEP : tomographie par émission de positons. RMN : résonance.... Ces notions et ces expériences sont décrites dans l’ouvrage. Je retiendrai ici surtout l’importance fondamentale des liens entre ces diverses zones qui travaillent, le plus souvent, ensemble.

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Il me semble utile de noter, par contre, qu’un SEC n’est jamais seul, ne serait-ce que parce qu’il en évoque d’autres. Le processus devient complexe, se développant en chaînes latérales et s’amplifiant de lui-même. De plus, les stimuli associés peuvent ensuite devenir déclencheurs de l’émotion, dans un mécanisme de déplacement. Le destin du processus n’est pas simple non plus, puisque sa poursuite dépend des pensées que l’émotion a suscitées, certaines pensées pouvant être des SEC. Il se crée un réseau où pensées et émotions se stimulent et se déclenchent dans les deux sens. D’ailleurs, les émotions jouées, et dès lors présentes sur le plan corporel, créent des sentiments. Jouer la tristesse rend triste… faites semblant de croire et un jour vous croirez ?

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Le sentiment naît d’une émotion qui est une modification corporelle, cette modification peut être déclenchée par une perturbation réelle réactionnelle ou décidée sans motivation.

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Mais qu’est-ce qu’un sentiment ?

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« Un sentiment d’émotion est une idée du corps lorsqu’il est perturbé par le processus émotionnel. » « Idée du corps », parce qu’il ne s’agit pas de modifications corporelles réelles, mais de la modification des cartes du corps dans les zones concernées, et parce que le sentiment inclut un mode, un style de pensée. Il mêle la perception d’un certain état du corps à celle d’un mode de pensée qui, lui-même, a des thèmes particuliers.

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L’émotion se transforme en sentiment quand un seuil de modifications perceptives est atteint dans les cartes corporelles. Il est la poursuite d’un processus au-delà d’un certain seuil. Il s’origine dans des perceptions internes (en rapport avec des objets internes ou externes, les SEC ). Le caractère interne de son origine permet la modification, par le cerveau, de « l’objet » du sentiment. « Le cerveau peut agir sur l’objet même qu’il perçoit. Il peut le faire en modifiant l’état de l’objet ou en altérant la transmission des signaux qui en proviennent. L’objet originaire d’un côté et sa carte cérébrale de l’autre peuvent s’influencer en vertu d’une sorte de processus de réverbération. » Enfin, là encore, les zones cérébrales (corticales), activées ou désactivées lors de sentiments, varient en fonction de ceux-ci.

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Nous touchons là une catégorie de processus très intéressants, ceux qui, partant des fonctions élaborées du psychisme, modifient le somatique. Nous avons déjà signalé qu’un acteur composant le masque de la tristesse éprouve celle-ci. À l’inverse, s’il retrouve un souvenir personnel de tristesse (sentiment), celle-ci se marque physiquement chez lui comme émotion manifestée par des pleurs. Le même acteur peut voir son trac (les signes psychiques et physiques de l’angoisse) disparaître à son entrée en scène. C’est aussi ce que dit cette expérience amusante (et c’est pourquoi je ne résiste pas au plaisir de l’évoquer) dans laquelle on étudie les frissons au bas du dos déclenchés (et enregistrés, bien sûr) par certains morceaux de musique, choisis par les « cobayes ».

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Il n’y a qu’une réalité consciente de notre corps, celle induite par l’activité des cartes cérébrales. Mais ces cartes sont-elles fidèles ? Non, il existe des fausses cartes. Il y a d’abord un filtrage, et certains signaux internes n’atteignent pas les zones concernées parce qu’ils sont arrêtés avant. Le pare-excitations, dirions-nous, n’est pas seulement tourné vers l’extérieur (filtrage des organes des sens), mais aussi vers l’intérieur, par un filtrage actif des signaux nociceptifs.

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Damasio fait alors l’hypothèse que « les réactions soi-disant hystériques » pourraient être dues à des modifications de cartes. Quant à expliquer pourquoi ces modifications, sauf à rester dans l’idée d’une bonne gérance de l’homéostasie apportant le bonheur, il n’en dit rien. Au reste, je penserais plutôt à ces patients, qui ne sont pas à ce niveau de l’hystérie, mais qui, sans être franchement délirants, semblent avoir une représentation gauchie ou appauvrie de leur corps propre.

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Les cartes peuvent aussi être modifiées lors d’un processus, que Damasio appelle empathie et que nous nommerions volontiers identification hystérique : lorsque, par exemple, nous ressentons les douleurs d’un accidenté. Ce processus se manifeste sur le plan neurophysiologique par une « boucle quasi corporelle », soit une simulation (c’est son terme) par un changement rapide des cartes (moins d’un centième de seconde, ce qui donne une impression quasi hallucinatoire). Ce changement vient des structures hiérarchiquement élevées du cerveau et utilise des « neurones miroirs » chargés de faire descendre l’information jusqu’aux zones sensibles, productrices alors d’une émotion induisant un sentiment nouveau. Ce processus, qui va de la représentation (selon notre vocabulaire) au corps, s’arrête au niveau des cartes du corps. Ce n’est pas le corps qui est changé, mais la carte. Les zones cérébrales sensibles au corps sont un théâtre où sont représentés les états réels du corps, tout comme les états modifiés par le cerveau au moyen de la filtration et de la simulation par la « boucle quasi corporelle ».

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Résumons : un SEC est sélectionné et présenté, ce qui met à exécution un programme émotionnel préexistant. L’émotion induit la construction de cartes neurales, établies à partir des signaux du corps propre, qui peuvent être modifiés par d’autres activités cérébrales. Ces cartes, au-dessus d’un niveau d’accumulation de signaux d’une certaine configuration, donnent un sentiment connoté de plaisir ou de douleur (déplaisir ?). Le plaisir naît d’une bonne homéostasie, la douleur d’une déficience dans la coordination des fonctions vitales (compte tenu de la difficulté de définir ce qui est bon et utile). Les sentiments sont ainsi les témoins de la façon dont la vie est vécue. Ils médiatisent le monde. Nous voici tirés du côté de Husserl et de Heidegger !

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Quant à la participation des sentiments à la vie sociale – degré ultime –, elle apparaît certaine et nécessaire, par le biais, notamment, de la prise de décisions et de l’aptitude à agir. Mais, à ce niveau de complexité, les automatismes ne sont pas suffisants, loin s’en faut, et expliquer l’éthique, la loi, la religion par la neurobiologie ne paraît pas possible, aujourd’hui, à l’auteur. Pour cela, il pense nécessaire de convoquer non seulement les biologistes chercheurs dans ces domaines, mais aussi les anthropologues, les sociologues et… les psychanalystes.

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Et Spinoza ? Il est là, en bonne place, dans le livre. C’est l’histoire d’une quête, dans les lieux fréquentés par le philosophe, celle d’une maison atteinte dans la tempête, restée fermée et mystérieuse, dans l’œuvre lue jadis, ensuite oubliée, sauf une petite phrase qui revient, têtue, en attente de son contexte. Damasio entrera dans cette maison, et dans d’autres, dans la vie de son grand homme et dans son œuvre. Il nous fait partager ses découvertes et le texte n’est plus le même : il se couvre de chair, et même de petits dessins, s’allonge, s’étire, s’emplit de sentiments et de passion. C’est donc l’histoire d’une rencontre passionnée et d’une identification. « Spinoza avait raison », mais s’agit-il vraiment de raison, même si elle a sa place ? Le discours de Damasio sur Spinoza expose le problème du philosophe, celui que rencontre également le biologiste d’ailleurs, et cela nous rassure d’apprendre que le biologiste a besoin du philosophe. Pourtant, ces fragments de discours, en parallèle, se présentent surtout comme des travaux pratiques. Ils témoignent du contenu du discours biologique et de ses limites, dont l’auteur est très conscient.

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Alors, Descartes ou Spinoza ? Damasio a choisi. Freud a-t-il choisi, avec le concept de pulsion ? Déjà, dans le Projet d’une psychologie scientifique, il parlait de stimuli somatiques tendant à la décharge, puis, dans les Trois Essais, la pulsion, maintenant nommée, trouvait son origine dans les excitations des zones érogènes, mais toute partie du corps ou toute fonction, intellectuelle comprise, pouvait devenir érogène. Dans les mêmes Trois Essais, il relevait la réversibilité : « Les voies de communications… doivent être également praticables en sens inverse ». Enfin, dans son commentaire de l’autobiographie du Président Schreber, « la pulsion est un concept limite, hypothétique, entre le psychique et l’organique, c’est le représentant psychique de forces organiques ».

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Il y a un bond qualitatif entre l’origine organique de la pulsion et la représentation. Les méthodes employées pour les explorer sont différentes. La méthode psychanalytique ne permet pas d’appréhender le biologique. La méthode biologique permet-elle, aujourd’hui, de connaître le psychique ? Damasio le laisse entendre, pour ce qui concerne les sentiments, encore qu’il constate nettement l’insuffisance des neurosciences pour décrire les images mentales, les représentations. Demain… peut-être ? Freud l’espérait déjà.

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La notion freudienne d’étayage, développée par Jean Laplanche et, dans le domaine psychosomatique, par Christophe Dejours, avec la « subversion libidinale », peut également trouver une certaine validation dans les travaux de Damasio.

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Mais, à la lecture de ce livre, on pense surtout à Pierre Marty. Entre celui-ci et l’approche psychosomatique (psychosomatique pratiquée par un psychanalyste) de P. Marty, il y a plus d’un point commun. La pensée évolutionniste darwinienne, présente chez Freud, est ici fondamentale. La conception d’un individu « jeté » dans un environnement, avec lequel il entre en relation, du point de vue économique surtout, est commune aux deux pensées. La hiérarchisation des fonctions parcourant « l’unité psychosomatique », du biologique au psychique ou l’inverse, selon Marty, correspond à « l’arbre des fonctions » de Damasio, qui peut rendre compte, aussi, des « faisceaux principal et latéraux » et des « pointes évolutives » de Marty et surtout des « désorganisations ». Les automatismes dans la théorie de P. Marty, inspirée ou, bien souvent, en accord avec les travaux d’Henri Atlan, correspondent bien aux « stimuli émotionnellement compétents » et à leur destin immédiat.

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Le problème difficile des fixations, lui-même, s’il n’est pas totalement expliqué par la théorie de « l’encartage », y trouve un début de solution.

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Tous ces points de passage entre les théories sont passionnants ; il ne faut toutefois pas s’illusionner. J’ai parlé de validation, d’explication… mais je ne pense pas que l’on puisse passer d’une théorie biologique à une théorie psychique dans un continuum harmonieux qui laisserait espérer une théorie unifiée. Le hiatus est encore là mais il me semble important de constater que les conceptions ne s’opposent pas, loin de là.

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Je pense avoir montré l’intérêt de cette lecture : intérêt du point de vue de la culture générale ; mais aussi, pour les psychosomaticiens plus particulièrement, intérêt parce qu’elle ne manquera pas de faire se déployer, chez eux, leurs théories propres. J’ajouterai que la lecture en est rendue très plaisante par la circulation entre les deux niveaux où l’auteur situe son étude : celui de la recherche scientifique et celui de la recherche personnelle.

Notes

[*]

Damasio A. R. (2003), Spinoza avait raison. Joie et tristesse, le cerveau des émotions, Paris, Odile Jacob.

[1]

Damasio A. R. (1995), L’Erreur de Descartes, Paris, Odile Jacob.

[2]

TEP : tomographie par émission de positons. RMN : résonance magnétique neutronique.

Pour citer cet article

Pailler Jean-Jacques, « Spinoza avait raison.. Joie et tristesse, le cerveau des émotions, d'Antonio R. Damasio», Revue française de psychosomatique 1/2004 (no 25) , p. 165-172
URL : www.cairn.info/revue-francaise-de-psychosomatique-2004-1-page-165.htm.
DOI : 10.3917/rfps.025.0165.


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